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TOME II

est relative aux corpuscules du sang des vertébrés, la seconde à ceux des inyer. tébrés, et la dernière à une comparaison de tous deux (voy. PI. XI. L'auteur distingue dans les ovipares quatre formes principales de corpuscules ; il distingue comme phases, d'abord la cellule sanguine granulée, qu'il décrit comme une cel. lule remplie de granules, laquelle laisse à nu, par l’action dissolvante de l'acide ace. tique, étendu sur ces oranules, un noyau vésiculaire ou, comme l'auteur l'appelle celluliforme. Ces cellules à granules apparaisseut sous deux stages de développe. ment, savoir : le stage sranuleux grossier et le stage granuleux fin. La seconde phase est celle de la cellule sanguine nucléolée, ovale dans sa forme, contenant un noyau vésiculaire (ou celluliforme) et une matière colorée en rouge, Ce cellules paraissent aussi avoir deux stages de développement ; incolores dans le premier et colorées dans le second; dans ce dernier stage elles constituent Je corpuscule rouge. Dans les premiers temps de la vie fœtale, l'auteur trouve encore ane troisième phase, celle du noyau vésiculaire libre, présentant, comme l: cellule nucléolée, les stages incolore et coloré.

En examinant les corpuscules de la lymphe des animaux vétébrés, l'auteur à trouvé qu'ils étaient dans toutes les classes identiques dans leur structure avec les corpuscules sanguins, et qu'ils n'en différaient que par le degré inférieur de coloration qui accompagnait leur dernier stage. Dans les classes ovipares, l'auteur observe que les cellules nucléolées sont plus nombreuses que les granulées tandis que dans les mammifères ces dernières dominent, ce qui est l'inverse de la proportion suivant laquelle elles existent dans le sang de ces animaux. Lau teur trouve que quelques unes de ces cellules nucléolées des liquides renfermé dans le conduit thoracique présentent un degré marqué de coloration, et ont une forme ovale, offrant ainsi une ressemblance avec le sang de l'état embryonnaire primitif.

Les corpuscules du sang des invertébrés présentent les mêmes phases de cellules granulées et nucléolées que les classes les plus élevées, excepté que dans la dernière phase la coloration est très facile, tandis que le nucléus vésiculaire est souvent distinctement coloré. Comme dans les classes supérieures, les corpus cules existent, sous différents états de transition, depuis la cellule granulée Jusqu'à la cellule nucléolée. Chez quelques invertébrés, on trouve des corpuscules qui paraissent être les noyaux devenuslibres de quelques unes des cellules nucléolées ; l'auteur les considère plutôt comme des avortements que comme exemples de cellules ayant atteint leur troisième phase de cellule libre. On trouve aus! des corpuscules chez ces animaux en plus ou moins grande abondance, appartenant aux formes inférieures des éléments organiques, savoir, les granules élémentaires. La comparaison que l’auteur établit entre les corpuscules du sanÿ des vertébrés et des invertébrés, tend à prouver que, dans tous les cas, ils pa sent à travers les mêmes phases de développement, excepté relativement à la dernière ou stage coloré de la cellule nucléolée, qu'ils n’atteignent que dans és classes inférieures. L'auteur considère les corpuscules du sang des invertébrés: en tant du moins qu'il y a absence de cellules nucléolées, comme ressemblant à ceux de la Iymphe des animaux vertébrés.

, : è : | , ans À l'occasion de ce mémoire, de Quatrefages (n° 20r) fait remarquer que, d

N° 991. DE QUATREFAGES. L'Institut. 27 Janvier 1847.

HISTOGÉNESE SPÉCIALE. 191 un très grand nombre de cas, le sang des invertébrés ne présente aucune trace de granulations quelconques.» « Chez les annélides errantes et tubicoles, la matière colorante est dissoute dans le liquide. Les granulations décrites par Warton proviennent bien probablement, non pas du sang, mais du liquide renfermé dans l'intervalle qui sépare l'intestin des parois du corps. Chez les mollusques, les insectes, les crustacés, ce liquide est le sang lui-même; chez les annélides, les némertes et les autres vers à appareil circulatoire, il représente souvent à la fois le chyle et la Iymphe.» L'auteur donne ailleurs (n° 292) des détails sur le liquide de la cavité générale et du sang des Némertiens; le sang n'a presque Jamais présenté de globules ni même de granulations irrégulières.

Fahrner (n° 291) a fait ses recherches avec la collaboration de Koellker. Ces auteurs considèrent les globules sanguins comme des cellules dont le noyau finirait par s'atrophier, jusqu'à ce que les globules ne représentent plus que des disques. Primitivement ils se développent dans tous les tissus, mais, plus tard, uniquement dans le foie qui, chez l'adulte, est remplacé par les systèmes des vaisseaux chylifères et des vaisseaux lymphatiques. Dans le principe, les globules ont une forme ronde ou ovale; le noyau se partage en deux ou trois noyaux et consécutivement aussi la cellule en deux ou trois nouvelles cellules pourvues de noyaux. Reichert avait déja dit que les globules se produisaient dans le foie, mais il croyait que cela avait lieu dans les vaisseaux, tandis que les auteurs cités assisnent le sang même du foie de l'embryon comme source des nouvelles cellules. Ils avaient fait leurs observations sur le sang obtenu par une piqure - pratiquée dans la substance de l'organe mentionné ; or, Reichert (n° 251, p. 245) fait remarquer avec raison que le parenchyme du foie à cette époque de la vie fœtale est trop mou pour que quelques unes de ces cellules ne s'échappent en même temps avec le sang, et pour que, conséquemment, 1l ne sensuive nécessairement une confusion parmi les éléments soumis à l'observation microscopique.

