‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 15 sur 166 · CORNÉE · texte numérisé non relu

CORNÉE

scierai postérieur que le rebord antérieur. En avant, le rebord cornéo-scléral a donc la forme d'une ellipse dont le grand diamètre, dirigé horizontalement, mesure 11, 9 mm.; son petit axe est de 10 mm. (Helmholtz). En arrière, le même rebord présente, au contraire, une forme circulaire.

Chez l'adulte, le diamètre horizontal de la cornée a donné au minimum une longueur de 8 mm., et au maximum de 14 mm. (Bock) ; Sappey l'évalue en moyenne à 11 ou 12 mm. Dans un cas tout à fait exceptionnel, Bock a même vu ce diamètre horizontal atteindre 15 mm., chez un sujet dont le diamètre vertical de la cornée mesurait 14 mm. (Sappey estime ce dernier diamètre à 10 mm. en moyenne.) Priestlky Smith* a mesuré avec soin les dimensions de 1.000 cornées; il a trouvé que dans 3, 4 p. 100 des cas le diamètre horizontal dépassait 12 mm., et que chez 17 p. 100 des sujets il restait au-dessous de 11 mm. D'après cet auteur, il semble qu'il n'y ait aucun rapport entre les diamètres cornéens et ceux du crâne ou la taille. Entre 5 et 10 ans, la cornée a terminé sa croissance.

Entre le sommet et la base de la cornée, Helmholtz a trouvé une distance de 2mm. 68.

Chez l'adulte, la cornée est plus épaisse à la périphérie qu'au centre; sur une coupe transversale elle mesure 1, 1 mm. dans le premier point, 0, 8 mm. dans le second. Par suite, la face postérieure de cette membrane se rapproche beaucoup plus que l'antérieure d'une courbe sphéroïdale, comme on l'a d'ailleurs démontré par l'étude de la quatrième image de Purkinje, produite par la face postérieure de la cornée. Chez le nouveau-né, au contraire, la membrane est plus épaisse au centre qu'à la périphérie.

D'après Michel et Wagner, la cornée se compose au point de vue chimique d'une chondrine spéciale (cornéo-chondrine), de globuline et de substance albuminoïde; l'eau entre

* Priestley Smith, Trans. of Ihe Ophthalm. society of tho Uniled Kingdom, 4889, 14 novembre.

dans sa composition dans la proportion de 72, 75 pour 100, tandis qu'elle ne renferme que 0,66 de matières fixes. Son poids est évalué par HuscHKEà 180 milligrammes; son indice optique est de 1,3525.

La sclérotique recouvre les 4/5 ou les 5/6 du globe oculaire.

En arrière, elle est traversée par le nerf optique. Les couches, principalement celles qui sont les plus externes, vont former les gaines optiques. L'épaisseur de la sclérotique atteint son maximum dans les parties antérieure et postérieure. En avant, Tépaississement de cette membrane est due en partie au passage, dans le tissu sclérotical, des tendons des muscles droits de l'œil. Sur une coupe transversale, la sclérotique mesure, en épaisseur, 0, 6 mm. dans sa partie antérieure, et 0,4 à 0,5 mm. dans sa partie équatoriale. D'après Sappey, elle n'atteindrait que 0,3 mm. dans la portion équatoriale recouverte par les tendons des muscles oculaires. Sur le pourtour du nerf optique, la sclérotique a 1 mm. à 1, 2 mm. d'épaisseur.

Au point de vue chimique, la sclérotique a absolument la même composition que le tissu conjonctif des tendons : elle contient 65, 5 p. 100 d'eau, de la gélatine, une substance albuminoïde et de la globuline.

La membrane moyenne de l'œil est formée par le tractus uvéal, caractérisé par un nombre considérable de vaisseaux et par une grande abondance de pigment. On peut, en effet, diviser les membranes de l'œil en trois coques. Tune protectrice (cornée et sclérotique), l'autre vasculaire (tractus uvéal), et la dernière sensitive (rétine).

Les anciens anatomistes faisaient commencer le tractus uvéal, représenté en arrière par la choroïde, à l'endroit où le nerf optique pénètre dans le globe oculaire (au foramen opticum choroideœ); des recherches récentes ont démontré que la choroïde est, au contraire, perforée par les fibres optiques.

