C. -Accroissement
L'épaisseur des fibres du tissu cellulaire ne varie pas sensiblement aux diverses époques de la vie, suivant arting (n° 130, p. 53). Or, puisque le tissu cellulaire augmente beaucoup depuis sa première apparition jusqu'à l'âge adulte, et puisquon ne trouve nulle part du tissu cellulaire naissant (?), le nombre des fibres doit considérablement augmenter par la division des fibres elles-mêmes. L'accroissement des couches intermédiaires l'emporte d'autant plus sur celui des éléments propres du tendon (p. 56), que l'individu avance en âge. L'épaisseur des faisceaux primaires augmente en même temps que celle du tendon entier. Cependant le nombre des faisceaux augmente tellement, que chez l'adulte on en trouve environ le triple de ceux de l'enfant. Il parait probable à l’auteur que la multiplication se fait par la division des faisceaux déjà présents. Le diamètre des fibres n'augmente pas après leur première formation. C'est par conséquent l'unique augmentation en nombre des fibres primitives, qui constitue l'accroissement des faisceaux, et à mesure que l’âge est plus avancé, le nombre moyen des fibres composant un faisceau devient plus grand.
Ÿ 8. Tissu adipeux.
Nous rappelons ici d'abord les recherches d'Ascherson (voy. p. 51), suivant lesquelles une membrane enveloppante peut, sans noyau, se produire autour d'une gouttelette de graisse, quand celle-ci entre en contact avec quelqu'une des combinaisons de protéine si abondantes dans le sang. Nous avons également déjà fait connaitre les opinions de Schwann (p. 37), de F’alentin (p. 43), etc. On ignore, suivant /Jenle (n° 70, t. I", p. 426), si le cytoblaste est, à l'endroit où on le rencontre, le premier ou en général un degré nécessaire de développement. Henle dit avoir vu quelquefois à sa place de véritables vésicules adipeuses, plus petites seulement, autour desquelles la cellule s'appliquait comme autour dun cytoblaste. De nouveaux grauules adipeux se forment alors dans l’intérieur de la cellule, et la question se présente de savoir si, dans les grandes cellules, la
No 229. VircHoW, REINHARDT. Dans TRAUBE, Beytraege zur exper. Pathologie und Physiologie: Berlin, 1845-46. — Archiv für physiol. Anatomie, 1846, 18/47, 1848.
N° 930. ZIMMERMANN. Med. Zeitung des preuss. Vereins fur Heilkunde. 1848, n° 9, 11.
N° 9231. HENLE. Rationnelle Pathologie. Vol. Al, cah. 3. Brunswick, 1850.
N° 939. REICHERT. Archives de AMuüller. 1848, 1849.
HISTOGÉNÉSE SPÉCIALE. 143
graisse qui remplit la cavité entière s'est produite aussi par la contes petites vésicules ; si, en conséquence, il y à eu antérieurement une époque à laquelle la cellule renfermait une autre substance, dont la graisse a pris la place, ou si la membrane celluleuse s'agrandit à mesure que Îa graisse s'accumule. Bischoff (n° 109, p. 445) dit également qu'il n'est point certain si les cellules se développent toujours autour d'un noyau.
Valentin (n° 96, p. 642) n'est pas arrivé à des résultats plus certains; il croit que le développement du noyau et celui de la graisse se trouvent dans un rapport encore indéterminé ; il avance de même l'opinion, que les cellules peuvent saugmenter par scission. Moelliker (n° 101, p. 105) dit que le tissu adipeux se développe, chez les embryons des céphalopodes, dans l'orbite de l'œil, comme tous les autres tissus, par des cellules secondaires; celles-ci perdent leurs cellules primaires et sécrètent de la graisse dans leur intérieur. Quelques auteurs avaient signalé des formes étoilées dans les cellules adipeuses et avaient supposé quelles se trouvaient en rapport avec des noyaux métamorphosés; nous avons déjà démontré (dans le premier volume, recherches sur le tissu adipeux) que ces étoiles étaient des cristaux de graisse solide. Ces cristaux ont été décrits depuis par beaucoup d'observateurs, parmi lesquels nous citerons 7odd et Bowmann (n° 92, p. 82), Hyrtl (n° 233, p. 47), etc.
Hassal (n° 188, p. 538) a vu, dans les amas globuleux de graisse, visibles à l'œil nu chez les embryons et les nouveau-nés, tantôt des kystes remplis de souttelettes de graisse consistantes, tantôt de gouttelettes de graisse libres à côté de ces kystes, tantôt rien que de gouttelettes de graisse libres, plus grandes que celles qui sont renfermées dans les kystes ; elles se transforment finalement en cellules adipeuses, qui n'atteignent leur développement complet qu'a l'âge adulte. Ch. Robin (n° 234) et Handfield Jones (n° 235) croient également que des gouttelettes se réunissent et s'entourent plus tard d'une membrane. D'un autre côté, quelques auteurs comme Xoelliker (n° 236, p. 118,et n° 116, p. 16), Leydig (n° 121, a), persistent à croire que la cellule adipeuse est pourvue d'un noyau quelquefois nucléolé, dont la présence est contestée par d'autres observateurs.
Il n'existe aucune donnée positive sur la régénération des cellules adipeuses. La graisse, que nous voyons si facilement disparaître à la suite de maladies, réapparait avec la santé; on ne sait si, dans ce cas, les cellules se sont vidées et se remplissent de nouveau plus tard, ce qui parait le plus probable, ou s'il se développe un nouveau tissu adipeux.
Harting (n° 130, p. 52) affirme que les cellules adipeuses augmentent en diamètre pendant la vie fœtale, et que leur accroissement est en rapport direct avec l'accroissement des parties environnantes.