‹ Anatomie microscopiqueChapitre 95 sur 144 · TOME II. O · texte numérisé non relu

TOME II. O

La

de cellules particulières, caractéristiques; mais les recherches ultérieures ont bientôt démontré, ainsi que nous le verrons tout à l'heure , Que les éléments décrits ne présentent rien de spécial, que c'étaient tout dv pair né de jeunes cellules épithéliales appartenant aux bronches ou aux olandes tuberculisées. Deuxièmement la présence de cellules qui naissent, se développent, s'accrois. sent, crèvent en versant leur contenu granuleux, et qui finissent par se détruire, la présence de ces cellules, disons-nous, pouvait clairement démontrer que Les tubercules devaient être placés sur le même rang que le cancer et les tumeurs en général, c'est-à-dire qu'ils croitraient par intussusception, qu'ils vivraient d'une vie propre, en un mot, que ce seraient des tumeurs envahissant peu à peu l'organisme tout entier. | Tels étaient les faits généraux qui résultaient de toutes les rent ee à cette époque, ni. que nous verrons bientôt mis en question par d'autres vues, par d’autres opinions. En effet, que la présence des fibres ou des cellules parfaites, comme éléments constituants du tubercule, füt une erreur fondée sur ce que les observateurs avaient pris des éléments accidentels pour des éléments essentiels, ceci résulte non-seulement de nos observations, mais encore de toutes les autres, depuis que Gluge et M. Lebert ont signalé la présence d'un élément prétendu caractéristique dans le tubercule ; 1l n'est guère nécessaire d'insister davantage à ce sujet. Mais, avant d'aller plus loin, nous dirons ici un mot d’un incident qui ne laisse pas d'être piquant, et qui, au premier aspect, paraissait favorable à l'existence de cellules. | | Les matières expectorées par les phthisiques, comme celles d autres individus, peuvent entrainer avec elles, en passant par la cavité buccale, des fragments alimentaires, et en particulier des particules de pain; 1l parait même que chez les tuberculeux ces dernières, tombant au fond du vase, ont plus particulièrement fixé l'attention des observateurs, et que fréquemment elles ont été confondues avec des crachats tout particuliers (sputa oryzoidea). Quoi qu'il en soit, ce fut assurément une particule de pain qui tomba sous les yeux de Gruby, lorsqu'il décrivit dans les crachats des corps sphériques, lenticulaires, comme éléments caractéristiques du tubercule (n° 489). C'est en vain que plusieurs micrographes de l'Allemagne et de l'Italie ont cherché à constater l'existence de ces éléments dans le tubercule du poumon: leurs efforts, comme on le conçoit facilement, sont restés vains. De Sanctis, Tommasi, Nicolucci (eités dans Parola, p. 356), ne trouvent que des globules dans la substance tuberculeuse. D'autres cependant démontrent bientôt la cause de l'erreur, Simon, Scherer en Allemagne, Pacini(Ænnali universali, 1846) en Italie, en faisant voir que ces corps n'étaient que des grains d'amidon.

( IT. Cellules incomplétement développees.

Un examen plus attentif, des grossissements plus considérables, la connaissance des tissus environnants, démontrèrent bientôt aux observateurs que les cellules, ou du moins la plupart de celles décrites comme constituant le tuber-

N° 489. GRuBY, Morpholog. fluidorum pathologia, p. 27. Vienne, 1840.

cule, étaient étrangères à cette production même et n'étaient que des éléments accidentels. Quelques auteurs commencent à parler de la structure oranuleuse du tubercule; d'autre part, tous les observateurs sont d’accord pour ne trouver dans la matière expectorée des phthisiques qu'une masse finement granuleuse, amorphe, indiquée par Fogel (n° 490), et qui serait le tubercule ramolli. Tel était l'état de la science, lorsque parut le travail de Gluge, dans lequel il est question, pour la première fois, d'éléments particuliers caractéristiques, qui bientôt, par suite d'autres recherches plus étendues, devaient avoir un si retentissement.

