‹ Anatomie microscopiqueChapitre 82 sur 144 · TOME 1x · texte numérisé non relu

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d'à peu près o"",or à 0"",015. Il faut aussi se rappeler que le noyau est, dan les très jeunes cellules, très volumineux comparé à la cellule étroite qui l'en toure. Il s'agirait donc de savoir si, en établissant le caractère énoncé, on 7 pas en vue principalement des cellules cancéreuses en voie de développement

E. « Les nucléoles ont en moyenne 0"",002 à 0””,003, quelquefois 0" 004 ou 0"",005, dans quelques cas rares jusqu'à 0"”,or. » Des nucléoles de 0,003 0°",004, et même plus volumineux, se voient dans beaucoup de noyaux, comme par exemple dans les cellules cartilagineuses; mais ce qui est plus important c’est que les noyaux cancéreux sont très souvent privés de nucléoles, surtout lorsqu'on les examine dans la tumeur fraiche, peu d'instants après son ab]a. tion. Fréquemment j'ai vu les nucléoles graisseux ne se former que le lende. main.

F. Dans la description des noyaux donnée par M. Lebert, on lit qu'ils sont tantôt très pales et tantôt très marqués; ailleurs il est dit que les contours des cellules sont très pales, tandis que ceux des noyaux sont très marqués, Mais assurément, Ces caractères ne peuvent être distinctifs aux yeux des observa. teurs. D'abord, ils ne sont pas constants dans toutes les cellules des tumeurs cancéreuses ; puis il existe beaucoup de cellules normales, par exemple celles de l'épithélium des ventricules, qui les présentent également. Du reste, tout noyau, comme tout élément histologique, peut être tantôt très pâle, tantot très marqué, et cette diversité dans l'aspect des contours s observe non-seulement sur divers éléments de même nature, appartenant au même tissu, mais même sur le même élément, sur le même noyau, suivant le jeu de la lumière la compression qu'il a subie, etc. Par conséquent, que les contours et avec eux les noyaux soient plus ou moins marqués, plus ou moins pâles, nous ny trouverous pas un Caractère essentiel.

Si « les noyaux sont souvent remplis de granules ou de petits grumeaux, quelquefois même infiltrés d'une graisse confluente, » nous devons y voir l'effet d'une infiltration ou d'une dégénérescence graisseuse. Mais bien d'autres éléments histologiques éprouvent la même altération, et puis la présence de ces ranules graisseux dans les noyaux n'est pas un caractère constant, suivant M. Lebert lui-même, puisqu'il dit : « souvent, » mais non: toujours. Bien plus, les granules graisseux n'apparaissent pas toujours dans les cellules fraiches, mais quelquefois seulement quelques heures après l'ablation de la tumeur. Tout frais, bien des noyaux apparaissent d'une transparence parfaite, qui parfois est persistante. Les granules graisseux ne peuvent donc caractériser Les noyaux cancéreux, pas plus que la graisse confluente, car qui ne connait les gouttelettes de graisse confluente dans les noyaux des cellules cartilagineusts, dans les globules de pus, etc.?

G. Il est évident, d'après ce que nous venons de dire, qu'une ou même plusieurs cellules ou noyaux de cette espèce que M. Lebert croit caractéristiques des squirrhes ou encéphaloïdes, s'ils se trouvaient mélés à d’autres cellules où noyaux analogues, n'en pourraient être distingués d'une manière infaillible, cer taine. S'agirait-il, par exemple, de savoir s'il existe quelques cellules prétenduts caractéristiques dans les matières vomies on dans les déjections alvines de per sonnes affectées d'un cancer de l’estomac ou des intestins, le microscopé J'

crois, ne pourrait que dans des cas fort rares résoudre la question à la satisfaction des anatomistes et des cliniciens. Dans ces cas, en effet, le champ du microscope est presque entièrement couvert de cellules et de noyaux d'épithélium, et du contenu des glandes au milieu desquels la distinction de quel-

ues éléments dits cancéreux me paraïtrait, dans la plupart des cas, chose impossible. Si ces éléments étaient caractéristiques, comme le sont par exemple les globules du sang, les fibres musculaires striées, etc., alors le diaenostic devrait être des plus faciles. |

