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FORMATIONS UYALINES. - DÉPOTS DE CHAUX

quelquefois dans la kératite parenchymateuse, a plutôt son origine dans les vaisseaux (Hirschler) * que dans l'iris (Ritter).

Dépôts colloïdes {formations hyalines), — Nous avons eu l'occasion d'observer sur un œil atrophié, en outre des dépôts colloïdes situés entre les lamelles antérieures de la cornée, des masses fibrineuses ressemblant à de la fibrine coagulée. Ces dépôts et ces masses sont situés dans les fentes et les espaces lymphatiques. Wedl et Bock * ont fait les mêmes constatations dans les cicatrices de la cornée. Iwanoff ^ a décrit des gouttelettes étincelantes situées entre les lamelles de la cornée au niveau de sa face externe; cet auteur considère ces gouttelettes comme des produits de la métamorphose régressive des leucocytes; selon toute probabilité, ces gouttelettes sont identiques aux masses colloïdes dont nous venons de parler.

Dépôts de chaux. — Une nous a été donné de les observer que dans les parois des vaisseaux appartenant à des cornées enlevées sur des yeux atrophiés; cependant ces dépôts de sels calcaires ne sont pas rares dans les autres parties de ce même organe.

Nous pensons que le dépôt de sels calcaires dans la cornée des yeux atrophiés ne se rencontre que très rarement; et cela parce que, même dans un œil atrophié, la cornée est le siège d'une hyperactivité cellulaire due à l'œdème cornéen et qu'il faut un certain ralentissement dans la nutrition des tissus pour qu'il se fasse un dépôt de sels de chaux. L'on remarque habituellement, lorsqu'il existe des dépôts calcaires dans la cornée, qu'ils siègent dans les parties où le courant lymphatique est affaibli (couches antérieures, centre de la cornée).

* HiRscuLBR, Grifife's Archiv, t. XVIU.

* Wedl et Bock, loc. cit,, p. 43.

' Iwanoff, Grœfc*s Archiv, t. XL, p. 2.

Src ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE L'OEIL

MEMBRANE DE DESGEMET

Solution de continuité, — Comme on le sait, dans les cas où il se produit une destruction partielle ou totale de la cornée, on la trouve remplacée par du tissu cicatriciel. L'iris recouvert par un exsudât, le corps vitré ou bien le corps ciliaire (fig. 13) représentent après la destruction de la cornée la paroi antérieure de Tœil.

Dans les plaies traversant le parenchyme cornéen, le tissu se régénère de telle sorte que les lamelles sont presque perpendiculaires à la surface do la cornée (c. fig. 45, pi. X). La preuve de la perforation antécédente est, comme 'on le sait, incontestablement démontrée par la présence d'une solution de continuité de la membrane de Desgemet.

Fente de la membrane de Descemet en lamelles. — Quand on pratique une coupe'transversale delà membrane de Desgemet d'un œil atteint d'irido-cyclite, on trouve que cette membrane présente un certain nombre de rayons longitudinaux très minces. A l'aide d'une aiguille à dilacérer on peut diviser la membrane de Desgemet en deux ou trois lamelles. Une telle dissociation en lamelles est quelquefois due à un exsudât déposé entre les lamelles. Dans un cas, nous avons trouvé un exsudât transformé en un tissu lamineux déposé entre les lamelles de la membrane de Desgemet.

Dans un œil atrophié, j'ai ohservélsi dissociation de la partie périphérique de la membrane de Descemet en lamelles, séparées les unes des autres par un liquide séreux; la cornée était considérablement œdématiée. Nous expliquons ce fait do cette manière : la membrane de Desgemet est composée de lamelles ^ anhistes produites par une sécrétion cuticulaire de l'endothélium de la chambre antérieure et unies entre elles par un ciment. Dans l'irido-cyclite, cette dernière substance est détruite par l'action de l'humeur aqueuse altérée chimi-

1 Berger, Grœfô's Archiv, 1882, t. XXVIIF, 2, p. 49.

DÉCOLLEMENT DE LA MEMBRANE DE DESCiî^MET 277

qucment, la membrane de Desgemet apparaît rayée en long et ensuite elle se divise en lamelles.

