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le microscope des particules analogues. Cette substance subit, comme Je tuber. cule, la transformation graisseuse, ce qui a fait dire à quelques auteurs que l'on rencontre du tubercule dans le cancer.

La présence de parcelles irréculières, telles que toute substance amorphe plus ou moins consistante peut les offrir, et qui sont tout à fait analogues vs parcelles de la substance tuberculeuse, n'est donc pas un caractère distincus de ce dernier produit pathologique.

Ç II. Metamorphoses de la substance tuberculeuse.

En nous appuyant sur les faits précédemment exposés, 1l nous est permis de résumer notre opinion en ces termes : Dans la maladie tuberculeuse, il ya formation d’une substance amorphe, solide, finement moléculaire, et parsemée de granules irrégulièrement dispersés, d'aspect graisseux. (La nature chi. mique de cette substance étant complétement inconnue, il serait hasardé de l'appeler protéique.)

On peut affirmer que cette matière était primitivement liquide, parce qu'on la trouve pénétrant les éléments des organes et des tissus et remplissant leurs interstices. La substance tuberculeuse peut subir une double métamorphose, le ramollissement ou la transformation crétacée.

Ÿ IV. Du tubercule ramollr.

Lorsqu'on coupe en travers un tubercule ramolli, et que l'on soumet à l'examen microscopique, délayée dans de l’eau, la portion centrale, qui présente les premières traces de ramollissement, on aperçoit un nombre plus ou moins considérable de ces corpuscules que, dans les paragraphes précédents, nous avons fait connaitre comme fragments de la substance tuberculeuse amorphe,. Tout autour, on verra, dispersées dans l’eau, des parcelles plus petites encore, et en outre une poussière de molécules et de granules graisseux d'autant plus abondante que le ramollissement a fait plus de progrès.

Ces fragments et cette poussière résultent du ramollissement et de la déliquescence de la masse tuberculeuse. Les molécules et les granules graisseux qui constituent la poussière sont les mêmes qu'en plus petit nombre nous avons précédemment déjà signalés comme étant placés dans la substance fondamentale amorphe. Celle-ci se ramollit ou se désagrége complétement : dans le pre mier cas, le moindre écrasement la partage en parcelles ou fragments; dans le dernier cas, complétement dissoute, elle rend libres les molécules et les granules qu'elle renfermait.

Les fragments et les parcelles du tubercule ramolli ne méritent pas plus que ceux du tubercule cru le nom de globules ou de corpuscules tuberculeux; © sont aussi bien des éléments organisés que les fragments d’une brique écrasée seraient des cristaux. Aussi observe-t-on des particules tout à fait analogues dans d'autres substances amorphes, et particulièrement dans celles qui const” tuent les tissus hépatisés dans la pneumonie, que ces substances se trouvent l'état cru ou à celui de ramollissement. Avec les progrès du ramollissement, la substance tuberculeuse devient jaunâtre, ce qui n’est pas du à la présence dun

pigment particulier, mais probablement à la manière dont la lumière est réfractée, peut-être à cause des gouttelettes de graisse, fait analogue à ce que nous soyons dans le pus.

Tout autour du tubercule en voie de ramollissement se produit un nouveau tissu fibrillaire incomplétement développé, consistant, et d'une épaisseur variable, suivant le degré de l'inflammation et du ramollissement, suivant la gran deur du tubercule. Cette espèce de coque se compose de fibres incomplétement développées, de noyaux oblongs, et d'une masse fondamentale amorphe séparée en bandelettes et en fibres. On observe fréquemment dans cette enveloppe une infiltration de pigment noir, composé de granules élémentaires dispersés dans le tissu. Lorsque le tubercule ramolli s'est ouvert comme un abcès et quil à établi sa communication avec une bronche, le développement ultérieur de ce tissu fibrillaire, qui finit par amener la cicatrisation de la caverne, constitue la membrane pyogénique de quelques auteurs.

Si nous examinons dans son ensemble la marche du ramollissement , nous voyons, d'une part, la liquéfaction d'une substance précédemment solide, et, d'autre part, l'apparition de granules graisseux dont l’abondance est en rapport avec les progrès du ramollissement. Or ces phénomènes sont identiques avec ceux que l’on obtient dans toute dégénérescence oraisseuse.

