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N° 1. Farropr, Lectiones de partibus similaribus humani corporis liber singularis. Nuremberg. 1575. TOME II. L
plutôt des tâtonnements que des études poursuivies et persévérantes, toutes ces circonstances ne pouvaient faire naître aucune idée d'une doctrine soccupant particulièrement de la recherche des parties similaires dans les organes différents, c'est-à-dire d'une histologie. On resta toujours dans le doute si l'on avait affaire à de véritables éléments simples, dont chacun possède les propriétés de l’ensemble ou seulement à des fragments accidentels. Les erreurs commises par Monro et Fontana (voy. tome 1, 1“ série, p. jet les fig. correspondantes) qui avaient fait quelques tentatives de réduire les organes en parties similaires, et qui croyaient tous les tissus composés de filaments onduleux, nerveux ou cellulaires, erreurs reconnues ensuite par les auteurs euxmêmes durent exciter la défiance de tous les anatomistes. Ainsi fut abandonnée par trop de précipitation, la seule voie possible pour connaitre les parties élémentaires du corps animal, la seule voie aussi pour étudier le développement de ces parties et par conséquent des tissus animaux.
Mais cette tendance de l'esprit humain à rechercher toujours les éléments et dont nous parlions tout-à-l'heure, se manifesta dans une autre branche des sciences médicales et eut la plus heureuse influence sur la marche des sciences anatomiques. Nous voulons parler des idées de aller (n° 2) et de celles de Pinel. Le premier de ces auteurs venait d'établir l'irritabilité et la sensibilité. Lui, et presque tous les physiologistes de son époque étudièrent surtout les parties et les tissus du corps par rapport à leur nature sensible et irritable. « Qu'importe disait Pinel (n° 3), que l’arachnoïde, la plèvre, le péritoine, résident dans différentes régions du corps, puisque ces membranes ont des conformités générales dans leur structure? N’éprouvent-elles pas des lésions analogues dans l’état de phlegmasie, et ne doivent-elles pas être réunies dans le même ordre, en formant seulement des genres différents? »
Ces idées rendirent un grand service à l'histologie, non-seulement parce qu'elles provoquaient l'intérêt des médecins, et qu'elles leur enseignaient à profiter, pour la distinction des tissus, de la manière dont ceux-c1 se comportent dans les maladies, mais aussi surtout parce qu'elles fixaient l'attention des anatomistes sur un principe nouveau, à savoir la classification, le groupement des tissus d'après leurs propriétés vitales. Ce fut là le principe adopté par Bichat (n° 4), le créateur de l'anatomie générale. Les divers tissus sont, dans le sens de cet auteur, autant de matières différentes, douées de forces particulières, par le concours desquelles les organes sont formés, et des propriétés desquelles dépend l’action de ces organes, à peu près comme le jeu d’une machine est la conséquence de l'élasticité du métal et de la pesanteur de l'eau. Il décrit chaque tissu d'après ces caractères physiques et chimiques, ses propriétés vitales et ses métamorphoses maladives. Mais malheureusement les propriétés anatomiques furent trop négligées par Bichat, les seuls qui peuvent fournir des caractères essentiels propres à distinguer les tissus. Dans la classification établie par
N° 2. Hazer. Mémoire sur la nature sensible et irritable des parties du corps animal. Lausanne. 1756. N° 3. Piner. Nosographie philosophique, 6° éd. Paris. 1818, p. X VII.—La première édition parut en 1708. N° 4. Bichat. Anatomie générale. Paris, 1802, 4 vol, — Nouv. édition, par BLanpin. Paris, 1832.
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Bichat, il y a fort peu de tissus qui soient simples et homogènes. La plupart sont des organes, les uns composés, comme les artères, les veines, etc., les autres résultants d'éléments particuliers mélés avec du tissu cellulaire et des vaisseaux.
Il n’en pouvait pas être autrement, car à cette époque les recherches microscopiques n avaient pas encore été appliquées avec suite à l'étude des tissus animaux. Or, la connaissance proprement dite de la structure des tissus, sur laquelle doit se fonder toute bonne classification, n'est possible qu'en ayant recours à de forts grossissements; certains organes, en effet, paraissent homogènes à l'œil nu, qui sont réellement composés ou de fibres, ou de granulations, ou des unes et des autres, tandis que d’autres organes, qui sont formés d'éléments totalement différents, se ressemblent à l'égard de leurs qualités purement physiques. Ce fut seulement au commencement de ce siècle que Treviranus (n° 5) entreprit de résoudre les tissus en leurs éléments simples, reconnaissables au microscope, c'est-à-dire en parties élémentaires. Treviranus, et la plupart des auteurs avec lui, en admirent de trois sortes : une matière homogène ou amorphe, de cylindres ou fibres et de globules.
