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TOME II

et plus sévère fut donnée aux recherches micrographiques. Grâce aux travaux de Treviranus et de Heusinger en Allemagne, de Dutrochet(1)etdeMM. Prévost et Dumas en France, le microscope fut appliqué non-seulement à l'étude des objets d'histoire naturelle, mais aussi à celle de l'anatomie normale ou pathologique. Lorsque, quelques années auparavant, Bichat avait fondé son Système d'anatomie générale, l'histologie n'existait pas encore. Mais quand, plus tard, grâce à l'impulsion donnée par les auteurs que nous venons de nommer, elle prit du développement, ses efforts étaient plutôt dirigés à combattre, à détruire certaines parties de ce système, qu’à corroborer, à créer. En effet, les vaisseaux absorbants et exhalants, dans le sens de Bichat, n'ont jamais pu étre démontrés par les procédés anatomiques. Cependant, l'attention était dirigée de ce côté, et les observateurs concentraient toute leur attention sur l'examen des vaisseaux les plus ténus, SangUINS OU lymphatiques. On croyait connaitre la structure intime d'un organe par l'étude des vaisseaux capillaires ; mais, quelque louables que fussent les efforts de Berres (2) et de son école, et les travaux analogues de Fohmann et de Lauth, à vrai dire, l'histologie était retombée, à cette époque, au point où l'avait laissée Ruysch. On se vantait de faire des injections capables de rivaliser avec celles du siècle passé : était-ce là un progres ?

Cependant, d’autres observateurs comprenaient mieux le rôle que le microscope devait jouer dans les sciences biologiques. Après les liquides, les solides furent soumis à un examen scrupuleux : on commenca par le tissu cellulaire, ou, comme on l'appelait alors, le tissu muqueux, et avec lequel on croyait identique tout tissu embryonnaire. Puis, peu à peu, on étudiait l'immense variété de tous les tissus organiques dans la grande série animale, depuis l'infusoire invisible jusqu'aux restes gigantesques du monde antédiluvien, la matière organique mille fois variée, tantôt vivante, tantôt morte, à l'état normal ou dans les productions pathologiques et sb dites

Ce champ immense, exploité par le microscope depuis une vingtaine d années à peine, a donné aux savants l'occasion de recueillir un abhoiE immense de faits, mais de faits isolés, sans liaison, sans rapport aucun. Et, ce qui est pis encore, la plus grande contradiction existe souvent entre les observations et prive, aux yeux du public, les recherches micrographiques de toute confiance. Cependant, le microscope est arrivé à un état de perfectionnement inCOnnU à nos devanciers ; les observateurs exercés en connaissent parfaitement le maniement ; Les erreurs commises par illusion d'optique sont infiniment rares: pourquoi donc n'existe-t-il pas plus de concordance dans les recherches histologiques ? |

On comprendra facilement la cause de ces contradictions si l'on veut bien se rappeler une circonstance très importante et qui, malheureusement, n à pas suffisamment fixé l'attention des observateurs. Les tissus, en effet, parcourent divers degrés de dévelappement, depuis les premières traces d'organisation, à leur apparition, jusqu'à leur constitution parfaite. À chacune de ces époques; ! ils

(1) Mérnoires pour servir à l’histoire anatomique et physiologique des Végétaux et des Animaut Paris, 1839, 2 vol. in-8, avec atlas de 30 planches gravées. (a) Anatomia microscopica corporis humani, Viennæ, 1837, in-folio, avec 24 plauches.

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