OPHTHALMIE SYMPATHIQUE
que, nous avons pu la constater ayant trouvé des staphylocoques dans Tespace intervaginal du nerf optique de Tœil sympathisant, qui avait été conservé dans Talcool après énucléation.
Nous regrettons vivement de n'avoir pu examiner, au point de vue microbiologique, les autres yeux énucléés pour cause d'ophthalmie sympathique. Leur durcissement dans la liqueur de MuLLER a rendu cet examen impossible.
Si nous avons trouvé des altérations inflammatoires dans les nerfs ciliaires plus souvent que les autres auteurs (comme Alt, par exemple, qui sur 43 cas a trouvé 34 fois les nerfs ciliaires à l'état normal), cela tient uniquement à ce que nous n'avons pas limité nos recherches à quelques parties de l'œil (à l'espace supra-choroïdien, par exemple), mais que nous les avons étendues à toute la longueur de ces nerfs.
Il peut arriver, en effet, que les nerfs ciliaires ne présentent rien sur une très grande étendue et qu'en quelques points néanmoins ces nerfs soient enflammés. Hirsghberg dit, avec raison, qu'il faut se demander comment il est possible que les nerfs ciliaires puissent se conserver intacts dans des yeux dont toutes les parties sont tellement altérées.
Pour expliquer la propagation de Tophthalmie sympathique par les nerfs ciliaires, on s'était appuyé sur la présence des points symétriques douloureux à la pression dans les deux yeux et sur la présence de la poliose des cils, phénomène concomitant de Tophthalmie sympathique (Nettleschip *). Mais il semble que, dans les cas rapportés, il ne s'agissait pas d'une véritable ophthalmie^ mais tout simplement d'une névrose sympathique.
Un cas que nous avons eu l'occasion d'observer pourrait peut-être s'expliquer par ce fait que les nerfs ciliaires jouent un certain rôle.
Le nommé F. S..., âgé de 27 ans, fut blessé à Toeil droit avec un ca- ' Nettleschip, Ophthalmological Society of the United KiDgdom. Dez, 1884.
nif. Quelques mois après la blessure, le malade, de borg-ne qu'il était, devint aveugle à la suite d'uoe maladie de l'œil g^auche. — M. S . . . était soigné à la campagne et quand il arriva dans la ville pour consulter un oculiste il fut impossible de le soigner, les deux yeux étant déjà atrophiés.
Dans l'œil droit on pouvait reconnaître une cicatrice rétractée traversant le quadrant inféro-interne de la cornée et se dirig'eant de dehors et d'en bas, en dedans et en haut. L'œil g-auche présentait une opacité due à une kératite rubanée d'une direction presque symétrique à celle de la blessure .
D'après ce que les auteurs ont écrit sur la kératite rubanée, qui se développe dans la partie de la cornée non couverte par les paupières, on est obligé d'admettre que, dans notre cas, l'opacité a occupé une position horizontale avant le commencement de Tatrophie de l'œil. L'atrophie de l'œil étant ir régulière, la situation de la cicatrice est avariée. Mais cela fait supposer que les altérations les plus graves s'étaient produites dans la partie inféro-interne du corps ciliaire, c'est-é-dire symétriquement à la situation de la blessure.
Il est cependant impossible de tirer d'un seul cas des conclusions sur le prétendu rôle des nerfs ciliaires dans la production de l'ophthalmie sympathique.
L'opinion que les nerfs ciliaires seuls peuvent être le chemin de propagation de l'ophthalmie sympathique a été soutenue par Brailey *, Begker et Goldzieher. Quelques auteurs, comme Mooren 2^ admettent aussi bien les nerfs optiques que les nerfs ciliaires comme voie de propap:ation dans l'ophthalmie sympathique.
En admettant la propagation par les nerfs ciliaires, on doit supposer que l'inflammation se transmet au centre nerveux commun des vaisseaux des yeux. Il semble que les expériences faites par Adamkiew^igz font supposer une relation en-
» Brailey, Ophlhalmol. Hospital Reports, 1804.
* Mooren, Kiinische Monatsblaetter f. Augenheilk., 1882, p. 113.