Suivant Gluge(n° 491), des tubercules miliaires du sommet du poumon d'un homme adulte, étalés en une lamelle mince et examinés à un orossissement de 250 fois, paraissent composés de granules de 0,0002 à 0,0006 pouce de Paris, blancs, irréguliers, dépourvus de noyaux, lisses, et faciles à isoler. C’est là la véritable substance tuberculeuse. Des arborisations blanches s'y trouvent entremélées, telles qu'on les observe dans la fibrine coagulée. D’autres éléments, considérés à tort comme éléments propres aux tubercules, peuvent se trouver accidentellement joints aux premiers; telles sont par exemple des cellules rondes ou anguleuses, provenant d'épithélium des bronches, ou des fragments de vaisseaux ou de fibres du tissu cellulaire. Les matières liquides des cavernes renferment, outre les éléments précités, des globules de pus et une masse finement oranuleuse ; dans le tubercule en voie de ramollissement, existent de nombreux olobules inflammatoires. Ainsi l'élément caractéristique du tubercule est, pes? tte cd le corpuscule tuberculeux (p. 183).

Suivant M. Lebert (n° 402), les éléments constants du tubercule sont des granules moléculaires, une substance hyaline, intercellulaire, qui réunit les

srand

divers éléments, et enfin des globules tout à fait caractéristiques et propres au tubercule. « La forme des globules du tubercule est rarement tout à fait ronde, quoiqu'il soit probable qu'à leur première apparition, immédiatement après que la matière tuberculeuse a été excrétée par des vaisseaux capillaires, leur forme se rapproche plus ou moins de la forme sphérique, et qu'ils ne prennent des contours moins réguliers, souvent anguleux, qu'à cause de leur étroite juxtaposition. » On doit vivement regretter que M. Lebert n'ait pas cherché à confirmer par l’observation cette forme supposée du globule tuberculeux à son origine ; dans tous les autres tissus, on connaît les métamorphoses successives des éléments, depuis leur première apparition jusqu'à leur entier développement : pourquoi donc se borner à une hypothèse lorsque le poumon d'un phthisique quelconque peut offrir des tubercules depuis leur naissance jusqu'à leur destruction ? Mais passons. Tels qu'on les observe ordinairement, sous le microscope, surtout dans le tubercule cru, continue l'auteur, ces globules offrent « des contours irréguliers, se rapprochant tantôt de la forme sphérique, tantôt de la forme ovale : ils sont ordinairement irrégulièrement anguleux et polyédriques, à angles et arêtes arrondies, ce dont on peut surtout se con-

N° 4go. Vocez, £iter Eiterung ; Erlangue , 1838,

N° ot. GLUGE , Anatomisch- mikroskopische PRO zur allzemeinen und speciellen pathologie , 9° cah. :, P. 181; Jena, 1841.

N° 490. LEBERT, SEC de Müller, 18443 Physiologie pathologique. Paris, 1845, t. 1, p. 351.

vaincre lorsqu'on les fait nager dans de l'eau. Leur couleur est d'un jaune clair, leur intérieur est irrégulier, et l'on reconnait qu'il est d’une COnSsistance inégale, ce qui lui donne un aspect tacheté indépendamment des granules qu'il renferme. » Jamais l’auteur n'a pu reconnaitre de véritables noyaux dans ces corpuscules, quoique quelquefois ils offrent dans leur intérieur l'apparence irrégulière d'une vacuole ressemblant à un noyau. On ne peut pas envisager comme noyaux les granules, qui sont irrégulièrement distribués dans la sub. stance des globules tuberculeux. Ces granules, au nombre de 3, 5, ro et au delà ont 0,0012 à 0,0015", au plus 0,0025", Le diamètre des globules varie pour les ronds de 0,005 à 0,007, allant rarement jusqu'à o,o1""; les globules ovales ont en moyenne 0,0075 de longueur sur 0,005 à 0,006 de largeur. On reconnait ces olobules plus facilement dans le tubercule jaune caséeux que dans la oranulation grise ; il faut les diluer avec un peu d’eau pour les désagréver, ce qui ne réussit Jamais qu'incomplétement, et constitue un des caractères les plus tranchés de la matière tuberculeuse.