Bientôt Xoelliker (n° 294, p. 120 et n° 112, p. 93) a modifié ses opinions. - Ayant fait ses observations sur les embryons des mammifères et des batraciens, il affirme que les premiers globules sanguins ne sont autre chose que des cellules

embryonnaires, identiques avec celles de tous les autres tissus. Bientôt ces

cellules commencent à perdre leurs granules graisseux un à un, en acquérant

en même temps une légère teinte jaunàtre, et alors elles manifestent ouvertement ce qu'elles deviendront plus tard. Leur transformation en vrais globules du sang s'opère par la résorption de tout le contenu graisseux, et par une coloration plus intense du liquide intérieur, tandis que leur forme, de ronde qu'elle était, devient allongée, et leurs noyaux plus apparents. Les globules sanguins primitifs se forment dans le cœur et dans les grands vaisseaux, et ne sont autre chose que les cellules centrales des premières ébauches de ces organes. Peu de temps après la disparition des branchies externes, on trouve dans le sang, chez les larves des

SL grenouilles, des globules Iymphatiques incolores, qui ont parfaitement le mème

Vo : 1.

N° 292. QUATREFAGES. Annales des sciences naturelles. 1846 : juin, p. 381; octobre, p. 241; novembre, p. 264. |

N° 293. FABRNER. De globulorum sanguinis origine. Zurich 1845.

aspect que les globules Iÿmphatiques des animaux adultes, et se transforment

de la même manière en globules sanguins. Hassal (n° 188, p.70) conclut, d'après leurs dimensions, que les olobules blancs du sang des ovipares présentent des degrés de développement plus parfaits que les globules colorés.

Dans l'ordre chronologique des recherches, nous devons maintenant nous occuper de quelques éléments qui, tout d'abord, furent regardés comme produits accidentels, mais plus tard, interprétés comme cellules mères des clobules sanguins. En effet, Æoelliker (n° 191) et avec lui Æcker (n° 294, p. 265) cons: dèrent la rate comme un organe dans lequel se détruisent les globules Sanguins, Ceux-c1 agolomérés au nombre de un à dix, s'entoureraient d'une membrane plus ou moins distincte et formeraient ainsi des cellules pourvues ou quelquefois privées de noyau. La cavité cellulaire renferme, outre les globules sanguins, une matière finement oranulée. Les corpuscules SAngUINns deviennent jaunes, bruns ou noirâtres, Ce qui fait que les cellules mentionnées se transforment en cellules pigmentaires ; plus tard la matière colorante disparait et les cellules sont incolores. Koelliker dit que ces éléments s'observent de la manière la plus distincte dans la rate des reptiles (#iton, bombinator, rana), moins bien chez les poissons et moins encore chez les mammifères et les oiseaux; ils se forment dans le sang coagulé (n° 295), à l'intérieur des capillaires. 7zrchow (n° 187, p. 379) et Reichen (n° 232, 1848, p. 22), nient la nature cellulaire de ces éléments.

Les premiers globules sanguins que l’on voit circuler dans les branchies des tétards sont, suivant Xramer (n° 148, p. 63), des cellules embryonnales. Au fur et à mesure qu'elles se transforment en globules sanguins, la liquéfaction s'opère dans leur intérieur ; elle commence à la périphérie et atteint bientôt les plaques vitellines qui finissent par constituer une poussière très fine située au centre de la cellule; cette poussière se réunit en un noyau trés distinct. En même temps, les cellules s'aplatissent, se colorent et constituent finalement des globules sanœuins parfaits, lorsqu'ont complétement disparu les traces de poussière qu entouraient encore le noyau (PL. XX VIL, fig. 41-42). Weber (n° 296) trouve dans le foie de la grenouille des corpuscules jaunes, quelquefois formant des agglomérations pourvues d'un noyau rond, et sur lesquelles l'eau n’exerce aucune action. Ces éléments donneraient naissance aux globules sanguins.

Gerlach (n° 297, p. 98 et n° 192, p. 217) affirme que les cellules décrites dans la rate par Ecker et Koelliker et qui, suivant ces auteurs, ne seraient que des produits pathologiques, sont les cellules mères des globules sanguins; elles n'existent pas dans la pulpe, mais seulement dans les corpuscules de Malpighi, qui ne seraient que des Iymphatiques dilatés. L'auteur signale ces mêmes cellules dans le foie des embryons. Schaffner (n° 298, p. 345) adopte complétement l'opimion de Gerlach; Frey (n° 299, p. 840) reste indécis, tandis que Ecker

N° 294. ECKER. Zetschrift für ration. Medicin. Vol. IV, 1847.

N° 295. LanDis. Verrichtung der AMilz. Zurich. 1845.

N° 290. WEBER. #nnotationes. Veipsik, 1848.

N° 297. GERLACH. Zeitschrift für rationelle Medizin. 1848.

N° 298. SCHAFFNER. Zeitschr. für rationelle Medicin. 1849.

N° 299. Frey. Dans Topp, Cyclopedia, Vol. IV, art. Suprarenal capsules.

HISTOGÉNÉSE SPÉCIALE. 193 (n° 300, p. 153) et Aoelliker (n° $o1) soutiennent leur manière de voir. Ces derniers auteurs nient que ces cellules remplies de globules sanguins se rencontrent fréquemment dans les corpuscules de Malpighi; elles existeraient suivant eux principalement dans la pulpe de la rate. Koelliker signale leur présence entre les membranes des petites artères du cerveau, dans les faux aneurismes (n° 302); ce sont aussi de faux aneurismes qui les produisent dans la rate. On rencontre quelquefois ces cellules dans les capillaires de la rate des tritons ; par la pression on peut les pousser dans les troncs veineux, jusquà ce qu'elles arrivent dans la veine cave et dans le cœur. Ecker a rencontré fréquemment ces cellules dans le sang extravasé du cerveau, des poumons, de la thyroïde, dans les aneurismes du cheval, dans la queue atrophiée des têtards ; mais 1l ne peut s'expliquer leur présence dans les corpuscules de Malpighi de la rate, puisque les vaisseaux sanguins n'y pénètrent point. Ces auteurs affirment également avoir observé de faux aneurismes avec apoplexie consécutive, chez les embryons, dans le foie, dans le cerveau et dans les poumons. Xoestlin (n° 305, p. 147) sappuie sur ce dernier fait anatomique pour adopter l'opinion de Gerlach. Cependant ces cellules renferment quelquefois un noyau, d'autres fois elles en sont privées. Aussi Ecker suppose-t-il que le noyau se développe après coup, après la formation de la membrane. Suivant Leydig (n° 304, p. 103), les globules sanguins des poissons subissent dans l’estomac des annélides des métamorphoses analogues, comme dans les extravasations.

