KARYOKINÈSE. — ALTÉRATIONS DES, VAISSEAUX
Leur prolifération est sans nul doute la conséquence de l'augmentation de la quantité du liquide lymphatique qui accompagne chaque inflammation : cette hyperplasie peut aussi se développer sans qu'il y ait d'inflammation.
Karyokinèse. — Nous n'avons jamais constaté dans nos préparations les figures karyokinétiques , telles qu'elles ont été décrites par Homen * et Klemensiewicz ^. Les yeux que nous avons examinés avaient durci dans la liqueur deMûLLER, liquide impropre, au dire de Flemmusg, pour le durcissement des pièces où l'on veut rechercher les phénomènes de la karyokinèse. Quant aux détails qui président au processus karyokinétique des cellules de la cornée, ils sont peu différents de ceux des autres tissus.
Nouvelle formation et métamorphose régressive desvais^ seaux, — Le développement de vaisseaux dans la cornée, que l'on observe régulièrement dans le cas d'irido-cyclite avancée, débute par l'anneau vasculaire situé à la périphérie de la membrane. Ces vaisseaux néoformés se développent à la manière des bourgeons tirant leur origine des vaisseaux préexistants. Ces bourgeons, solides au début, offrent ensuite des vacuoles centrales, qui augmentent peu à peu en nombre et en dimensions, constituant enfin le calibre du vaisseau; ce dernier est dans la suite entouré par une gaine adventice constituée par des cellules fusiformes (Arnold^).
Sur des yeux atrophiés, nous avons constaté l'inflammation et une métamorphose régressive des parois vasculaires^ à des périodes différentes de ce processus. Nous avons constaté, en outre, que cette inflammation des parois vasculaires n'était pas sans offrir une certaine analogie avec Pendartérite et avec l'endophlébite oblitérantes : la couche interne du vaisseau en s'épaississant amène une diminution de son calibre, qui va quelquefois jusqu'à l'oblitération complète
» Homen, Porlsctiritte der Medicin, t. I«', n* 16, 1884.
* Klemensiewicz, Centralblatt fur die medic. V^issenschoftea. 1884.
' Arnold, Virchow's Archiv, 56. Band.
transformant ainsi la branche vasculaire en une cordo fibreuse. Les parois constitutives de cette corde sont, à la fin du processus incrustées de sels calcaires S comme nous en avons observé sur un œil atrophié : ces vaisseaux calcifiés apparaissent très nets par leur coloration verte due aux sels de chrome de la liqueur de Muller. Nous décrirons ci-dessous les altérations vasculaires dans Tirido-cyclite et dans l'atrophie du globe oculaire.
Développetnent de pigment. — Nous avons constaté, dans quelques-unes de nos préparations des yeux atrophiés, que le calibre des vaisseaux cornéens était oblitéré par de petites granulations de matière grasse et de pigment. Dans ces mêmes préparations, nous avons trouvé aussi ces granulations très fines, dans les fentes lympathiques de la cornée. Dans un œil, le pigment brun-noirâtre se trouvait non seulement dans les fentes lymphatiques^ mais aussi en dedans du protoplasma cellulaire des cellules fixes.
Exceptionnellement on rencontre dans le tissu de la cornée des granulations pigmentaires situées près de Tiris, ainsi que Klebs ' Ta observé dans un cas de blessure de la cornée. Ce pigment n'a pas nonseulementson origine dans l'iris, d'où il pénètre par migration dans d'autres tissus, comme le supposait Klebs ^, mais il provient aussi en partie des vaisseaux dont les parois sont altérées. Ce pigment, dérivé sans nul douté de l'hémoglobine du sang et entraîné par le courant lymphatique, peut même pénétrer dans le protoplasma des cellules fixes. Ce dernier fait est absolument analogue à l'absorption de granulations colorées par ces dernières cellules, absorption constatée par un certain nombre d'auteurs, après l'injection de particules colorantes dans le sang d'animaux (grenouille). Nous croyons aussi qu'il est vraisemblable d'admettre que la pigmentation diffuse, que l'on observe
* La môme issue se trouve aussi dans le glaucome secondaire. Voir Wedl et Bock, loc. cit,^ p. 42, fig. 19.
* Klebs, Grœfe's Archiv, t. Xf, 2.
î Klbds, Grœfe's Archiv, t. XI, 2.