GLANDE LACRYMALE
la partie centrale est formé de plusieurs assises de ceHules superposées, tandis qu'à la périphérie il ne présente que deux assises de cellules, comme la conjonctive palpébrale. Sur une coupe transversale, la caronculelacrymale est constituée par des éléments tout à fait semblables à ceux do la peau : elle présente de nombreux poils, des glandes sébacées, quelques glandes sudoripares, qui offrent une grande analogie avec celles de MoLL ; en outre, le tissu cellulaire sous-muqueux contient de la graisse.
En 1890, CiRCiNCioNE * a décrit une glande en grappe de la grosseur d'une tête d'épingle, dont la structure est analogue à celles des glandes de Krause; elle est située au milieu de la caroncule et se termine par un conduit sécréteur ondulé.
Le repli semi^lunaire est le rudiment de la membrane clignotante que l'on rencon tre chez de nombreux vertébrés ; cette interprétation est conQrmée par la présence chez l'homme dans ce replide tissu cartilagineux constatée par Giacouini dans quelques cas, d'ailleurs très rares; chez quelques animaux, tels que le lapin, la membrane clignotante renferme, comme on le sait, un cartilage. Cet auteur a également observé chez rhomme à la base du repli semi-lunaire une glande en grappe qui serait homologue à la glande de Harder, l'on rencontre que chez de nombreux vertébrés, accompagnant la membrane clignotante.
appareil lacrymal
là^ glande lacrymale Q^i une glande en grappe, qui peut être rapprochée spécialement des glandes salivaires dont les éléments sécréteurs sont des cellules albumineuses (Eisweisszellen). Les acini sont tapissés par un épithéliura cylindrique dont les éléments ont un noyau arrondi; après une sécrétion abondante, la hauteur des cellules diminue, leur protoplasme est moins granuleux. L'épithélium sécréteur est entouré par
' CiRiNcioNE, Riforma medica 1800.
une membrane propre, qui présente des épaissîssements étoiles, et contient des noyaux ; les conduits des glandes sont recouverts par un épithélium cubique, qui devient cylindrique à mesure que ces canaux augmentent de diamètre ; la membrane propre des acini se continue autour des canaux.
Les conduits lacrymaux présentent à l'examen micrographique les particularités suivantes : l'épithélium est pavimenteux stratifié, composé de 10 à 12 assises de cellules et tout à fait comparable à Tépiderme; la surface externe de cet épithélium est entourée d'une membrane dont l'épaisseur est de 60 [JL, et qui est constituée par des fibres conjonctives, circulaires pour la plupart, très serrées et entremêlées de fibres élastiques. Cette couche conjonctive muqueuse est traversée par de nombreux leucocytes migrateurs; elle est entourée de fibres musculaires striées, qui tirent leur origine de Torbiculaire des paupières ; dans la portion verticale des conduits lacrymaux, ces fibres ont une direction circulaire, tandis que dans la portion horizontale elles sont longitudinales, ou forment des tours de spire autour de ces conduits. Cirincione a décrit une glande en grappe, dont l'existence n'est d'ailleurs pas constante, et qui se trouve à Tunion du cinquième interne et des quatre cinquièmes externes de la portion horizontale du conduit lacrymal inférieur; cette glande présente les mêmes qualités que les glandes de Krausr.
Le sac lacrymal et le cawa/wa»ça/ présentent, sur une coupe transversale, l'épithélium, la couche muqueuse et le périoste ou l'aponévrose; ces deux dernières couches sont séparées du reste de la muqueuse par un plexus veineux communiquant par de nombreuses anastomoses avec les corps caverneux des cornets inférieur et moyen.
L'épithélium est formé de cellules cylindriques dont la hauteur est de mm. 06; entre les parties nasales de ces éléments, sont intercalées des cellules polyédriques, qui servent probablement à la régénération de l'épithélium. D'après un certain nombre d'auteurs, les cellules cylindriques seraient
APPAREIL LACRYMAL 24i
munies de cils vibratiles; mais ce fait est contesté par R. Maieh et par Schwalbe. Ajoutons qu*il est fréquent d'observer dans cet épithélium des cellules à godet. La couche muqueuse conjonctive ne présente rien de particulier, si ce n'est qu'elle présente de nombreux leucocytes.