… Paget (n° 505, p. 188) a examiné le sang d'un embryon humain âgé de quatre semaines. Ces corpuscules sanguins se présentaient sous forme de cellules globuleuses, d'une couleur foncée, avec un noyau adhérent à la paroi; quelquefois il existait deux noyaux. Les corpuscules sphériques mesuraient 0,0043 à 0,0057 de ligne; leurs noyaux 0,0026 à 0,0032 ; les ovales 0,008 sur 0,0052, ou 0,0075 sur 0,004, ou 0,007 sur 0,0006; leurs noyaux 0,0026 à 0,0032. Lebert (n° 306, p. 361) distingue dans les embryons de mammifères deux espèces de globules sanguins qui différent principalement par leur volume; les grands sont quelquefois pourvus - d'un noyau etparaissent être creux d'un côté et concaves de l’autre. Æcker (n° 307, p. 276) a trouvé des cellules renfermant des globules sanguins dans les extravasations apoplectiques d'une tumeur cancéreuse. Schrant (n° 308, p. 22, 130) adopte lopinion de Ecker et de Koelliker. Remak (n° 120, p. 22, 63) dit : Lorsque le cœur commence à se contracter, les vaisseaux renferment des cellules colorées et d'autres incolores ; celles-ci sont plus grandes, transparentes et pourvues d’un noyau entouré de granules qui disparaissent lorsque les cellules se colorent.

N° 300. EcrEr. Dans WAGNER. Dictionnaire de physiologie, Vol. IV, art. Blutgefaessdruesen.

N° 3o1. KOELLIKER. Dans Topp, Cyclopædia. Vol. IV, P. 782. — Zeitschr. Jür wiss. Zoologie. 1849, vol. 1, p. 260 ; vol. IL D-119.

N° 302. PESTALOZZI. Aneurismata spuria. Thèse. Wurzbourg, 1840.

N° 303. KOESLTIN. A4rchiv für physiolog. Hetlkunde. 1849.

N° 304. LEynIc. Zeitschr. für wiss. Zoologie. 1849.

N° 505. Pacer. London medical Gazette. Février 18/9.

N° 306. LEBERT. Annales des sciences naturelles. Juin 1849.

N° S07. ECKER. Zeitschrift für wiss. Zoologie. 1850.

N° 308. SCHRANT. Priysverhandeling over goeden Kwaadardige gezwellen. 1° af, Amsterdam, 1851. TOME II. | 49

Après l'action d'une solution faible de potasse, on voit le noyau et quelquefois aussi la cellule étranglée au milieu; d'autres fois chaque segment de |: cellule renferme un noyau distinct. La segmentation du noyau ne précède pas toujours celle de la cellule. L'acide acétique fait paraitre la cloison entre les deux es. ments de la cellule. Ces cellules doubles disparaissent vers le cinquième ou k sixième Jour de l'incubation et il apparait d'autres cellules incolores, mais plus petites que les premières. L'auteur a observé également cette segmentation dans les tétards, jusqu'au moment de la formation des vaisseaux dans les branchies internes ; il y aurait deux fois génération de cellules incolores qui se segmentent: la troisième génération se transformerait directement en cellules colorées (globules du sang).

Le même auteur examine ailleurs (n° 309) la nature de ces éléments qui ont été décrits comme cellules renfermant des globules sanguins, et dont nous nous sommes déjà occupé plusieurs fois. Rappelons d'abord encore que Leydig (n° 310, p. 261 et n° 121, a), Gluge (n° 511, p. 37) et Gunsburg (n° 264, p. 16 adoptent entièrement l'opinion de Kôelliker, tandis que Weber {n° 312, p. 55) sisnale de nouveau des corpuscules jaunes renfermés dans les cellules du foie, ce qui pourrait être interprété en faveur de l'opinion de Gerlach. Remat re. pousse l’une et l'autre de ces deux théories et fait connaitre une double source d'erreur. D'une part, il se forme à l'intérieur des vaisseaux, après la mort, de petits caillots sanguins arrondis qui ont été pris pour des cellules renfermant des globules sanguins; d'autre part, le parenchyme des organes, comme par exemple de la rate, du foie, des poumons, etc., est parsemé de cellules pigmentaires en dehors des vaisseaux capillaires; le contenu de ces cellules, les globules pigmentaires ont quelque ressemblance avec des globules sanguins (PI. XX VIII

Parmi les auteurs qui se sont encore occupés de cette question, nous mentionnerons //andfield Jones (n° 313), qui adopte les vues de Remak, Beck (n°514, p. 80), J’trchow (n° 207, vol. IV, p. 515) qui n'ajoutent pas de nouveaux faits à ceux déja exposés. Funke (n° 315) se range du côté de Gerlach. Xoelüker soutient d'une part (n° 175, p. 267)ses opinions précédentes sur la nature des cellules renfermant des globules sanguins; d'autre part (n° 166, p. 579) il déerit ke développement des globules sanguins, dans l'embryon des mammifères, par segmentation, comme Fahrner, Remak et Kramer. Bennett (n° 316) croit que les cellules particulières, déjà plusieurs fois mentionnées, sont des cellules des glandes lymphatiques qui, dans certaines circonstances, acquièrent le pouvoir de s accroitre avec multiplication endogène des noyaux. Elles se rencontreraent non seulement dans la rate, mais aussi dans d'autres glandes lymphatiques, sur

N° 309. REMAK. Archives de Huüller. 1851, p. 183; 1852, p. 115. No 310. LEYDIG. Archives de Muller. 1851.

