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qu'adoptent alors les cellules, elles sont rondes, discoïdes, cylindriques, Coniques ou pyramidales, fusiformes, polygonales, écailleuses, étoilées. Une forme parti. culière est celle des cellules vibratiles; le développement des cils est encore complétement inconnu.

Beaucoup de cellules persistent à l’état de cellules pendant toute la vie. comme, par exemple, celles des vrais cartilages, des ganglions, etc; d'autres disparaissent suivant un mode déterminé, comme celles de sécrétion gland: laire. Les cellules qui se développent dans l'œuf fécondé, et qui constituent [es cellules embryonnaïres, ne demeurent à leur état originaire que pendant un court espace de temps; elles sont transitoires, car elles se fondent les unes avec les autres pour former une substance fondamentale, dans laquelle se dévelop. pent les corpuscules primitifs des tissus futurs. Notre opinion diffère donc essentiellement de celle de Koelliker, qui veut que ces cellules embryonnaires, toutes uniformes, se transforment directement en cellules des tissus permanents.

Tandis que saccomplissent ces divers changements dans la forme, les mem. branes de Ia plupart des cellules deviennent avec l'âge non-seulement plus épaisses et plus solides, mais encore elles prennent des propriétés chimiques nouvelles. Dans les tissus cornés, par exemple, les membranes des jeunes cel lules sont facilement solubles dans les alcalis et dans les acides ; il n'en est plus ainsi plus tard; ces changements se trouvent quelquefois sous la dépendance de dépôts secondaires, à l'extérieur de la membrane originaire, ainsi que nous le

verrons pour les cellules de cartilage, où les dépôts s'appliquent sous forme de

couches à la surface externe, dans quelques animaux.

Ÿ I Du liquide sécrete.

La métamorphose la plus habituelle du contenu de la cellule glandulare est sa liquéfaction, qui procède tantôt de la membrane de cellule vers le noyau, tantôt de la partie centrale vers les parties externes. Dans ces cellules ans modifiées se présentent les productions nouvelles les plus variées, parmi lesquelles on remarque des précipités à l'intérieur des cellules, précipités constitués par des granulations de nature diverse, de pigment, d'albumine, de caséine, de gouttelettes grasses, de vésicules élémentaires, de concrétions, de cristaux, de noyaux, etc. La formation du mucus, de la bile, de la pepsine, du sperme, etc. a lieu dans l'intérieur de ces cellules. On constate alors dans ces cellules à contenu liquéfié, à l'aide du microscope, le mouvement moléculaire de Brown, c'est-à-dire le tremblement plus ou moins vif des orains du contenu, Sans chansement de place bien marqué.

Le noyau préside non-seulement à la formation des cellules, mais 1l parait aussi constituer un centre pour les dissolutions qui s'accomplissent dans ltérieur des cellules. En même temps les noyaux s'éclaircissent et deviennent (suivant Koelliker) des vésicules dans quelques cellules; d'autres fois, 1ls se ds tagent en plusieurs fragments; d'autres fois, ils se dissolvent d'une manlére plus ou moins complète en oranules.

; À ! - . n f L Parvenues à cet état de développement, les cellules, qui, précédemmen

toutes étaient cohérentes dans le parenchyme, reliées quelquefois par une substance amorphe intermédiaire, commencent à se détacher, à s'isoler ; puis elles sont chassées en dehors de la glande soit entières, soit crevées, après avoir versé le contenu. Ce dernier phénomène ne peut pas s'accomplir, lorsque le contenu subit une métamorphose opposée à la précédente, à savoir, le desséchement. Ces cellules se détachent et tombent (dans l'épiderme), isolées ou plusieurs réunies ensemble. Le noyau peut, dans ce cas, être complétement résorbé. Ces cellules, dont le contenu s'est liquéfié, nese détachent pas nécessairement pour se rompre; parfois elles se laissent simplement pénétrer par certaines substances du sang, qu'elles rendent ensuite plus ou moins modifiées; telles sont, par exemple, les cellules des reins, des glandes lacrymales ; parfois, peut-

être, les substances intercellulaires doivent-elles leur Origine à une sécrétion cellulaire.

N IV. Des globules sanguins.

Nous pensons depuis longtemps que les glandes vasculaires sont l'endroit dans lequel se forment les globules sanguins. Nous avons donné dans notre Anatomie générale (Notes additionnelles) les raisons physiologiques et histologiques qui parlent en faveur de notre opinion ; mais nulle observation directe na pu encore nous démontrer le mode de développement de ces éléments.

