CELLULES-FIXES DE LA CORNÉE
sont beaucoup plus épais. Ranvier propose de distinguer à ce point deux groupes de cornées : le premier groupe où les collules-Oxes et leurs prolongements prédominent, ce type est désigné sous le nom de type corpusculaire; le deuxième où le tissu interstitiel est le plus abondant; il est appelé type membraneux.
Les cellules-Gxes présentent un noyau arrondi, dans lequel on peut observer un eunucléole. Kuhne a décrit les mouvements amœboïdes des cellules-fixes. A la suite de l'irritation de ces éléments par les courants induits, Rollett a constaté des modifications de forme qu'il considère comme résultant de la rétraction des cavités protoplasmiques logeant ces cellules fixes; d'autres auteurs (Ranvier, Engelmann) n'ont jamais constaté ces altérations de forme.
La cornée renferme en outre des cellules migratrices ou leucocytes, dont la forme est essentiellement variable, suivant la position qu'elles occupent.
BowMAN considère les cellules-fixes et leurs prolongements comme tubulaires, mais Ranvier a montré que les tubes injectés de la cornée à l'aide du bleu de Prusse ou de Valcanine ne sont en réalité que des espaces artificiellement développées. ScHWALBE, en 1885, a même soutenu l'opinion que les cellules-fixes et leurs prolongements constitueraient un véritable système de canaux. Chez l'embryon, les cellules et leurs prolongements seraient encore solides, ou mieux pleins, et, par un processus de vascularisation, se transformeraient en un réseau de tubes ramifiés avec des parties dilatées, des réservoirs en quelque sorte représentés par les fentes où sont logées les cellules-fixes. Ces derniers éléments n'occuperaient qu'une partie des fentes, et leurs prolongements protoplasmiques ne rempliraient qu'incomplètement les tubes ramifiés : ou encore les cellules-fixes et leurs prolongements ne seraient que les parois des tubes de Bowman. t Die Hornhaut-Korperchen verhalten sich zu denfixenHornhautzellen, wie die Knochenkurperchen zu den Knochen-
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zellen. » Schwalbë, comme cola rcsulle de la citation que nous venons de faire, admet même qu'il faut distinguer les cellules fixes de la cornée et les corpuscules cornéens, qui présenteraient entre eux les mêmes rapports que les cellules osseuses et les corpuscules osseux.
Ranvier au contraire soutient que les cellules fixes et leurs prolongements constituent un réseau protoplasmique solide, logo dans le tissu cornéen, et séparé des parois par une très mince couche de liquide albumineux. Le nitrate d'argent ne colore ni les cellules fixes ni leurs prolongements, mais le liquide qui les entoure apparaît très nettement en brun foncé, et le contour du réseau protoplasmique est ainsi dessiné parla coloration de cette sorte de manchon lymphatique péri-cellulaire .
Straub*, se basant sur des recherches très sérieuses, accepte rinterprétation de Ranvier. La lymphe, contrairement à l'opinion des anciens auteurs (tubes lymphatiques), n'occupe que l'espace situé entre les cellules fixes avec leurs prolongements d'une part et les parois delà trame cornéenne logeant ce réseau protoplasmique d'autre part. Cependant, dans le cas où il se produit une quantité exagérée de lymphe, on voit se constituer des lacunes lymphatiques plus ou moins éloignées des gaines lymphatiques péri-cellulaires normales ; ces lacunes adventices résulteraient de la dissociation des faisceaux fibrillaires. L'examen de préparations anatomopathologiques vient à l'appui de l'opinion de Ranvier; dans l'œdème do la cornée, j'ai constaté effectivement que les cellules fixes et leurs prolongements sont logés dans les voies lymphatiques considérablement dilatées.
Membrane de Descemet. — La face postérieure de la cornée est constituée par la membrane de Descemet, plus épaisse à la périphérie (10 à 12 ^ jqu'au centre (6 à 8 ix).
Nous exposerons dans un chapitre ultérieur nos recherches personnelles au sujet de la croissance de cette membrane
* Straud, Arch. f. Anat. n. Physiol. 1887.