Ce qu’il importe de connaitre maintenant, c'est la valeur physiologique de cette métamorphose, car elle nous donnera des éclaircissements sur limportance histologique de la substance tuberculeuse. Or l'examen de faits nombreux que fournissent la physiologie et la pathologie nous à donné ce résultat, que la dégénérescence graisseuse ne s'opère que dans les tissus soustraits à l’influence de la nutrition. Je n’examinerai pas la question de savoir s'il y a véritable transformation ou seulement substitution; il suffira, pour le moment, de connaitre une des principales conditions de cette mélamorphose.

Nous avons déjà donné, dans le chapitre relatif à la dégénérescence OTaisseuse, les nombreux exemples de cette métamorphose, qui viennent à l'appui de notre opinion. Il nous parait résulter, d'une maniere indubitable, de l'ensemble des faits exposés précédemment, que la dégénérescence graisseuse ne s'opère dans un tissu que lorsqu'il est soustrait à l'influence nutritive de l'organisme, lorsqu'il ne peut plus vivre de sa vie propre. Toutes les fois que nous verrons par conséquent une matière organique subir la métamorphose graisseuse, qui à l'œil nu se révèle non-seulement par l'aspect, mais aussi par une diminution considérable de consistance, alors nous aurons affaire à une substance qui cesse d'exister, qui se détruit.

Or nous avons vu précédemment que la substance tuberculeuse n’est pas organisée. La métamorphose graisseuse qu'elle subit dès son apparition, car dès les premiers moments de son existence le microscope y fait découvrir des granules craisseux, cette métamorphose, disons-nous, indique aussi qu'elle est inCapable de s'organiser, de vivre, d'exister, qu'elle ne peut établir aucun rapport Organique avec les tissus ambiants; en un mot, que c'est une substance née Morte dont l'organisme ne peut s'accommoder. à SELON

Mais ce n’est pas seulement la substance tuberculeuse libre qui subit ces métamorphoses : celle qui pénètre les éléments (K IL) éprouve les mêmes alté-

rations, et provoque la dégénérescence graisseuse et le ramollissement du tiss infiltré. Il n'est pas rare de rencontrer des lamelles épithéliales aonflées u remplies de gouttelettes de graisse. Les fibres élastiques sont ramollies, se cs. mentent; le tubercule ramolli présenté enfin encore des lambeaux devaia. aériennes, avec un nombre variable de noyaux ou même ces noyaux ISOlés. et

(oh

subissant la dégénérescence graisseuse.

Parmi les tubercules ramollis, on en rencontre qui ne présentent aucun des produits habituels de linflammation, c'est-à-dire n1 globules de pus, ni globules inflammatoires. Le ramollissement et la dégénérescence graisseuse peuvent donc s'opérer dans le tubercule, comme dans d'autres tissus, sans inflammation. Le ramollissement n'est pas conséquemment produit par l'in. flammation. C'est là un point important à noter dans l'histoire anatomique qu tubercule.

Cependant l'inflammation se joint bientôt au ramollissement, et des globules de pus, à divers degrés de développement, de même que des olobules inflammatoires, se rencontrent parmi les fragments de la substance tuberculeuse ramollie. Nous n'aurons pas besoin d'insister longtemps pour prouver que ce fragments amorphes ne peuvent jamais fournir ou se métamorphoser en lobules de pus. En effet, ceux-ci sont de véritables cellules : ils suivent donc cer. taines lois de développement, et leur premier rudiment est déjà organisé, puisque plus tard il devient un élément beaucoup plus complet. Le fragment du tubercule ramolli ne peut pas devenir globule de pus, pas plus que le dé. tritus d'un tissu quelconque ne pourrait se transformer en ovules d'ento-

zOaires.

Ÿ V. Du tubercule crétacé.

