‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 118 sur 166 · NEO-FORMATION DE VAISSEAUX · texte numérisé non relu

NEO-FORMATION DE VAISSEAUX

dont les intervalles correspondent au volume des cellules. Une membrane vitrée recouvre la surface interne de cet enchevêtrement. Nous ne pouvons trouver Texplicalion do cette sorte de lacis que dans la sécrétion réticulaire des cellules ultérieurement détruites par la dégénérescence graisseuse.

Néo-formation de vaisseaux. — De la couche de cellules de la pars ciliaris retinWy des prolongements en forme de bourgeons entourés de cellules pigmentées pénètrent dans les couennes qui recouvrent le cristallin, et y forment des réseaux serrés. Nous avons constaté que dans quelques-uns de ces bourgeons se forment des vacuoles ; dans quelques autres, la coupe transversale présente un calibre en dedans duquel sont des globules rouges du sang. Je crois qu'en effet ces bourgeons sont l'origine des vaisseaux néo-formés ainsi que l'admet d'ailleurs Schiess-Gemusecs. Alt *, au contraire, s'appuyant sur des injections non réussies, a nié à tort leur nature vasculaire.

Les vaisseaux néo-formés pénètrent également dans le corps vitré et y forment des anastomoses avec ceux qui tirent leur origine des vaisseaux centraux de la rétine. Quelques-uns de ces vaisseaux néo-formés pénètrent de la partie plane du corps ciliaire dans la partie périphérique de la rétine décollée, comme je l'ai constaté sur des yeux atrophiés.

Mais il est intéressant de noter que, dansles yeux atrophiés, quelques parties de ces réseaux cellulaires peuvent se conserver sans subir la vacuolisation et sans se transformer en vaisseaux. En effet, d'après nos recherches personnelles, les réseaux cellulaires formés par la portion ciliaire de la rétine ne sont pas identiques avec les bourgeons qui donnent naissance aux vaisseaux néo-formés. Nos recherches nous ont fait reconnaître que les prolongements des vaisseaux situés dans

* Alt, Compendiunii p. 113.

« Berger, Grœfes Archiv, t. XXIX, 4, t. IV, flg. 1.

la pars ciliaris retinœ traversent la couche des cellules cylindriques où se développent les capillaires du corps ciliairc. Nous avons pu constater cela d'une façon très nette dans la partie antérieure du corps ciliaire.

Les vaisseaux sanguins des couennes cyclitiques subissent les mêmes altérations que dans les autres parties de Tœil. Nous avons rencontré dans un œil atrophié les parois vasculaires infiltrées de sels calcaires dans toute leur étendue.

Procès ciliaires. — Le gonflement des procès ciliaires dans rirido-cyclite relève do plusieurs causes : d'abord, de Timbibition plus grande par le sérum, puis de l'infiltration des cellules par le pus et enfin de la dilatation vasculaire, intéressant en particulier les veines qui deviennent sinueuses. Fréquemment nous avons constaté des hémorrhagies peu étendues dans les procès ciliaires.

Stries longitudinales ; augmentation des noyaux des fibres lisses du muscle de r accommodation. — Les faisceaux du muscle ciliaire sont séparés par une exsudation interstitielle transformée en tissu conjonctif.

Le tissu conjonctif qui sépare les faisceaux de fibres lisses contient du sérum transsudé et de nombreux leucocytes (fig. 3 et 4, pi. 11). Do ces altérations, il s'ensuit que la eon^^Z/w^/o/i réticulaire du muscle de l'accommodation (Iwanoff) apparaît très nettement; l'on peut ainsi constater facilement la transition qui existe entre les fibres musculaires radiaires et circulaires. Dans ces mêmes fibres lisses, on observe des raies longitudinales^ analogues à celles qui se développent dans ces fibres, sous l'influence de certains réactifs. D'après les recherches d'ENGELMANN *, le protoplasma des fibres lisses et des fibres striées est composé de fibrilles longitudinales agglutinées par un ciment. Les modifications chimiques de la lymphe, causées par l'inflammation, entraînent la dissolution de ce ciment et, par suite, on peut observer très distinctement les fibrilles primitives composant la fibre lisse.

* Engelmann, Plûgcrs Archiv fur Physiologie, 1881, pp. 538-565.

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