COUCHES POSTÉRIEURES DE L'IRIS
après une irido-cyclîte. Jusqu'à ce jour, ces pertes de substances n'ont été décrites par aucun auteur. Le processus inflammatoire en foyer plaide en faveur de Tidée de la présence de foyers microbiens dans Tirido-cyclite.
Couches postérieures de l'iris, — Michel * décrit les altérations des couches postérieures de Tirisde la manière suivante: « Couche pigmentaire fortement proliférée; la membrane élastiquepostérieureest épaissie, ou recouverte dans sa surface externe antérieure par de nombreux éléments épithélioïdes, ou par un tissu conjonctif néo-formé. Ce dernier peut aussi se développer entre la membrane élastique et la couche pigmentaire. »
Déjà dans Pirido-cyclite on trouve les signes très évidents de prolifération dans la couche pigmentaire. Quelques-unes des cellules présentent une augmentation des noyaux jusqu'au double ou triple. Pendant le processus de prolifération, quelques-unes des cellules perdent une partie de leur pigment, de sorte que le bord du protoplasme voisin de la chambre postérieure apparaît presque sans aucun pigment.
Dans quelques-unes de ces cellules pigmentées on constate les symptômes de nécrobiose ; le noyau n'est plus nettement limité ou disparaît complètement. Dans l'atrophie du globe consécutive à la panophthalmie, l'iris est réduit à une couenne fibreuse, qui contient dans sa partie postérieure do nombreuses cellules chargées de matière colorante et des granulations pigmentaires.
Assez fréquemment on observe des prolongements irréguliers ou papillaires, ayant leur point de départ dans la couche pigmentaire et qui pénètrent en arrière dans les couennes cyclitiques; ou bien encore des prolongements cyclitiques irréguliers, en forme de crête de coq ou de langue, composés de tissu lamineux et entourés d'une couche de cellules pigmentées. Ces prolongements ne sont que des vestiges de la prolifération des tissus de l'iris.
* Michel, loc, cil., p. 255.
Dégénéresicence et nouvelle formation de xmisseaux sanguhis. — Tout au début, on trouve dans l'irido-cyclite une hyperplasie des vaisseaux de Tiris: des vaisseaux se développent à la face postérieure de Tiris sous forme de bourgeons solides provenant des capillaires sanguins. Ces bourgeons cylindriques sont entourés de cellules pigmentées et pénètrent dans les couennes cyclitiques qui remplissent la chambre postérieure.
Les vaisseaux présentent dans les périodes avancées de Tirido-cyclite un épaississement de leur couche interne qui entraîne la diminution de leur calibre et quelquefois leur obturation complète; on y constate en outre une hypergenèse du tissu conjonctif, et cela principalement dans la couche adventice; par suite de cette hyperplasie conjonctive, les vaisseaux paraissent notablement épaissis, à un point tel qu'ils peuvent venir faire saillie à la surface antérieure de riris. Mentionnons aussi, parmi les éléments anormaux des vaisseaux ainsi épaissis, des cellules fusiformes, des leucocytes et des granulations pigmentaires ; ces dernières se trouvent aussi à l'intérieur des vaisseaux, provenant sans doute des globules rouges du sang.
Ulrich < a constaté, dans le glaucome inflammatoire chronique, l'existence d'altérations des parois vasculaires analogues à celles que nous venons de décrire dans rirido-cyclite. Il a observé aussi sur le bord pupillaire une dégénérescence hyaline des parois des vaisseaux. Michel, en examinant Tiris d'yeux glaucomateux, y a trouvé des leucocytes en grand nombre.
Ilémorrhagies. — Dans l'irido-cyclite et dans des yeux atrophiés on trouve souvent des hémorrhagies ou bien très étendues, occupant l'épaisseur de l'iris, ou bien petites, et alors nombreuses. Ces hémorrhagies peuvent simultanément se rencontrer dans la couenne qui recouvre l'iris.
Une seule fois il nous a été permis d'observer dans un œil atrophié des formations colloïdes sphéroïdales . Ces forma-
* Ulrich, Grœfes Archiv, t. XXVIII, 2.
KYSTES DE LIRIS. CORPS CILÎArRE 205
lions paraissaient tout à fait identiques à celles que nous décrivons plus loin, en particulier celles que l'on trouve dans le nerf optique.