Dans les yeux atrophiés après la panophthalniie on observe très distinctement cet aspect lamelleux de la membrane de Descemet. Elle s'y trouve très fortement repliée. La division en lamelles peut être telle que la membrane de Descemet a Taspect d'une cristalioïde projetée dans la chambre antérieure. Wedl et Bock ont en efiet figuré une préparation donnée dans le sens d'une cristalioïde projetée dans la chambre antérieure {loc. cit.y p. 237, fig. 144), qui n'est qu'une membrane de Descemet repliée.

Schweigger-Seiddel et Waldeyer, qui indiquent la disposition en fibres de la membrane de Descemet, ne sont nullement d'accord au sujet de l'apparence de celte membrane dans l'atrophie du globe oculaire. Nous n'avons jamais constaté une altération de la membrane de Descemet pouvant expliquer cette disposition en fibres.

Décollement de la membrane de Descemet. — D'après nos observations personnelles, ce décollement ne serait pas rare dans les yeux atrophiés infiltrés de sérosité. La partie décollée a, dans la plupart des cas^ une faible étendue. L'espace, situé entre la membrane de Descemet et la couche parenchymateuse de la cornée, est rempli par un liquide albumineux (fig. 18, e) contenant quelquefois des leucocytes.

Dans un œil atrophié avec infiltrations de pus dans la cornée (fig. 21)' nous avons constaté un décollement très étendu de la membrane de Descemet, produit par un épanchement purulent. La membrane de Descemet aussi bien que la partie postérieure du parenchyme de la cornée étaient fortement pliées, la couche pigmentaire de l'iris considérablement augmentée, et la couenne, qui la recouvrait, réunie à la membrane de Descemet. La couenne cyclitique, située en arrière de l'iris, était infiltrée par un grand nombre de leucocytes.

Nous n'avons pu constater que dans très peu de cas un décollement de la membrane de Descemet par un épanche-

ment sanguin. Dans les yeux atrophiés, le décollement se trouvait le plus souvent près de la périphérie de la cornée; cette dernière région semble, en effet, la plus disposée pour le décollement de la membrane de Desgemet. Dans la plupart des cas nous avons trouvé simultanément des épanchements sanguins dans le parenchyme de la cornée, et, dans un cas, dans la chambre antérieure.

Les auteurs qui se sont occupés de cette question font peu de cas du décollement de la membrane de Descemet ; Becker : seul représente dans une figure de son ce Anatomie pathologique de l'œil » un décollement de cette membrane par une hémorrhagie, au cours d'une irido-cyclite. Ce décollement a été observé chez le cheval par Wedl et Bock *.

Enclavement d'une partie de la membrane de Descemet dans une plaie pénétrante de la cornée (voir la figure 43). — Dans les'plaies pénétrantes de la cornée, Tenclavcment des bords déchirés de la membrane de Descemet dans la cicatrice s'observe fréquemment.

Elargissement des lacunes intercellulaires de Fendothélium. — Comme on le sait, Ciaccio a été le premier à constater la présence de petits prolongements protoplasmiques sur les bords des cellules endothéliales de la membrane de Descemet. Waldeyer ^ à son tour a observé chez la grenouille la réunion des cellules voisines par des prolongements protoplasmiques très fins. Sous rinfluence d'un processus inflammatoire quelconque, ces lacunes, situées entre les prolongements intercellulaires, peuvent s'agrandir et les cellules se pré(»entent alors comme dentelées ou déchiquetées. Klebs, après imprégnation de la cornée par le nitrate d'argent, a fait les mêmes constatations ; Preiss *, après avoir soumis des cornées à l'action d'une solution de chlorure de sodium

* Becker, Atlas der pathologischen Anatomîe des Auges. P. t. XXVI, fig. t. « Wedl et Bock, loc. cit., p. 30, ûg. 9.

' Waldeyer, Grœfe und S-ieraisch, Handbucîh, t. I, p. 201.