La seconde métamorphose de la substance tuberculeuse est la transformation crétacée. (Le même phénomène s'observe fréquemment dans les loupes et dans les kystes. Les hydatides renfermées dans les poumons de vache ou de brebis présentent souvent des concrétions considérables, et c’est à tort quon les prendrait pour des tubercules guéris.) Cette métamorphose s'exerce peutêtre uniquement sur le tubercule ramolli, et c'est la périphérie qui parait s'infiltrer d'abord, car on trouve fréquemment, dans des tubercules pareils, le centre encore composé de la substance tuberculeuse ramollie. Les éléments histologiques qui caractérisent le tubercule en train de subir la métamorphose indiquée sont le pigment noir à sa surface, des granules calcaires d'autant plus abondants que la transformation crétacée est plus avancée, et enfin des cristaux de cholestérine. On trouve en outre à la surface du tissu fibrillare en voie de formation, et partout ailleurs, mais principalement au centre, les éléments habituels du tubercule ramolli, d'autant moins fréquents et d'autant plus secs que la transformation crétacée a fait plus de progrès.

Le pigment noir, la mélanose, se présente sous forme d'infiltration grant leuse; ces granules sont placés entre ou même dans les éléments du tissu pul-

monaire, des ganglions bronchiques, etc. Cependant la substance pret a sup-

bles,

solide n'en présente jamais, sinon à sa surface, dans les tissus ambiants. L stance crétacée forme une poussière de molécules presque incommensura

RECHERCHES DE LAUTEUR. — HISTOGÉNÈSE PATHOLOGIQUE. 377

si toutefois plusieurs collées ensemble ne constituent point uné parcelle un peu plus grande. Leurs propriétés chimiques , leur aspect blanchâtre à la Jumière réfléchie, leur résistance, permettent de les reconnaitre facilement, Les cristaux de cholestérine n'offrent rien de particulier, et se présentent sous la forme des tablettes rhomboïdales décrites par les auteurs.

( VI. Conclusions.

Les études histologiques que nous venons d'exposer n'offriraient pas le moindre intérêt aux médecins, si elles ne se rattachaient à des questions de pathologie générale. Peu importerait de savoir, du moins à un certain public, que le tubercule possède des éléments particuliers, ou qu'il se compose de noyaux abortifs, qu'il est organisé ou non, si ces opinions ne devaient se trouver en rapport avec l'histoire pathologique de la maladie elle-même. Ce sera donc sous ce point de vue que nous allons résumer nos recherches et en indiquer les conséquences.

La substance tuberculeuse est une masse amorphe parsemée de molécules graisseuses, finement granulée, cohérente dans les premiers temps de son existence, diffluente plus tard. Cette substance infiltre les éléments et se solidifie librement dans les interstices, Les fragments de cette substance amorphe, ne présentant ni forme ni grandeur déterminées, sont analogues à ceux de toute autre substance exsudée amorphe. Il n'existe point de globules ou de corpuscules tuberculeux particuliers, il n'existe point d'éléments caractéristiques du tubercule ; cependant cette ressemblance que présentent entre elles toutes les parcelles amorphes n'autorise nullement à croire identiques entre elles ces substances mêmes, moins encore les maladies qui les ont produites.

La substance tuberculeuse, étant une matière amorphe, ne se compose donc pas d'éléments qui pourraient s’'accroitre et se développer. La multiplication et l'asrandissement des tubercules ne peuvent par conséquent s expliquer que par juxtaposition, par des productions nouvelles qui viennent s'ajouter aux anciennes ; c'est une preuve de plus que les progrès de la maladie se rattachent à une cause incessamment active, c’est elle que l’on doit détruire, si réellement on veut déraciner la tuberculisation.

Le ramollissement du tubercule est dü à la dégénérescence graisseuse, et peut se déclarer avant que l’inflammation existe, c'est-à-dire avant l’apparition de globules de pus et de globules inflammatoires.

Cette métamorphose est un indice certain que la substance tuberculeuse est incapable de s'organiser, incapable de vivre et d'entrer en rapport organique avec les tissus voisins. La dégénérescence oraisseuse, en effet, ne se manifeste dans un tissu que lorsque sa nutrition est suspendue, ainsi que le prouve la transformation sraisseuse des muscles, ou la même métamorphose observée sur la Portion périphérique des nerfs coupés.

Par suite de ce ramollissement et de l'inflammation qui s'y joint plus tard, le tubercule, dont l'organisme ne peut s'accommoder, se trouve complétement éliminé ; l'organisme ne s'accommode pas non plus du tubercule, qui a subi la métamorphose crétacée; car ce qui persiste, c'est la matière anorganique, la Substance organique du tubercule ayant disparu.

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