PLANCHES XXXV ET XXXVL
Ç I. De la cellule cartilagineuse parfaite.
Les cellules du cartilage sont placées dans des cavités d’une substance inter. médiaire amorphe (pl. XX XV, fig. 7,8) ou dans un tissu fibrillaire ; on les isole plus ou moins facilement. Dans l'embryon et dans quelques animaux inf. rieurs, ilexiste des cartilages composés uniquement de cellules. Dans la cellule parfaitement développée on distingue, après l’avoir isolée (pl. XXX V, fig, 1,4: pl. XXX VI, fig. 1), une enveloppe (pl. XXX V, fig. 1, À, a), un contenu (4), un noyau (c) et un nucléole (d).
La membrane à une épaisseur différente suivant l'endroit, l'espèce, l'âge, etc. Dans les cartilages à substance fondamentale amorphe (pl. XXX V, fig. 7, 8) elle s'unit quelquefois avec cette substance, de sorte qu'on ne peut ni l'en isoler, ni l'en distinguer même à l'inspection microscopique.
Le contenu est tantôt transparent et fluide, tantôt ferme et opaque avec un noyau. Sous l'influence de plusieurs réactifs, même sous celle de l’eau, le contenu de la cellule délicate du cartilage se coagule, se ratatine de manière à prendre l'aspect d’un corpuscule foncé, un peu dentelé, recouvrant et cachant plus ou moins complétement le noyau (pl. XXXV, fig. 1, B, C; fig. 2, C; fig. 5, 6; fig. 10, c; pl XXXVI, fig. 1, et quelques cellules des figures 2 et 3). Quelques auteurs Croient que ce contenu est pourvu d'une membrane propre, très déhcate, de nature protéique; aussi l’appellent-ils utricule primordiale, comme les formations analogues dans les cellules végétales. La membrane d'enveloppe, extérieure, solide, serait analogue aux enveloppes de cellulose des cellules des plantes et une formation secondaire ou une sécrétion de la membrane de l'utricule primordiale. L'existence de cette membrane délicate autour du contenu, qui en serait un utricule, n'est nullement démontrée pour nous. La multiplication des cellules cartilagineuses, analogue à celle que nous avons vue dans les cellules végétales, et que les auteurs (Coste) ont décrit dans la segmentation de l'œuf fécondeé, fournit une preuve évidente contre sa présence, ainsi que nous allons le voir tout à l'heure. Mais, en dehors de ces considérations, l'examen de la cellule en elle-même convaincra l'observateur sévère de l'absence de cette membrane; en effet, jamais on ne parviendra à l'isoler du contenu, qu'elle enveloppe suivant les auteurs, jamais on ne pourra saisir un intervalle entre elle et le contenu. Lorsque celui-ci, par l’action des réactifs ou de l'eau, se con tracte, se ratatine, cette membrane hypothétique reste toujours étroitement, intimement accolée au contenu. Quelle preuve existe-t-il donc de l'existenct de cette enveloppe du contenu, qui en serait un utricule primordial? Aucun, à notre avis; c'est uniquement le contour externe du contenu qui à été pris
par les auteurs pour membrane. Cette opinion est donc à notre avis une hypothèse qui s'appuie uniquement sur des données fournies par l'anatomie végétale, mais qui n’est pas fondée pour la structure des cellules animales.
Le nucléole est transparent et de nature graisseuse (pl. XXX V, fig. 5); souvent on aperçoit en dehors du noyau, au milieu du contenu de la cellule, une foule de gouttelettes de graisse, qui sont probablement les premiers indices de la transformation graisseuse que subit la cellule entière dans l'ossification.
Ç II Du développement et de l'accroissement des cellules cartilagineuses. (Multiplication endogène de cellules par scission).
La corde dorsale des embryons se compose de cellules cartilagineuses sans substance fondamentale intermédiaire; suivant Koelliker, ces éléments se développent aux dépens des masses celluleuses primitives de l'embryon ; les cellules de ces masses se transformeraient directement en cellules du cartilage, pendant qu'une substance intermédiaire, qu'on peut faire dériver d'une exsudation de principes constituants du sang, s'interposerait entre elles dans la plupart des régions. Mais cette transformation directe des cellules embryonnaires en cellules cartilagineuses nous parait fort douteuse, ainsi que nous l'avons déjà dit précédemment (chap. V, 2). Il nous parait très difficile, même impossible, de distinguer dans ces amas de cellules et de corpuscules embryonnaires, plus ou moins développés, les éléments qui appartiennent à l'embryon et ceux qui pourraient être de nouvelle formation; il ne nous paraït pas probable que les cellules embryonnaires forment, comme le veut l'auteur cité, non-seulement les cellules cartilagineuses, mais toute espèce de cellules que l'on rencontre dans l'adulte, et nous croyons plutôt que de nouvelles cellules se développent après la dissolution et la résorption des cellules embryonnaires. Quoi qu'il en soit, les cellules cartilagineuses une fois formées, le développement ultérieur du cartilage s'accomplit d’après les procédés suivants :
L'accroissement du cartilage a lieu par multiplication endogène des cellules et par dépôt d'une substance intermédiaire provenant du plasma du sang, entre les cellules du cartilage, qui sont au commencement les seuls éléments du cartilage. Cette substance, d'après les recherches de Schwann, ne donne pas d'abord de chondrine, même dans les vrais cartilages; plus tard, elle augmente de plus en plus en quantité. Gerlach veut que les cartilages prennent de l'accroissement par l'apposition de nouvelles couches cartilagineuses à la surface externe du cartilage complétement développé; mais ce mode d'accroissement n’a jamais été constaté avec certitude. Cependant, en examinant les cartilages avec de faibles orossissements, on aperçoit souvent des lignes distantes de plusieurs centièmes de millimètre les unes des autres, parallèles entre elles et le contour externe, des espèces d’ondulations, et qui feraient supposer une apposition successive de couches, augmentant peu à peu les diamètres du cartilage. Dans le cartilage complétement développé, en tout cas, lemouvement moléculaireest peu prononcé et manque en général des agents
qui président à la nutrition, abstraction faite des vaisseaux du périchondre et Mirdeson voisin: