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TOME Il

aux globules du sang. L'aspect des vaisseaux capillaires est très remarquable.

dès leur formation, par la grande inégalité du diamètre de leurs cavités : celles-ci sont larges là où se trouvent les corps des cellules qui ont pris part à la forma. tion des vaisseaux, et très étroites dans les parties formées par les prolongements des cellules ou des vaisseaux. Peu à peu ces inégalités s’effacent par l'accroisse. ment des prolongements. La membrane des capillaires est formée par la Jonction des membranes des cellules étoilées, et les noyaux attachés à la face interne de cette membrane sont les noyaux de ces cellules. Les prolongements qui naissent des vaisseaux déjà formés doivent être mis sur une même ligne avec les prolonsements des cellules étoilées, et prouvent que les membranes de ces cellules ne perdent pas la faculté de s’accroitre et de se prolonger.

Les premiers vaisseaux qui se forment chez les larves de la grenouille possèdent tous, là ou se trouvent leurs noyaux et les élargissements signalés comme COTps des cellules primitives, une accumulation des mêmes globules graisseux qui se rencontrent dans toutes les cellules embryonnaires. Plus tard, ces globules sont résorbés et laissent les vaisseaux parfaitement libres pour le passage du sanp, Le cœur n'est originairement qu'un amas compacte de cellules embryonnaire, de même que l'aorte et les veines caves et pulmonaires ; dans ces vaisseaux, plus tard les cellules se transforment en fibres longitudinales et transversales. Les autres vaisseaux d'un diamètre moins grand, à l'exception de ceux de la queue, qui ont tous la structure des capillaires, paraissent se former, les uns de la même manière que le cœur, et ne consister primitivement que dans un cordon de cellules plus ou moins épais, qui se transforme en un tube par la sécrétion d'un liquide dans son intérieur; les autres se développent évidemment par des séries simples ou doubles de cellules rondes, dont les parois se soudent tellement entre elles , qu'elles ne forment qu'un seul canal, composé d'une membrane homogène avec des noyaux de cellules épars.

Engel (n° 158, p. 152) a fait des recherches sur les embryons de brebis: sur les vaisseaux parfaits se forment des séries de cellules fusiformes, qui peu à peu acquièrent un calibre uniforme ; ces cellules prennent naissance des noyaux placés dans la paroi.

Les globules et granules, dit Courty (n° 252, p. 13), dont l'ensemble constitue la cicatricule avant l'incubation, se groupent en petites masses. Ces amas globuleux se revétent d'une membrane, et de là résultent des vésicules. Ces vésicules agminées contractent entre elles des adhérences ; leur contenu est résorbé au profit de embryon, pendant que de nouveaux amas oranuleux se forment à leur surface et sur leur périphérie. Ces globules granuleux ou masses olobulaires du blastoderme affectent certains groupements, lorsque les vaisseaux commen cent à paraitre dans l'aire vasculaire; ils forment des amas, des trainées, des arborisations qui correspondent aux lacunes, aux canaux, aux divisions et subdivisions vasculaires sillonnant l'intervalle qui sépare les deux feuillets de la membrane dont le germe occupe le centre (p. 10). Les premiers vaisseaux q" apparaissent se développent entre les deux feuillets du blastoderme. Un liquide,

N° 252. Courry. danales des sciences naturelles. Janvier, 1848.

HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 103 d'abord incolore, semble s'interposer par un effet d’endosmose entre ces deux feuillets, les décoller, s’'accumuler dans certains points, former, d'une manière d'abord très irrégulière, des lacs, des lacunes, des trainées plus ou moins étendues. Ces petits lacs, ces trainées, ces lacunes, se prolongent en pointes ou éperons, qui se rencontrent et permettent le mélange de petites masses liquides d'abord séparées. Une circulation s'établit ainsi de l'une à l'autre et bientôt entre toutes. En même temps, des cellules s'organisent dans les intervalles où ne est pas accumulé Île liquide qui sera bientôt le sang ; d'autres cellules se forment autour des canaux ou de petits lacs qui le renferment, et, plus tard, elles constituent pour eux des parois vasculaires distinctes (p. 14). Les vaisseaux ne se forment par conséquent, ni par la jonction de cellules soudées bout à bout (Schwann), ni par le développement de cellules étoilées (Koelliker); enfin , il n'existe pas primitivement de feuillet vasculaire où angioplastique, antérieur à l'apparition de vaisseaux, qui s’y développeraient par le décollement, en certains points, des deux couches secondaires qui constituent ce feuillet. Cest Papparition des vaisseaux entre les deux feuillets du blastoderme qui détermine l'organisation du feuillet vasculaire, et non l'existence de ce feuillet qui détermine la formation des vaisseaux. Pendant le cinquième jour, si l'on détache les veines et si on les agite dans l'eau, on les isole des globules qui les environnent; on y trouve en quelques points de véritables bourgeons, origines de vaisseaux nouveaux, quelques uns ayant déjà acquis une certaine longueur, d'autres anastomosés avec les bourgeons voisins et formant de nouveaux vaisseaux. C'est donc toujours entre les deux feuillets du blastoderme et limités par de grosses cellules slobulaires rangées en tas sur leur longueur que les vaisseaux se développent. Leurs parois, en s organisant, deviennent tout à fait celluleuses, utriculaires, comme le sont les feuillets muqueux ou séreux du blastoderme lui-même. Dans les vaisseaux de moyen calibre, on trouve ces parois ordinairement formées de deux rangs d'utricules juxtaposées et adhérentes entre elles. À mesure que les vaisseaux vieillissent et s’accroissent, ces cellules se tassent, se pressent mutuellement, sallongent et donnent à la paroi une consistance et une texture membraneuses. Par tous les points de leurs parois encore minces, tendres, perméables, formées de cellules, que la compression n'a pas réduites à l'état de membrane solide, sopère un travail continuel d’endosmose, qui s'exerce sur le jaune par

l'intermédiaire des globules agminés, ou grandes cellules globuleuses, dont ils sont entourés (p. 17).

| Les nouveaux vaisseaux se forment, d'après Remak (n° 253, p. 103, 183), dans la queue des têtards, par des prolongements filiformes des anciens vaisseaux : l’auteur combat l'opinion de Koelliker. Ængel (n° 254, p. 121) partage la manière de voir de Remak. Ce dernier, dans un travail plus étendu (n° 120, p. 13, 20), décrit le développement des capillaires dans l'œuf incubé. Les premières traces Res Vaisseaux apparaissent vers le dernier quart du premier jour, dans la portion périphérique du feuillet germinatif moyen, sous forme d'un réseau de cylindres

N° 293. REMAK. Archives de Müller. 1890.

N° 254. ENGEL. Zeitschrift der Wiener Aertzte. 1849.

presque opaques d'un diamètre de 0,027 à 0,05 mm. Ces cylindres se COMmposent de cellules à noyaux de 0,006 à 0,01 mm; il y en à toujours au moins deux placées dans la largeur du cylindre. Des vaisseaux un peu plus développés fé ment des canaux dont les parois se composent d'une couche simple de cellules proëéminentes à l'intérieur. Il est rare que ces vaisseaux, de même que ceux de la période précédente, charrient de grandes cellules sanguines incolores et Oranulées. Ces deux espèces de vaisseaux, les cylindres solides et les creux, commu niquent par des prolongements filiformes qui, plus tard, se transforment égale. ment en vaisseaux. Ces prolongements se composent également de cellules à nOYaUx ; cependant il en existe qui, même traités par l'acide acétique, ne paraissent être qu'une fibre sans cellules ni noyaux, ou de canaux très étroits, fermés aux deux bouts. On aperçoit des noyaux proéminents à l'intérieur, lorsque le canal est complet et ouvert aux deux bouts; plus tard, ils charrient des globules sanguins ; alors aussi on aperçoit des parois distinctes composées de cellules à noyaux. /’Zrchow (n° 204, p. 3o1) et Æenle (n° 206, p. 39) supposent que les prolongements filiformes, signalés par les auteurs, pourraient bien n'être qu'un produit de la préparation anatomique.

b. Accrotssement.

Schwann (n° 65, b, p. 148) dit avoir obtenu, par l’arrachement de la tunique moyenne de l'aorte d’un embryon de cochon long de six pouces, des cellules de forme très diverse, rondes, oblongues, étirées en un ou plusieurs prolongements, et toutes pourvues d'un noyau de cellule arrondi ou oblong; il ajoute que l'aorte contient déjà un réseau de fibres élastiques très délié. Suivant 7’alenun (n° 106) et Gerber (n° 75), la paroi interne des vaisseaux de jeunes embryons renferme plusieurs couches superposées de cellules qui ne sont pas toutes au même degré de développement. Les cellules, en s'allongeant, deviennent pointues et rhomboïdales, et se convertissent peu à peu en une membrane d'abord striée, puis homogène, tandis que leurs noyaux disparaissent. Mais [a marche du développement a paru différer dans des couches diverses ; car, en raclant, on obtenait tantôt de petites cellules, tantôt de longs rubans plats, ou des cellules prolongées en fibres.

