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PLANCHES XI ET XII

Hewson (n° 280) est le premier qui annonce que les globules du sang, dans les embryons de poulet, au sixième jour de l'incubation, et dans ceux de la vipère sont d'abord, non pas plats et elliptiques, mais ronds et beaucoup plus gros que chez l'animal adulte. Prévost et Dumas (n° 281, p. 499) confirmerent le fait à l'égard des embryons de poulet, chez lesquels 1ls trouvèrent les corpuscules du sang absolument ronds jusqu au sixième Jour, et ne les virent tous elliptiques qu'au huitième (PI. XIE, fig. 1-7). Chez des embryons de chèvre, ils étaient plus gros que ceux de la mére, ce qui n'avait plus lieu après la naissance. Doellinger (n° 9) affirme que les corpuscules muqueux, situés au voisinage d'un courant sanguin, se mettent quelquefois spontanément en mouvement et, après avoir flotté à droite et à gauche pendant quelque temps, finissent par former un petit courant qui entre en Communication avec l'ancien. La masse vitelline formerait le sang de la même manière dans l'œuf incubé du poulet, et les bourgeons charnus dans les plaies.

Baumgaertner (n° 248, p. 40; PI. XIT, fig. 1-29) a également trouvé les corpuscules du sang ronds et sphériques, chez les embryons de grenouille et de poisson. Suivant cet auteur, dans la grenouille les corpuscules du Sang proviennent des olobules vitellins et, comme eux, se composent d'abord d'un simple … agrégat de granulations vitellines noirâtres sans enveloppe propre. Ce n'est qu'insensiblement que ces granulations se convertissent en une substance transparente ; 1l se forme un anneau transparent autour du globule qui s'aplatit, acquiert une forme elliptique, se colore en rouge, et devient ainsi peu à peu un véritable corpuscule du sang. La même chose a lieu vraisemblablement chez les salamandres, les serpents et le poulet. « J'ai cru pendant un certain temps, dit l'auteur, que les globules vitellins étaient enfermés dans une vésicule à parois trés minces ; mais il a fini par me paraître plus vraisemblable que la membrane forme la limite méme des globules, et quelle se convertit peu à peu en la couche superficielle qui semble étre plus solide. » D'après la description de l’auteur, le noyau se produirait donc d'abord aux dépens des granules élémentaires, et ensuite la cellule autour de lui; cependant, chez les lézards, l'enveloppe présentait

également des divisions en grains, qui disparaissaient plus tôt due les rains de a > 4 P P q S noyau.

N° 280. HEwson.

Londres, 1777, p. 30.

No 281. PRÉVOST et Dumas, Annales des sciences naturelles, 1824, t. IV. TOME LIL. 40

Opus posthumum. Leyde, 1785, p. 31. — Experimental Inquiries, 3° partie.

E.-H. Weber (n° 6, vol. IV, p. 478 et n° 282) a trouvé, dans un embryon de vache long de 6 pouces, des corpuscules du sang dont le volume dépassait q plus d'un tiers celui des globules de l'animal adulte. Chez un embryon de lièvre long de 5 pouces trois quarts, la plupart des globules n'étaient pas beaucoup plus gros que ceux de la mère; leur diamètre était, terme moyen, de 0,00243, et cely des globules de la mère de 0,00208. Les corpuscules de sang d'un embryon de cochon, long de 8 pouces et demi depuis le ventre jusqu'à la pointe du coceyx, ressemblaient, pour la grosseur, à ceux du cochon adulte. Ceux d’un fœtus humain de douze semaines avaient, pour la plupart, 0,0042 de ligne, leur dia. mètre était donc, à celui des globules de l'homme adulte, comme 3 à 2 ; quel. ques uns étaient plus gros encore, d'autres plus petits; du reste, 1ls avaient déjà une forme aplatie. Les corpuscules sphériques de l'embryon paraissent être plus mous que les globules ronds de l'adulte.