No 311. GLUGE. Patholog. Histologie. Jena, 1850.

N° 312. WEBER, Mémoires de l’Académie des sciences de Saxe. Classe math.-phys. Vol. E, 1850. N° 313. HANDFIELD JONES. London medical Gazette. Décembre 1852.

N° 314. BECK. Untersuchungen im Gebiete der Anatomie. Carlsruhe, 1850.

N° 315. FuNKE. De sanguine venæ linealis. Leipsik, 1851. a

N° 316. BENNETT, SANDERSON. Monthly Journal. 1859, p. 112. — BENNETT. Leucocythemi bourp, 1852.

HISTOGÉNESE SPÉCIALE. 105

tout dans celles qui sont irritées. Cependant il ne nie pas l'existence de ces agglomérations de olobules sanguins qui S entourent d'une membrane, mais il croit quelles se distinguent des cellules lymphatiques par leur couleur plus foncée. Les corpuscules sanguins Se développent donc dans les glandes lymphatiques; ce sont des cellules à noyaux chez les ovipares, et des noyaux libres chez les mammifères. Sanderson (n° 316, p. 216, 521) adopte l'opinion d'Ecker et Koelliker. |

Rappelons ici encore quelques observations que nous n avons pas pu terminer (n° 100. P- b17), et suivant lesquelles les olobules sanguins se développeraient dans les glandes vasculaires.

b. Régénération.

Nous comprenons, sous la régénération des globules sanguins, leur développement chez l'adulte. Plusieurs recherches parmi celles que nous venons d'exposer sont relatives non seulement à l'embryon, mais aussi à l'adulte : il est donc inutile d'y revenir. Telles sont par exemple les observations de Barry, Wharton Jones, Eichholtz, Remak, Hassal, Weber, etc. Il en est de même de la discussion qui concerne les cellules renfermant des globules sanguins ; mais en dehors de ces opinions il s'en est formé une autre par rapport aux globules lymphatiques; nous allons nous en occuper.

Hewson (n° 280) est le premier qui ait affirmé que les globules Iymphatiques

‘se transforment en corpuscules sanguins ; 1l croit même que ceux-ci peuvent se

développer directement dans les glandes lymphatiques et dans le thymus : mais la plupart des globules [ymphatiques arriveraient dans la rate où ils subissent leur transformation. Parmi les modernes, Schultz (n° 249), À. Wagner (n° 91, n° 283), Henle (n° 79,1. 1, p. 476), Horn (n° 317, p. 17), L. Pappenheim (n° 318, p. 25) et beaucoup d'autres, mais surtout Vasse (n° 319), ont décrit, ou du moins ont prétendu décrire cette transformation. Suivant cet auteur, les globules elliptiques du sang sont d'abord des globules blancs, lymphatiques, ronds; ceux-ci sentourent ensuite d'une enveloppe ronde très mince; puis ils deviennent des corpuscules pâles elliptiques, peu sensibles à l’action de l’eau ; enfin le

. noyau devient elliptique et le olobule coloré. Les corpuscules ronds du sang des

…mammileres présentent les degrés suivants de développement : ils sont des olo- “bules blancs insolubles dans l’eau qui, plus tard, présentent un noyau; puis ils “deviennent des corpuscules lenticulaires avec un noyau, qui se partage en

“d'autres plus petits; ceux-ci se transforment en corpuscules aplatis avec un

noyau divisé, et en d'autres avec une impression latérale. Il en résulte des corpuscules aplatis, très pales, peu altérables dans l'eau, qui deviennent enfin des corpuscules sanguins parfaits.

Nous avons combattu (no 100, p. 261, 297) sans hésitation le principe de

cette transformation des globules lymphatiques en sanguins, et nous avons fait « voir Comment les altérations d’une part des globules sanguins, d'autre part des . globules lymphatiques, étaient une double source d'erreur. L'étude des mêmes

N° 517. HoRN. Das Leben des Blutes. Wurzbourg, 184. N° 318. L. PAPPENHEIM. De globulorum sanguinis indole ac vita. Berlin, 1841. N° 319. Nasse. Dans le Dictionnaire de physiologie de Wacner. Vol, I. Brunswick, 1849.

éléments présentant des formes diverses, et placés les uns à côté des autres )

amène nécessairement l'observateur à des conclusions tout arbitraires, car lé

e pee es, Aussi ne sera-t-on pas étonné de voir régner la plus grande confusion dans Li

possède nul critérium pour se guider dans l'étude de la succession de ces form

observations; Henle (no 70, t. [) n'arrive-t-1l pas à cet étrange résultat que les globules blancs naissent des colorés dans le sang des reptiles (p. 475), tandx que dans le sang des mammifères le contraire aurait heu, c'est-à-dire que les globules rouges naïitraient des globules blancs.

Donné (n° 320, p. 86) croit aussi à la transformation des globules blancs, lymphatiques, en globules rouges, et suppose que la rate est le véritable Organe où sopère cette transmutation. Il existe dans le sang, suivant cet auteur, mn certain nombre de globules qui ne sont, ni à l'état de globules blancs, ni } l'état de globules rouges parfaits, qui tiennent des uns et des autres par quel. ques unes de leurs propriétés ; dans cet état intermédiaire, il existe encore une apparence sranuleuse et une résistance aux réactifs qui rappellent la nature des globules blancs, tandis que la couleur jaunûâtre, la forme aplatie et circulaire les rapproche sensiblement des globules rouges proprement dits. Deux heures environ après l'injection de lait dans les veines de divers animaux, un grand nombre des globules du lait ne sont déjà plus intacts au milieu des globules sanguins (p. 606), les plus petits se sont réunis trois à trois, quatre à quatre, etse sont enveloppés, en roulant dans le sang, d'une couche albumineuse qui forme autour d'eux une vésicule analogue à celle des globules blancs. Les plus gros sont restés seuls, mais on les voit également environnés d'une couche semblable et bientôt ils se fractionnent au milieu de leur enveloppe; dans cet état, le globules laiteux sont encore reconnaissables, soit par leurs caractères physiques soit par la manière dont ils se comportent avec les agents chimiques. Un certam nombre ne sont pas encore modifiés. Un peu plus tard, la transformation dé globules laiteux est plus avancée; ils ont pris tout à fait l'aspect de globules blancs du sang, et, s'ils n'offraient pas encore une certaine résistance plus prononcée à l'action des agents chimiques, on les confondrait entièrement avec le globules blancs. Le sang se montre alors très riche en globules blancs ; mais peu à peu ceux-ci subissent des modifications de plus en plus profondes; leurs globulins internes s’effacent , se dissolvent dans l'intérieur de la vésicule, le globule s'aplatit, et déjà 1l présente une très légère coloration jaunâtre ; seulement 11S résistent mieux à l'eau et à l’acide acétique que les globules sanguins proprement dits, et c'est par là qu'ils s’en distinguent encore.

