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intérieure sont plus opaques ; il n’y a donc pas dans le mollusque une distinction à faire entre la partie embryonnaire et un sac vitellaire. Tous Îles tissus proviennent de cellules parfaitement caractérisées, pourvues de membrane et de noyau, et provenant des sphères vitellines. Ces observations ne s'accordent done nullement avec la formule proposée par Schleiden et Schwann. Toutes Jes cavités se forment par écartement des cellules embryonnaires, réunies d’abord en masses solides.
Koelliker (n° 433) défend sa théorie contre les attaques de Reichert. Il insiste de nouveau sur l'absence de la membrane dans les sphères vitellines, absence prouvée par l'action de l’eau ; ces sphères vitellines augmentent en nombre par scission , par segmentation, mais non pas par génération endogène; cette seu. mentation est précédée d’une multiplication des noyaux par génération endogène dans les noyaux primitifs. L'auteur a observé, comme Vogt dans l'actéon. des vitellus en forme de biscuits, dans la première période de segmentation de l'œuf d'Ascaris nigro-venosa ; mais ces vitellus se transforment en globes elliptiques qui plus tard présentent deux noyaux.
Le 5 avril 1845, Coste (n° 432) adressa la lettre suivante à l'Académie des sciences : « J'ai Fhonneur de communiquer à l'Académie une découverte dont tous les physiologistes apprécieront l'importance. Je me bornerai à la signaler aujourd’hui à leur attention, me réservant de faire connaitre, dans un travail spécial, les nombreuses expériences qui m'ont conduit à ce résultat inattendu. On croit généralement que, chez les oiseaux, les reptiles écailleux, les poissons cartilagineux, l'organisation du blastoderme ne se réalise point, comme chez les autres animaux, à l’aide du remarquable phénomène de la segmentation du vitellus, et l'on admet que, sous ce rapport, la série animale se partage en deux grandes catégories, dont l'une se distingue par la manifestation de ce phénomène, et l'autre par son absence. L'expérience ma démontré que cette contradiction n'existe pas, et que partout la nature procède d'une manière identique. J'ai vu chez les oiseaux, les reptiles écailleux, les poissons cartilagineux, pendant le passage de l'œuf à travers l'oviducte, la segmentation se produire comme dans les autres classes. Il y à seulement cette différence que, chez les animaux dont je viens de parler, le phénomène, au lieu de s'accomplir sur le vitellus tout entier, porte exclusivement sur la portion réservée de ce vitellus qui constitue la cicatricule. Cette découverte, en modifiant les idées admises sur la signification des diverses parties de l'œuf, fait disparaitre une grande exception. »
Bientôt après, Coste faisait connaitre ses observations en détail, soit dans des communications académiques, soit dans plusieurs articles insérés dans les journaux. Nous emprunterons quelques passages à son dernier ouvrage (n° 355, p. 103), où se trouvent résumés tous ses travaux (voy. PL XXV et XX VI). Après avoir exposé la constitution du vitellus des oiseaux et des mammiferes, que nous avons déjà fait connaitre dans le chapitre précédent, l'auteur dit quil y a, sous le rapport de l'organisation de l'œuf ovarien, deux catégories bien distuinctes. « Dans la première catégorie, qui comprend Fhomme, les mamamiferes » les batraciens, les poissons osseux et tous les invertébrés, à l'exception des Cépha-
N° 433. KoëLLIKER. Archives für Naturgeschichte de Wiegmann. Berlin, 1847, p. 9:
x Le - EN Te Te PREMIÈRES TRANSFORMATIONS DE LOEUF FECONDE. 207
odes, les modifications qu'éprouve le. vitellus dans l'ovaire se bornent à une ltiplication plus ou moins grande des granules, des globules ou des vésicules gée au sein de la sse formée par ces granules, ces globules ou ces cellules, s'y dissout sans quon
nt ce vitellus se compose, et la vésicule germimative immer
je jamais apparaître une membrane granuleuse destinée à organiser un blaslerme. Dans la seconde catégorie, au contraire, à laquelle se rapportent les eaux, les reptiles écailleux, les poissons cartilagineux, les céphalopodes, la sicule germinative y est toujours saisie dans l'épaisseur d'une couche graguleuse éexistante, et le rudiment du blastoderme, représenté par la cicatricule, attend e la fécondation vienne éveiller en lui l’activité dont il a besoin pour dévepper l'être nouveau. Ces deux catégories, fondées sur des caractères difféntiels dans l’organisation de l'œuf, présenteront cependant, l’une et l'autre, le
marquable phénomène de la segmentation du vitellus; mais, pendant que dans
Ile de ces deux catégories qui comprend l’œuf des mammiferes, des batraciens, »s poissons osseux et des invertébrés, cette segmentation s'accomplira sur le tellus tout entier, elle ne portera, dans celui des oiseaux, des reptiles écailleux s poissons cartilagineux et des céphalopodes, que sur la portion réservée de ce tellus qui forme autour de la vésicule germinative cette accumulation de anules d'où résultent la cicatricule et le blastoderme, accumulation granuleuse 11, au commencement, remplissait, avec la vésicule germinative, toute la cavité > l'œuf.