Les glandes sont rares dans la muqueuse du sac lacrymal et du canal nasal; elles se rencontrent cependant d'une manière assez fréquente dans le bout inférieur de ce dernier canal. On y a observé des glandes en grappe analogues aux glandes deKRAUSE; leur épithélium sécréteur est composé de cellules cubiques, présentant un gros noyau sphéroïdal, il est entouré d'une membrane basale conjonctive. En outre, CiRiNcioNE a décrit dans le sac lacrymal deux cas de glandes en grappe, dont les acini, très volumineux, étaient tapissés par un épithélium de cellules aplaties, entourés d'une membrane propre et dont le canal sécréteur était très court. Le même auteur a observé des glandes en tube qu'il compare aux glandes de Moll; elles sonfconstituées par des tubes très contournés, tapissés par une seule assise de cellules cubiques à petit noyau ; en quelques points, ces tubes présentent une dilatation ampullaire. Enfin, on a observé des glandes analogues aux glandes de Henleou cryptes muqueuses, constituées par des bourgeons tubuliformes ou dendritiques, entourés d'une membrane basale propre.
ANATOMIË PATUOLOGIQIË DE L'ŒIL
PANOPHTHALMIES
GÉNÉRAUTÉS
Sous le nom depanophthaImies,daDs la large acception du mot, nous désignons les processus inflammatoires affectant simultanément les diverses couches du globe oculaire, parmi lesquelles d'ailleurs le tractus uvéal présente les altérations les plus graves. Pour cette raison, un certain nombre d'auteurs considèrent les panophthalmies comme des choroïdites ou comme un uveitis.
Les microbes pathogènes jouent le rôle le plus important dans la pathogénie des panophthalmies. La pénétration des microbes dans Tœil peut se faire ou bien de dehors en dedans à travers une plaie (infection ectogène), ou par la voie des vaisseaux ou des lymphatiques (infection endogène). Cette dernière voie est suivie par les microbes, pour en citer un exemple, dans la méningite cérébro-spinale, où le passage des microbes de la cavité crânienne dans le tractus uvéal se fait par l'intermédiaire de la gaîne du nerf optique.
Parmi les voies suivies par les microbes pathogènes, l'infection ectogène est incontestablement la plus fréquente. Les micro-organismes infectieux peuvent être divisés, d'après
LEBER,cn deux groupes : — !• ceux quineproduisent une infection du globe qu'après la destruction préalable des couches superficielles de l'épithélium de la cornée et de la conjonctive; — 2*" ceux qui déterminent une infection purulente, mémo quand Tépithélium reste intact.
Parmi les microbes du premier groupe nous citerons les staphylococcus pyogènes aureus et citreus, ainsi que le staphylococcus pyogènes albus; le gonococcus au contraire est un exemple très net du deuxième.
Le rôle protecteur de l'épithélium est très important, car, même à l'état normal, le cul-de-sac conjonctival contient un certain nombre de microbes, parmi lesquels la plupart sont des bacilles ; il existe également quelques micrococcus, mais en partie inoffensifs.
On a cependant constaté, rarement il est vrai, dans les culsde-sac, même sur des yeux normaux, des microbes pyogènes tels que des staphylococcus, mais ces micro-organismes sont toujours peu nombreux (Gayet*, Gifford, E. Fick) ; mais si la sécrétion conjonctivale devient pathologique, les staphylococcus ne tardent pas à être très nombreux, et ils sont accompagnés du streptococcus pyogènes aureus, qui ne s'observe qu'exceptionnellement à l'état normal, dans le cul-de-sac conjonctival.
A l'état normal, il y a, au point de vue do la présence de microbes pyogènes, un certain antagonisme entre les muqueuses conjonctivale et nasale; en effet d'après les recherches de V. Besser 2, cette dernière est habitée parle staphylococcus pyogènes aureus, le streptococcus pyogènes aureus et en outre par quelques microbes, qu'on n'a jamais pu constater dans la sécrétion conjonctivale, tels que le diplococcus pneumoniœ et le bacillus pneumonie.
Les microbes pyogènes existant dans la sécrétion conjonctivale sont, d'après Sattler, la cause principale de l'infection
* Gayet, Archives d'Ophlhalmologic, 1890, mars-avril.