CORPS auAiRE. choroïde h

Le traclus uvéal s'applique à la surface interne de la sclérotique jusqu'au bord cornéo-scléral interne ; puis il s'écarte delà coque protectrice, laissant ainsi, en arrière de la cornée, un espace libre, appelé chambre antérieure. La partie libre du tractus uvéal limite verticalement en arrière la chambre antérieure; c'est l'iris. Celui-ci, dont le diamètre mesure 13 mm., est percé d'un trou rond, ou pupille, qui est situé un peu du côté nasal et qui mesure à l'éclairage moyen une largeur d'environ 3 à 4 mm.

Dans la partie du tractus uvéal comprise entre l'ora serrata ou limite antérieure de la rétine, d'une part, et l'insertion de l'iris, d'autre part, se trouve intercalé un muscle à fibres lisses, nommé muscle de l'accommodation, ou muscle ciliaire, qui offre 4 mm. de diamètre longitudinal. La partion du tractus uvéal, qui se trouve renflée parle muscle ciliaire et des plexus veineux, est appelée corps ciliaire. Elle se divise en deux parties : — l^une partie antérieure, qui présente 70 procès radiaîres faisant saillie vers la cavité oculaire ; c'est la corona ciliaris; — 2P une partie postérieure, plane, nommée par Henle orbiculus ciliaris.

La portion du tractus uvéal qui commence au niveau de l'ora serrata de la rétine et se continue jusqu'au foramen opticum porte le nom de choroïde. La choroïde n'est intimement unie à la sclérotique que dans le pourtour du nerf optique. Dans un deuxième point, au niveau du rebord cornéo-scléral, letractus uvéal est solidement flxé à lasclérotique par des adhérences très fortes qui se rendent au bourrelet sclérotical (Scleralwulst) et aux faisceaux lamineux qui constituent la paroi interne du canal de Schlemm. La choroïde et le corps ciliaire sont séparés de la sclérotique par un espace lymphatique (espace supra-choroïdien ou périchoroïdai), dans lequel on rencontre un tissu formé de lamelles lâches, contenantquelques cellules pigmentaires : ces lamellesont été décrites sous le nom de lamina fusca.

La partie périphérique de Viris est unie à la partie posté-

rieure de la cornée par un ligament composé de trabéculcs séparés par l'humeur aqueuse (liquide lymphatique de la chambre antérieure de Toeil); ce ligament est le ligament pectine de l'iris.

L'iris lui-même peut être divisé en deux zones: — l°unezone pupillaire occupée par un muscle de i, 5 mm. de largeur, le sphincter de l'iris; — 2*unezone périphérique ou ciliaire. Les deux zones sont séparées Tune de l'autre par une couronne de trabécules faisant saillie à la face antérieure et laissant entre eux de petites fossettes (cryptes). Les plus petites de ces fossettes ont un aspect noirâtre, tandis que les plus grandes offrent une coloration brune.

La zone ciliaire de Tiris, beaucoup plusétendue que l'autre, a été divisée par Fucus en trois parties, qui sont, en allant du centre vers la périphérie : une partie plane, une partie plissée et une partie périphérique. La partie plissée est caractérisée par des sillons circulaires concentriques, dont le nombre varie de 1 à 8, et qui ne forment pas d'ailleurs des cercles complets. Ces sillons sont un peu moins pigmentés queles autres portions de Piris. La partie périphérique de l'iris échappe à l'examen clinique, car elle est presque entièrement recouverte par le limbe cornéen. La face antérieure de l'iris présente un aspect criblé dû au grand nombre de petites fossettes dont sont parsemées ses couches antérieures.

L'épaisseur de l'iris varie suivant l'état de contraction du sphincter de la pupille, muscle à fibres lisses situé dans la portion pupillaire de l'iris. Sur le cadavre, l'iris offre un diamètre transverse de 4 à 5 mm. ; il est moins épais dans sa partie périphérique ou ciliaire que dans sa partie pupillaire.

Quand on examine la surface postérieure de l'iris, on y voit un système de plis radiaires très minces, dont la disposition n'a d'ailleurs rien de commun avec celle des procès ciliaires. Ces plis sont interrompus par des sillons circulaires, et les bourrelets situés entre deux sillons sont occupés par de petites fossettes secondaires.