» Si donc on veut avoir une idée exacte du degré d'analogie quil y a entre s deux types, il convient de comparer l'œuf mür du premier avec l’œuf primitif u second. Ce n'est qu'en procédant ainsi qu'on reste dans les limites d'une omparaison légitime, car les termes de cette comparaison cessent d’être idenques dès que, chez les oiseaux, les reptiles écailleux, les poissons cartilagineux, > progrès du développement a compliqué l'organisation du vitellus. » Cependant, ans ce cas, ce n'est plus dans sa totalité que l'œuf des animaux mentionnés doit tre comparé à celui des mammifères et de l'espèce humaine. Une seule de ces arties peut alors être prise pour objet de comparaison, et cette partie est celle ui est représentée par la cicatricule ou cumulus granuleux; possédant à ce ioment la vésicule germinative à son centre, elle représente le vitellus des iammiféres, des batraciens, etc. Par conséquent, tous les autres matériaux doient étre considérés comme une provision de nourriture.
Cependant, chez les poissons osseux, les globules ou granules vitellins qui estent uniformément dispersés dans toute l'étendue de l'œuf jusqu au moment e la ponte, émigrent tous, après la fécondation, vers un point déterminé de la arface (PL. XX VI) et, par un mécanisme dont l’œuf des poissons osseux offre ncore seul l'exemple, ils constituent le germe. En raison de cette particularité, e vitellus des poissons osseux est un intermédiaire entre celui des animaux qui nt une cicatricule distincte du jaune, et celui des animaux dont le vitellus tout ntier représente la cicatricule (p. 108).
Le mémoire de Vogt, que nous avons analysé, a été l’objet d'un Rapport résenté à l’Institut par M. Mine Edwards (n° 454); on y trouve le passa
SE D N° 434. MINE Enwanps, Comptes rendus de l’Académie des sciences. juin, 18/46.
suivant : « Les physiologistes sont partagés quant à la nature de ce Phénomèn (du fractionnement du vitellus) : Suivant les uns, ce fractionnement dépendra de la transformation du vitellus en cellules ou sacs membraneux dont le nombre s'accroitrait rapidement et dont le volume diminuerait en raison inverse de Cette multiplication ; suivant d'autres, ce ne serait que l'effet d'un mode Particulier du groupement des molécules de la matière grenue de l'œuf; les sphères SeCondaires ou tertiaires résulteraient seulement de l'agrégation de cette matière autour d'un nombre sans cesse croissant de centres ou foyers de condensation et ce ne serait qu'à une période plus avancée du travail génésique que les Petites masses , ainsi formées se revétiraient d'une membrane pour constituer de véyi. tables utricules ou cellules. La première de ces théories, soutenue par Schwann, Barry, Reichert et plusieurs autres physiologistes, avait déja été attaquée par M. Vogt, dans son travail sur le développement du crapaud accoucheur, « l'explication que cet observateur donna alors du fractionnement du vitellus été adoptée par la plupart des embryologistes, et notamment par MM. Bischoff Koelliker et Coste. » Ces paroles ont été le sujet d'une réclamation très vive de la part de Beromann (n° 435, p. 33) qui rappelle que dans son travail, publié en 1941, dans les Archives de Müller, 11 avait précisément indiqué l'absence d'une membrane particulière dans les premières sphères vitellines, et son apparition dans les dernières sphères. Dans une note additionnelle (p. 55), l'auteur annonce que, dès l'année 1845, il avait observé la segmentation dans la cicatricule de l'œuf des oiseaux, pris dans l’oviducte.