* Preiss, Virchow's Archiv, 84. Bd., 2. H, p, 334.

ENDOTHÉLIUM DE LA MEMBRANE DE DESCEMET 279

à 3/4 0/0 et Stromeyer *, après introduction de viande putride dans la chambre antérieure, ont pu constater lesmênncs altérations.

Les altérations de ces cellules dans Firido-cyclito ont été très consciencieusement décrites par CEller 2. D'après cet auteur, le grand nombre de petites lacunes rondes ou irrégulières que l'on constate entre les cellules endothéliales ne peuvent être considérées que comme des lacunes intercellulaires élargies ; nous nous rangeons volontiers à cette opinion.

Parfois, des leucocytes se placent entre les cellules endothéliales, auxquelles (SIller attribue une existence parasitaire. Par l'élargissement de ces lacunes, les cellules endothéliales se transforment en cellules dentelées.

En même temps que les lacunes intercellulaires, les lacunes intracellulaires s'élargissent aussi; d'après ce que nous avons pu constater nous-même, il se développe des vacuoles qui sont quelquefois en communication directe avec les lacunes intercellulaires (Schwalbe ') . Dans quelques-unes de ces cellules le protoplasma est tellement ratatiné qu'il est réduit à une mince couche entourant le noyau, les lacunes intercellulaires étant devenues très larges.

Mentionnons en outre l'existence d'un espace clair, que nous avons souvent observé autour du noyau, et qui est traversé par des filaments protoplasmiques très minces. 11 semble que ces filaments correspondent aux prolongements qui, d'après Leydig *, traversent la membrane nucléaire et se prolongent dans l'enchevêtrement des filaments du noyau nucléaire. Dans quelques cellules nous avons observé l'élargissement de l'espace pérînucléaire sans avoir pu constater d'autres altérations des cellules.

A l'aide d'un fort grossissement, l'on parvient à reconnaî-

1 Stromeyer, Grœfe's Archiv, t. XIX, 2, p. i-38.

* CËLLER, loc. cit,, p. 35.

* Schwalbe, Lehrbuch, p. 162.

* Leydig, Untersuchungen zur Anatomie und Histologie der Thiere. 1883, p. 143.

tre d'une façon très nette dans rirido-cyclite les ramifications de renchevêtrement du noyau (Flemming, Leydig).

La forme du noyau même est parfois altérée; il peut prendre la forme d'haltère, devenir double ou triple, ou contenir plusieurs nucléoles.

Dans les yeux atrophiés même, oh la chambre antérieure existait encore, nous n'avons pu constater une membrane continue endothéliale recouvrant la membrane de Descemet.

Le décollement de tendothélium se rencontre souvent dans rirido-cyclite. Généralement il est peu étendu (c. fig. 17, a, pi. V) ; dans un seul cas personnel le décollement de Tendothélium était très accentué.

Pigmentation des cellules endothéliales. — Dans Tiridocyclite, quelques granulations de pigment se trouvent très fréquemment dans le protoplasma des cellules endothéliales. Cette pigmentation est plus forte à la périphérie de la chambre antérieure. Dans d'autres altérations anatomo-pathologiques, par exemple dans la buphthalmie (Grahamer), la partie périphérique de la chambre antérieure représente aussi l'accumulation la plus prononcée du pigment dans les cellules endothéliales, Œller croit que l'origine du pigment se trouve dans les hématies du sang qui se rencontrent jusqu'au nombre de six dans un seul des leucocytes contenus dans le pus de la chambre antérieure.

Mais aussi la présence du pigment à l'état de liberté dans la chambre antérieure n'est pas rare. Il prend naissance en partie dans l'iris, et surtout dans les cellules pigmentées situées dans la trame fibro-cellulaire altérée par l'inflammation, ainsi que dans la couche pigmentaire. Le pigment se développe aussi en partie dans les périodes avancées de l'irido-cyclite, dans des vaisseaux iriens.

Le courant lymphatique de la chambre antérieure étant, selon des expériences concordantes, dirigé vers la périphérie, il n'est pas étonnant que la plus grande partie du pigment

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