Enfin, continue l'auteur, après vingt-quatre heures ou, au plus tard, aprés quarante-huit heures, tout est rentré dans l'état normal ; on ne retrouve plus de globules de lait dans le sang; la proportion entre les globules blancs et les globules sanguins, entre les globules imparfaits et les globules parfaits, €sl revenue ce qu'elle est ordinairement ; en un mot, la transformation directe des globules laiteux en globules sanguins est opérée. C'est, en effet, la conséquentt

o ” à laquelle l’auteur croit être arrivé par ses recherches. Nos remarques prete

N° 320. Don. Cours de microscopie. Paris, 1844.

DÉVELOPPEMENT DES LIQUIDES. 197 dentes s'appliquent également à ces observations ; de ce que les globules laiteux disparaissent, il ne s'ensuit pas qu'ils se transforment en globules sanguins; de ce que, à la suite d'une injection laiteuse, la Ilymphe et les globules blancs deviennent plus abondants, on n’en doit pas conclure que nécessairement ces globules lymphatiques seront des globules de lait métamorphosés.

Rees (n° 321) croit avoir observé une multiplication de globules sanguins, en chauffant ceux-ci sous le microscope à 100° F.; quelques globules se sont séparés en deux et chaque portion se comportait comme un globule isolé. On observerait le même phénomène dans le sang d'individus qui ont fait de grands exercices. Remak (n° 286) a vu la segmentation des globules dans le sang des chevaux à la suite des saignées. Fahrner (n° 293, p. 19), Xramer (n° 148, p. 65) et d'autres observateurs encore décrivent la transformation des slobules blancs en corpuscules sanguins. Xoellrker (n° 166, p. 581) avoue que nos connaissances sur le développement des globules sanguins chez l'adulte sont fort obscures, mais il est disposé à croire que les petits corpuscules du chyle se transforment en globules sanguins ; ils perdraient leur noyau et s'aplatiraient. A l'appui de cette opinion viendrait la transformation des globules Iymphatiques en globules sanguins chez les reptiles et dans les embryons des mammifères. Suivant Moleschott (n° 322, p. 73), dans le sang de la grenouille saine, les globules blancs sont aux globules rouges : : 1 :6. Sur des grenouilles privées de leur foie, la proportion des globules rouges, comparée à celle des globules blancs, n'est plus la même ; la proportion devient :: 1 : 2,2; les globules rouges ont par conséquent considérablement diminué. Sur des grenouilles privées de leur rate et qui conservaient leur foie, la proportion des globules rouges est au contraire un peu augmentée ; en effet, la proportion des globules blancs aux globules rouges devient :: 1:09. L'auteur tire de ces faits la conclusion que le foie a une action directe sur Île développement des globules colorés du sang, et la rate une action contraire. Lorsque l’auteur enlevait et le foie et la rate, le rapport entre les globules blancs et les rouges était le même que sur les grenouilles privées seulement du foie. Dans l’un et l'autre cas, l'organe formateur avait disparu. Les pertes du sang les plus abondantes sont loin d'avoir, sur la proportion des globules rouges contenus dans le sang, la même influence que l’excision du foie. Le foie transformerait donc les globules incolores en globules colorés.

c. Accrotssement.

Suivant /Jarting (n° 130, p. 44), la période de la vie fœtale, où la transformaton de grandes cellules embryonales en corpuscules sanguins plus petits s'achève, doit être fixée entre la douzième et la seizième semaine. Ceux-ci, d'abord très petits, croissent en diamètre pendant les derniers mois de la gestation, mais sans atteindre la grandeur normale. Après l'acte de la respiration, leur développement atteint son dernier terme, et depuis lors le diamètre ne s'agrandit plus.

Leur forme ne subit également aucune modification après la naissance.

N° 321. OWEN REEs. London medical Gazette. 1845. N° 322. MOLESCHOTT. Arehives de Miller. 1853. TOME II. bo

Ç 2. Sperme.

Nous avons déjà exposé avec détail l'histoire du développement des sperma. tozoaires (vol. I, 2° partie, p. 70) jusqu'au moment de la publication de notre mémoire. Les recherches publiées depuis cette époque (1846) ne font pas con. naïitre des faits bien importants. Cependant nous rappellerons quelques unes de ces observations.

Koelltker (n° 323, a) généralise sa théorie sur la transformation du noyau des cellules mères en spermatozoaires. En effet, l’auteur affirme que, dans les cellules séminales et les kystes, le fil spermatique se développe sous forme d'un fil en spirale avec deux ou trois tours et placé à la paroi interne du noyau. On ne sait pas précisément comment se forme ce fil, mais il parait probable à l’auteur que cela se fait d’une manière analogue à celle observée dans les fibres spirales des plantes, à savoir, par dépôt du contenu du noyau qui s'éclaircit en même temps, Mais il est hors de doute que le testicule est le véritable foyer de ce développe. ment; quelquefois tous les canalicules offrent des noyaux qui présentent des spermatozoaires bien développés. Cependant les fils spermatiques ne deviennent px libres dans les canalicules, mais plus loin dans le rete testis. Ce sont les noyaux qui crèvent d'abord; les fils devenus libres restent sans ordre distribués dansk cellule, ou bien ils se rangent par faisceaux réguliers, dans l’intérieur de ki cellule, les têtes et les queues ensemble. Finalement la cellule ou le kyste se rompt; le faisceau et les fils s'échappent et on les trouve entassés dans l'épi didyme. Le développement est complétement terminé dans les conduits séminrfères.