* voirZiEGLER, Handbuch der patholog. Anatomio H, p. 622.
INFECTION EGTOGENB 247
ectogèno du globe oculaire; en outre, les doigts et les mouchoirs joueraient un rôle important dans la propagation de ces micro-organismes.
Mais l'infection ectogène du globe oculaire peut aussi ôlre causée par des microbes pathogènes qui des fosses nasales passent dans la conjonctive^ ou bien par les microbes, accompagnant un corps étranger, qui a pénétré dans le globe oculaire. Ce dernier cas d'ailleurs semble être rare.
Étant donné le rôle protecteur des couches superOcielles de l'épithélîum cornéen,les microbes pyogènes ne peuvent pénétrer dans le globe oculaire qu'après la destruction préalable d'une partie de ces assises épithéliales; cette destruction peut être provoquée ou bien par des blessures superficielles, ou bien par divers processus inflammatoires. L'infection, d'abord locale, peut gagner les couches profondes de l'œil et provoquer une infection aiguë (panophthalmie suppurée, panophthalmie sensu strictiori) ou chronique (irido-cyclite, irido-chorîoïdite).
Le fait qu'une simple destruction des couches superficielles de l'épithélium cornéen peut ouvrir une porte d'entrée aux microbes pyogènes dans le globe oculaire est prouvé par les observations cliniques faites dans des cas de cicatrisation kystoïde de plaies cornécnnes, où même au bout de plusieurs années il peut se produire une suppuration dans les tissus de l'œil. P. -H. Mules*, par exemple, chez une malade âgée de 22 ans, a observé le développement d'une panophthalmie suppurée deux ans après une iridectomie, où la plaie cornéo-scléroticale avait déterminé une cicatrice kystoïde. Wagenmann *, par des recherches faites sur 18 yeux présentant les symptômes do l'inflammation du corps vitré, en même temps que des synéchies antérieures de l'iris, a prouvé qu'il s'agissait d'une infection de l'œil par pénétration des
* McLBs, Trans. of Uie opbtbalmological Society of the United Kingdom. 1882, f. 3.
* Wagenmann, Congrès d'OphUialmoIogie de Heidelberg. 1889.
microbes pathogènes, ayant traversé des fentes interstitielles de la plaie ancienne guérie, fentes très développées dans les cas de cicatrisation kystoïde.
La pénétration des microbes pathogènes a donc lieu par des fentes existant dan$ le tissu cicatriciel, dont l'épithélium se détache fréquemment par petites parties facilitant ainsi Tinfection de la cicatrice. Les microbes suivent en pénétrant dans le globe oculaire ou bien le trajet des lymphatiques, ou bien des voies anatomiquementpréformées, ou bien encore des espaces créés par un corps étranger, qui fait effraction dans rœil. Ainsi Garnier *, par l'examen anatomo-pathologique de 5 cas de panophthalmie survenue à la suite de l'opération de la cataracte, a pu constater que l'invasion microbienne s'était produite le long des fentes, formées par les deux lèvres delà plaie cornéenne, l'espace situé entre l'iris et la cristalloïde, etc.
Dans un certain nombre de cas, la pénétration de microbes pyogènes dans l'œil n'est qu'une infection secondaire (mixte) se développant seulement après la destruction de la cornée, due par exemple à la blennorrhagie, la diphtérie, etc.
En dehors de la panophthalmie suppurée d'origine ectogène, il existe encore un processus analogue d'origine endogène. Une telle panophthalmie peut être produite par l'embolie infectieuse des vaisseaux choroïdiens ou rétiniens ; elle peut être uni ou bilatérale. Cette embolie infectieuse, survenant au cours d'une pyohémie, peut constituer la seule métastase infectieuse ; elle peut aussi être accompagnée d'autres abcès dans les poumons, foie, rate, reins, etc. Le processus primitif de la panophthalmie métastatique peut avoir son origine dans les divers organes, ainsi par exemple dans la matrice (fièvre puerpérale), dans une endocardite infectiouse,dans une prostatite suppurée (Haltenhoff), dans un panaris, etc. Dans ces cas, l'examen bactériologique a révélé la présence de
* Garnier, Wjestnik ophthalmologii, 1890, mars-avril.