Kystes de IHris. — Deux fois nous avons observé, sur des yeux atrophiés, des kystes del'iris. Dans un cas, le kyste était inulti-loculaire((ig. 45, ïc, pi. X) ; ses parois légèrement épaissies étaient constituées par du tissu conjonctif. Dans Tun et Tautre cas, le kyste était situé en dedans de la trame irienne. Une seule fois nous avons rencontré la paroi du kyste recouverte do cellules endothéliales. Selon toute probabilité, ces kystes nous ont paru s'être développés aux dépens des lymphatiquesj à la faveur d'une dilatation de ces canaux due à deux causes : exagération de la masse du liquide lymphatique sécrété et entrave mécanique à son libre écoulement.
D'après de Wecker *, les kystes de l'iris seraient causés par l'enclavement de l'iris dans une plaie pénétrante de l'œil ou par le renversement et les plissements de l'iris qui entraînent une rétention de l'humeur aqueuse. Sattler * observait, à l'examen micrographique des kystes, une paroi fibreuse couverte d'un endothélium stratifié. Nos observations sont d'accord avec celles de Hosgh ^, qui a constaté que les kystes de l'iris sont situés en dedans du tissu môme de cette membrane.
CORPS aUAIRE
Altérations de forme, — Dans l'irido-cyclite, aucune partie de l'œil ne subit autant d'altérations do forme et de structure que le corps ciliaire.
Les procès ciliaires paraissent gonflés et prolifères ; la surface interne du corps ciliaire se trouve par ce gonflement plus en avant et plus en dedans qu'à l'état normal ; une fente très mince remplie d'exsudat peut séparer les procès ciliaires de la surface postérieure de l'iris et de Téquateur du cristallin. Les fibres du muscle de l'accommodation apparaissent changées
* De Wecker, Klinische Monatsblœttcr fûr Augenheilkunda. i873. « Sattler, Klinische MonatsblœUer fûr Augenheilkunde. 1874. s HoscH, Klinische MonatsblœUer fûr Augenheilkunde. 1874.
dans leur situation dételle façon que les fibres circulaires de MiiLLER sont tiraillées en dedans et en avant ; cette altération a reçu de Fuchs * le nom d'<c ectropion du muscle de r accommodation >. Plus lard la rétraction cicatricielle des couennes entourant le cristallin entraînent de nouvelles altérations de forme dans le corps ciliaîre. La partie postérieure du corps ciliaîre est tiraillée très fortement en avant et en dedans. Par ce fait le corps ciliaire apparaît brisé angulairement (fig. 13). Nous trouvons exacte l'explication de Gayet et Masson, que le corps ciliaire est tiraillé en dedans autour de son insertion cornéo-sclérale. Malgré les altérations si considérables, même dans les yeux atrophiés, le corps ciliaire est encore reconnaissable ; la couche pigmentaire et la pars ciliaris retinœsoni toujours conservées. Après la perte d'une partie du contenu de Tœil, les procès ciliaires peuvent être tellement rapprochés par la rétraction cicatricielle des couennes qu'ils peuvent presque se toucher, ^nmèm^ temps Tespace supra-chorioïdîen est élargi et rempli d'exsudat.
Prolifération de la pars ciliaris retinœ, œdème inflammatoire. — Il semble que les premières altérations qui, dans rirido-cyclite, apparaissent sur les cellules de la portion ciliaire de la rétine ne sont pas connues; c'est peut-être pour cette raison que les yeux, au début de la maladie^ sont très rarement énucléés. Les premières altérations commencent dans Torbiculus ciliaris près de Tora serrata. Plus tard, elles apparaissent aussi aux procès ciliaires et tout particulièrement aux crêtes d'abord, aux vallées ciliaires ensuite. Les premières altérations que nous avons constatées sont l'apparition de petites gouttelettes de sérum sur le côté externe de la couche des cellules cylindriques (fig. 26, tr, pi. V). Ensuite on trouve de petites fentes entre les cellules cylindriques et les fibres transversales (/*) qui correspondent aux fibres radiées de Mullek dans la rétine ; en outre, on observe un
» Fuchs, Das Sarkom des Uveallractus. Wien, 1878, p. 213.