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à quinze noyaux, de 0"”,04 à 0°",06. Des grands nucléoles, deux ou trois parfois, de 0"",0025 à 0"”",0033, quelquefois 0"”",004 à 0"",005. Enfin des noyaux très volumineux comparés à la cellule,ayant 0,01 à0"",015 ou 0"",02 pour diamètre.
Le rapport et le diamètre du noyau sont les caractères les plus saillants aux yeux des partisans de la cellule cancéreuse; cependant nous discuterons auss: la valeur des autres caractères, pris isolément ou dans leur ensemble, bour répondre aux questions posées plus haut.
A. Les formes variées et multiples de la cellule ne constituent pas un carac. tère exclusif des tumeurs cancéreuses, car on trouve des configurations tout à fait analogues dans l'épithélium de la vessie, des uretères, des calices, des bronches affectées d'une bronchite, etc. Assurément, ceux qui avaient prétendu que la multiplicité des formes constitue un caractère différentiel pour les cel. lules cancéreuses n'avaient jamais examiné avec attention les épithéliums que nous venons de mentionner. Si de même on avait soumis à un examen scrupuleux le contenu des glandes, on y aurait trouvé, au fond des culs-de-sac, cette énorme quantité de cellules incomplétement développées et de noyaux libres, que l'on croyait ne rencontrer que dans les tumeurs cancéreuses,
On trouve un nombre d'autant plus considérable de noyaux libres que la tumeur est plus molle; j'ai rarement vu des cellules dans les espèces Les plus diffluentes de l’encéphaloïde, pourvu qu'on les examine toutes fraiches, peu de temps après l'ablation. Soumet-on alors à l'observation microscopique les éléments pris à l'intérieur de la tumeur, et qui par conséquent n'ont pas encore subi l’action de l'air ambiant, du refroidissement, etc., alors on à beaucoup de chances de ne trouver que des noyaux nageant au milieu des gouttelettes de graisse et d'une poussière de molécules, complétement analogue au contenu des cellules cancéreuses ; à peine remarque-t-on quelques cellules parfaites qui souvent manquent même complétement. Mais ce qui est remarquable, cest que cette même tumeur, abandonnée à elle-même pendant vingt-quatre ou quarante-huit heures, présentera alors des cellules dans les endroits où la veille on ne trouvait que des noyaux.
Cette formation des cellules peut s'expliquer de deux manières, en se plaçant uniquement sur le terrain anatomique. On peut admettre que dans la tumeur fraiche il existait des cellules très molles, dont les membranes sont excessivement ténues. On suppose alors que les manipulations nécessaires dans la préparation de l'objet pour l'observation microscopique rompraient et déchireraient ces cellules, de sorte que les noyaux intacts apparaïtraient seuls au milieu d'une poussière de molécules, qui serait le contenu de la cellule épanché par suite de la déchirure de la membrane. Laisserait-on au contraire aux cellules le temps de se consolider, de se raffermir, alors elles présenteraient une résistance plus forte, et apparaïtraient entières dans le champ du microscope. Cette hypothèse, que pourraient former les partisans de la théorie cellulaire, pour être acceptée, exigerait la démonstration de ces cellules molles, à membranes ténues, dans les tumeurs fraiches. Or, il ne nous a pas été pos sible jusqu'à présent de les voir dans toutes les circonstances où l'encéphaloïde ne paraissait composé que des noyaux; aussi ne pouvons-nous pas accepter cette hypothèse, si jamais elle était formulée, jusqu'à plus ample démonstratto®"
M. Lebert signale déjà ces tumeurs composées presque exclusivement de noyaux ; mais n1 lui, ni ses partisans comme MM. Follin(n° 467), Broca (n° 468), qui les appellent cancers nucléaires, ne parlent de la formation tardive des cellules. Ce fait, que nous connaissons déjà depuis plusieurs années, nous a paru pouvoir admettre encore l'explication suivante qui, dans l'encéphaloïde, s'applique également aux éléments appelés cellules-mères.
Dans les tumeurs fraiches, les noyaux sont placés dans une substance amorphe, excessivement molle, composée de molécules très petites, et qui n'offre aucune résistance, de sorte que les noyaux sont isolés et déplacés au moindre effort fait pendant les manipulations préparatoires. Le lendemain ou le surlendemain, cette substance amorphe s'est consolidée autour des noyaux, et ceux-ci présentent alors l'aspect de cellules, mais dépourvues de membranes. Par leur configuration, leur aspect, la multiplicité de leurs formes, leurs dimensions, etc., elles ressemblent aux cellules pourvues de membranes que l'on trouve dans d’autres cancers plus résistants. Nul doute donc que ces produits visibles seulement le lendemain ou le surlendemain, sinon dans toutes, du moins dans un grand nombre de ces tumeurs molles qui la veille ne présentaient que des noyaux, nul doute, disons-nous, que ces produits ne soient identiques avec les éléments appelés cellules cancéreuses. Leur apparition est-elle un simple effet de consolidation, d'une espèce de coagulation autour du noyau? Mais pourquoi alors ces formes accidentelles sont-elles identiques avec les cellules parfaites, produits de la force vitale, dans lies tumeurs plus résistantes ? Ou doit-on admettre une action organique, attractive quelconque, qu'exerceraient encore ces noyaux dans la tumeur extirpée morte, sur la matière amorphe qui les entoure, action analogue à celle des noyaux dans les tumeurs vivantes, lors de la formation des cellules parfaites ?
