RÉGÉNÉÏIATION DE LA COUCHE PIGMENTAIRE
dérable que la couche pigmentaire y est formée de plusieurs couches superposées. Les cellules les plus gonflées sont généralement celles de la couche interne; quant au pigment de ces cellules^ il s'atténue presque toujours dans Tiridocyclite. C'est dans les cellules voisines de Tépanchemenl sous-rétinien qu'il diminue le plus vite ; dans celles qui recouvrent la lame vitrée, qu'il se conserve le plus longtemps De plus, il n*est pas rare de trouver de nombreuses cellules de pus situées sur les cellules épithéliales pigmentées.
Étant donne que dans les premières périodes de Tirido-cyclitela couche pigmentaire est détruite, le fait qu'on retrouve ces cellules pigmentaires recouvrant la lame vitrée de la choroïde ne peut s'expliquer qu'en admettant la régénération de la couche pigmentaire.
De cette constatation que la couche pigmentaire recouvre la choroïde eu présence d'un décollement rétinien, on a voulu déduire que la choroïde ne pouvait être le point de départ des altérations subies par Fceil. Cette déduction (H. MullerI), assurément mal fondée, a fait dire à Rudnew^, dans un cas d'irido-cyclite syphilitique, que la choroïde ne pouvait pas être le siège principal de la maladie, et qu'il fallait rechercher par conséquent la cause de l'affection dans la rétine.
Les cellules épithéliales pigmentées peuvent aussi se régénérer à la surface externe de la rétine.
Nous ne pouvons afOrmer si cette régénération procède des cellules épithéliales pigmentaires décollées avecla rétine, ou bien des cellules du pourtour du nerfoptique, oùsetrouvent des amas de cellules pigmentaires recouvrant la lamelle vi* tréede lachoroïdeet se superposant par leur prolifération très accentuée à la surface postérieure de la rétine décollée. Cette prolifération explique comment, dans un cas d'irido-cyclito avancée, nous avons observé une membrane épithélialo pig*» men taire recouvrant toute la surface externe de la rétine décollée.
* H. MuLLER, Grœfes Archiv, t. IV, i, p. 372.
* RuDXEW, Virchow'g Archiv, 4, 5, Bd., p. 19t.
3G8 AN.VTOMII-: PATHOLOGIQUE DE LŒIL
Sur une certaine étendue, cette membrane épithéliale était cependant séparée de la rétine par un épanchemenl séro-purulent.Dansce cas les phénomènes de prolifération (augmentation des noyaux) des cellules épithéliales pigmentées étaient très nets. Le protoplasma des cellules avoisinant l'espace sous-rétinien était également moins pigmenté que celui des cellules recouvrant la membrane limitante externe de la rétine.
Origine du pigment rétinien. — Dans la rétine des yeux atrophiés on observe fréquemment du pigment sous forme de granulationsflottant librement ou contenues dans des cellules sphéroïdales, fusiformes, épithéliales ou stellaires. La question de savoir si ce pigment provient de la couche pigmentaire de la rétine ou de ses vaisseaux a été discutée par divers auteurs. ,
H. MiîLLER*, Berlin, Bolling Pope ^ et enfin Wedl et Bock ^ prétendent que le pigment proviendrait de la couche pigmentaire d'où il sortirait par émigration.
HiRSCHBERG*, dans un cas de rétinite pigmentaire, a trouvé la couche pigmentaire de la rétine intacte, ce qui, selon son opinion, ne pourrait être si la pigmentation de la rétine provenait de la couche des cellules épithéliales pigmentaires.
H. Mi/LLER admet le développement simultané du pigment dans les vaisseaux et dans Tépithélium pigmentaire.
Dansles périodes trèsavancéesdeTirido-cyclite nousavons pu quelquefois, en observant la rétine décollée, voir très distinctement des cellules épithéliales pigmentées situées sur la face externe de la rétine, pénétrer sous forme de bourgeons dans l'épaisseur do la rétine. Il est vraisemblable que, par une prolifération irrégulière des grains externes, des groupes de cellules épithéliales pigmentaires sont emprison-
* MOller, Verliaodl. d. med. phys. Gesell. in Wûrtzburg, t. HI, Heft 5.
* BoLLiNG-PopE, ibidem.
* Wedl et Bock, loc. cit., p. 204.
* llinscHBERG» Archiv fur Augenheilkunde, 1879.