RECHERCHES DE L'AUTEUR
Les recherches sur le développement des tissus sont, à nos yeux, les plus importantes de toute l'anatomie microscopique. L’histologie normale est impossible sans la connaissance exacte des divers aspects que présente le même üssu depuis son apparition première jusqu'à l'état parfait de son développement. D'autre part aussi, de même que l’on ne comprend pas la pathologie lorsqu'on ignore la physiologie, l'histologie pathologique exige l'étude préalable de l'histologie et de l'histogénèse normales.
Il ne sera pas difficile de donner les raisons de l'opinion que nous avancons, et qui, adoptée par certains auteurs, aurait épargné à la science l'encombrement d'une foule d'observations incomplètes et de théories hasardeuses. Sans doute, la route que nous indiquons est longue et pénible; mais la précipitation que l'on à mise à la parcourir est loin de l'avoir abrégée: aussi est-on obligé de reprendre en sous-œuvre la plupart des travaux, surtout ceux de l’anatomie pathologique. Que l'on jette avec nous un coup d'œil rapide sur le passé, et l'on partagera probablement notre manière de voir.
Le microscope, découvert à peu près depuis un siècle et demi, a été tout d'abord appliqué à l'étude d'objets d'histoire naturelle. Ce n'étaient alors que des recherches faites dans un intérêt de pure curiosité. Attirés par la variété, la nouveauté, l'éclat des choses inconnues , les premiers observateurs se contentaient d'effleurer les sujets, de s’en tenir à l'apparence que présentait un premier examen superficiel, pour quitter aussitôt ces objets en faveur d’autres non encore explorés. Peu d’observateurs, comme LeEuUwENHoËK > Mazpi- Gxi, etc., sont allés plus loin pour faire des études approfondies.
La direction donnée ainsi aux premières recherches microscopiques mettait nécessairement le microscope en discrédit. Des illusions d'optique, prises pour des réalités, mais variables suivant les instruments, l'éclairage, etc., motivaient de nombreuses contradictions; nulle question importante n'avait été approfondie ; le microscope avait donné tout au plus satisfaction à la curiosité, mais nOn pas à l'esprit du savant. En un mot, c'étaient des Amusements microscopiques (voyez, par exemple, l'ouvrage de Ledermuller qui porte ce titre), mais non pas des études micrographiques. Il s'ensuivit que les hommes sérieux attachaient peu d'importance et négligeaient complétement ce précieux instrument d'investigation , et qu'ils le reléguaient entre les mains de marchands forains, en lui refusant la place quil aurait du OCCuper dans leur cabinet d'étude. |
C'est au commencement de ce siècle seulement qu'une direction plus sérieuse