‹ Anatomie normale et pathologique de l'œilChapitre 149 sur 166 · PROLIFÉRATION DES CELLULES SGLÊRALES · texte numérisé non relu

PROLIFÉRATION DES CELLULES SGLÊRALES

lymphatiques élargies de la sclérotique, qui d'un côté se continuent dans les voies lymphatiques de la cornée (l'œdème se présente en effet simultanément dans la sclérotique et dans la cornée) et de l'autre sont en communication avec les espaces lymphatiques voisins de la sclérotique, c'est-à-dire avec l'espace supra-choroïdien et l'espace de Tenon, communication dont l'existence a été prouvée par les injections de Sghwalbe *.

Hémorrhagies. — Il se produit parfois des ' hémorrhagies dans le tissu scierai. L'hémorrhagie se produit en même temps dans l'espace supra-choroïdien et dans la capsule de Tenon.

Prolifération des cellules sclérales. — A la suite d'un processus inflammatoire, qui n'avait attaqué que de petites étendues de la sclérotique, nous avons observé en quelques points des phénomènes très nets de prolifération des cellules sclérales : ces cellules, filiformes ou fusiformes à l'état normal, deviennent ovalaires, elliptiques, contenant un et parfois deux noyaux.

Dans un œil atteint du staphylome cicatriciel, nous avons pu observer ces phénomènes de prolifération de la sclérotique plus nettement encore que dans l'irido-cyclite.

Toutes ces altérations de la sclérotique rappellent celles qu'on observe dans la cornée, avec cette différence que sur la sclérotique ces altérations se développent plus lentement, sur une étendue plus faible, et à une période plus avancée de la maladie.

Les altérations inflammatoires de la sclérotique n'ont été que très peu étudiées jusqu'ici.

C'est PiLz ' le premier qui a trouvé, dans un cas de sclérite, les couches postérieures de la sclérotique divisées en lamelles; de plus il a remarqué la présence d'un exsudât entre la choroïde et la scléro-

* SCHWALDE, LeHRDUCH, p. 168.

* PiLz, Ueber ËntzûDdung der Sclerolica. Prager Vierteijahrssclirifl, t. XXVI, 1852, p. 166-ÎOO.

tique et de flocons dans le corps vitré. L'examen microscopique fait par Boghdalek (de Prague) a prouvé que Texsudat situé entre les lamelles de la sclérotique s'était transformé en tissu conjonctif .

NoYEs * a décrit sous le nom de sclérite un ensemble de phénomènes qui vraisemblablement ne constituent que des symptômes partiels de rirido-cyclite.

Pagensteguer et Genth * ont mentionné dans un cas la dilatation des fentes interlamellaires et disent : « La sclérotique est entièrement épaissie, ses couches internes contiennent peu de pigment ; elles présentent des fentes concentriques. » Nous n'avons pas pu nous assurer d'un processus de résorption partielle du tissu scierai * ayant subi d'abord des altérations indiquant une nécrobiose.

Cellules pigmentées, — Dans les yeux atteints d*irido-cyclite à une période bien avancée, et principalement dans les yeux atrophiés, on est frappé par l'apparition d'une pigmentalion très prononcée provenant de ce fait que des cellules stellaires ou des cellules semblables aux cellules épithéllales contenant des noyaux sphéroïdaux sont interposées entre les lamelles sclérales ^. Ces cellules se trouvent en plus grand nombre dans les couches internes de la sclérotique. Le long des vaisseaux et des gaines nerveuses, on peut les poursuivre presque jusqu'à la surface externe de la sclérotique. Même ici ces cellules sont plus nombreuses près de la surface interne de la sclérotique. On sait que la sclérotique contient des cellules pigmentées à l'état normal surtout près du bord cornéo-scléral et du nerf optique.

Il est vraisemblable que la pigmentation plus prononcée de la sclérotique à l'état pathologique est due en partie à la prolifération inflammatoire de ces cellules. D'autre part, il est possible que des cellules pigmentées de la membrane supra-choroïdienne se trouvent déplacées par le courant lym-

* NoYBS, Transactions of the American Ophthalmol. Society, 1873, pp. 34-42.

* Pagensteguer et Genth, loc, cU,f pi. XXVIII, fig. 7.

* Schiess-Gemuseus, Grœfes Ârchtv, 1868, t. XIV, 1, pp. 73-96. Wbdl et Boce, loc. cit.j p. 71.