Reichert (n° 323, b, p. 102, 111, 124) décrit le développement endogène des cellules dans les testicules des nématoïdes. La queue des spermatozoaires du strongylus auricularis est, suivant cet auteur, une exsertion de la membrane cel lulaire, tandis que la cellule tout entière devient la tête (p. 113). Ch. Robin (n° 5, s'appuie sur ces observations pour appeler ovules les cellules mères des spermatozoaires. il (n° 325), Wagner et Leukart (n° 326), et H. Meyer (n° 327, p. 195) se sont également occupés du développement des zoospermes. Suivant Will, les cellules mères des spermatozoaires ne seraient autre chose ‘que des cellule épithéliales des canalicules séminifères. Wagner et Leukart font une distinction entre ces deux espèces de cellules; ils signalent de petites vésicules renfermant encore la tête du spermatozoaire, tandis que la queue est proéminente; d'autré fois la vésicule forme une gaine autour de la queue. Meyer laisse indécise la

O 1] question à savoir, si les spermatozoaires naissent dans les noyaux ou pres d'eux.

N° 393, a. KOELLIRER. Die Bildung der Saamenfaeden. Neuenbourg, 1846.

N° 393, D. REICHERT. Archives de Muller. 1846.

N° 324. ROBIN. Comptes rendus de l’Académie des sciences. 1848, t. XX VII, p. 421. N° 325. Wii. Secretion des ThierischenSaamens. Programme. Erlangue, 1849.

N° 326. WaAcnER et LEUKART. Dans Topp, Cyclopedia, art. Semen.

N° 327. H. Meyer. Archiv fur wiss. Zoologie. 1849. Vol. 1.

( 3. Lait.

Nasse (n° 328, p. 260) émet la conjecture que les globules du lait pourraient bien être renfermés d'abord dans des enveloppes qui se détruiraient plus tard. Les globules du lait se formeraient alors d'après le même type que les vésicules adipeuses d’autres sécrétions grasses, par exemple du cérumen des oreilles. Mais ni lui ni Henle (n° 90, t. IL, p. 528) n'ont rien vu qui füt indubitablement un noyau. Avant que la sécrétion de lait commence, disons-nous (n° 100, p. 495), les mamelles renferment des corpuscules analogues à ceux du mucus; les noyaux de ces corpuscules se transforment en gouttelettes de graisse et se séparent ensuite de la cellule. Gros (n° 329) pense également que les globules du lait sont formés de la matière butyreuse renfermée dans des vésicules analogues à celles du vitellus. Les vésicules butyreuses se produisent sur la paroi interne des utricules mammaires, qui, dans la période de lactation, se vésiculisent à la manière des ovaires, crèvent et versent leur contenu avec la granulation et Îles vésicules butyreuses dans les méats lactifères. Rernhardt (n° 330, p. 20) croit que les globules du lait se développent indépendamment des cellules dans le liquide de la glande mammaire ; les globules de colostrum seraient des cellules épithéliales remplies de graisse et en train de se désagréger. Gerlach (n° 192, p. 565) trouve un noyau dans les globules du colostrum, avant mais pas après la parturition. Lammerts van Bueren (n° 331, p. 1) partage l'opinion de Reinhardt sur le développement des corps granuleux du colostrum. Donders (n° 332, p. 54) et Lamberts van Bueren, affirment que les globules de lait se développent à l'intérieur de cellules qui éclatent plus tard. il (n° 333) examine les vésicules terminales des glandes mammaires, où il trouve les gouttelettes de graisse renfermées dans les cellules. Suivant Koelliker (n° 166, p. 534), les globules de colostrum sont des cellules remplies de graisse, dont les éléments désagrégés sont les globules de lait.

Ç 4. Les liquides sécrètés (pus, mucus).

Nous avons déjà exposé (dans le premier volume, p. 191) la théorie générale de la sécrétion ; nous y avons vu que les particules qui existent dans les liquides sécrétés proviennent tous des glandes sécrétoires elles-mêmes, dont elles forment les éléments constitutifs ; ces éléments ayant atteint leur degré de maturité parfaite, se dissolvent ou crèvent, se détachent et sont conséquemment expulsés avec le liquide sécrété. Cependant quelques opinions divergentes se sont fait

jour depuis cette époque, surtout en ce qui concerne le zrucus, opinions qui ne

N° 3528. NaAsst. Archives de Muller. 1840.

No 3929. Gros. Académie des sciences. 1846.

N° 330. REINHARDT. Archive für physiol. Heilkund. 1845. Vol. Y.

N° 331. LaAMMERTS VAN BUEREN. /Vederl. Lancet. Vol. V. — Observ. microscop. de lacte. Tra]j. ad Rhenum. 1840.

N° 332. DONDERS. Vederl. Lancet. Juillet 1850.

N° 333. Wir. Uiber die Milchabsonderung. Erlangue, 1850.

changent rien à l'idée fondamentale que nous venons de mentionner, mais qui mettent en question la source même de ce liquide, c'est-à-dire l'endroit où j] ; produit.

Les auteurs se sont encore occupés d'un autre point de l'histoire des Sécrétions et qui nous intéresse particulièrement : nous voulons parler du mode de forma. tion des éléments du parenchyme glandulaire. Précédemment (vol, I, p. 180) nous avons dit que ce parenchyme se formait par le développement de COrpus. cules primitifs (noyaux) dans le blastème, corpuscules qui se transformeraient peu à peu en cellules parfaites. Or, d'une part l'existence de noyaux libres à été mise en doute, tandis que de l’autre on a formulé diverses opinions sur la pre. mière formation du noyau lui-même. Nous allons sommairement exposer ces diverses vues sans nous y arrêter longtemps, car le plus souvent elles sont purement arbitraires et ne reposent point sur des données positives.