Voilà comment Courty (n° 252, p. 1 1) décrit le développement du blastoderme: « Tandis que le jaune se compose en totalité de grandes vésicules à parois extrémement minces, renfermant un contenu granuleux très fin, la cicatricule est formée en grande partie d'un amas de granules à contours obscurs, et plus volumineux que les granules moléculaires qui remplissent les vésicules vitellines. Ces granules sont la plupart groupés par petites masses foncées plus ou moms considérables. Plusieurs globules transparents, dont les uns paraissent de nature albumineuse, les autres de nature graisseuse, sont répandus au milieu de cet amas de granules, et quelques-uns servent de centre aux petites masses qui résultent de leur groupement. Un peu plus tard, ces amas de globules et de granules élémentaires associés se revêtent d'une coagulation membraneuse et forment des vésicules, dont le rôle est des plus importants, puisque de ces vésicules même va résulter l'organisation utriculaire ou celluleuse des feuillets du blastoderme. En effet, ces vésicules se disposent, l'une à côté de l’autre, en couches plus où moins épaisses; leur contenu commence à se dissoudre et à disparaitre, et par l'effet des progrès de l'absorption il n'en reste bientôt plus que la paroi men braneuse. Celle-ci s'aplatit et constitue alors une cellule intégrante du feuillet blastodermique, cellule contenant encore à son centre des vestiges de la masst nucléolaire, que lui avaient primitivement formée les globules et granulés élémentaires dont je viens de décrire le mode de groupement. Pendant quap” parait la ligne primitive, et qu'autour d'elle s'accumulent les premiers matériaux
N° 435. BERGMANN. Archives für Anatomie und physiologie de Muller. Berlin, 1847:
aniques du germe en cours de développement, la résorption du contenu de vésicules ou cellules s'opère avec assez d'activité pour laisser bientôt, autour l'embryon, un espace transparent, auquel on a donné, à cause même de sa nsparence, le nom de champ ou aire transparente (area pellucida). Mais le me travail se reproduit plus loin, et si l'on veut saisir de nouveau toutes les ises de ce mode de formation cellulaire, on n'a qu'à examiner les divers points la membrane qui constitue dès lors le blastoderme, depuis l'aire transparente qu’à la circonférence qui limite son étendue, et jusque dans les halos où semnt se préparer les éléments de cette organisation. » (On rencontre en outre, dit Courty plus loin, dans la cicatricule quelques autres icules moins nombreuses, munies simplement d'un noyau intérieur avec ou 15 nucléole, et ne renfermant, entre leurs parois et le noyau, qu'un contenu ide et transparent : elles ne sont souvent que des états transitoires des preières, c'est-à-dire des vésicules primitivement pleines, parvenues maintenant a période où le contenu se dissout et est résorbé, mais n'ayant pas contracté dhérences. Il ne faut pas les confondre avec celles qui viennent de la cavité | jaune et qu’on peut aussi y trouver mélées. En effet, dans cette cavité (latebra felli) et dans toutes les parties de l'œuf, remplies seulement d'une matière insparente, qui sont en Communication avec cette cavité, on trouve des vésiles de dimensions très variables, paraissant toutes composées d'un noyau avec \ sans nucléole, et d'une membrane enveloppante, formée à la surface du noyau nt elle est ensuite séparée peu à peu par un liquide transparent, et renfermant ielquefois des granules parsemés dans la cavité cellulaire ou diversement roupés autour du novau. Ces vésicules paraissent n'être autre chose que des ats transitoires des grandes vésicules du jaune, et peuvent donner une idée de formation de ces dernières. Mais il ne faut pas les confondre