‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 99 sur 166 · VAISSEAUX ET NERFS DE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

VAISSEAUX ET NERFS DE LA CONJONCTIVE

Les veines correspondantes se jettent du côté nasal dans la veine angulaire, du côté temporal dans la veine temporale. Ces vaisseaux déversent, d'un autre côté, une partie de leur contenu dans les veines orbitaires avec lesquelles elles sont unies par des anastomoses.

L'épiscléra présente un réseau vasculaire très développé, qui provient des artères ciliaires antérieures. Un grand nombre de petites artérioles dirigées radialement y forment des arcades, d'où partent: — !• de petites branches nourrissant le limbe cornéen, et constituant l'anneau vasculaire péricornéen qui résulte lui-même de la réunion bout à bout de nombreuses petites arcades vasculaires; — 2'»de petites branches récurrentes, allant à la conjonctive, et s'anastomosant avec les artères conjonctivales postérieures.

De l'anneau vasculaire péricornéen naissent des veinules, qui s'anastomosent les unes avec les autres pour former un plexus veineux à mailles très serrées; de ce plexus, le sang passe dansles veines épisclérales, puis dans les veines ciliaires antérieures ; cependantquelques veinules parties de ce plexus vont, d'après Leber, se jeter dans les veines conjonctivales antérieures.

Les lymphatiques, comme l'ont démontré les travaux do Sappey et de Teichmann^ forment un réseau superficiel très fin et à mailles très serrées, et un réseau profond dont les mailles sont au contraire très larges. Au niveau du limbe cornéen les lymphatiques forment un réseau extrêmement délicat, qui n'est en communication avec les lymphatiques conjonctivaux que par de rares anastomoses.

Nerfs de la conjonctive. — Nous avons déjà parlé de l'innervation de la conjonctive palpébrale; quant aux nerfs de la portion bulbaire et des culs-de-sac conjonctivaux, ils proviennent en partie des nerfs ciliaires, en partie des nerfs orbitaires et des nerfs palpébraux, qui se mettent en rapport par des anastomoses nombreuses. Cette innervation permet d'expliquer que la cornée ne perd pas sa sensibilité après la

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neurotomie optico-ciliaire ; elle permet également de comprendre pourquoi, après la strabolomie, la portion de la conjonctive, située entre la plaie et la circonférence cornéenne, conserve sa sensibilité.

Dans la conjonctive bulbaire, pénètrent, au voisinage des angles interne et externe de Tœil, un faisceau médian et un faisceau temporal; ces faisceaux se ramifient comme les branches d'un arbre et se distribuent à toute la conjonctive en formantau-dessousdelamuqueuseunplcxusnerveuxàmailles très larges ; de ce plexus partent des fibres qui se rendent, en partie au-dessus en partie au-dessous des capillaires superficiels et s'unissent entre elles par des anastomoses. De ce plexus à fibres myéliniques se détachent en outre des fibres amyéliniques, qui vont former immédiatement au-dessous de . répithélium un plexus secondaire; d'après Helfreich, une partie de ces fibres se terminent sans pénétrer dans l'épithélium; d'après Krause, au contraire, tous ces filets nerveux sans myéline aboutissent aux corpuscules de Krause, situés au voisinage de lasurface de la conjonctive. Chez l'homme et le singe, les corpuscules de Krause sont sphériques, tandis que chez d'autres animaux ils sont composés par un grand nombre de couches lamelleuses concentriques, en continuité avec le névrilème de la fibre nerveuse qui se ternjine en pénétrant au centre du corpuscule. Chaque lame présente plusieurs noyaux qui sont presque tous de forme elliptique. La fibre nerveuse dépouillée de son névrilème, après un court trajet suivant l'axe du corpuscule, se renfle en massue et se termine à une certaine distance du pôle libre de l'organe. Krause a constaté l'existence de ces corpuscules dans la conjonctive bulbaire et aussi dans la portion de la conjonctive voisine du cartilagetarse; dans cette dernière partie, cet auteur a découvert en outre de petits organes terminaux des fibres nerveuses tout à fait analogues aux corpuscules du tact.

La caroncule lacrymale^ [d'après l'examen histologique, n'est autre chose qu'un ilôt de peau modifiée. L'épithélium de

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