« Schiess-Gemcseus dit aussi : « La sclérotique contenant une masse intercellulairo plus molle et plus colorée... »

EXSUDATION AUTOUR DES VÀSA VORTICOSA 387

pliatiquc et .qu'elles augmentent ainsi la pigmentation de la sclérotique. Le fait que les cellules pigmentées se rencontrent surtout le long des gaines lymphatiques des vaisseaux et des nerfs confirme cette opinion.

Néo-formation et métamorphose régressive des vaisseaux sanguins. — Nous avons observé dans un œil atrophié la néo-formation des vaisseaux sanguins dans la sclérotique, en même temps que la préseifice de nombreux vaisseaux dans la partie antérieure de la capsule de Tënon. Dans la sclérotique, les vaisseaux sanguins subissent plus tard que dans les autres parties de l'œil les altérations de métamorphose régressive.

Nous avons constaté dans un œil atrophié l'existence des formations colloïdes sphéroïdales situées sur la membrane interne des branches des artères ciliaires postérieures courtes.

Exsudation autour des vasa torticosa. — Le rétrécissement des vaisseaux qui entourent la sclérotique favorise l'apparition de lamelles péri-vasculaires provenant de la membrane supra-choroïdienne (Fuchs *). Ou peut constater ce fait plus nettement encore dans les voies lymphatiques entourant les vasa vorticosa.

Cest par ces voies lymphatiques * que les altérations inflammatoires de la choroïde et de la membrane supra-choroïdienne se propagent dans la capsule de Tenon.

Dans la panophthalmie, le dépôt des produits inflammatoires autour des vasa vorticosa^ est connu depuis longtemps et nous avons eu l'occasion de constater le même pliénomène dans rirido-cyclite*; sa présence a été également relovée dans les yeux atrophiés (Samelsohns). U est vraisemblable que ces altérations se rencontrent dans toutes les affections in-

* FucBs, Grœfes Archiv, t. XXX, 4, p. 57.

* L'oblitération partielle des gaines lymphaliqnes périvasculaires, décrite par Fuchs, est en contradiction avec les expériences de Schwalde (voir p. 85).

3 Stellwag, Lehrbucli der Augenheilkunde, p. 316.

* Bbrger, Gruîfe*s Archiv, t. XXIX, 4, p. 156.

^ Samelsoun, Berichte der Ophthalmologischen Geselschaft in lleidclberg. 1881, p. 160.

flammatoires de la choroïde qui attaquent la partie pos^ térieure de cette membrane.

Dans ces derniers temps, on a observé les mêmes lésions dans le glaucome inflammatoire chronique. Mais les recherches de Stoelting ' et de Garnier ont prouvé que ces dernières altérations dans le glaucome sont des attérations secondaires. Dans les deux cas de glaucome examinés par Stoelting, la choroïde était très peu altérée autour des vasa vorticosa, d'ailleurs normaux, ainsi que leurs gaines.

Nous avons trouvé dans les yeux atrophiés après Tirido-cyclite une dilatation considérable des veines de la choroïde. Ce fait semble prouver que dans Tirido-cyclite il existe un obstacle au courant sanguin*^ dans les veines de la choroïde.

Si malgré cet obstacle la tension intra oculaire dausTiridocyclite (sauf dans les cas de synéchies postérieures) ne se trouve pas augmentée et si au contraire cette tension est diminuée, il faut que d'autres circonstances soient intervenues.

1* Les causes qui entravent le courant sanguin dans les veines empêchent aussi l'arrivée du sang dans les artères. Les vaisseaux artériels sont en effet rétrécis par l'infiltration des gaines périvascul aires dans la sclérotique, par l' exsudât qui se forme dans l'espace supra-choroïdien et par l'infiltration inflammatoire de la choroïde.

On trouve dans la choroïde les gaines lymphatiques entourant les petites artérioles, très considérablement gonflées par rexsudat(SATTLER) ce qui produit le rétrécissement desdits vaisseaux.

2** Le manque d* augmentation de la tension intra-oculaire s'explique par le fait que, par suite del'élargissement des voies lymphatiques delà cornée, il s'est établi des nouvelles voies destinées à l'écoulement de la lymphe sécrétée.

* Stœlting, Grœfes Archiv, t. XXXIV, 1.

> Dans rirido-cyclitc, les hémorrhagies observées à TophUialmoscope dans les purlies de la choroïde correspondantes aux vasa vorticosa confirment Texistence d'un obstacle au coui'ant sanguin veineux de rœil.

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