TOME II, A
sanguins diversiformes, pédiculés, en forme de massue, de biscuit, ete. Le renfle. ment terminal, simple ou double, de chaque globule renferme un noyau : l'auteur suppose par conséquent que les globules sanguins augmentent en nombre par scission des cellules mères, ou par génération endogène. Macléod (n° 287, a dis. tingue trois périodes dans le développement des globules sanguins. Le premier decré comprend tous les changements des globules depuis leur première apparition jusqu à ce que la portion centrale devienne granulée. Le second degré commence à la disparition de la structure granulée, et finit avec l'aplatissement latéral du corpuscule. Le troisième degré comprend le passage de la forme cireulaire à la forme ronde.
Henle (n° 79, t. I, p. 486) croit, avec Schwann et Valentin, que les corpuscules du sang naissent au-dedans d'espèces de cellules stelliformes dont prennent nais. sance les capillaires; ils ne seraient donc que des formations endogènes des cellules des vaisseaux capillaires. Les membranes transparentes, par exemple la membrane pupillaire, offrent de ces cellules, soit libres entre les mailles des réseaux capillaires déjà formés, soit adhérentes à la surface de quelqu'un des vaisseaux qui se réunissent pour produire ces derniers. Henle repousse l'opinion suivant laquelle les globules vitellins se transformeraient en corpuscules sanguins.
Bischoff (n° 109, p. 284) a constamment trouvé ronds les globules du sang de jeunes embryons de grenouille et de poulet, et plus gros que chez l'adulte. Il à fait la même remarque chez un embryon humain, ainsi que sur des embryons de vache, de truie, de chienne, de lapine et de rat. Chez des embryons de mammifères, ces corpuscules ont souvent offert des volumes très divers; les plus gros avaient en général 0,0006 à 0,0007 pouce, tandis que ceux de l'animal adulte avaient 0,0003 à 0,0004. Cependant cette différence de volume n’a lieu que che de très jeunes embryons; d'ordinaire on ne la remarque plus après la disparition des fentes branchiales, de sorte qu'on doit probablement rapporter à cela la diversité qui existe entre les assertions des anciens auteurs. Chez les très Jeunes embryons, tous les globules du sang ont le même volume; chez ceux qui sont plus avancés en age, il s'en méle de plus en plus de petits avec eux, jusquà ce qu'enfinonnen découvre plus d’autres que ces derniers. Il est impossible, chez les mammifères, que les corpuscules du sang se forment immédiatement des éléments du jaune, puisque ceux-ci sont employés en entier au développement de la vésicule blastodermique, avant qu'il soit encore question, ou d'embryon, ou de sang.
Bischoff regarde les corpuscules du sang comme des cellules primaires, parfaites sous le point de vue de leur formation. Chez la grenouille, tous les organes oments vitellins,
A et sont formés par la réunion d'un certain nombre de ces cellules. Il en est de
se développent immédiatement des cellules provenant des se
même du sang, et il croit parfaitement exacte l'assertion de Baumgaertner et de Schultz. Chez les oiseaux, la formation de l'embryon entier est autre, et qe conséquent aussi celle de son sang. Ici, les organes ne sont pas produits 1mmediatement par l'agrégation des éléments du jaune; ils se développent de cés
N° 987, a. MACLEOD. Monthly Journal. Edinbourg, 1942.
HISTOGÉNÈSE SPÉCIALE. 167
éléments par un acte producteur des cellules, et il en est de même du sang, comme la dit Reichert. Chez les mammifères et chez l'homme, les éléments du jaune sont totalement employés à former la vésicule blastodermique et la tache embryonnaire; tous les organes et le sang de même, se produisent par un acte formateur de cellules au moyen de matériaux plastiques empruntés, sous forme ouines ne peuvent donc pas être considérées
comme de simples cellules vitellines métamorphosées. Mais, chez les petits em-
liquide, à la mére; les cellules san
bryons, elles sont évidemment des cellules, puisqu'elles sont rondes, doubles en grosseur des corpuscules sanguins de la mere, enfin munies d'une membrane enveloppante, d'un noyau et d'un contenu de cellule. Elles sont tres délicates et sensibles. La membrane enveloppante est très fine, s'affaisse aisément et prend des formes irrégulières. L'addition de l'eau et plus encore celle de l'acide acétique rend le noyau très prononcé ; ce dernier réactif dissout la membrane envelop- “pante en laissant le noyau. Il ne peut pas aussi sûrement résoudre la question de “savoir comment les cellules sanguines primaires se transforment en corpuscules sanguins permanents ; il croit que la cellule ronde s’aplatit d'abord, puis qu'elle se contracte et qu'elle forme ainsi le corpuscule sanguin permanent. Les plus Srosses de ces cellules, les premières de toutes, sont très pâles et probablement même ne sont pas rouges; leurs membranes se dissolvent très promptement dans l'acide acétique, mais elles résistent d'autant plus à ce menstrue que les | cellules sont plus âgées et plus développées. La même chose à lieu pour tous les
Mtissus parachevés, et aussi pour les globules sanguins permanents, sur lesquels
l'acide acétique finit cependant par exercer son action dissolvante.
