PROLIFÉRATION DES CELLULES DE LA TRAME CHOROIDIENNE
régions entières de la choroïde où les vaisseaux de la chorio' capillaire sont oblitérés^ ainsi qu'on a pu lo constater à l'aide d'injections, faites dans ce but, par Wedl et Bock*. Quelquefois une couche fibreuse traversée par des vaisseaux néo-formés remplace la chorio-capîllaire. Dans un cas rapporté par Pagenstecher etGENxn, une couenne de cette nature occupait la moitié de Tépaisseur de la choroïde (/oc. ceV., pi. XVII, fig. 2).
Prolifération des cellules de la trame choroïdienne . — Les cellules pigmentées et non pigmentées de la trame choroïdienne ne subissent aucune altération dans les premières périodes de l'irido-cyclite. Seulement dans les périodes plus avancées de cette affection, etsurtoutdansdesyeux atrophiés, nous avons été frappé par le gonflement du protoplasma et la multiplication des noyaux de ces cellules (qui peut arriver jusqu'à 3). Quelques-unes des cellules pigmentées ont perdu une partie de leur pigment. D'après Gayet et Masson, les cellules ont une tendance à s'atrophier.
L'apparition très tardive de la prolifération des cellules de la trame choroïdienne consécutive à Tirido-cyclite prouve que, coQtrairement à ce qu'avaient cru Ritter et Schiess- Gemuseus, les globules de pus dans la choroïdite ne tirent pas leur origine de la prolifération des cellules de la trame choroïdienne. Knapp* a observé que, dans la panophthalmie, la prolifération des cellules pigmentées est bien moindre que celle des cellules non pigmentées. Déjà en 1859, Schweiggeu ^ avait remarqué que la plus grande partie du pus se collectait autour des petits vaisseaux, tant que les cellules dii tissu conjonctif conservent leur aspect normal. Tous ces auteurs sont d'avis que les globules de pus pénètrent secondairement dans la choroïde.
Berlin^ a constaté, dans un cas d'inflammation de la choroïde,
* Wedl et Bock, loc, cit., p. 119.
« Rnapp. Grœfes Archiv, t. XIII. 4, p. 127. 1867.
' ScHWEiGGBR, Ilcildcberger Ophlhalraologische GcselIschaTl, 1859.
* Berlis, Grœfes Archiv, t XIV, 2, p. 317.
des cellules rondes avec noyaux (2 à 3), ayant quelquefois la forme de biscuit. Cependant cette prolifération cellulaire est plus tardive que l'infiltration inflammatoire de la choroïde et par suite elle n'a rien à faire avec l'origine du pus.
Couches exterties. — Au début de Tirido-cyclite, les altérations de la couche des grands vaisseaux sont peu importanles. Quelquefois cependant on peut y constater un véritable œdème de la clioroïde. Nous avons vu, par exemple, dans un cas d'irido-cyclite avancée, la partie postérieure de la choroïde ayant un millimètre d'épaisseur. Le calibre des gros vaisseaux était peu modifié; seules quelques-unes des veines apparaissaient considérablement distendues.
Plus tard, une partie des gros vaisseaux est atteinte à sou tour par de l'endartérite et de Tendophlébite oblitérante, en même temps que se développe du pigment à leur intérieur. Dansl'irido-cyclite aussi bien que dans la panophthalmie, la choroïde présente une tendance à la dégénérescence cicatricielle; cette dégénérescence a reçu de Schiess-Gemuseus * le nom de « fîbroïdo-hyperplastique». Cette dégénérescence fibroïdo-hyperplastique se développe surtout dans l'atrophie de l'œil qui suit la panophthalmie. Dans cette affection la choroïde est constituée par dos couennes lobulaires très étendues et histologiquement composées de tissu lamineux contenant des cellules pigmentées ou des granulations irrégulières de pigment.
Dans le tissu conjonclif, on observe des faisceaux en forme de branches situées parallèlement à la surface de la choroïde. Ces faisceaux contiennent du pigment amorphe ou des goût* telettes de graisse. Dans d'autres parties du même œil, on trouve les grands vaisseaux de la choroïde conservés, bien que Tœil ait été atrophié après la panophthalmie.
Mais, en tous les cas, il fallait que la quantité du sang dans tes vaisseaux de la choroïde fût considérablement diminuée,
1 Scuibss-Gemuseus, Krankc Augen, 1876.