CHAPITRE I
Du développement des tissus fibrillaires.
(PLANCHE XXIX
Nous comprenons sous le nom de fibrillaires les tissus ceux qui, à leur état parfait de développement, se composent de fibres, c'est-à-dire d'éléments d'une longueur indéterminée, d'une largeur et d'une épaisseur peu considérables, eu égard à leur longueur. Tels sont, par exemple, le tissu d'union ou connectif, habituellement appelé tissu cellulaire, les tissus séreux, élastiques, fibreux, etc.
Dans ces tissus, on doit distinguer deux espèces d'éléments, à savoir, les fibres et ceux que l'on est convenu de désigner sous le nom de fibres de noyaux : nous aurons à examiner le développement de chacun de ces éléments en particuler.
Ÿ LI. Theortes sur le developpement des fibres.
Les auteurs qui s'occupent de ces recherches, comme on a pu le voir dans la parte historique (page 129 et suivantes), basent leurs théories sur deux principes essentiellement différents entre eux. Suivant les uns, conformément aux vues émises par Schwann, les fibres devraient leur origine à des cellules qui s'allongeraient, puis se diviseraient, d'abord en fibres plates et finalement en fibrilles.
Suivant les autres, et c'est là une opinion que nous croyons avoir énoncée le premier, les fibres doivent leur origine, indépendamment de toute cellule, à la scission du blastème solidifié. Cette manière de voir est actuellement adoptée par bon nombre d'observateurs, auxquels est resté sans doute inconnu le passage suivant de notre Anatomie genérale, imprimée en 1843, et qui est conçu en ces termes : « Le tissu cellulaire se développe dans un blastème gélatineux.… Celui-ci commence à durcir, puis il se partage en fibres très longues, plates, larges à peu près d'un millimètre, d’abord uniformes, faiblement striées plus tard, et représentant à la fin un faisceau de fibres très déliées, les fibres du tissu cellulaire. » On le voit donc, nous nous sommes entièrement prononcé contre l'opinion qui attribue la production des fibres à une métamorphose des cellules. Nous n'avons signalé aucune trace de cellules dans les premiers temps de l'existence des tissus fibrillaires, et les fibres ne seraient, suivant nous, que le résultat de la scission qui s'opère dans la substance fondamentale.
J'insiste sur ce passage, écrit il y a tantôt douze ans, non-seulement dans un intérêt de priorité, qui ne saurait être en discussion , Mais parce que de nom-