PROCÈS CrUAIRES 18

Nous avons déjà noté que, dans le corps ciliaire, le tractus uvéal s'épaissit de 1 ram. par Tadjonction d'un muscle à fibres lisses qui occupe la face externe. La partie antérieure du corps ciliaire, dont le diamètre antéro-postérieur mesure 4 mm., présente 70 à 80 procès de 4 à 7 mm. de longueur, dirigés vers Taxe de l'œil. On distingue dans les procès ciliaires une portion basilaire, externe, et un sommet qui, après s'être dirigé en avant, se recourbe très vite, en formant un angle obtus, pour devenir postéro-interne. Les procès ciliaires arrivent jusqu'au voisinage de l'Equateur du cristallin, sans toutefois le toucher chez l'homme, comme le fait s'observe. chez les oiseaux.

Les procès ciliaires mesurent, suivant leur méridien, de 2 à 3 mm. ; leur hauteur diminue en arrière. Les intervalles situés entre eux offrent un diamètre transverse de 0,2 à 0,5 mm.

Les sommets des procès ciliaires forment une surface d'un aspect régulier; mais si on enlève la couche épithéliale qui les recomTe, on aperçoit une foule de petites fossettes et de sillons que dissimule l'épithélium pigmentaire.

Lorsqu'ils se recourbent en arrière, non seulement les procès ciliaires diminuent de hauteur, mais ils s'écartent aussi les uns des autres. Parfois, dans sa seconde portion, un procès se divise en deux ; il est bien plus rare d'en rencontrer de biSdes en avant et de simples en arrière. La couronne ciliaire offre quelquefois en arrière des saillies accessoires, rayonnant comme les procès et interposées entre eux.

La choroïde forme une membrane sphéroïdale qui s'attache en dehors à la sclérotique ; sa surface interne est en rapport avec la rétine. Dans sa partie moyenne, son épaisseur est de 8,3 mm. ; en arrière, au niveau où pénètrent les artères ciliaires courtes postérieures, elle est de 0,4 mm.

 l'examen chimique on a trouvé dans le tractus uvéal des substances analogues à la globuline et à l'albumine; mais il

a été impossible de les déterminer avec précision à cause de leur mélange avec du sérum sanguin.

La rétine est la membrane interne du globe oculaire ; elle comprend l'expansion des fibres optiques et leur appareil terminal. Le nerf optique est entouré de trois enveloppes, dont Texterne (gaîne durale, vaginale ou fibreuse) est la continuation directe de la dure-mère cérébrale; sa gaîne interne est le prolongement de la pie-mère. Entre ces deux enveloppes existe une gaîne incomplète, dérivée de Tarachnoïde cérébrale et formée d'un tissu trabéculaire; elle divise l'espace inlervaginal, compris entre les autres enveloppes, en deux parties, l'une externe, très étroite, l'autrejnterne, plus vaste.

Au point où le nerf optique pénètre dans l'œil, c'est-à-dire à 3 mm. en dedans de l'axe optique et à 1 mm. au-dessous, les fibres de la gaîne durale se continuent en partie dans les couches externes de la sclérotique, en partie dans ses couches moyennes. En avant, l'espace intervaginal devient très étroit et se termine à une certaine distance de la face interne de la sclérotique (Jaeger). Les fibres provenant de la pie-mère et de l'arachnoïde arrivent dans les couches internes de la sclérotique. Vers le niveau de l'extrémité antérieure de l'espace intervaginal du nerf optique, ce dernier nerf perfore la sclérotique et devient de plus en plus étroit; son plus petit diamètre se trouve généralement à la hauteur de la face interne de la choroïde. Dans quelques cas exceptionnels, on voit la plus petite coupe du nerf optique située un peu en arrière de la choroïde; on constate même parfois que le diamètre du canal optique (dans la sclérotique), après s'être considérablement rétréci, s'élargit de nouveau à la hauteur de cette membrane. Dans un autre chapitre, nous exposerons avec détails la cause du rétrécissement du nerf optique au moment où il traverse les membranes externe et moyenne de l'œil; disons seulement [qu'il est dû à la perte des gaînes myéliniques et

1 Michel et Wagner, Arch. f* Ophlhalmologie, t. XXXII, f. 2.

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