L'auteur ajoute qu'il est bon de laisser sécher un peu la préparation faite entre une lame de verre ordinaire et une autre très mince, pour examiner un aussi grand nombre de globules que possible sur le même plan. Nous ne comprenons pas bien la valeur de cette remarque : tous les observateurs évitent la dessiccation des éléments dans les études histologiques, car ils connaissent les nombreuses causes d'erreur qu’occasionnent la perte de la transparence, la contraction des molécules, etc. Probablement M. Lebert ne veut-il que diminuer la quantité d'eau comprise entre les deux lames ; mais il existe un moyen bien simple d’atteindre ce but, celui qui consiste dans l'application d'un linge sur les bords de la lame mince. Ce linge pompe la quantité voulue d'eau, et l'on évite ainsi les inconvénients de la dessiccation.

L'auteur décrit ensuite les propriétés chimiques des globules, parmi lesquelles nous remarquerons la réaction de l'acide acétique, qui rend les globules plus transparents sans les altérer beaucoup, et montre l'absence des noyaux dans leur intérieur (p. 356). En se prononçant ensuite sur la valeur histologique de ces éléments, l’auteur dit : « Les globules tuberculeux nous paraissent appartenir à une des formes les plus simples des cellules pathologiques, composés d'une membrane d'enveloppe, d'un contenu à demi liquide, et d'un certain nombre de granules moléculaires irrégulièrement distribués dans l'intérieur, tels que les globules pyoïdes. » Dans le ramollissement, la substance interglobulaire se liquéfie, les globules se désagrègent, s'arrondissent, et finissent presque par reprendre la forme sphérique; ils deviennent en même temps plus transparents et plus minces, et le blastème qui les entoure devient plus granuleux. On trouve en outre du pus qui tire son origine des tissus qui entourent le tubercule. L'agrandissement des globules ne tient nullement à un aCCTOISSEment (p. 367), mais à un commencement de décomposition, à une infiltration endosmotique du blastème ambiant, qui devient de plus en plus liquide. Dans la dernière phase enfin, dans la diffluence, les #lobules finissent par perdre ro individualité et par former, en confluant, une masse jaunâtre plus ou mots liquide. D'autres éléments encore, non constants, mais qui se trouvent plus ou moins fréquemment dans le tubercule, sont: la mélanose (pigment noir), de la

RECHERCHES DE LAUTEUR, — HISTOGÉNÈSE PATHOLOGIQUEÉ. 393

graisse, des fibres, des globules de couleur foncée, des cristaux, et les divers produits de l'inflammation., |

L'auteur décrit enfin les différences qui existent entre les globules tuberculeux et d’autres éléments pathologiques, comme les globules du pus, les cellules cancéreuses, etc. En ce qui concerne les olobules pyoïides, qui, pour l'auteur, sont des slobules de pus incomplétement développés et sans noyaux, voilà ce que nous trouvons: « Ces derniers globules (pyoïdes) en diffèrent en ce qu'ils sont plus régulièrement sphériques, plus pâles, plus transparents, contenant plutôt les granules à leur périphérie, granules transparents au centre » (p2357). Ailleurs {d., p. 46) l’auteur dit que ces globules, dont le diamètre moyen est de 0,0075 à o,oi"m, sont plus grands et plus sphériques que les globules du tubercule.

Tels sont les caractères de ces éléments particuliers du tubercule; il en résulte que celui-ci est une production organisée sui generis, et qui diffère par conséquent de tous les autres produits pathologiques.