Ces dernières observations avaient été précédées en partie par celles de Wagner et de Schultz. À. Wagner (n° 285, cah. I, p. 37) trouve les globules du sang ronds et sphériques chez les tétards des batraciens, et il ne remarque aucune différence entre ceux de très petits embryons de brebis et ceux de brebis adulte. Ces observations paraissent confirmer celles de Schmidt (n° 284, p. 18), qui dit qu'on n'apercçoit aucune différence entre les globules du sang des jeunes veaux et ceux du bœuf, mais encore que ceux de l'enfant nouveau-né sont plus petits d'un cinquième ou d'un sixième que ceux de l'adulte. Cependant, Æagneri changé d'avis plus tard (n° 285, cah. IT, p. 35); il a décrit les corpuscules du sang des embryons de chauve-souris, de lapine, de brebis, de faucon, de poulet et de grenouille, comme étant plus gros que ceux de l'adulte et affectant partout une forme ronde. Dans des embryons de vespertilio murinus longs de 8 lignes, les corpuscules du sang affectent la forme de vésicules globuleuses, d’un diamètre de 0,0033 à 0,0066 ligne, et le plus souvent de 0,005, tandis que, chez l'adulte, leur diamètre est de 0,0020 à 0,0025. Après avoir été traités par l'eau, on y apercevait un noyau de 0,0016 à 0,002 ligne.

Schultz (n° 249, p. 29, 44) est d'accord avec Baumgaertner quant au fond, car il fait aussi naître les corpuscules du sang des globules du jaune. Suivant lui, chez la grenouille, ils ont d'abord la même constitution que ces globules, et sont composés de granulations serrées les unes contre les autres, presque cubiques, nettement délimitées, qui ressemblent aux granules élémentaires du jaune et qu'il n'hésite pas à désigner sous le nom de granulations vitellines (voy. PL XL fig. 8-19); il leur accorde dès lors une membrane propre qui les enveloppe. Plus tard apparaît aussi, suivant lui, la tache claire en divers points qu'il prend pour une bulle d'air, et croit avoir reconnu, à l'endroit occupé pa elle, une membrane propre enveloppant toute la masse des granules. Les granulations vitellines adhèrent à la paroi interne de la vésicule; plus tard, suivant lui, les grains ne se voient plus que serrés les uns contre les autres le long de la paroi interne de la vésicule, et le centre parait vide. Ces grains sont d'abord

N° 980. E. H. WEBER, dans THEILE. De viribus Daphnes mezerei dissert. Leïpsik, 1838. | N° 283. R. Wacner. V’ergl. Physiologie des Bluts. Cah. 1. Leipsik, 1833; cah. I, ib., 1835. N° 984. ScamipT. Die Blutkoerner. Wurtzboure, 18/0.

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répandus uniformément sur toute la paroi interne; puis quelques uns d'entre eux se rapetissent, et 11 se produit aussi à la paroi des taches claires plus grandes. Peu à peu un hémisphère entier devient libre, sauf quelques corpuscules isolés, qui fréquemment sont disposés en ligne ou en cercle. Les grains se détachent quelquefois, roulent dans l'intérieur de la vésicule, et vont se fixer à un autre endroit. Pendant que les points clairs des parois augmentent par la disparition des granules, et que la masse de ceux-ci n'apparait plus que cà et là sous la forme d'une couche grenue mince, quelques uns d’entre eux se font remarquer par leur grosseur. Vers cette époque aussi, les deux extrémités des vésicules sanguines s allongent; les vésicules deviennent ovales et plus étroites, mais elles nesont point encore plates. Alors les corpuscules disparaissent, au point qu'il n'en reste plus qu'un ou trois; les vésicules s'aplatissent, elles deviennent tranchantes sur les bords et pointues aux pôles comme celles de l'adulte. En dernier lieu, le noyau, jusque là multiple, devient simple ; les corpuscules (grains) se confondent en un seul plus gros, ou disparaissent de manière qu'il n’en reste qu'un seul. Celui-ci, dabord tuberculeux, devient plus tard plat et elliptique. Tant que les petites granulations restent éparses sur la paroi interne des vésicules, elles sont d'un blanc grisètre. La coloration ne se prononce qu'au moment de la formation du noyau simple, et à ce qu'il parait par des stries radiantes ou étoilées, allant de la périphérie vers le noyau et alternativement du noyau vers la périphérie ; la matiére colorante parait se produire sur la paroi interne de la vésicule. La formation des vésicules sanguins est terminée au moment où les branchies disparaissent.

Chez le poulet, dit Schultz (loc. cit., p. 50), on aperçoit d'abord des globules vitellins sphériques, translucides, non granulés, jaunes, qu'entoure une membrane mince, qui figure un anneau clair autour du slobule. Le globule vitellin prend ensuite un aspect grenu, perd sa couleur jaune, et devient le noyau de la vésicule. Celle-ci sallonge, s'aplatit, rougit et représente la vésicule sanguine

parfaite. Les noyaux sont donc ce qui existe d'abord, et la vésicule ne se forme “qu ensuite. Plus tard encore, les globules vitellins se transforment en vésicules sanguines (oc. cét., p. 189), attendu qu'ils sont résorbés par les ramifications des veines omphalo-mésentériques, qu'on en trouve gorgées, et qui pour cette raison sont connues depuis longtemps déjà sous le nom de vasa vitelli lutea. Maïs ce passage des globules vitellins dans les vaisseaux est en connexion avec la formation des vaisseaux eux-mêmes: quand il s'opère, le parenchyme vasculaire qui sépare les globules vitellins de l'intérieur des vaisseaux est résorbé sur divers points, d’où résultent des dilatations latérales , et les globules vitellins arrivent ainsi à se trouver dans l'intérieur des vaisseaux. Dans une note plus récente (n°285), Schultz dit avoir rencontré ces mêmes formes diverses de développement des globules dans le sang d'un éléphant mort. Dans ce cas assurément, il ne s'agissait que de globules altérés : mais l'identité des résultats rend très probable que les diverses formes de globules décrites par l'auteur dans le sang des tétards,

N° 285. Scaurrz. Compte 1839, p. 252.

rendu de l’Académie des sciences. Paris, 1830. — Archives de Müller,

comme par exemple les globules pointus, rayonnés, etc., ne sont nullement des corpuscules sanguins en voie de développement, mais bien des olobules sanguins altérés.

V’alentin (n° 68, p. 289) s’est élevé contre cette hypothèse, qui fait provenir immédiatement les corpuscules du sang des globules du jaune; il dit que Je premiers corpuscules du sang ont, à la vérité, chez l'embryon de grenouille quelque ressemblance avec les globules vitellins et qu'ils sont, comme eux, composés de orains plus petits, mais que les corpuscules entiers et leurs éléments sont beaucoup plus petits que les globules vitellins et leurs éléments, qu'ils ressemblent davantage aux globules dont sont formés la moelle épinière, la colonne vertébrale, l’intestin, ete. Chez l'embryon de poulet, la grosseur des globules vitellins est également double de celle des premiers globules sanguins. Ces derniers doivent ici leur naissance à ce que la première liqueur du sang, qui est complétement transparente, se sépare, du côté externe, en parois vasculaires; du côté Interne en corps sphériques et oblongs, lesquels acquièrent une forme de plus en plus sphérique, et deviennent, en rougissant, des corpuscules du sane, Les corpuscules sphériques de l'embryon sont, immédiatement au sortir du vaisseau, verruqueux, inégaux, la plupart terminés par des lignes droites, tétratdres, polyèdres, insolubles dans l'acide acétique. L'auteur distingue, outre le globules du sang proprement dits, de petits corpuscules doués d’un mouvement moléculaire, quil croit identiques avec les corpuscules incolores, ou ce qu'on appelle corpuscules de [a lymphe dans le sang des adultes ; 1l a parfois aussi, mai rarement, apercu des globules vitellins, qu'il présume avoir été introduits dans le système vasculaire par l'effet d'un état pathologique.

Schwann (voy. p. 35) soutient positivement que les corpuscules du sang sont des cellules, leurs noyaux des noyaux de cellules et la matière colorante un contenu de cellule. Leur nature de cellule lui parait surtout ressortir de la propriété qu'ils ont de se gonfler dans l’eau et d’y prendre une forme ronde. Leur forma tion peut ensuite s’accomplir, dit l'auteur, comme Schultz l'a décrit chez l'embryon de poulet, quoiqu'on soit dans le doute de savoir ce qu'il faut entendre par ces granulations vitellines que Schultz dit être destinées à constituer le noyau des corpuscules sanguins, puisque les cellules vitellines proprement dites sont une tout autre chose. f’alentin (voy. p. 42) croit aussi que les corpuscules sanguins appartiennent à l'acte de la formation des cellules ; mais il ne les considere que comme des noyaux de cellules, et leurs noyaux sont pour lui des nucléoles Ce qui lui semble parler en faveur de ce rapprochement, c'est qu'autour dun nucléole s’arrangent des granulations rondes ou carrées, qui se transforment €? une capsule homogène, tandis que le noyau reste, absolument comme partotl ailleurs; le noyau se forme et se développe autour du nucléole; c'est aussi là manière dont se comporte, avec les corpuscules SAngUINS, l'acide acétique qui en altère peu la forme et le volume, tandis qu'il enlève la matière colorante : cet acide dissout généralement les cellules et ne laisse que le noyau, d'ou 1lsuit que le corpuscule sanguin semble étre un noyau. Schwann (n° 65, b, P 187) avait déjà reconnu une couleur jaune-rougeûtre aux cellules primitives des vabs

