DILATATION DES VOIES LYMPHATIQUES
réiargisscment des lacunes intercellulaîres et Tapparition de gouttelettes entre les cellules. — Sur le bord de la cornée ainsi que dans la conjonctive des yeux atrophiés, on observe souvent des prolongements papillaires de l'épitliélium pénétrant dans le tissu muqueux et rappelant Taspect des cancroïdes. Des altérations semblables se rencontrent aussi dans la conjonctivite printanière (Vetsch *,-Uhthoff*).
Dilatation des voies lymphatiques. — La rétention du courant lymphatique se manifeste par une dilatation des voies lymphatiques. C'est ainsi que nous avons pu constater sans injection artificielle, en examinant seulement les tissus des voies lymphatiques, que les réseaux antérieurs situés un peu au-dessous de l'épithélium présentaient des mailles très serrées. Ces vaisseaux ont un calibre plus grand dans Tépiscléra et prennent parfois une forme sphéroïdale semblable à celle des kystes.
En effet, dans quelques autres affections de la conjonctive, on a constaté la présence de kystes dans le limbe cornéen
(HiRSCHBERG ^).
Dans rirido-cyclite, Wedl et Bock * ont trouvé des « cavités kystoïdes en forme de vésicules » situées dans Tépiscléra. A notre avis, il ne s'agissait là que des voies lymphatiques dilatées.
Néo-formation et métamorphose régressive des vaisseauœ. «^ La néo-formation des vaisseaux dans l'épiscléra et dans la conjonctive semble être un phénomène très ordinaire dans l'irido-cyclite. Dans les périodes très avancées de Tiridocyclite, les vaisseaux sont atteints d'endartérite oblitérante.
Hypertrophie. — Dans les yeux atrophiés, la conjonctive et l'épiscléra apparaissent fortement épaissies ; on peut y constater généralement des infillrations inflammatoires et des hémorrhagies, fait qui s'accorde parfaitement avec Texpé-
* Vetsch, Der Frûhjathrskalarrh der Bindehaut, Inaug-Diss. Zurich, 1875. < Uhthopp, Bericht der Heidelbergcr Ophthal. Gesel, 1882.
' HiRSCHBERG, Rlinische Beitrâge, 1874.
* Wei>l et Bock, loc. cit., p. 44.
rience clinique. Quelquefois, les hyperplasîes inflammatoires apparaissent comme des proliférations en forme de crête de coq et peuvent couvrir par leur superposition le bord cornéen.
On observe quelquefois aussi, dans la conjonctive des yeux atteints d'irido-cyclite ou des yeux atrophiés, des taches pigmentées irrégulières, restes d'anciennes hémorrhagies. — Dans quelques cas on trouve dans la conjonctive des concrétions de chaux.
Anastomoses vasculaires entre la conjonctive et le tractus uvéal. — Dans les cas où la cornée était détruite tout entière ou en majeure partie par l'inflammation, nous avons remarqué qu'une couche semblable à la conjonctive tapissait ç:énéralement la surface antérieure de l'œil. Une petite fossette centrale, où la couche épithéliale se trouve très épaissie, est souvent le seul vestige de l'ancienne perforation. Deux fois nous avons pu observer, dans des yeux atrophiés, l'existence d'un grand vaisseau sanguin, tirant son origine de la partie interne de l'œil et se continuant dans cette conjonctive de nouvelle formation, dont nous venons de parler, en s'y ramifiant. C'est ainsi que se développent des anastomoses entre les vaisseaux du tractus uvéal et la conjonctive, fait qu'on peut aussi constater sans examen micrographique dans des yeux atrophiés.
NERFS aLIAIRES
Depuis l'époque oi!i Arlt a émis Topinion que l'ophthalmie sympathique pouvait se propager de l'œil affecté à l'œil sain par l'intermédiaire des nerfs ciliaires, on s'est beaucoup appliqué à l'étude histologique des altérations de ces nerfs.
Il n'est pas rare que les altérations inflammatoires de la lamina fusca se propagent aux nerfs ciliaires; on observe alors autour de ces nerfs des formations de couennes et des