Les résultats essentiels de ces recherches ont été adoptés pendant quelques années par beaucoup d'auteurs, et nous ne trouverons plus que quelques variations dans la description des globules tuberculeux; la plupart d'entre eux s'accordent aussi pour regarder ces éléments comme caractéristiques du tubercule.C'est ce que nous démontrera un examen rapide des principales recherches datant de cette époque. |

Vogel (n° 493) trouve dans le tubercule une substance fondamentale, transparente, amorphe, des granulations moléculaires, et enfin des cellules et des cytobastes incomplétement développés, avec ou sans nucléoles; les uns et les autres disparaissent sous l'influence de l'ammoniaque et de la potasse caustique. Les cellules sont ordinairement développées d'une manière fort incomplète, et rarement y apercoit-on un noyau bien distinct. Leur volume varie entre » et + de ligne; elles vont rarement jusqu'à 3; et au delà (p.254). Ces éléments ressemblent, quant au fond, à ceux qu'on observe dans les matières typheuse et scrofuleuse. C'est là un point de divergence essentiel entre l'opinion de l'auteur et celle de M. Lebert, qui n'admet la présence des globules tuberculeux dans les scrofules que lorsque celles-ci sont tuberculeuses.

Guensburg (n° 494) dit le tubercule composé de cellules de 0,004 à 0,006", à bord arrondi, ou plus ou moins anguleux ou irrégulier, renfermant cinq à six granules, sans noyau distinct (p. 112). Plus loin (t. Il, p. 354; 1848) l'auteur reconnait comme élément caractéristique du tubercule la cellule pathologique qui persiste à l'état de noyau, opinion qui a été combattue par Bruch.

Les tubercules miliaires se composent, d'après Benett (n° 495), de corpuscules et de sranules. Les corpuscules ont une forme irrégulière, plus ou moins anguleuse, de 0,02 à o,o1"m; ils ont une paroi distincte, renfermant généralement trois ou plusieurs granules, mais ne présentant point de noyau distinct.

Ils se trouvent mélés à de nombreux granules et molécules, dont la grandeur

N° 493. VocEL, Anatomie pathologique ; Leipzig, 1845; trad. par Jourdan; Paris, 1847. Icones , 1844.

N° 494. Guenseurc, Patologische Gewebelehre, t. 1; Leipsik, 1845. N° 498. BENETT, Northern journal of medicine, avril, mai; Édimbourg , 1846. TOME 11. 99

varie depuis celle d’un point incommensurable jusqu'a 0,002", L'acide acétique fait disparaitre beaucoup de granules et rend les corpuscules plus transp

Hibers L’ammoniaque les dissout en partie et la potasse complétement. Dans le MES cule ramolh, on trouve, outre les éléments indiqués, des globules de sane, des granules d'exsudation (globules inflammatoires); d'autres fois il parait entis. rement composé d'une masse granuleuse ou de molécules excessivement petits. Quelques tubercules présentent des corpuscules plus larges et plus ronds que ceux décrits précédemment.

Les corpuscules tuberculeux paraissent, à l’auteur, être des cellules non déve: loppées qui se sont produites rapidement et n'ont pas de tendance à former des organisations parfaites. Les tubercules ne sont pas vasculaires : les vais. seaux que démontrent les injections appartiennent au tissu cellulaire emprisonné dans l’exsudation tuberculeuse.

ÆAlbers(n° 496, p. 199) s'accorde avec Guensburg, M. Lebert, Benett, pour adopter l'existence de corpuscules particuliers placés dans une masse solide, tenace Ces corpuscules ne peuvent guère être appelés noyaux, et ressemblent davantage aux corpuscules cartilagineux; cependant ils sont plus transparents et de forme plus large, presque allongée. Des recherches ultérieures démontreront si ces corpuscules sont formés par une masse solide qui renferme des sranules, ou si ce sont des cellules dans lesquelles on peut distinguer une enveloppe, un contenu liquide, et des sranules ou des noyaux. Ces corpuscules existent ioujours dans les tubercules miliaires, tels qu'on les rencontre sur les membranes séreuses, de même que dans les tubercules interstitiels des poumons, et dans ceux quise forment dans les cellules de cet organe, pendant tout le temps qu'ils conservent la forme du tubercule ; mais on ne les rencontre plus dès que le ramollissement s'établit. L'auteur a également constaté leur présence dans le tubercule miliaire que l'on rencontre avec l'hépatisation du tissu pulmonaire, et dans celui qui existe dans le poumon des enfants. IL y a plus d'énergie dans la force organisatrice du tubercule miliaire que dans celui qui subit le ramollissement ; aussi le corpuscule peut-il même former, dans le premier, des fibres incomplètes, ainsi que l'ont vu Rokitansky et Engel, mais jamais dans le tubercule ramolli, qui meurt avant que la cellule ait pu se développer. Cependant précédemment (46.,t. IV, p. 3113; 1845) Albers s'était élevé contre cette manière de voir, puisqu'il prenait le corpuscule tuberculeux pour une cellule parfaite.