À partir de cette époque commence une double série de recherches. D'une part, les véritables recherches histologiques, relatives à la structure intime des tissus : nous en avons exposée l’histoire dans le premier volume de cet ouvrage. D'autre part les recherches histogénésiques, relatives au développement des parties élémentaires et qui furent amenées par les circonstances suivantes : au commencement de ce siècle les idées les plus erronnées régnaient encore à l'égard de la structure intime du plus répandu de tous les tissus, de celui qui entre dans la composition de presque toutes Les parties, le tissu cellulaire, que la plupart des observateurs considéraient comme un mucus amorphe, indéterminé, mais susceptible de développements les plus variés. On croyait donc que tous les tissus prenaient leur origine du tissu cellulaire; on prenait par conséquent le tissu cellulaire pour lastème, c'est-à-dire pour une matière qui sert au développement des tissus; et vice versä, tout blastème pour du tissu cellulaire. En faisant des recherches sur le tissu cellulaire, on supposait par conséquent approfondir le développement des éléments. Quelque erronnées que fussent ces idées, toujours est-il que l'attention des anatomistes fut dirigée sur une nouvelle branche de recherches, celle précisément qui formera le sujet de ce volume et qui est le complément de l’histologie.
Nous parlions tout à l'heure des travaux de Treviranus. Cet auteur commença par l'examen du tissu cellulaire; prenant pour tel tout tissu mou, d'un aspect muqueux à l'œil nu, comme on en trouve dans les animaux inférieurs et dans l'embryon, ses observations furent faites en grande partie sur des tissus imparfaitement développés, quoiqu'elles figurent parmi les recherches relatives au tissu cellulaire (vol. I, p. 131). Nous pouvons par conséquent voir dans ces observations le point de départ des recherches histogénésiques,
ne croyant pas devoir y ranger les opinions de Fontana, Monro, Mascagni, etc., fondées sur desillusions d'optique.
N° 5. TREviranUs. Vermischte Schriften. Gotiingue, 1816. Vol. I.
Les divers tissus en question, examinés par Treviranus, soit à sec, soit dans d’autres circonstances qui les avaient altérés ou coagulés, ont paru à cet auteur composés de globules uniformes ou de grandeurs diverses et de filaments, qu'il supposait formés par la dessication de la matière muqueuse. Treviranus revient
lui-même, dans une lettre adressée à Weber en 1825 (n°6), sur ces observations, en convenant qu'il n'avait pas toujours pris les précautions nécessaires dans ces recherches délicates. Serler (n° 7) voit aussi des globules dans le blastène des embryons humains âgés de sept à huit semaines ou dans l'œuf couvé pendant huit heures. Carus (dans l'ouvrage de Seiler, n°7), arrive aux mêmes résultats, par l'examen de l'embryon de brebis. Nous passons rapidement sur ces recherches, parce que leur intérêt scientifique est minime à cause des grossissements extrémement faibles, de 34 à 48 fois, employés par cet auteur. Treviranus repousse même tout usage du microscope composé, et ne conseille que l'emploi de lentilles simples. Nous ne ferons également que mentionner très-rapidement les autres théories histogénesiques de cette époque, qui, en général, ne reposèrent que sur quelques observations menées sans aucune suite, et s'appuyant le plus souvent sur quelques faits douteux.
Ofen (n° 8) regardait les animalcules infusoires et spermatiques comme étant les véritables monades. Suivant lui, les organismes supérieurs, animaux et végétaux, seraient composés d'êtres animés plus petits, qui n'auraient renoncé à leur indépendance que pour un certain laps de temps. Doellinger (n° 9) et son école, construisaient le corps avec des globules du sang, mis en mouvement dans les lacunes sans parois de la substance, susceptibles de se réunir à cette dernière, pour s’en séparer ensuite de nouveau. Ces idées furent reprises plus tard par Mayer (voy. chap. IIT). Aeusinger explique de la manière suivante comment des fibres ou des tubes peuvent provenir de particules élémentaires sphériques : la sphère est l’expression d’une lutte égale entre la contraction et l’expansion ; cest pour cela que tous les organismes, toutes les parties organiques, ont été primitivement des globules ; lorsque les forces éprouvent une plus grande tension, on voit la vésicule émaner du globule, qui souvent n’a que l’apparence de l'homogénéité ; la où des globules et de la masse amorphe se rencontrent dans l'organisme, ils se disposent en séries, d'après les lois de la chimie, et forment des fibres ; quand ce sont des vésicules qui se placent à la suite des unes des autres, on a des canaux, des vaisseaux (n° 10). À part les explications hypothétiques, la théorie de l’auteur se rapproche beaucoup des idées actuellement accréditées chez un grand nombre d'auteurs : mais les faits allégués pour servir de preuves sont, les uns. inexacts, les autres mal interprétés ; car Heusinger range, par exemple, au nombre des vésicules, non-seulement les follicules adipeux et muqueux, mais encore les membranes séreuses, et il regarde les val-
N° 6. Weger. Anatomie de Hildebrandt, 4° éd. Brunswick. 1830. Vol. I, p. 136. N° 9. Seicer. Naturlehre des Menschen. Dresde. 1826.