se e A 9 . pc . ae avec seaux capillaires. Il paraît ‘d’abord dans leur intérieur de petits grains, ©

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lesquels se trouvent plusieurs globules plus gros, dont le nombre va jusqu'à quatre. D'autres renferment une sorte de noyau contenant plusieurs globules. Valentin (n° 106, p. 218) est incertain de savoir si ce sont les noyaux ou les globules qu'ils renferment qui deviennent corpuscules du sang : cependant le premier de ces deux cas est le plus vraisemblable, parce que les globules sanguins des réseaux capillaires déjà développés au voisinage, renferment souvent un à trois de ces petits corps, qui y sont placés d'une manière excentrique. W agner (n° 91), conformément aux opinions de Schwann et de Valentin, ne peut non plus se résoudre à adopter les idées de Baumgaertner et de Schultz, quoiqu'il ait vu les phénomènes comme eux.

Nous renvoyons le lecteur, pour les opinions de Barry (n° 83), à ce que nous avons déjà dit à ce sujet (p. 66).

eichert (n° 74, p. 139, 243), en observant l’area vasculosa de l'œuf de poule, a su1vi le développement de jeunes cellules, quil regarde comme des globules du sang dans l'intérieur de grosses cellules à grains fins. Suivant lui, le sang nest point originairement une substance liquide et dépourvue de granulations, dans lequel on découvrirait plus tard des corpuscules sanguins ; 1l est, dès le principe, formé de cellules entre lesquelles n'existe qu'une très petite quantité de liquide. Ces cellules sont parfaitement rondes, munies d'un noyau d'aspect finement granulé et de nucléoles, transparentes, incolores et pleines de granulations tres petites. Ce ne sont point des olobules vitellins, et elles ne naissent pas non plus immédiatement de ces globules qui, au dire de Schultz, produiraient le noyau de la cellule sanguine, autour duquel se développerait ensuite une membrane enveloppante ; mais elles ressemblent exactement aux cellules primaires de tous les autres organes, dont rien ne saurait les faire distinguer. Ainsi que ces dernières, elles naissent assurément de petites cellules sphériques du jaune, mais comme cellules dans d’autres cellules , Comme génération nouvelle de cellules, qui se trouvent mises en liberté quand la cellule mère se détruit. Les cellules sanguines se comportent comme toutes celles qui proviennent de cellules vitellines, pour les Organes et tissus divers: elles suivent leur mode individuel de développement. Les cellules vitellines fournissent continuellement de cette manière, pendant la première période du développement, les nouvelles cellules sanguines qui passent dans les vaisseaux omphalo-mésentériques. Plus tard, quand le foie s’est développé, et que la veine omphalo-mésentérique s’est ramifiée dans Son intérieur, la formation des cellules sanguines s'accomplit dans cette glande, à ce que croit l’auteur; à l'appui de cette hypothèse, Reichert dit que l'on aperçoit alors dans le foie une formation très active de cellules, car on découvre de nombreuses cellules dans des cellules, sans que l'organe augmente proportionnellement de volume. Mais l'auteur ne donne aucun détail sur la manière dont les cellules sanguines primaires se convertissent en corpuscules sanguins permanents, et ne dit même pas s'il considère ces derniers comme étant encore des cellules, ou comme les produits d'une métamorphose des cellules.

Remak (n° 286) trouve, dans le sang des embryons de poulet, des globules

N° 986. REMAK. Berliner mediciniche Zeitung. N° 27, 1841. — VALENTIN, Repert. Vol. VIT.

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