avec celles qui se onstituent dans la cicatricule, et dont les formations successives fournissent des atériaux de construction au blastoderme. En résumé, les granules et les gloules, dont l’ensemble constitue la cicatricule avant l’incubation, se groupent en etites masses, Ces amas globuleux se revétent d’une membrane, et de là résultent es vésicules. Ces vésicules agminées contractent entre elles des adhérences : leur ntenu est résorbé au profit de l'embryon pendant que de nouveaux amas ranuleux se forment à leur surface et sur leur périphérie. Les dimensions des nas globuleux et des vésicules, qui leur succèdent dans l'aire vasculaire d'un nbryon de deux jours, n'excédant pas 16/400 de mm.; les cellules qui résultent e l'adhérence de ces vésicules, dont le contenu est résorbé et dont l'enveloppe subi un certain retrait ne mesurent pas plus de 10 à 15, et leur noyau de à 4/400 de mm. À cette époque, les vésicules agminées sont déjà plus voluineuses que ne létaient celles qui présidaient à la première organisation u blastoderme, et plus tard on reconnait des dimensions bien plus Pets mer | celles qui revétent les vaisseaux du sac vitellin.
Tous les appendices vitellins sont enveloppés d'une couche épaisse de elobules gminés qui se forment par le même procédé que ceux qui apparaissent d'abord ans la cicatricule, plus tard dans l'aire vasculaire, partout enfin sur le blasto-
erme, mais ils sont plus volumineux. En allant de la cavité vitelline vers le TOME I. 68
vaisseau, on voit d'abord des globules agminés tout nouveaux; puis Viennent ces globules complets, revêtus de leur coagulum membraneux ; au-dessous l'absorption les a déjà dépouillés de leur contenu, il ne reste que des vésicules, lesquelles deviennent aptes à faire partie de la paroi du vaisseau qui grandira à mesure que le bourgeon s'allongera. Ce bourgeon se compose de quelques cellules très tendues, encore vésiculaires, n'ayant subi ni pression, ni tassement Les parois de ces vaisseaux et les couches de la membrane blastodermique qui les soutiennent, se forment de la méme manière. Agminations globulaires et sranuleuses, coagulation membraneuse périphérique, et par là création vésieu. laire, puis dissolution successive du contenu, résorption du liquide qui en provient, juxtaposition et adhérence des cellules restantes : telles sont les diverses phases de cette organisation.
Pour faire ses observations sur l'embryogénie des Annélides, de Quatrefages (n° 362, p. 1795) a employé la méthode des fécondations artificielles ; c'est surtout le développement des Hermelles qui a été étudié. Le premier résultat de là fécoudation parait être d'accélérer l'action de l'endosmose. L'œuf devient rapidement sphérique. La membrane ovarique se détache partout du vitellus, en
luissant entre eux un intervalle assez orand que remplit un liquide diaphane:
o elle devient d'abord entièrement sphérique: plus tard, et pendant que le vitellus s'organise, elle se plisse de nouveau très irrégulièrement. Au bout de quatre à dix minutes, quelquefois même plus tôt, le vitellus éprouve un mouvement de concentration très manifeste. Son diamètre diminue sensiblement; en même temps, les granulations vitellines se concentrent vers l'intérieur, et la substance diaphane qui les unit se montre sur tout le pourtour du vitellus, si bien quon pourrait croire facilement à l'existence d’une enveloppe vitelline propre qui certainement n'existe pas. Jusqu'à l'expulsion du globule transparent, on observe, dans les profondeurs de la masse vitelline, des mouvements généraux alternatifs de concentration et d'expansion, accompagnés de mouvements partiels, qui accumulent les granulations vitellines, tantôt sur un point, tantôt sur un autre.