N° 8. Oken. Die Zeugung. Bamberg. 1805.
N° o. DoezuinGer. Mémoires de l'académie de Munich. 1821. T. VII.
N° 10. HgusinGer. Histologie. Eisenach. 1824. Vol. I, p. 112.
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vules des lymphatiques comme des traces de l’ancienne séparation des vésicules qui se sont réunies pour donner naissance à ces vaisseaux.
Des opinions analogues à celle de Dœllinger furent encore professées par quelques autres auteurs. Home et Bauer {n° 11) affirment que, pendant la coagulation, l'enveloppe des corpuscules du sang crève, que les noÿaux se rangent à la suite les uns des autres pour former des fibres garnies d'incisures latérales (PL. I. fig. 1). Ces fibres représentant la fibrine du sang, ne diffèrent en rien de la fibrine musculaire ni de quelques autres fibres du corps vivant. Prevost et Dumas {n° 12) prononcent une opinion analogue, et affirment en outre que le pus, le lait, etc., renferment des sphères semblables. D'après ces auteurs, l'albumine concrète au pôle positif se compose de globules très-distincts, semblables en tout à ceux du sang lorsqu'ils sont décolorés, à ceux du lait, du pus, etc. (fig. 2). Mine Edwards (n° 13), affirme même que les globules signalés par Prévost et Dumas dans la fibre musculaire existent dans tous les autres tissus : ces globules ont constamment un diamètre de 17300 de millimètre. Toutefois, l’auteur ne parle point de l’analogie de ces globules avec les noyaux. des corpuscules sanguins ( fig. 3, 4). Suivant Pelle Chluaje (n° 14), dont nous avons déjà cité l'opinion (vol. I, p. 167), l'épiderme se formerait des globules sanguins desséchés. Ces auteurs s'accordent à voir dans les globules du sang la source du développement de tous les autres tissus. Il n'est plus besoin actuellement de réfuter ces opinions, fondées sur des observations faites avec des instruments imparfaits, et reniées maintenant probablement par les auteurs eux-mêmes.
Nous arrivons maintenant à quelques résultats qui reposent déjà sur un meilleur fond. Dutrochet (n° 15) eut l'heureuse idée de comparer la structure intime des tissus animaux à celle des végétaux. Il croyait le cerveau, les nerfs, le parenchyme de tous les organes composé de globules, comme Milne Edwards, Prévost et Dumas, et affirmait que ces globules eux-mêmes étaient des utricules, de véritables cellules analogues à celles du tissu végétal. Il affirme que les cellules de la matière cérébrale offrent, sur leurs parois, une foule de ponctuations opaques, qu'il compara mal à propos aux nombreuses ponctuations des cellules végétales. L'auteur s'exprime en ces termes sur la nature de ces éléments : « Partout on ne trouve, dans les organes des animaux, que des corpuscules globuleux, tantôt réunis en séries longitudinales et linéaires, tantôt agglomérés d'une manière confuse. C'est sous ce dernier aspect que ces corpuscules globuleux se présentent dans tous les organes sécréteurs, tels que le foie, les reins, les glandes salivaires, les testicules, etc. ; la rate et les ovaires ne présentent pas une autre structure intime. Cette similitude fondamentale du tissu
N° 11. Home er Bauer. Philosophical wansactions for the year 1818.
N° 12. Prevosr er Dumas. Bibl. univers. de Genève. t. XNA Pepe 210 201
15. Mirwe-Enwaros. Memoire sur la structure intime des principaux tissus organiques des animaux. Thèse de Paris, n°73. Paris. 1823. Reproduit sans la planche dans les Archives de médecine.1823.