Lorsque M. Lebert dit que les globules sanguins se forment de toutes pièces dans l'embryon du poulet, il énonce une hypothèse, dont la découverte n’a pas dü lui coûter de grands efforts d'imagination. Les injections de lait faites par Donne ont bien prouvé la disparition des globules de lait; mais cet auteur n a nullement démontré les métamorphoses que subiraient ces globules pour devenir corpuscules du sang. L'hypothèse actuellement la plus répandue parmi

les auteurs, c'est que les globules blancs, globules lymphatiques, deviendraient slobules sanguins. Mais il suffit de se rappeler que les premiers sont des cel- Jules déjà parfaitement développées, arrivées au dernier terme de leur existence, que fréquemment nous les voyons se rompre et crever sous le microscope , Pour ne pas admettre qu'ils puissent devenir des corpuscules d’une forme toute différente. Les premiers renferment un noyau, les derniers en sont privés (dans les mammifères); les premiers sont pourvus de granules à l’intérieur, les derniers sont homogènes; les premiers sont en général plus grands que les derniers ; enfin les premiers sont incolores, tandis que les derniers sont rouges ; et l'on veut que les olobules lymphatiques subissent des métamorphoses, sans analogie dans l'économie, pour devenir des globules sanguins? Non, ceci est impossible, Du reste, l'observation journalière démontre la dissolution des olobules blancs; et comment des éléments identiques chez les mammifères et les Ovipares pourraient-ils donner lieu aussi bien à l'origine des corpuscules plats ou même biconcaves des mammifères, qu à celle des globules biconvexes et nucléaires des ovipares ?

Dans le sang de l'embryon, Remak et Koelliker ont décrit la multiplication Par scission dont nous dirons quelques mots, tout en faisant remarquer que PélSonne n'a parlé encore de ce mode de multiplication chez l'adulte. Koelliker affirme que les plus légers doutes ne peuvent subsister sur la réalité de ce

mode de multiplication de cellules dans le sang de l'embryon (n° 443, P. 0): ce serait donc téméraire que de vouloir en douter encore. Le mode de multipli. cation en question procède de la manière suivante :

« On voit, avant toute apparence de scission, deux noyaux se former dans les cellules simples et originaires, aux dépens desquelles vont naitre les celles nouvelles. Les cellules originaires s'allongent, puis elles s'étranglent vers leur partie moyenne; chaque moitié contenant un noyau s éloigne, et s isole de plus en plus ; la séparation en deux s'effectue enfin, et chaque moitié devenue inde. pendante contient son noyau. Sur l'embryon du poulet, on peut observer les cellules du sang dans toutes les phases imaginables de cette séparation, et jus. qu'au moment enfin où ces cellules ne tiennent plus l'une à l'autre que par un fi ament délié. » (Koelliker, L. c., p. 20.)

Les formes des globules sanguins décrites dans ces lignes ne sont nullement une preuve irrécusable de la multiplication par cellules, quelque fréquente que soit leur apparition. En effet, on connait la grande viscosité des globules sanguins, qui fait que, par exemple, chez les mammifères, ils forment des rouleaux. Cette propriété physique suffit peut-être pour expliquer l'accolement de deux slobules, d'autant plus qu'aucun dessin des auteurs n'indique un commence. ment de scission, tel que nous le voyons, par exemple, dans la segmentation. II est d'autant plus permis d'élever ces doutes, que nulle part ailleurs dans l'organisme on ne trouve des exemples bien constatés d'une multiplication par scission. Koelliker, qui veut que « l'accroissement tout entier des tissus de cellules se fasse uniquement et exclusivement par scission de cellules, » avoue cependant qu'il est « difficile, dans les tissus compactes de cellules, de démontrer d'une manière précise les phénomènes de scission des cellules. » Cependant il se décide pour ce mode de multiplication, parce qu'il nie, à tort suivant nous, l'existence de noyaux libres, et parce qu'il n'a pas pu voir des cellules filles dans l'intérieur de cellules-mères. C'est donc par raisonnement, et nullement par l'observation, qu'il est «arrivé, comme Remak, à cette conviction, que la multrplication des cellules s'opère ici par scission. »

Les remarques que nous venons de faire n'ont pas cependant pour but de nier absolument la multiplication par scission, que Remak dit avoir constatée fréquemment dans les cellules des larves de grenouilles, Gunzburg et Braeuer (n° 455) sur des productions pathologiques. Nous avons voulu seulement émettre nos doutes relativement à la fréquence de ce phénomène, particuhérement en ce qui concerne les globules du sang.

$ V. De l'œuf fécondé (formation endogène des cellules).

Les observations de Coste, Koelliker, etc., ont prouvé que la segmentation de l'œuf fécondé, découverte par Prévost et Dumas, s'accomplit de la maniere suivante : « Après que la vésicule serminative, nOYau Originaire de la cellule de l'œuf, a disparu avec la PRES les grains du jaune ne forment plus comme auparavant un amas compacte, mais 1ls se répandent de toutes parts

N° 453. BRAUER, Meletemata circa evolut. ac formas circatricum. Breslan , 1845.

dans la cellule qui les contient. Alors apparait, dans le milieu du vitellus, un nouveau noyau pourvu d'un nucléole : ce premier noyau de l'embryon réunit de nouveau le vitellus autour de lui en un amas sphérique, ou première sphère de segmentation. Par les progrès du développement, deux noyaux nouveaux naissent du premier par génération endogène ; ces deux noyaux, devenus libres aussitôt après la dissolution de leur noyau mère, s’éloignent un peu l'un de l'autre, agissent à leur tour comme centres sur les grains du vitellus, et de cette manière la première sphère de segmentation se partage en deux. La multiplication des noyaux et celle des sphères de segmentation continuent de la même manière, jusqu'à ce qu'il se soit formé un grand nombre de petites sphères. Lorsque la segmentation a atteint un certain degré, les sphères s'entourent toutes d’une membrane, et deviennent ainsi de véritables cellules. Ces dernières se multiplient longtemps encore en se partageant. » IL y a des variétés dans ce mode de formation : ainsi, dans l'œuf de quelques vers intestinaux, 1l se forme de simples noyaux, au lieu de sphères de segmentation ; plus tard seulement, ces noyaux, multipliés par formation endogène, s'entourent de membranes. Les éléments du sperme se développent également par l'un ou l’autre de ces modes de formation endogène.

Du reste, ce qui nous intéresse le plus ici, c'est de connaître le mode de formation, de construction, pour ainsi dire, de la cellule. Or nous voyons qu'ici, comme dans le développement libre des cellules (Ÿ I), la partie la plus essentielle consiste toujours dans le corpuscule primitif, le noyau des auteurs; quil précède constamment la formation de la cellule ; que la substance fondamentale amasse autour de lui comme centre d'attraction pour constituer un corpuscule composé (Naegeli appelle ces éléments portions de contenu, et Koelliker sphères enveloppantes), et que plus tard enfin se développe la membrane d'enveloppe. C'est là le procédé fondamental, que la cellule mère persiste ou qu'elle se dissolve; que la substance fondamentale se groupe autour du noyau aussitôt après sa formation, ou que la multiplication des noyaux précède le développement des corpuscules secondaires; que la membrane d'enveloppe se développe un peu plus tôt, un peu plus tard. Dans la formation endogène, comme dans la formation libre, les cellules se développent donc toujours d’après la même loi fondamentale.

Nous avons représenté, dans les premières figures de la planche XXX, quelques-unes des cellules que l'on trouve dans le jaune d'œuf incubé depuis vingtquatre heures; les membranes sont très délicates. En s’approchant de la memoTaIsseuse ; puis elles se dissolvent, pour former une substance fondamentale finement granuleuse , dans laquelle se développent des corpuscules primitifs (fig. 7) qui donnent naissance à des cellules; celles-ci sont d'abord remplies de granules

brane blastodermique, les cellules subissent une transformation

(fig, 19), mais peu à peu elles s'éclaircissent, et deviennent transparentes.

Ç VI. De l'accroissement.

L'accroissement des tissus s'opère par celui des cellules. Toutes les parties de la cellule, le contenu, le noyau, la membrane, y participent. L'accroissement TOME lII. 80

de la membrane en surface a lieu habituellement en tous sens; d’autres fois, il n’a lieu que dans des sens partiels, comme, par exemple, toutes les fois que les cellules s'éloignent de leur forme sphérique primitive. L'épaississement des membranes, avec ou sans extension en surface, s'observe avec l'âge dans Presque toutes les cellules.

Les noyaux s'accroissent en tous sens dans les véritables cellules; rarement ils s'allongent. Nous connaissons déjà la transformation des corpuscules primi. tifs (noyaux de prétendues cellules), dans les tissus fibrillaires, en petits bâtons étroits et allongés, et nous décrirons plus tard (ossification) les ramifications provenant de noyaux. Les nucléoles croissent pareïllement avec les cellules, et ne prennent que rarement une apparence différente de la forme sphérique.

L'accroissement des cellules s'opère par une véritable intussusception. Lopsque la multiplication des cellules s'opère par génération endogène, de nouvelle cellules viennent augmenter les diamètres du tissu par apposition interstitielle C’est ce qui a lieu également dans la formation de noyaux libres entre les anciennes cellules. Lorsqu'au contraire, comme dans les ongles, les épithe. liums, etc, les nouvelles cellules se forment par couches, l'augmentation en diamètre s'opère par apposttion lamellaire. Dans l’un et l'autre cas, nous Voyons le tissu s'accroître par apposition de nouveaux éléments, c'est-à-dire par juxtaposition ; mais ces éléments eux-mêmes s'accroissent par #ntussusception.

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