Dès les premiers moments qui succèdent au mouvement général de concentration dont il vient d'être question, la vésicule germinative, ou même l'espace clair qu'elle dessine au milieu du vitellus, diminue beaucoup; puis on voit ordinairement le cercle obscur qui l'entoure s'éclaircir sur un point, et bientot l'espace clair central prend un aspect lagéniforme. Cette apparence cesse bientot et, presque toujours, le cercle obscur se reforme autour de l'espace clair COnSIdérablement réduit. Bientôt on voit se dessiner comme des noyaux obscurs qui changent et de nombre et de place. Au bout de quelque temps, l'apparentt lagéniforme reparait; mais cette fois le goulot aboutit à la circonférence du vitellus, vers un point d'où s'écartent les granulations vitellines, et où se montre à nu la substance transparente dont nous avons parlé déjà. Bientôt l'espatt clair intérieur semble remonter de plus en plus vers ce point, et les oranulations vitellines s'écartent d'autant. Enfin, on voit se prononcer et grandir à la surface du vitellus un mamelon en apparence entièrement homogène, et qui semble d'abord composé uniquement par la gangue transparente du vitellus ; mais äu
à à : À RAI SRE El bout d'un temps toujours assez court, ce mamelon s'ouvre ‘à son extrémité; è
PREMIÈRES TRANSFORMATIONS DE LOEUF FÉCONDE. 271 il en sort un globule diaphane, sphérique, réfractant fortement la lumière, et semblable à une petite sphère de cristal de 1/90 de mm. en diamètre environ. Il n'a certainement pas d'enveloppe propre, non plus que de nucléus. Ce olobule transparent se détache complétement du vitellus et demeure isolé entre lui et la membrane ovarique. Le vitellus, immédiatement apres l'expulsion du globule, reprend promptement son diamètre primitif et la forme sphérique ; on ne voit plus d'espace clair dans son intérieur. Les oranulations, devenues plus fines, sont uniformément répandues dans toute la masse. Pendant toute cette période du développement, la membrane ovarique reste dans un état complet d'inertie et très irrégulièrement plissée. Le globe qui se détache est toujours bien plus petit que la vésicule germinative; ce ne peut être non plus la tache de Wagner, car on voit quelquefois deux ou trois globules.
La segmentation du vitellus commence trés peu de temps après l'expulsion du olobule transparent. Généralement le vitellus se divise d'abord en deux lobes, puis en trois; mais il n'ya rien de régulier. À partir de ce moment, le fractionnement continue, mais toujours avec la même irrégularité. Chez les Hermelles, le morcellement du vitellus ne marche pas d'une manière toujours progressive. Chez elles, la masse vitelline, après être arrivée à un certain degré de division, éprouve un mouvement contraire, un mouvement de concentration. Plusieurs des lobes formés se réunissent alors en un seul. À chaque fois la division est plus considérable et la concentration moins complète, jusqu'à ce que les divisions au moins de la surface ne soient guère plus grosses que les granulations vitellines que l’on trouve dans l'œuf non fécondé. Au bout de six à sept heures, on voit le vitellus devenir plus transparent ; en même temps, les divisions de la surface commencent à former de grands lobes irréguliers et peu nombreux, et dout la substance revêt en quelque temps l'aspect des tissus en voie de formation. Cette couche extérieure est d’une épaisseur à peu près égale au quart du diamètre de l'œuf. Elle renferme une masse intérieure qui à son tour subit des changements
assez rapides. Elles s'orocanise en un certain nombre de orandes sranulations
D arrondies qui pourraient bien être de véritables cellules. Bientôt après on voit apparaitre la première trace de l'intestin.
