‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 133 sur 166 · LAMELLES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

LAMELLES DU CORPS VITRÉ

cyclite offrent un puissant intérêt parce qu'elles nous donnent de précieux renseignements sur la constitution du corps vitré. En général aucun tissu ne subit aussi rapidement que le corps vitré des altérations putrides rendant impossible tout examen micrograpliique, bien qu'il se trouve quelquefois peu altéré dans les yeux énucléés au début de rirido-cyclile.

Dans un œil oh les altérations consistaient en dégénérescence kysloïde de Tora serrata, synéchie antérieure, que Texamen histologique semblait indiquer comme ancienne, commencement de décollement rétinien et névrite optique, j'ai trouvé des lésions inflammatoires peu importantes du corps vitre (fig. 46, pi. X). Je considère dans ce cas comme altérations séniles la dégénérescence kystoïde de Tora serrata et la présence dans le corps vitré de cavités irrégulières (fig. 2, a) produites par un processus de ramollissement. Dans quelques parties du corps vitré étaient des cellules de pus. ^arrangement de ces celuUes de pus dans le corps vitré mérite une attention toute particulière, parce qu'il va nous fixer sur le point suivant : ou bien la périphérie du corps vitré est composée de lamelles, ou bien les lamelles sont des productions artificielles résultant de la coagulation deTalbumine due aux liquides de durcissement.

Les cellules de pus se trouvaient disposées, dans les couches périphériques du corps vitré, près de la membrane limitante interne parallèlement à la surface .du corps vitré (fig. 35, pi. VII); quelques-unes au contraire étaient rangées dans une direction radiaire.

Dans les cellules sous-hyaloïdiennes fixes, aucune altération particulière ; peu de ces cellules étaient binucléées.

Mes recherches parlent donc en faveur de la composition lamelleuse de la partie périphérique du corps vitré. L'arrangement des cellules de pus est dû à la forme des espaces interlamellaires.

De semblables observations ont été faites par le duc Charles- Théodore de Bavière, sur des yeux atteints destaphylome postérieur.

Dans ces yeux les espaces contenant des cellules lymphatiques v apparaissaient comme des anneaux très nettement limités.

Cellules du corps vitré. — Le corps vitré du même œil présente des cavités et Ton peut, à l'aide d'un faible grossissement, constater des altérations très accentuées dans son tissu. Quelques-unes de ces parties se colorent vivement par le carmin ou par rtiématoxyline (fig. Z, a). Elles sont composées d'un réseau extrêmement mince, entouré de formations réticulaires peu colorées (A).

La figure 3 (pi. II) représente une préparation de la partie postérieure du noyau du corps vitré. On y remarque des fibrilles extrêmement minces formant un réseau dans les mailles duquel se trouvent de gros noyaux sphéroïdaux entourés de protoplasma et contenant des nucléoles.

On observe rarement de cellules binucléées ; mais en revanche très fréquemment do grosses vacuoles dans le protoplasme • Au bas de ce dessin, notons une cavité ramollie traversée par un faisceau de tissu conjonctif (A/), qui parait être vraisemblablement le reste d'un vaisseau embryonnaire du corps vitré. Autour de cette cavité, les fibrilles forment un réseau {e)\ dans d'autres régions, au contraire (/), elles présentent une disposition lamelleuse.

A un grossissement plus fort (fig. 37, pi. III), on s'aperçoit que ces cellules ont des prolongements qui se ramifient plusieurs fois, et dont les ramifications s'anastomosent entre elles.

Nous avons pu nous assurer de la relation qui existe entre les prolongements de ces cellules et le mince réseau fibrillaire dont nous venons de parler (<?); tantôt les prolongements des cellules sont croisés par ce mince réseau, tantôt ces prolongements se continuent avec les fibrilles qui le composent et contribuent ainsi à sa formation.

Les cellules dont nous venons de parler n'ont d'ailleurs rien à faire avec la transformation du corps vitré en tissu con-

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