TOME II
ques globules plus gros et plus clairs étaient épars dans les mailles des réseaux vasculaires.
Bowman (n° 274, p. 97, 100) affirme que le corps vitré du nouveau-né possède une structure fibreuse très distincte et toute particulière, puisqu'il se COMPose d'un réseau de fibres très serré, qui est tout à fait analogue à celui qui forme h matrice de l'émail. Les recherches de Firchow (n° 275) sont concordantes: ] trouve, chez des embryons de cochon longs de quatre pouces, un tissu qu'il appelle muqueux dont la composition rappelle celui de la matrice de l'émail, et qui a été appelé tissu cellulaire célatineux par Koelliker. Virchow croit que les cellules disparaissent et que la substance intercellulaire seule persiste. Cependant Koelliker (n° 166, p. 613) ne put confirmer l'exactitude de ces recherches, |] n'a trouvé ni membranes, ainsi que le veut Hannover, miles cellules étoilées des auteurs cités ; ces dernières n'existeraient qu'à la surface externe de la membrane hyaloïde, et seraient des vaisseaux capillaires en voie de formation. Le corps vitré des embryons et des nouveau-nés renfermerait seulement des cellules isolées noyaux, rondes ou oblongues, granulées, de 0,008 à 0,02 mm., dont quelque unes se retrouvent encore chez l’adulte.
À l'égard du développement histologique du cristallin, Valentin (n° 68, p. 203) a remarqué, chez un fœtus de brebis long de six lignes, qu'il n’y avait sur la périphérie entière, et presque jusqu'au milieu de la lentille, que de grosses vésicules rondes, entre lesquelles se trouvaient des corpuscules squamiformes : il n'existait de fibres que dans le milieu. Chez des embryons de 8 lignes, le noyau fibreux était plus gros: il s'étend d'autant plus que le fœtus devient plus âgé. Valentm pense que les corpuscules squamiformes sont le passage des vésicules aux fibres, Celles-ci doivent naissance à ce que les granulations se disposent en ligne à la suite les unes des autres et se confondent ensemble. L'auteur a encore apercu chez l'adulte des traces de constriction aux endroits où les jonctions s'étaient opérées. Chez les animaux parvenus au terme de leur maturité, les fibres les plus extérieures se composent de granules faciles à distinguer ; celles au dedans sont plus homogènes et plus solides. Le diamètre des grains était, au quatrième mois, de 0,0024 à 0,0048 lignes, et au cinquième de 0,006; celui des fibres, terme moyen, de 0,0036. Schwann (n° 65, b, p. 99) pense que chaque cellule produit une fibre en s'allongeant ; cependant il rapporte, et Valentin l’a confirmé, quil existe plusieurs noyaux dans les fibres. L'auteur a vu en outre, chez des embryons de poulet d’un certain âge, des cellules plus grosses que les autres et qui en ren fermaient une ou deux dans leur intérieur.
V'alentin (n° 67, p. 138) a dit plus tard, que des lignes très fines, tracées à la surface des fibres, annoncaient que celles-ci se composaient elles-mêmes de fibrilles. F'erneck (voy. p. 36, n° 276, p. 414) a également vu les cellules du cristallin, auxquelles 1l donne le nom de oranules, les unes munies, les auiré dépourvues de noyaux ; suivant cet auteur, elles se disposent en cordon de cha pelet et produisent des fibres par la fusion des unes avec les autres. Henle (n°79
N° 294. BowMan. On the eye. Londres, 1849. |
N° 275. Vincnow. A#rchiv für patholog. Anatomie. 1852, vol. IV, p. 468. — Ferhandl. der Wur burger phys.-med. Gesellschaft. Vol. IE, p. 317.
N° 276. WERNECK. Journal de Ammon. Vol. V. 1858.
HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 179 1 p. 360) croit cette opinion plus exacte que celle de Schwann. Bischoff (n° 100, P- 235) a également aperçu, chez des embryons appartenant aux époques les plus diverses, les grandes cellules pâles, les cellules allongées en matras, et à côté d'elles d'autres cellules plus petites pourvues d'un noyau, en sorte que d'abord il adopta pleinement lopinion de Schwann. Mais il n'a jamais remarqué de noyau aux grosses cellules pales; celles-ci sont probablement des gouttelettes de la matière amorphe coagulable que nous avons signalée dans tous les tissus et particulhièrement dans le cristallin, et qui à tort font dire à Koelliker (n° 166, p. 608) que les fibres du cristallin seraient des tubes creux. L'absence du noyau, dans ces prétendues grosses cellules, parait être en contradiction, suivant Bischoff, avec l'existence de noyaux très marqués des fibres, où la plupart du temps ils sont situés alternativement d’un côté et de l’autre de chaque fibre. Lorsque les fibres sont plus muüres, par conséquent vers le centre du cristallin en train de se former, les noyaux disparaissent : c'est à la périphérie et précisément au bord de la plus grande zone qu'ils sont le plus nombreux, et on les y trouve souvent serrés les uns contre les autres. L'auteur pense donc que les fibres du cristallin doivent naissance aux cellules pourvues de noyaux, que ces cellules se rangent en ligne à la suite les unes des autres, qu'elles se confondent ensemble et que leur contenu acquiert davantage de solidité. Dans cette hypothèse, leur formation se rapprocherait de celle des autres fibres qui proviennent de cellules, tandis que dans celle de Schwann, suivant Bischoff, le mode de développement du cristallin serait sans analogie.