On le voit donc, ceux qui sont favorables aux idées de la théorie cellulaire, n'hésiteront pas à supposer l'existence de cellules très molles, détruites par la préparation dans la tumeur fraiche, persistantes dans les tumeurs refroidies, Ceux au contraire qui aiment à tenir compte des phénomènes physiques, de préférence aux propriétés vitales, pencheront plutôt à voir dans ces cellules, qui apparaissent le lendemain, les produits de la coagulation ou du moins de la consolidation de la matière amorphe. Quoi qu'il en soit, 1l nous suffit d'avoir signalé ce fait qui mérite de fixer toute l'attention ; d'autant plus que des phénomènes analogues se passent encore dans d'autres tissus.
B. Examinons maintenant ces globules réguliers ou irréguliers qui con- Uennent un certain nombre de noyaux, et que M. Lebert appelle des orandes cellules-mères ; suivant cet auteur, elles mesurent jusqu'à 0"”,05, sont de forme ronde ou ovoide, et renferment quatre à Six noyaux et au delà. D'autres fois on rencontrerait de larges expansions membraneuses, dans lesquelles on distingue un assez grand nombre de noyaux entourés d'une masse ponctuée ou granuleuse.
Ces formations ne sont nullement caractéristiques suivant nous; bien d'autres tissus offrent des productions analogues. Telles sont, par exemple, les
N° 467. FOLLIN, Archives générales de médecine, 1854, N° 468. BrocaA , le Moniteur des hôpitaux , 1854.
plaques à noyaux multiples décrites dans la moelle fœtale des os par MM. Ch.
Robin et Kolliker. Les tissus fibrillaires en voie de développement (appelés tissus
fibro-plastiques par M. Lebert) présentent également des exemples nombreux
de ces productions. On en trouve également dans les poumons enflammés
Bien mieux, dans un grand nombre de cas, et particulièrement dans l'encé. phaloïde, ces formations ne sont que des productions arüfcielles, les cellules. mères aussi bien que les expansions membraneuses; ce sont des fragments plus ou moins grands de la substance fondamentale consolidée autour de plusieurs noyaux, soit pendant la vie, soit quelques heures après Fablation, comme précédemment nous avons vu se former des cellules dans la tumeur post mortem. On trouve toutes les transitions de diamètre entre les cellules-mères et les expansions membraneuses, et le plus léger examen convaincra l'observateur que nulle limite de distinction ne peut être tracée entre elles. Ces remarques suffisent déjà pour faire comprendre qu'il ne peut s'agir de véritables cellulesmères, c'est-à-dire d'éléments pourvus de membranes. Du reste, que lon déchire ces productions ou qu'on les écrase, en pressant où en roulant les deux verres entre lesquels se trouve la préparation, que l'on emploie des agents chimiques comme par exemple, l'acide acétique, l’iode, etc., dans aucun cas l'existence de la membrane ne pourra être démontrée. Nous avons donc bien le droit dele dire, ce ne sont pas des cellules-mères, mais bien des fragments de fa substance amorphe, qui forment la base du cancer, renfermant un nombre variable, accidentel, de noyaux. Et lorsque cette substance amorphe n'offre pas assez de résistance, qu'elle est diffluente, on ne verra pas de fragments, mais on apercevra seulement les molécules dont elle se compose et les noyaux isolés, comme nous l'avons déjà dit précédemment.
Lorsque pour la première fois nous avons énoncé cette opinion, elle fut vivement attaquée par M. Broca, un des élèves de M. Lebert. Mais depuis, j'ai vu M. Follin, qui partage en grande partie les opinions de M. Lebert, substituer le nombre de plaques à noyaux au nom de cellules-mères. Je ne doute quà un examen plus attentif, tous les observateurs ne partagent bientôt mon Opinion.
Du reste, ces productions, quelle que soit leur nature, ne sont pas même des productions constantes. Elles manquent habituellement dans les tumeurs trés molles, examinées peu de temps après leur ablation, de même que dans les tumeurs très dures. Dans le premier cas, on ne verra que des noyaux, dans le second des cellules seulement ; c'est du moins ce qui à lieu le plus habituellement.