Les tuniques à fibres longitudinales et annulaires, dit Æenle (n° 70, t. I, p.65) paraissent d'abord sous la forme de couches claires comme de l’eau; dans ces couches naissent des noyaux de cellules qui s'allongent dans un sens ou dans l'autre, se rencontrent et se ramifent. En mème temps, la base homogène se réduit eu fibres plates qui portent sur une de leurs faces les noyaux ou les fibres obscures formées de ces noyaux. Dans la couche la plus interne de la tunique à fibres longitudinales des veines, la base peut être entièrement résorbée ; dans les couches extérieures des veines, elle se métamorphose en tissu cellulaire, et les fibres de noyaux restent faiblement dessinées ; dans la tunique à fibres annulaires, ces fibres de noyaux acquièrent une force considérable et deviennent plus indeépendantes. La tunique striée semble naïtre de l'épithélium, puisqu'elle peut €E tenir lieu, et que ses divers degrés de développement se succèdent de dedans en dehors. Ici, d'après cela, les nouvelles couches se produisaient, contre la règle

HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 107 à la face libre, ce qu'on pourrait expliquer en disant que c'est précisément Ja surface libre qui se trouve en contact avec le liquide nourricier. L'auteur laisse dans l'indécision de savoir si la lamelle dépourvue de structure, qu'on trouve après la résorption des noyaux, doit naissance à des cellules confondues ensemble, ou bien si la masse homogène ne s'est point du tout séparée en cellules. Dans certains cas exceptionnels, la couche la plus interne produit tout de suite une membrane à fibres longitudinales, au lieu d'un épithélium pavimenteux ou de la tunique striée.

Reïichert (n° 251) décrit de la manière suivante la transformation de lépithélium en fibres. Les cellules se fusionnent et constituent une membrane

homogène ; aux endroits où les noyaux s'atrophient, la résorption s'établit : c'est

ainsi mue se forment les membranes fenêtrées. La résorption continue à s’effectuer, toujours en partant des troncs ; il en résulte un réseau de fibres. C est ainsi que se développent la substance corticale du poil, les réseaux fibreux des tuniques vasculaires, et peut-être aussi le tissu élastique. Un élève de l'auteur, Zaesche (n° 255), développe cette opinion plus amplement; il affirme que la forme des trous répond à celle des cellules avant la fusion. La membrane moyenne, caractérisée par les noyaux oblongs placés transversalement, ne se développe, suivant Engel (n° 158, p. 152), qu'apres la naissance, par la soudure de cellules placées transversalement. Gerlach (n° 192, p. 201) a vu la tunique moyenne de l'aorte d'un embryon de brebis, long de trois pouces,composée de deux espèces de cellules à noyaux oblongues, les unes aplaties, finement granulées, longues de 0,016 à 0,021 mm., larges de 0,007; les autres plus allongées, moins granulées, fusiformes. Les premières fournissent les fibres musculaires, les dernières probablement les fibres élastiques. Les parois des premiers vaisseaux formés dans le feuillet germinatif moyen du poulet se composent, suivant /temak (n° 253, p. 82), d'une simple série de cellules aplaties, qui ressemblent à l'épithélium des vaisseaux développés. La membrane simple des premiers vaisseaux se transforme, d’après Engel(n° 254), en tunique interne, à l'extérieur de laquelle se dépose plus tard la tunique à fibres longitudinales, et dans les artères, la tunique à fibres circulaires. Nous savons que, suivant Æoelliker (voy. p. 152, et n° 166, p. 593), les capillaires se forment par des cellules placées par rangées, dont les cloisons et le contenu, mais non pas les noyaux, sont résorbés. L'auteur n’a pas précisément étudié leur développement ultérieur en vaisseaux parfaits, mais il décrit leur transition en vaisseaux parfaits, ce qui, Jusqu'à un certain point, peut tenir lieu des recherches histogénétiques. Il dit (n° 166, P- 598) que les noyaux sont d'auput plus serrés que les capillaires se rapprochent davantage des artères, puis ils sentourent de quelques cellules musculaires et d'une adventitia amorphe: ce sont là les artères les plus étroites. Les noyaux paraissent être remplacés par les cellules épithéliales, tandis que la membrane capillaire se perd totalement ou se continue dans la tunique élastique. Dans le voisinage des veines, la tunique capillaire s'entoure d'abord d'une couche externe, homogène, pourvue de

N° 955. TAESCHE. De telis epithelialibus in genere, et de vasorum sanguiferorum parietibus in specte.

Dorpat, 1847.

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