Aussi tous les observateurs s’accordent-ils à dire qu'ilfaut avoir sous les yeux un certain nombre des masses de ces éléments cancéreux pour les distinguer, par l'ensemble des caractères, d'autres éléments analogues. Assurément, cet argument est juste pour les tumeurs les mieux caractérisées ; dans la plupart des cas, l'œil le moins exercé pourrait distinguer les cellules qui existent dans le squirrhe, d'autres qui constituent par exemple l'épithélium des lèvres ou le contenu de la glande mammaire. Mais on ne doit pas se laisser contenter des caractères tranchés que présentent les extrêmes, et regarder plutôt comme un devoir de rechercher rigoureusement les cas difficiles et obscurs, lorsque dans l'examen microscopique du cancer on a pour but principal l'étude du diagnostic. Ainsi, par exemple, le cancer du foie se compose fréquemment de cellules et de noyaux identiques, sous le microscope, à ceux du tissu sain voisin; tandis qu'à l'œil nu on distingue parfaitement la tumeur et le tissu ambiant, l'examen histologique des cellules isolées ou par groupes ne saurait atteindre le même résultat. Personne assurément n'affirmera que ces deux espèces d'éléments, ceux de la tumeur et ceux du tissu sain, soient identiques ; en dehors des caractères anatomiques et chimiques de ces éléments, il doit y avoir des propriétés vitales ou autres qui font que, dans un cas, des éléments en apparence identiques forment un tissu de nature cancéreuse, tandis que dans l'autre ils ne constituent qu'un tissu normal. Mais l'examen microscopique ne saurait indiquer de différences que l'on considère, comme nous l'avons déjà dit, les éléments isolés ou réunis par groupes.

Le micrographe ne saurait non plus lever les doutes dans certains cas de cancers des os, lorsque, comme par exemple dans les observations rapportées par M. Lebert, les noyaux des cellules n'ont que 0”°,005 ou 0"",007 pour diamètre. En faisant examiner sous le microscope une préparation provenant d'une tumeur pareille, on pourrait défier tous les partisans de la spécificité : sils ignorent la source de la préparation, ils ne sauraient reconnaitre la nature cancéreuse, démontrée par l'observation clinique.

Ainsi, nous le voyons, si dans les cas tranchés des squirrhes et de quelques encéphaloïdes le doute n'est pas permis, il existe cependant des cancers du foie et du système osseux, dans lesquels l'examen microscopique des éléments soit isolés, soit réunis par groupes, ne démontrera point la présence d'élé- Menis caractéristiques.

Îl en est de mème pour les cancers de la rétine, dont nous nous occuperons dans le paragraphe suivant.

Nous pouvons donc maintenant répondre à la première question posée au ‘ommencement de ce paragraphe, et dire que l'élément cancéreux ne con-

serve pas toujours et partout les caractères que les auteurs leur ont attri. bués.

H. Nous devons encore maintenant examiner cette question : Aucun élément ne présente-t-il des caractères analogues à ceux des éléments dits Cancéreux 2 Nous avons déjà vu précédemment, en examinant isolément chacun des Caractères, qu'il existe beaucoup d'éléments qui pourraient être confondus avec les éléments cancéreux. Mais alors nous les avons considérés à l'état d'isolement et les partisans même de la spécificité accordent cette analogie, en se retranchant derrière les différences d'aspect présentées par les groupes. Nous ne san. rions non plus accorder cette différence.

L'aspect que présentent des groupes de cellules de l'épithéhium de la vessie du bassinet , etc., est tellement ressemblant à celui des cellules dites cancéreuses. que même des partisans de la spécificité, non prévenus, y ont été trompés. L'épithélium des bronches, surtout lorsqu'il ÿ existe une légère inflammation chez des sujets d’un âge peu avancé, offre également des analogies frappantes. Enfin, dans les cystosarcomes, les parois des cystes sont souvent recouvertes par une couche blanchâtre, molle, qui se compose quelquefois d'éléments analogues à ceux décrits sous les noms d'éléments cancéreux. Le liquide contenu dans les kystes renferme quelquefois des flocons composés de ces mêmes éléments. Cependant les caractères cliniques ne permettent pas de placer ces tumeurs parmi les cancers.

Nous pouvons donc affirmer que les éléments normaux offrent quelquefois des caractères analogues à ceux des tumeurs cancéreuses, qu’on les considère isolément ou réunis par groupes.

J. Nous n'avons tenu compte des caractères chimiques que l'on a signalés dans les éléments dits cancéreux, parce que ces expériences sont fort incomplètes, à peine ébauchées, et qu'elles ne sont pas relatives aux éléments que, dans quelques cas, on pourrait précisément confondre avec la cellule du cancer. Puis, quelles preuves possédons-nous pour affirmer que les éléments du cancer. depuis leur origine jusqu'à la fin , à toutes les époques de leur existence, dans le squirrhe aussi bien que dans l’encéphaloïde, à peine développés ou ayant subi la déscénérescence graisseuse, etc., possèdent toujours, dans toutes les parties de l'organisme, les mêmes caractères chimiques ? Nul travail sérieux n a été fait à ce sujet, quoiqu'il serait fort important et permettrait peut-être de mieux distinguer ces éléments.

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