Les lobes qui résultent du fractionnement du vitellus ne sont point de véritables cellules ; on reconnait par la compression et l'écrasement que les espaces clairs qu'ils renferment ne sont nullement des noyaux, mais quils résultent seulement de l'accumulation de la gangue transparente elle-même, qui s amasse au centre du lobe et se sépare des granulations vitellines par une sorte de départ. L'auteur n'admet point par conséquent l'opinion de Bischoff, suivant laquelle ces corps sphériques centraux seraient une postérité de la tache germinative. Quoi qu'il en soit, dit en terminant l’auteur, dans tous les phénomènes qui se passent pendant la période que nous venons d'examiner, la substance diaphane qui unit les sranulations vitellines joue évidemment le premier rôle, ou, pour parler plus exactement, c'est probablement elle seule qui entre en action. La disparition des granulations vitellines, leur assimilation de plus en plus complète, l'éclaireissement de la masse qui en résulte, ne sont que des conséquences de l'action exercée par cette gangue vivante. C'est donc elle qui est la partie essen-
tielle et fondamentale du vitellus. Dans les observations générales (D. 103 l'auteur compare l’œuf fécondé des Hermelles à celui des mammifères et téduve 'e
une grande analogie entre les premières transformations de l'un et de l'autre La couche corticale de l'œuf fécondé des Hermelles doit être appelé blastoderme comme chez les mammifeères.
itlec premier résultat du contact des spermatozoïdes dans les œufs des Tarets est, suivant de Quatrefages (n° 364), un mouvement marqué de Concentration de granules vitellins qui se pressent autour de la vésicule de Purkinje, et rendent ainsi le centre de l'œuf plus opaque, en même temps que les bords s éclaircissent. Au bout d'une demi-heure, quelquefois plus tôt, la tache germinative disparait, et alors se manifestent des mouvements irréguliers. Toute la masse vitelline est comme pétrie par une force qui accumule les oranulations du vitellus, tantot Sur un point, tantôt sur un autre. La vésicule de Purkinje se distingue longtemps, et dessine dans l'intérieur de l'œuf un espace plus clair, dont la forme Change } chaque instant. Vers la troisième heure, on ne distingue plus la vésieule : les oranules vitellins sont également répartis dans l'intérieur de l'œuf, C'est à cette époque qu'a lieu l'expulsion d'un globule diaphane, de forme sphérique, ayant 1/200 à 1/250 de mm. pour diamètre, phénomène qui se passe exactement comme chez les Hermelles. L'apparition du globule est suivie d'un temps de repos apparent très court; mais bientôt le vitellus se partage en deux moitiés à peu près égales. L'une de ces deux moitiés continue à se diviser de plus en plus, en présentant des mouvements irréguliers. Le fractionnement de la masse se fait sans présenter des temps d'arrêt aussi marqués que chez les Hermelles. Pendant ce travail, la moitié dont nous parlons s'étale peu à peu sur l'autre et finit par l'envelopper entièrement. À ce moment (vers la cinquième heure), elle à complétement perdu son aspect vitellin, et forme une couche granuleuse presque entièrement incolore. La moitié du vitellus ainsi enveloppé reste longtemps sans présenter de modifications sensibles ; puis (vers le milieu de la cinquième heure, à son tour, elle entre en travail, et, sans mouvements appréciables, elle s'organise rapidement en une masse de grandes granulations irrégulières ayant l'aspett des jeunes tissus. Vers la onzième heure, les deux parties du vitellus, d'abord s distinctes, se ressemblent tellement, qu'il est difficile de les distinguer l'une de l'autre ; en même temps on voit apparaitre quelques cils vibratiles, d’abord courts et gros, sous forme de petits mamelons transparents, puis plus longs, plus fins et plus nombreux. Ces cils garnissent tout le corps de la larve, qui nage bientot dans le liquide à la manière des infusoires avec une grande rapidité. Le nombre des cils diminue vers la quarante-huitième heure. Ailleurs, de Quatrefages (1) l'auteur décrit la multiplicité constante du vitellus dans une espèce des pleur0branches que, exceptionnellement, il avait vue dans les planorbes et dans les lyÿmnées.