Rokitansky (n° 497, p. 391-441) affirme que le tubercule est le produit d'une exsudation de substances protéiques, à savoir de l'albumine ou de la fibrine, qui se coagulent et persistent sous forme de blastème au degré le plus infime d'organisation. Le tubercule forme donc la transition des productions nouvelles non organisées à celles qui sont organisées. L'auteur distingue deux espèces de tubercules : |

a. Le tubercule purement fibrineux (tubercule gris semi-transparent de Laennec) se compose d'un blastème plus ou moins transparent, de sranules élémentaires des grandeurs les plus diverses, de noyaux, les uns luisants, ronds

N° 406. ALBERS, Compte rendu de Canstadt, pour l’année 1846, t. LV. N° 497. RokiITANSKY , Pathologische Anatomie, 1. À,

RECHERCHES DE LAUTEUR. -— HISTOGÉNÈSE PATHOLOGIQUE. 399 ou oblongs, baccilaires, à contours noirs, les autres oranulés, d'un reflet mat, et enfin de cellules à noyaux si peu nombreuses que l'on est presque tenté de nier leur existence (Pp. 306). Les noyaux et les cellules ont fréquemment une forme anormale, irrégulière; ces éléments sont tantôt échancrés, anguleux, étranglés, sinueux, tantôt rudimentaires. Les métamorphoses subies par le tubercule sont l'obsolescence et le ramollissement ; dans le premier cas, le tubercule perd son reflet humide, acquiert plus de densité, se resserre en une masse amorphe, ferme et indistinctement fibro-cornée : le tubercule devient corné ; dans le ramollissement, il est combiné avec l'espèce suivante.

b. Le tubercule croupeux-fibrineux (tubercule jaune) se compose d'éléments identiques avec ceux que nous venons d'énumérer; toutefois le nombre des cellules, des noyaux, surtout des noyaux granulés, à reflet mat, et des granules élémentaires, est prépondérant. Le tubercule se ramollit ou devient crétacé. En se ramollissant, le blastème se transforme en un liquide rempli d'une poussière de molécules. Les autres éléments se désagrègent, se dissolvent, salterent ; ilapparaît de la graisse libre sous forme de granules ou de gouttelettes. Le tubercule ramolli seul peut devenir crétacé; le ramollissement est une métamorphose spontanée et non un degré de développement.

Il y a diverses combinaisons de ces deux espèces de tubercule avec d'autres variétés, par exemple avec celle qui renferme du pigment. Le tubercule est privé de vaisseaux propres. La maladie commence habituellement par le tubercule gris, rarement par le jaune; l'accroissement a lieu par juxtaposition. L'exsudation du tubercule jaune n'a leu qu'après la formation grise; d'abord ces deux espèces se combinent, puis le jaune seul est sécrété. Les tubercules et les scrofules sont identiques. |

c. Les éléments que l'on rencontre dans la tuberculisation aiguë sont là cellule d'exsudation habituelle pourvue d'un noyau, en grande abondance, des cellules avec deux ou trois noyaux, des cellules-mères avec de jeunes cellules ; enfin une masse amorphe molle qui réunit ces cellules.