— - = cs -
Horn (n° 287, b, p. 16) examine à un grossissement de 200 fois, les premières traces jaune-rougeûtres qui apparaissent dans l'aire vasculaire de l'œuf incubé du pigeon. Il y signale les cellules vitellines sous forme de globules clairs transparents, ronds ou aplatis, avec un noyau plus ou moins distinct; quelques unes sont irrégulières, rougeâtres et composées de petits corpuscules. En même temps on voit de petites cellules plates qui proviennent des cellules vitellines primitives qui se sont crevées, et d’autres petites cellules rougeàtres qui doivent leur origine à la résolution des cellules vitellines irrégulières. Elles s'entourent plus tard d'une enveloppe pour constituer des cellules sanguines parfaites. Voici comment V’ogt (n° 147, 4, p. 70) s'exprime sur la formation des olobules sanguins dans l'alytes : « Les premières cellules du sang qui circulent dans l'aorte et dans les vaisseaux vitellins, ne peuvent pas être distinguées des cellules des Organes dans lesquels les vaisseaux se sont formés. Ce sont les mêmes cellules rondes avec un contenu moléculaire, quelquefois aussi avec quelques globules Stéariques à moitié dissous qui nagent dans le sang, et forment les vaisseaux des parois desquels ils sont évidemment enlevés. On distingue bien la vésicule diaphane qui constitue le noyau : au commencement, celle-ci a un contenu hyalin et liquide ; mais bientôt on y apercoit un précipité oranuleux, et même la formation de souttelettes huileuses et de olobules stéariques. L’enveloppe extérieure, le globule du Sang primitif disparait, et l'on ne voit dans le sang liquide que des
N° 287, &. Horn. Das Leben des Blutes. Wurzboure, 1842.
nn A ODE TT
cellules sphériques faiblement colorées en jaune, beaucoup plus petites que Les cellules du sang primitives, tout à fait remplies du contenu moléculaire, ou plus ou moins vides. À mesure que l'embryon se développe, le contenu solide des cellules disparait; et bientôt celles-ci sont presque tout à fait transparentes, ne montrant plus que quelques granules moléculaires dans leur intérieur, » A cet, époque on commence à voir le noyau; la cellule est encore ronde quoique aplatie et sa couleur d'un jaune pale ; la forme elliptique ne parait que vers la fin de L vie embryonnaire.
Vogt avoue (loc. cit., p. 73) qu'il n'a vu cette transformation, ni chez Je poissons, ni dans les batraciens ; mais les raisons suivantes parlent, suivant lui, pour la probabilité d'un mode de développement des globules sanguins, identique avec celui qu'il vient de décrire pour l'alytes; ces raisons, les voici: « 1° [a grandeur à peu près égale du noyau des globules du sang primitifs et des elobules sanguins, tels que nous les voyons plus tard. Il est vrai que je ne puis indiquer pour cette proportion que l'estimation à la simple vue, n'ayant pas pris des mesures plus exactes; mais je crois ne m'être point trompé. 2° Un second argument se trouve dans la disposition des noyaux. Au commencement, on voit très bien les noyaux des globules sanguins primitifs ; plus tard, lorsqu'il n'existe plus que des globules sanguins plus petits, qui se remplissent de nouveau dm contenu nutritif, 1l est impossible de découvrir les noyaux, et on ne les reconnait de nouveau qu'après la résorption du contenu nutritif, et qu'avec le déve. loppement de la forme nummulaire. Si les petites cellules se formaient par contraction des cellules primitives plus grandes, ne devrait-on pas alors apercevoir toujours écalement bien ce noyau ? »
Déjà, avant que la première circulation du sang soit établie, disent Prévost et Lebert (n° 110, p. 207; PI. XII, fig. 30-40), «on voit parmi les globules organo-plastiques un certain nombre de globules qui contiennent beaucoup moins de petites vésicules et de granules que les autres, et qui montrent plus distinctement le noyau diaphane : ce sont les premiers globules du sang. Dans un tétard d’un centimètre de longueur, chez lequel la circulation dans les branchies était déjà établie, le sang était composé de globules pour la plupart ronds, quelques uns ovales, de 0,02 à 0,03 mm., formés d'une membrane extérieure, fine et parfaitement diaphane, d’un noyau également diaphane, de 0,0129 à 0,0175 