En ce qui concerne le développement du noyau lui-même, la plupart de auteurs supposent que dans le blastème primitif se forment des molécules élémentaires qui se réunissent pour constituer un corpuscule, le noyau de la cellule future; telle est, par exemple, l'opinion de Bruch (n° 186) et de 4. Müller (n° 334) Suivant J’ogel, Koelliker, etc., ce noyau serait, du moins dans beaucoup de cas, une véritable cellule. En opposition avec cette manière de voir, Rernhardt (dans Traube, n° 229) affirme qu'un seul granule s'accroit en noyau. Leben (n° 223, t. [, p. 30) dit qu'en général on n'attache pas encore assez de valeurà l'étude de ces granules qu'on rencontre dans divers liquides, et qu'on désigne collectivement sous le nom banal de granules moléculaires. « Nos recherche physiologiques sur divers êtres du règne végétal et du règne animal, poursuit l'auteur, ainsi que nos études pathologiques, nous ont conduit à la conviction que bien souvent ces granules dites moléculaires sont des cellules organisées fort importantes, et que leur véritable nature nous échappe, parce que nos instruments grossissants n'ont pas encore atteint le degré de perfection nécessaire pour ces études. « Nous ne croyons pas nécessaire de discuter la valeur de cette opinion purement hypothétique qui, à son appui, ne peut même pas citer un fait, une observation, puisqu'elle se base uniquement sur le désir de compléter une théorie et qu'elle reconnait l'insuffisance des instruments, c'est-à-dire des seuls moyens infaillibles d'investigation.

A cette question de développement de noyau, s'en rattachent immédiatement d'autres qui sont liées à la théorie générale de l’histogénèse ; nous voulons parler de la préexistence du nucléole relativement au noyau, ou du noyau relativement à la cellule. Nous en avons déjà parlé avec beaucoup de détails au com mencement de cet ouvrage; les idées exposées dans cet endroit (p. 33 et suv.) d'autres qui se sont produites depuis, ont trouvé leur application dans les recherches sur le développement du parenchyme glandulaire et des exsudatiOM pathologiques. Quelques unes ont été déjà mentionnées (p. 156); ajoutons encore que, suivant Bruch (n° 186) et Virchow (n° 187, n° 229), dans les éléments exsudatoires, le nucléole se formerait plus tard dans le noyau, tandis que Ja mem

N° 334. H. Muzrer. Zeitschrift für ration. Medizin. 1845, vol. IL, p. 230.

DÉVELOPPEMENT DES LIQUIDES. 201 brane se développerait par la condensation périphérique des granules internes liquéfiés. Kramer (n° 148) dit que le noyau des globules muqueux apparait d'abord, puisque la cellule se forme autour. On sait que le noyau des globules de pus se compose de plusieurs fragments, rendus visibles surtout par l'action de l'acide acétique ; quelques auteurs ont supposé que c'étaient des noyaux multiples dans une seule cellule ; d’autres y ont vu la segmentation, comme Koelliker, opinion contestée par Reinhardt.

Une opinion toute particulière a été émise par Helbert (n° 335), qui croit avoir démontré qu'il se forme des cellules dans le liquide sanguin, même lorsqu'il est déja complétement séparé de l'organisme. En recueillant le liquide sécrété sous l'épiderme par l'application d'un vésicatoire, l'auteur n'a pu y distinguer d'abord aucun granule; mais en le renfermant dans un tube hermétiquement fermé, Helbert a vu s'y précipiter au bout d'une heure des granules jaunâtres, transparents, insolubles dans l'acide acétique. Au bout de cinq heures, le liquide s'était troublé, le nombre des granules avait diminué, et l'on voyait des cellules isolées ou agglomérées, dont le noyau ressemblait aux granules en question, et dont la membrane était soluble dans l'acide acétique. Plus tard, le nombre de ces cellules augmente ; suivant l'auteur, ce seraient des globules de pus imparfaitement développés. Helbert adopte l'opinion de Vogel, sur la nonpréexistence de nucléole, et croit le noyau formé par la réunion de deux ou de trois granules élémentaires. Nul doute ne peut exister sur la cause d'erreur qui domine dans ces observations : les granules, d'abord suspendus dans une grande quantité de liquide, ont échappé à l'observateur et n'ont pu être reconnus par lui que précipités au fond du tube ; il en est de même pour les cellules ou globules de pus imparfaitement développés.

La même diversité d'opinions que nous avons signalée pour la formation du pus et des globules exsudatoires en sénéral, règne également parmi les auteurs pour le développement de divers éléments qui constituent le parenchyme olandulaire. La préexistence du nucléole, du noyau ou de la cellule, sont les questions continuellement débattues ; l'histoire inextricable de toutes ces recherches peut se réduire à ces limites. À ces questions est venue se joindre une autre dans les derniers temps : On a mis en doute l'existence de noyaux libres dans le parenchyme des glandes. Il nous serait impossible de citer ici toutes les opinions émises à ce sujet : nous nous bornerons à en rappeler quelques unes pour caractériser les diverses époques de cette histoire. Nous trouvons, par exemple, chez Schlemm (n° 336), exprimée l'opinion qu'au fond des canalicules biliaires des crustacés, il existe des noyaux libres qui s'entourent plus tard d'une membrane, et deviennent ainsi de véritables cellules. Ludwig (n° 337), au contraire, affirme que dans les canalicules urinaires les grandes cellules seules renferment des noyaux, tandis que les petites en sont privées ; il s'ensuivrait que le noyau

N° 335. HEeLBERT. De exanthematibus arte factis fragmenta. Diss. inaug. Gottingue, 1844. N° 336. SCHLEMM. De hepate ac bile crustaceorum et molluscorum quorumdam. Thèse. Berlin, 18/4. | N° 337. Lunwic. Dans le Dict. de physiologie de WAGNER. t. I, p. 631. Brunswik, 18/5. TOME II. 51

se forme postérieurement. £cker (n° 338) trouve au fond des glandes stomachiqu es

une masse finement granuleuse et des noyaux libres, Æenle (n° 228, p. 5 4) É cellules avec un ou deux noyaux, où une masse moléculaire avec des srl libres, mais jamais de masse moléculaire sans noyaux, ainsi que Le prétend Bruc} Suivant Meckel (n° 339), les parois des vésicules de la glande mammaire La revêtues de cellules cubiques à noyaux. Il s'y développe de la graisse pendant}

lactation ; ces souttelettes deviennent des globules de lait, tandis que la bn. brane se dissout et forme la caséine. Les nouvelles cellules se développent libre. ment en dehors des anciennes, par conséquent 1l n'existe point de développement endogène de cellules.