IT. Müller (n° 277, p. 202) signale, sur le cristallin des nouveau-nés, une zone équatoriale opaque, dont la lactescence est produite par la réunion de noyaux, de sorte que chaque fibre ne renferme qu'un noyau, ainsi que l'avait déjà annoncé Harting (n° 278, p. 1-7) chez l'adulte. Les noyaux des fibres externes ont, suivant Muller, un noyau oval, long de 0,014 à 0,02 et larges de 0,007 à 0,01 mm., pourvu d'un ou de deux nucléoles; en sapprochant du centre, les nucléoles
disparaissent, les noyaux deviennent ronds, s'atrophient, et finissent par ne plus
constituer que de petites molécules jusqu'à ce qu’ils disparaissent entièrement. Dans le ph du cristallin existent des cellules rondes et fusiformes avec des noyaux oblongs, de la même forme que ceux que nous venons de décrire, IL s'ensuit que chaque fibre cristalline est produite par une seule cellule, et le cristallin saccroit par l'opposition de fibres nouvelles à sa surface externe. Leydig (n° 121, 4, p. 25, 09), décrit, conformément aux recherches que nous venons de citer, le développement des fibres cristallines dans l'embryon de l'acanthias. Gros (n° 244 et 270, p. 33) affirme, que l'humeur de Morgagni n'existe pas. Le liquide, dit-il, qui s'échappe à la piqüre de la capsule, n'est pas libre à la surface du cristallin, mais il s'échappe des cellules éventrées et comprimées. Ces cellules de diverses srandeurs, qui peuvent se rencontrer dans le liquide écoulé, sont ordinairement des noyaux ou des cellules endosènes. Les cellules ne sont pas libres ; elles tiennent au lieu de leur naissance comme les autres cellules
N° 257. H. Murier. #rchives de Müller. 1851.
N° 278. HARTING. Histolog. Anteekennigen. 1846.
N° 279. GROS. Anatomie de l'œil humain, d'apres l'allemand de £. BRUECKE, avec notes et additions. Dans DESMARRES, Traité des maladies des yeux. Paris, 1854.
organiques et ne changent de lieu qu'en se convertissant en bandelettes , La paroi interne de la capsule est intimement adhérente à un réseau alvéolaire qui est la véritable matrice des cellules et des bandelettes cristalliniennes. Or a point d'espace pour un liquide morgagnien, si ce n'est dans les cellules elles. mêmes. » Le réseau alvéolaire reste en partie adhérent à la capsule, ou peut s'en détacher entièrement pour rester fixé sur les couches capsulaires du cristallin. Chaque alvéole renferme une vésicule nucléolée, quelquefois deux parifissées. «Sur les yeux humains, chaque alvéole a de 0,02 à 0,03 mm. Les cellules nucléolées se parifissent et donnent des cellules également nucléolées; ces cellules secondaires se touchent, se limitent et se polygonisent, formant des couches sous toute la face interne de la capsule ou la face externe du cristallin. En se serrant et s'arrangeant les unes à côté des autres, elles excluent tout liquide morgagnien et vont former les bandelettes du cristallin. Dans les bandelettes les plus externes ou les plus récentes, on distingue encore fort bien les cellules, et le noyau cellulaire persiste encore assez longtemps dans l'intérieur de la bandelette. Chez les embryons ou les jeunes sujets, on voit des couches assez profondes encore vésiculées ou nucléolées. Chaque bandelette se forme par conséquent par un chapelet de vésicules polygonées, en prenant touteslesvésicules qu’elle rencontre sursonchemins
« La couche génératrice du cristallin, continue Gros, serait donc intimement adhérente à la capsule, mais elle resterait fixée, tantôt sur la capsule déchirée, tantôt sur la couche encore molle du cristallin. Il serait prouvé, par son développement chez le fœtus et par sa constitution chez l'adulte, que le cristallin, comme tous les organes, subit une rénovation incessante. En pénétrant dans les profondeurs du cristallin, on voit bien des bandelettes un peu modifiées, un arrangement sphérique, mais le reste est entouré d'obscurité. Cependant, sur les cristallins durcis et desséchés, la brisure laisse voir un canal central, tordu, triangulaire; on serait tenté de croire qu'il n'est pas étranger à l'élimination du détritus cristallinien. » |
On sait que le cristallin se régénère, après avoir été extrait de la capsule, lorsque cette dernière, qui détermine sa forme, n'a point été trop altérée. W'ernek (n° 256, t. IV, p. 21) n'a pas trouvé de fibres dans la substance cristalline récénérée. Des plaies assez considérables guérissent sans laisser de traces; capsule seule, après avoir été incisée, présente, dans les commencements, une strie obscure qui disparait plus tard. Suivant Werneck (loc. cit., p. 18), les piqûres du cristallin et de la capsule ne laissent aucun vestige, pourvu qu'elles n'aient intéressé que la couche de cellules de la lentille ou les vides des fibres: mais si un grand nombre des fibres elles-mêmes ont été blessées, le cristallin devient opaque. Gros (n° 279, p. 36) dit que quand la couche génératrice reste intècre, elle peut continuer à fournir des cellules et des bandelettes qui n'affecteront cependant jamais la récularité et l'ordre du cristallin normal.
Suivant Æ/arting (n° 130, p. 58), le nombre total des fibres cristallines se forme déjà pendant les premiers mois de la vie fœtale, et ne parait pas augmente? durant le reste de cette période, mais l'accroissement se fait alors uniquement par l'augmentation du diamètre des fibres qui, à l'époque de la naissance, est plus que le double de celui du quatrième mois. Après la naissance tout le contraire a lieu ; les fibres augmentent en nombre, mais pas en diamètre.