mm., ordinairement rond, central ou excentrique, entouré d'un certain nombre de granules moléculaires et de globules en paillettes, de 0,005 à 0,0079, libres entre la membrane d'enveloppe et le noyau. Ces premiers globules du sang ne paraissent donc être autre chose que des globules organo-plastiques dépouillé d'une partie de leur contenu oranulo-vésiculaire. Le principe colorant pari soutenu en partie dans les granules et les vésicules de l'intérieur des olobules, dont l'apparition première est postérieure à celle des vaisseaux. Dans es période, on trouve tous les passages entre les globules organo-plastiques ue tifs et d'autres à peu près vides et diaphanes. Dans un tétard de 11 millimetres de longueur, chez lequel la circulation était bien établie, les globules étaient ronds ou ovales; les premiers de 0,0175 à 0,0225 mm.; les derniers lo 0,0225 à 0,0275, larges de 0,015 à 0,0175; les noyaux sont diaphanes, rond
n9$ de s el
HISTOGÉNESE SPÉCIALE. I 89
excentriques, 1ls ont 0,01 à 0,0125 mm. Entre le noyau et la membrane d’enve: loppe existent de petits globules en paillettes, de 0,005 à o,ox mm. ; leur contenu est d'un blanc grisètre lécèrement opalescent. Il y à en outre beaucoup de OTa+ nules moléculaires, auxquels est due en srande partie la coloration jaune-pâle. Les petits globules disparaissent avant les granules et finalement aussi ceux-ci.
Dans un tétard de 12 millimètres de longueur, la plupart des globules sanguins sont déjà ovales ; les vésicules de l'intérieur ont disparu, mais les sranules existent encore en assez grand nombre; le noyau toujours excentrique, parait finement granuleux dans quelques globules. Dans les tétards à pattes, les globules sanguins ont à peu près l’aspect de ceux de la srenouille. Les globules organoplastiques se transforment donc directement en slobules du sang. Les auteurs combattent par conséquent l'opinion émise par Vogt.
En étudiant le développement du poulet, Prévost et Lebert (n° 288, p. 241) disent que ce n'est que vers la trente-quatrième heure de lincubation, qu'ils ont commencé à noter «la présence des globules du sang dans les capillaires périphériques autour de l'air embryonnal, preuve de la formation des globules du sang par l'intermédiaire des globules hémoplastiques, qui constituent l'élément le plus rapproché, et qui n'en sont séparés que par des parois très minces. Les globules du sang offrent d'emblée un cachet particulier et se distinguent de toute autre espece de globules. Leur diamètre varie entre 0,0083 et 0,0125 mm. ils sont peu nombreux, ronds, aplatis, à peu près incolores. Nulle part on ne reconnait des noyaux sans enveloppe cellulaire; on voit facilement que les globules sanguins ne se forment pas par désagrégation des globules agminés. Le premier sang homogène et incolore les tient en suspension, et ils sy forment de toutes pièces par la combinaison directe des éléments qui les composent. » Il existe des différences tranchées entre eux et les globules organo-plastiques. Au moment où la circulation commence à sétablir, les globules prennent une teinte Jaune-rougeñtre Vers la fin du second Jour, 1l existe déjà quelques globules de forme ovaire. Dans le courant du quatrième jour, les globules du sang deviennent plus généralement elliptiques. Du cinquième au sixième jour, ces derniers deviennent prépondérants et les noyaux granuleux; vers le huitième
Jour, apparaissent des globules blancs de 0,0056 à 0,0085 mm., et beaucoup de
granules moléculaires. Les auteurs signalent en outre quelques particularités
(p. 242) qui sont plutôt des variétés que des phases de développement, savoir : l'existence de granules moléculaires entre la paroi d'enveloppe et le noyau, forme qui rappelle celle des globules sanguins des batraciens au début de la vie fœtale, et l'existence de deux noyaux dans un seul globule, noyaux parfois Pourvus d'un ou de plusieurs oranules.
Nous rappelons ici l'opinion de Eichholtz (n° 289) que nous avons déjà
exposée (vol. I, p- 261) et suivant laquelle les globules du sang se développeraient dans les poumons.
Le mémoire de Xarton Jones (n° 290) est divisé en trois parties : la première N° 288.
PREVOST et LERERT. Annales des sciences naturelles. Noyembre 1844. No