Suivant Madden (London medical gazette, août 18/7), le tubercule ne serait qu'une masse albumineuse incapable de s'organiser, et qui par conséquent se désagrégerait bientôt. Leeper (Dublin quarterly rewiew, août 1847) signale un stroma transparent, amorphe; des oranules non organisés, de ss à à de pouce; des cytoblastes ou des cellules imparfaites, sans noyau distinct, de % à 5 de ligne. De ces trois éléments, les molécules sont les plus constantes ; les cellules manquent quelquefois. On rencontre en outre des gouttelettes de graisse et des globules de pus.

Gluge (n° 4098: 1848) dit que la substance tuberculeuse est incapable de Sorganiser; jamais ilne &y produit de fibres ou de vaisseaux sanguins, rarement de cellules ; elle ne s'accroit que par juxtaposition. Elle se compose de petites molécules serrées, d'une masse amorphe, et de corpuscules irréguliers, arrondis, qui présentent rarement un noyau ou une véritable formation de cellule. Le tubercule oris et le jaune ont la même structure microscopique ; ce dernier, qui n'est qu'un degré plus développé du tubercule cris, doit sa couleur à la présence d'un principe colorant.

N° 498. GLUGE, Atlas der pathologischen Anatomie, livr. 15 et 16, 1848.

Albers (n° 499, août 1848) signale dans le tubercule miliaire, rarement dans l'infiltration, des corpuscules irrégulièrement arrondis, de grandeurs diverses, et dont la surface est couverte de granules amorphes. C'est le premier degré d'organisation, à savoir, celui où la matière plastique se limite, forme une masse détachée, pour devenir plus tard noyau et cellule; cependant il parait probable à l'auteur que ce corpuscule n'atteint jamais dans le tubercule ce développement complet. Tout au contraire, au second degré, le Corpuscule se désagrège en granules amorphes ; c’est ce qui constitue le ramollissement du tubercule. On voit apparaître alors de petits globules de pus. Dans le tubercule infiltré, où la force organisatrice est moindre, le corpuscule (granule d’enchyme) n’existe point, et la masse se désagrège avant que ces granules aient pu se développer.

Madden (n° 500, 1849) affirme que la présence de corpuscules particuliers est un signe Caractéristique de la matière tuberculeuse, quel que soit l'organe dans lequel on les trouve. Ces corpuscules n'existent pas dans les scrofules, ce qui fait que ces deux produits se distinguent essentiellement les uns des autres, L'auteur n’a pas pu voir de noyaux dans les cellules tuberculeuses ; à l'époque du ramollissement, 1l a trouvé des granules, des gouttelettes d'huile isolées, et quelques cristaux de cholestérine.

ÆAlbers (n° 501; 1849, t. II, p. 255), dont nous avons vu les opinions se modifier déjà plusieurs fois, tout en accordant l'existence de la cellule tuberculeuse, affirme maintenant que sa présence n’est ni assez constante, ni sa force assez caractéristique, pour qu'elle puisse fournir un signe de diagnostic. Du reste, les diverses descriptions des auteurs montrent bien que les caractères de la cellule tuberculeuse sont peu définis.

K æœstlin (n° 502) arrive aux propositions suivantes : 1° Le tubercule provient d'une exsudation de nature particulière; son dépôt est dû tantôt à des causes locales, tantôt à un état morbide du sang; les vaisseaux qui fournissent les matériaux de l'exsudation sont souvent dans un état d'hypérémie ou de stase, mais cet état n'est pas constant. 2° Très peu de temps après l'exsudation, la substance du tubercule devient solide; il se développe dans son intérieur des éléments nucléaires unis entre eux par une matière fondamentale amorphe; le tubercule ne va pas au delà de ce degré inférieur d'organisation. 3° Le tubercule se dépose ordinairement entre les tissus du parenchyme, rarement à la surface des organes ; son aspect, tantôt grisàtre et transparent, tantôt jaunâtre et opaque, provient de la manière dont il s’est déposé, et non de différences importantes dans sa substance. 4° Le ramollissement n'est pas une métamorphose nécessaire de la matière tuberculeuse ; il est déterminé par un liquide séreux qui provient des vaisseaux environnants; la friabilité du tubercule jaune le favorise à un haut degré. 5° Le ramollissement du tubercule ne s'accompagne d'aucune tendance à une organisation plus élevée ; ainsi il ne se forme pas de

N° 499. ALBERS, Rheinische Monatsschrift für praktische Aerzte, août 1848.

