ALTÉRATIONS DES PAROIS VASCULAIRES
Les différentes parties des vaisseaux rétiniens subissent ces altérations à un degré très variable, ce qui fait que H. MOller * décrit ces vaisseaux comme variqueux en forme de chapelet. — Des granulations de pigment et des gouttelettes de graisse apparaissent dans la lumière des vaisseaux (des déchets séparés du courant sanguin). On trouve aussi du pigment et des granulations très fines à Tintérieur et sur le pourtour des parois vasculaires; ces faits prouvent que le pigment de la rétine provient en partie des vaisseaux .
Dans les périodes avancées de l'atrophie du globe ocu^ luire, les vaisseaux apparaissent transformés en- faisceaux fibreux solides : on y observe des dépôts de chaux. — Les ramifications principales des vaisseaux centraux se trouvent attaquées les dernières par ce processus et en général nous n'avons pu constater qu'un épaississement de la tunique interne de la branche principale de l'artère centrale de la rétine.
Dans un seul cas (voir fig. 33 et 34, pi. YIII), les vaisseaux centraux et leurs branches principales étaient entièrement calcifiés, alors que leur calibre était encore conservé.
Le dépôt de chaux commence dans la membrane externe. — Les altérations morbides des parois vasculaires correspondent à celles d'une affection vasculaîre, que Friedlander a appellée « endartérite oblitérante ». Cette dernière altération présente des analogies avec les altérations syphilitiques des vaisseaux décrites par Lance- REAUx et Heubner. — Elle a été constatée à Texamen ophthalmoscopique de la rétine par Fûrstner* et par Haab ^. Klebs Ta retrouvée ensuite à l'examen anatomo-pathologique et Ponget * a décrit une altération analogue des artères dans la rétinite néphritique.
Les altérations que subissent les vaisseaux rétiniens dans l'iridocyclite n'étaient connues jusqu'ici que dans leurs dernières phases. C'est ainsi que Wedl et H. Muller trouvant les vaisseaux transfor-
* H. MOller, Grœfes Archiv, t. IV, i, p. 388.
* FûRSTtiER, Archiv fur Klinische Modizin, t. XXX, 4882. ' Haab, Centralblatt fur Augeoheilkunde, 1886 avril.
* PoNCÈT, GazeUe des Hôpitaux, 4876.
mes en faisceaux fibreux déclarent ce phénomène produit par une défç-énérescence alhéromateuse des vaisseaux.
Des calcifications des vaisseaux rétiniens ont été décrites par H. MOller * et par Leber ^.
Dégénérescence hyaline des parois vasculaires. — Nous avons observé dans un œil atrophié, sur une certaine étendue de la rétine présentant un épaississement hyalin, la transformation totale des capillaires en une masse hyaline. Les noyaux de la paroi du vaisseau capillaire étaient nettement appréciables ; ils se trouvaient plutôt augmentés que diminués.
Jusqu'ici, on n'a pas plus constaté la dégénérescence hyaline dans les vaisseaux de la rétine que dans Tamaurose saturnine (CEller 3).
Développement de kystes dans la rétine. — Nous avons observé deux formes de kystes dans la rétine :
1° Des cavités kystoïdes situées dans la partie postérieure et dans les couches externes de la rétine, qui ne sont que des voies lymphatiques élargies et remplies d'un liquide albumineux contenant quelques leucocytes ;
2** Des kystes produits par une dégénérescence muqueuse.
Dans le même œil atrophié, où nous avons observé des kystes produits par une dégénérescence muqueuse du corps vitré transformé en tissu cicatriciel (fig. 44, pi. X), la rétine présentait, elle aussi, des kystes produits par la dégénérescence muqueuse.
Ces kystes de la rétine correspondent, en effet, exactement à ceux du corps vitré et la description que nous avons donnée de ces derniers, page 101, confirme pleinement cette assertion.
Nous n'avons jamais eu l'occasion de constater le développement de kystes hémorrhagiques dans la rétine comme
* H. MûLLER, loc, cit.
' LsDER, loc. cit., p. 528.
5 GEller, Virchow's Archiv. 86. Bd, pp. 329 359.
DEPOTS CALCAIRES. OSSIFICATIONS 373
ceux que Begker * et Treitel * ont décrits, et nous ne nous expliquons nullement la manière dont se seraient développés les kystes delà rétine dans le cas de Lawson ^, qui a constaté l'existence de onze kystes avec excavation du nerf optique, dans un œil dont une ophthalmie sympathique a nécessité Ténucléation.
Infiltration^ hémorrhagie, dépôt de chaux, — Nous avons constaté souvent, dans la rétine des yeux atrophiés, des foyers inflammatoires et de petites hémorrhagies, sans que certaines parties de la rétine se soient trouvées prédisposées à Thémorrhagie.
Le dépôt de sels de chaux dans la rétine des yeux atrophiés n'est pas un fait rare .
Développement de tissu osseux. — Nous * avons observé deux fois des ossiHcations dans la rétine des yeux atrophiés.
Dans l'un de ces cas, les ossiGcations se sont produites simultanément dans la rétine et dans la cataracte fibreuse. Dans l'autre cas (Ug. 45, pi. X), elles s'étaient produites dans la choroïde et dans le corps vitré transformés en tissu conjonctif.
Dans ces deux cas ainsi que dans celui de Alt, l'ossification siégeait dans Tora serrata de la rétine.
Dans l'un de nos deux cas le tissu osseux était encore en voie de formation (tissu ostéoïde) tandis que dans l'autre nous avons pu déjà constater l'existence d'une cavité médullaire rempHe de cellules graisseuses. Dans les doux cas, des vaisseaux néo-formés étaient nés de Torbiculus ciliaris servant ainsi à la nutrition du tissu osseux.
Alt croyait que le tissu osseux de la rétine s'était développé par une ossification des corpuscules colloïdes, qui ont pénétré dans la rétine. Quant à nous^ nous pensons que Texsudat qui remplit les cavités kystoïdes dont nous avons parlé s*est transformé, au dé-
« Treitel, Grtcfes Archiv, t. XXVI, 3, 1880.
* Begker, AUas Taf . , t. XXI, fig. 4.
» Lawson, Trans. of the Palhological Society, t. XIX, up. 362-3C4, 1869.
* Berger, Grœfes Archiv, t. XXIX, 4.
but de rirido-cjcIite,eii un tissu conjonctif, qui est devenu le point de départ de l'ossification. Goldzieher, Sghiess-Gemuseus et autres auteurs ont également décrit des ossifications dans la rétine décollée.