Le fractionnement du vitellus ne se fait pas ici tout à fait comme dans les Hermelles. Il résulte plutôt d'un mouvement de concentration des granulation vitellines que d'une segmentation de la masse entière ; aussi les sphérules formées
, ! 7, , . , . . . £ e h0 (1) Compte rendu des séances de la Société de biologie, pendant le mois de juin 1849: Paris, 1890:
PREMIÈRES TRANSFORMATIONS DE LOEUF FÉCONDÉ. 279 ne sont-elles jamais séparées par des sillons nettement accusés, et toujours une certaine quantité de la gangue transparente, qui unit les granulations du vitellus, emplit les intervalles et régularise la surface. Dans les considérations générales (p. 224), l’auteur appelle l'attention des observateurs sur l'analogie que présente, dans les premiers temps, l'évolution du vitellus des Tarets avec celle du vitellus des Gastéropodes. Après avoir rappelé les résultats obtenus par Vosgt, de Quatrefages dit que tout se passe à peu près de même chez les Tarets, sauf que la distinction de la portion périphérique et centrale du vitellus se prononce à l'instant même où celui-ci s'est partagé en deux. En comparant l'œuf des Tarets à celui des mammifères, on est amené à regarder le vitellus comme jouant en entier le rôle du blastoderme. La portion périphérique de ce vitellus représente le feuillet externe ou séreux; la portion centrale représente le feuillet interne ou muqueux ; la membrane ovarique Joue d'abord le rôle d'enveloppe pour l'œuf entier, en même temps que celui d'une membrane vitelline. Plus tard, elle représente le chorion, et comme c'est elle qui forme les valves, on peut dire avec raison que la coquille n’est ici qu'un chorion persistant.
Kramer (n° 148, p. 20) ne trouve plus la vésicule germinative dans les œufs de grenouille qui viennent d'être pondus ; la vésicule s'est dissoute et ses cellules (PL. XX VIT) sont répandues par tout le vitellus. Chaque sphère vitelline ou, comme l'auteur les appelle, chaque corps vitellin, se compose de plaques vitellines tellement serrées que l'on n'aperçoit point la membrane vitelline ; mais chaque sphère renferme de deux à quatre taches claires, de la grandeur des cellules de la vésicule germinative. L'eau fait paraitre des zones transparentes ou même de petites vésicules au pourtour des sphères vitellines qui finissent par se dissoudre ; alors les granules se dispersent dans l’eau, mais nulle part on n'apercoit de lambeaux d'une membrane déchirée. Cependant l'auteur affirme qu'elle existe. Dans la segmentation ultérieure se seomentent, non seulement les sphères , mais aussi les taches claires (les cellules de la vésicule germinative). Les dernières sphères constituent les cellules embryonnales destinées au développement des ussus. Ainsi, dans le principe, le vitellus renfermait toutes les cellules provenant de la dissolution de la vésicule germinative ; le nombre des cellules emprisonnées dans une sphère était d'autant moindre que la sphere était plus petite jusqu'à ce que chaque sphère ne renfermât qu’une seule cellule ou tache : celle-ci, à son tour, se segmente, et finalement apparait la cellule embryonnale. Le développement est plus actif au pôle noir qu’au pôle blanc opposé ; la première couche de cellules embryonnales est noire par le pigment déposé sous la membrane vitelline; ce sont des cellules polygonales qui forment des lambeaux cohérents dans l'œuf durci dans l'alcool. L'auteur n’a pas pu apercevoir des cils sur le vitellus au moment de la rotation. |
Au fur et à mesure que les cellules embryonnales avancent dans leur développement (p. 52), les plaques vitellines contenues à leur intérieur diminuent de grandeur, deviennent plus arrondies et finissent par se liquéfier. Nous avons déjà dit que la première couche formée de cellules, la plus superficielle était d'une teinte noire; dans ces cellules, la liquéfaction procède du bord vers le centre, jusqu'a ce qu'elles soient tout à fait transparentes ; alors les cellules claires représentent pour ainsi dire {es mailles d’un réseau formé par des cellules