N° 500. MADDEN, Thoughts on pulmonary consumption, with an Appendice on the climate of Torquay, Londres, 1849.

N° 5o1. ALBERS, Compte rendu annuel de Canstadt pour l’année 18/9.

N° 502. KoESTLIN, 4rchiv fur pathologische Heilkunde, von Virchow, 1849.

corpuscules purulents ; loin de ]à, l'organisation qui existait est détruite. Le tubercule ramolli et le pus, le ramollissement tuberculeux et la fonte purulente, sont des choses essentiellement distinctes. 6° La guérison du grain tuberculeux chronique se fait par la dissolution des éléments dans la masse amorphe, qui se resserre de plus en plus. Le tubercule jaune ne guérit que par un ramollissement partiel ou total. [ci la guérison n'est possible qu'autant que les vaisseaux hypérémiés qui entourent le tubercule ramolli déposent, au lieu de nouvelle matière tuberculeuse, un blastème plus organisable; ce changement met des bornes au travail de destruction, et annonce la diminution ou la cessation de la disposition tuberculeuse.

En jetant un coup d'œil sur toute cette période des recherches histologiques, on voit que les auteurs ont admis dans le tubercule l'existence d’un élément caractéristique qui ne serait qu'une cellule incomplétement développée : c'est dans ce sens que se prononce aussi M. Lebert (n° 478, p. 8).

À plusieurs reprises déjà, dans le courant de ce chapitre, nous avons eu l’occasion de contester l'existence d'éléments caractéristiques, appelés corpuscules ou olobules tuberculeux, et qui furent signalés par M. Lebert. Puisque l'examen microscopique ne fait voir que des fragments irréguliers d'une substance amorphe, qui sont produits soit par la préparation, soit par la fragmentation naturelle de cette substance, il va sans dire que nous repoussons toute idée d'organisation. Nous ne pouvons, par conséquent, admettre ni la présence d'éléments organisés que l'on pourrait considérer comme des cellules imparfaitement développées, ni, dans le corpuscule même, une membrane d'enveloppe et un contenu demi-liquide; nous ne croyons pas non plus que la forme des globules tuberculeux, à leur première apparition, se rapprocherait plus ou moins de la forme sphérique, qui se perdrait plus tard, et qui réapparaitrait dans le ramollissement (Lebert, Physiol. pathol.,t.1, p. 350). Ces assertions diverses nous paraissent hypothétiques et se trouvent en désaccord avec tous les faits de l’histogénèse normale ou pathologique. Lorsque M. Lebert dit qu'il faut diluer avec un peu d'eau les globules tuberculeux pour les désagréger, « Ce qui ne réussit jamais qu'incomplétement, et constitue un des caractères les plus tranchés de la matière tuberculeuse, » nous pourrions dans cette cir- Constance même voir un argument en faveur de notre opinion, car elle tendrait à prouver que les globules résultent seulement de la désagrégation et n'existent pas déjà tout formés dans le tubercule.

[lserait inutile de réfuter avec plus de détails l'existence d'éléments caractéristiques ; qu'il nous soit seulement permis d'ajouter encore une remarque. Lorsqu'on s'adresse aux partisans des corpuscules tuberculeux, ce n’est qu’au bout de quelques instants d'un examen attentif qu'ils sont en état de pouvoir signaler quelques rares globules tuberculeux au milieu d'une foule d’autres éléments. Cela se conçoit : les fragments de la substance tuberculeuse n'acquièrent pas fréquemment les grandeurs conformes à celles que certains auteurs Croient Caractéristiques des éléments du tubercule. Dès que les fragments dépassent ces diamètres, on ne les croit plus propres à figurer dans le cadre tracé arbitrairement. Mais la rareté de ces éléments n'est-elle pas un des

arouments les plus graves contre leur caractère spécifique ? Comment supposer

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