C. Le caractere le plus essentiel, aux yeux de M. Lebert, c'est la dimension du noyau. Son diamètre varie entre 0"”,007 et 0"”,02. Or, le diamètre habituel des noyaux normaux se trouve dans les environs de o"",or. Il s'ensuit que les noyaux cancéreux sont, sinon tous, du moins en partie, plus orands que Les normaux. Îl est évident que les chiffres indiquent la variabilité de ces diamètres dans une même tumeur, et non-seulement dans toute la série de tumeurs cancéreuses ; Car, Si dans une tumeur quelconque n'existaient que des noyaux du diamètre de 0*",0075 à o"”,o1, ces diamètres ne différeraient en rien de ceux de la plupart des noyaux des tissus normaux. Pour que les diamètres
RECHERCHES DE LAUTEUR. -— HISTOGÉNÈSE PATHOLOGIQUE. 349
indiqués des noyaux puissent être maintenus, il est donc nécessaire que l’on trouve constamment, dans toute tumeur cancéreuse, des noyaux variables entre 0””,0075 et 0"”,002, C'est-à-dire que l’on trouve du moins quelques noyaux, sinon tous, dont le diamètre dépasse celui des noyaux normaux.
Or, nous avons, dans l’ouvrage même de M. Lebert, des exemples fréquents de tumeurs cancéreuses, dans lesquelles les noyaux des cellules ne sont pas plus orands que ceux des tissus normaux; par conséquent, il manque alors ce caractère, essentiel dans la théorie de la spécificité. Voici quelques-unes des observations de M. Lebert, auxquelles nous ne croyons pas devoir joindre les nôtres, car 1l nous semble impossible de mieux combattre une théorie que par les observations de l’auteur même. Ainsi M. Lebert dit (Malad.'cancér., p.20): «Il est plus rare de les voir au-dessous de 0"”",o1, de 0"",0075. » Dans un cas de cancer des organes de la digestion (/b., p. 422), les noyaux n'offraient en moyenne qu'un diamètre de 0"",0075. Dans plusieurs cas de cancer de l'estomac, M. Lebert indique (p. 480) des noyaux de 0"",005 à 0"”,0075. Enfin, en parlant du cancer des os (p. 717), M. Lebert dit que, dans les petites cellules, les dimensions des noyaux étaient en moyenne de 0°”",0075, et dans les cellules incomplétement formées de 0"",005; les noyaux étaient, en outre, ternes et dépourvus de nucléoles.
Mais si quelquefois les noyaux cancéreux ne dépassent pas les diamètres de la plupart des noyaux normaux, d'un autre côté ceux-ci atteignent parfois des dimensions identiques avec ceux que M. Lebert croyait caractéristiques des noyaux cancéreux. Ainsi les noyaux de l'épithélium de l'épiglotte, de la vessie, du vagin, etc., atteignent souvent 0"",019, c'est-à-dire les limites que dans un grand nombre de eas ne dépassent pas les noyaux Cancéreux. |
Enfin, les noyaux trouvés dans quelques tumeurs non cancéreuses, qu'ils soient isolés ou renfermés dans des cellules, sont parfois aussi grands que ceux des véritables cancers. Ainsi, j'ai trouvé dans l'épithélium des poumons d'un enfant, affecté d'une bronchite, des noyaux de 0°”,005 à 0"",016; dans les granulations on rencontre souvent des noyaux de o"",015; dans le cancroïide de 0"”,02. Dans un polype du larynx, chez un enfant, les noyaux avaient o",o1 à o"”,015 (voy. pl. XL, fig. rt).
Ainsi donc, si l'on maintient le chiffre de 0"",02 comme extrême limite, on trouve des noyaux cancéreux qui ne l’atteignent pas, et d'autres même quine dépassent pas 0"",O1, c'est-à-dire la grandeur de la plupart des noyaux normaux. Si, d'un autre côté, on se tient au chiffre de 0"",015, qui nous parait être la moyenne des dimensions dans les noyaux cancéreux, on trouvera des noyaux normaux et d'autres, dans les tumeurs non cancéreuses, qui présentent les mêmes diamètres. Les dimensions ne nous paraissent donc pas pouvoir servir de caractère distinctif absolu ; tout ce qu'il est permis de dire, à ce qu'il nous semble, c'est que, dans la plupart des cas, les noyaux cancéreux dépassent les limites de 0””,01.
D. Le noyau est, dit-on, très volumineux comparé à la cellule. ILest vrai que de très petites cellules cancéreuses renferment très souvent des noyaux trés grands; mais, par contre, on voit Souvent de grandes cellules renfermer de petits noyaux. Ainsi des cellules de 0"”,02 à 0"”,03 sont pourvues de noyaux