En dernier lieu, nous mentionnerons l'opinion de Aoelliker (n° 166, p. 15) Les cellules, dit-il, se développent indépendamment, ou par l'intermédiaire d’autres cellules. Le développement libre de cellules a lieu pour les corpuscules du chyle et de la Iymphe, pour les cellules du vitellus et celles dans lesquelles se forment les spermatozoïdes, pour les éléments qui composent les follicules clos de l'intestin, les glandes Iymphatiques, les corpuscules de Malpighi et la pulpe de la rate, le thymus, l'utérus pendant la orossesse, les corps jaunes, etc. Dans tous ces cas, ce qui se forme d'abord, c'est le noyau qui prend bientôt l'apparence d’une vésicule dans laquelle on distingue le nucléole. L'auteur ne sait pas si le nucléole se forme consécutivement dans le noyau, ou s'il préexiste et détermine la formation du noyau, comme cela a lieu pour le développement endogène Koelliker n'ose non plus rien affirmer de positif sur le développement des noyaux, à savoir, s'ils sont homogènes dès le principe, et plus tard seulement séparés en membrane et contenu, ou si, dès leur formation, ils constituent des vésicules Autour du noyau ainsi formé se développe immédiatement la membrane, entre laquelle et le noyau apparait ensuite le contenu, ou bien le blastème se condense d'abord à la surface du noyau, et s'entoure ensuite d'une membrane; ce derme mode n'a été jusqu'ici observé d’une manière certaine que dans l’œuf, où se forment successivement la vésicule germinative, le vitellus et la membrane vitelline. Partout ailleurs a lieu le premier mode du développement libre des cellules de même que dans les produits pathologiques, dans le pus, dans les exsudations diverses.

Tout autre développement cellulaire procède d’une cellule mère; celle-ci subit une scission, pour former deux nouvelles cellules ou elle en développe des Jeunés cellules à l'intérieur, ce qui constitue le développement endogène. L'un et l'autre mode parait s'effectuer dans les tissus cornés et dans quelques liquides sécrétés Koelliker appuie son opinion sur les recherches de Remak , de H. Müller, et: de sorte qu'elle peut être regardée comme l'expression de l'état actuel de n®% connaissances à ce sujet. Nous verrons, dans la seconde partie de cet ouvraÿ ce qu'il faut penser de toutes ces opinions si diverses et souvent si contradittoires. |

Il nous reste encore à parler du mucus et de la manière dont, dans les derniers

N° 338. ECkER. Zeztschrift für rationelle Medizin. 1859, D. 2r2. N° 339. MECREL. /{lustrirte med. Zeitung. 185a, p. 141.

temps, a été envisagée sa formation. Donne (n° 320), qui regarde les globules du pus comme un produit de sécrétion spécial et direct de la partie quisuppure, de la membrane pyogénique (p. 191), dit qu'il y a une telle analogie entre les caractères microscopiques du mucus et ceux du pus, que ces deux substances se confondent ensemble considérées de cette manière; les globules du mucus sont tellement semblables à ceux du pus, par leurs caractères physiques, leur structure et leur composition apparente, qu'il n’est pas possible, quoi qu'en aient dit plusieurs observateurs, de les distinguer les uns des autres. C'est une opinion que nous avions également exprimée dans nos divers écrits. Mais Lebert (n° 225, t. 1, p. 68) va plus loin; il dit que les globules de pus et ceux du mucus sont identiques ; 1l affirme que beaucoup de membranes muqueuses, surtout celles des fosses nasales, du larynx, de la trachée-artère, des bronches et des organes wénitaux chez la femme, sécrètent du pus dès qu'ils deviennent le siège du travail phleomasique le plus léger, et que le catarrhe de ces diverses muqueuses est constitué par une véritable inflammation, souvent, il est vrai, superficielle et légère, mais toujours accompagnée d'une sécrétion abondante de véritables globules du pus. D'un autre côté, lorsqu'on a eu affaire à du mucus qui, en effet, ne contenait rien de pathologique, on à pris pour des globules muqueux, soit de très jeunes cellules épithéliales, soit les noyaux volumineux de grands feuillets d'épithélium pavimenteux, et l’on en a fait un élément nouveau et particulier que l'on a désigné sous le nom de globules muqueux. On peut, du reste, se convaincre aisément que la sécrétion épithéliale n’est nullement liée d’une manière nécessaire à celle du mucus, lorsqu'on étudie le développement et la régénération de l'épiderme, dont la nature physiologique est la même que celle de l'épithélium.

Koellker (n° 175, p. 51) conteste l'exactitude de cette opinion de Lebert qui, avec de légères modifications, a été adoptée par ’irchow et Lehmann. Koelliker dit qu'il a fréquemment observé l'épithélium de la muqueuse buccale, dans sa position normale, couverte de globules muqueux; ceux-ci ne peuvent pas être par conséquent de jeunes cellules épithéliales, puisque l'épithélium sous-jacent nest pas lésé. Il regarde plutôt ces éléments comme une espèce de slobules exsudatoires, analogues aux globules du pus des catarrhes, que l’on rencontre également à la surface de l’épithélium intact.

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