EXCAVATION OPHTHALMOSCOPIQUE ET ANATOMIQUE
de la lame criblée, et dans un cas de glaucome nous avons pu observer cette prolifération d'une façon très nette. Les cellules de la névroglie étaient tellement augmentées dans les interstices des faisceaux que ceux-ci se coloraient, dans la préparation, plus fortement avec le carmin que les cloisons elles-mêmes (voir p. 378).
L'espace intorvaginal du nerf optique était élargi dans le même cas. Les fibres constituant la gaine arachnoïdale se trouvaient considérablement proliférées.
La véritable profondeur de l'excavation (distance entre la rétine et les fibres nerveuses de l'excavation) est dans ce cas de 1mm. 5 dans la partie temporale ; la profondeur ophthalmoscopique (du rebord scierai de l'excavation jusqu'à la lame criblée) de 1mm. 9. Par conséquent^ Von ne peut pas conclure de la profondeur ophthalmoscopique à la profondeur anatomique de ^excavation. — Mais il résulte de ceci que, pour les cas examinés, l'excavation n'était pas une simple apparence(« Trugbild » Mauthner).
Remarquons en outre, dans la préparation précédente, la présence d'une membrane fibreuse (Am), développée sur la limite de la papille dans la partie nasale. La membrane passe, en se recourbant, dans l'espace sous-hyaloïdien. Nous ne sommes pasen état de donner une explication satisfaisante de la présence de cette membrane.
La membrane observée par Watson * dans un œil myope peut être d*une origine analogue. Un bandeau fibreux se développait aussi dans le cas de Watsdn de la partie nasale du norf optique et pénétrait dans le corps vitré. Sa longueur était de 2 millimètres, son épaisseur de un demi-millimètre.
Nous avons constaté, dans les parties de la choroïde et de la rétine voisines de l'excavation du nerf optique, les altérations suivantes :
Dans la rétine, la membrane limitante interne est épaissie et décollée, sur une certaine étendue. Dans la couche des cy-
» Watsox, Ophlhalinological Hospital Reports, 1867, t. V, 4, p. 323.
liudres-axes on peut reconnaître de petites lacunes produites par une augmentation de la transsudation lymphatique. Les cellules ganglionnaires manquent presque totalement. Quelques-unes seulement de ces cellules sont conservées, elles ont un aspect homogène sans noyau et sont reconnaissables par leurs prolongements. La couche des cellules ganglionnaires, même dans les parties où ces cellules font complètement défaut^ est appréciable par la présence d'un certain nombre de fentes sphéroïdalcs anciennement occupées parles cellules nerveuses.
La couche granuleuse interne est conservée; la couche granuleuse externe manque : de ce fait, les deux couches à grains sont réunies. Les fibres de soutènement y sont considérablement proliférées. En dedans des couches à grains on observe des lacunes irrégulières qui deviennent plus grandes yers la membrane limitante externe. Dans quelques parties, cette membrane est décollée sur une certaine étendue, en forme de bulles minces.
Le pigment de la rétine se présente sous forme de granulations très fines^ situées dans les fentes intercellulaires ainsi que dans les cellules épithéliales et stellaires. Les couches externes de la rétine sont généralement plus pigmentées que les internes. La couche des cônes et des bâtonnets fait défaut dans nos préparations.
Le couche pigmentaire de la rétine se continue jusqu'au bord de la choroïde; dans la dernière partie, le pigment manque presque entièrement ; à une certaine distance du nerf optique, au contraire, le pigment de ces cellules est un peu augmenté, mais dans la plupart de ces cellules le pigment est raréfié.
Nous avons pu poursuivre la choroïde jusqu'au bord du nerf optique. Schweigger a observé, dans un cas de glaucome, que la choroïde y était transformée en une membrane atrophiée exempte de pigment. Dans les deux cas que nous avons examinés, la choroïde apparaît plutôt épaissie. Le bord nasal