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anhiste pendant la vie extra-utérine. Cette membrane n'est anhisle qu'en apparence. En efiet Henle, enla faisant bouillir dans l'eau, Ranvier en la laissant se putréfier et subir ainsi une sorte de macération, ont établi qu'elle est formée par des lamelles concentriques très minces. J'ai moi-même * soumis une cornée à l'action du chlorure d'or, puis je l'ai fait macérer dans l'acide chlorhydrique très dilué; j'ai séparé et dilacéré la membrane de Descemet à l'aide d'une aiguille très fine, et j'ai pu constater des lignes séparatives disposées comme les échelons très éloignés d'une échelle, indiquant une structure lamellaire. A l'état normal les couches voisines sont soudées par un ciment de même pouvoir réfringent que celui des lamelles, qui ne seraient autre chose que les productions cuticulaires successives de Tépithélium postérieur de la cornée. La membrane de Desgemrt résiste à l'action des acides et des alcalis caustiques; sa composition chimique d'après Michel et Wagner estla suivante: eau 78 p.lOO,globuline, albuminate de potasse^ et traces d'albumine.
La membrane de Desgemet n'est nullement composée de fibrilles, comme l'ont admis Ciaccio et Tamamscheff; elle contracte seulement à sa périphérie des adhérences avec des fibres lamineuses. Dans cette même partie périphérique et à 1/2 centimètre au dedans de l'insertion du ligament pectine de l'iris, on peut constater que la membrane de Desgemet se sépare en deux lamelles, et de plus à ce niveau les cellules endothéliales qui tapissent sa face postérieure deviennent beaucoup plus petites. La lamelle antérieure s'unit à sa périphérie avec un réseau fibrillaire à mailles très larges, offrant une épaisseur de 2 k 1 \k, et tapissé de cellules endothéliales. Le réseau se refléchit et pénètre dans le rebord circulaire qui limite la chambre antérieure au niveau de l'iris, pour se perdre dans son tissu (Straub ^) .
< Berger, Archiv. f. Ophthalinologie,1882, t. XXVIII, fasc.2. s Straub, Arch.f. Ophthalm., 1887, t. XXXIII, fasc. 2.
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La lamelle postérieure se sépare à sa partie périphérique en lamelles très minces percées d'une grande quanti té de trous, et composées de fibres dirigées d'abord, pour la plupart, suivant les méridiens de Fceil, pour se disposer ensuite transversalement au voisinage de l'espace de Fontana, et former un tissu qui donne insertion au muscle de l'accommodation (Straub). La membrane que nous étudions au niveau du ligament ; pectine de l'iris est traversée par les trabécules dudit ligament; nous nous proposons de revenir ultérieurement sur ce point particulier.
La face postérieure de la membrane de Descemet est recouverte d'un endothélium pavimenteux simple^ constitué par des cellules hexagonales, dont le noyau arrondi offre une légère proéminence vers la chambre antérieure. Los cellules sont unies entre elles par un ciment que colore très nettement le nitrate d'argent. En outre, ces éléments présentent des lignes de séparation finement dentelées, provenant de ce que des prolongements protoplasraiques extrêmement minces unissent deux cellules voisines, et ne laissent entre eux que de très petits espaces intercellulaires (stomata). Ces petits espaces, quelquefois par leur réunion, constituent une lacune ou plutôt une vacuole; d'après quelques auteurs, ces lacunes intercellulaires semblent communiquer avec les espaces extrêmement réduits, déterminés par les anastomoses protoplasmiques des cellules, et même avec la petite cavité annulaire que l'on trouve autour du noyau.
Nerfs de la cornée, — Les nerfs de la cornée, ainsi que nous l'avons déjàremarqué,proviennent des nerfs ciliaires. Les nerfs ciliairesperforentlasclérotiquedansl'espacesupra-choroïdien, et un peu en arrière de l'insertion du muscle de l'accommodation ; ils pénètrent dans la cornée en dehors et en avant du canal de Schlemm. A la périphérie de la cornée, des filets nerveux forment un plexus qui porte le nom à^d plexus annulaire. En outre, d'autres filets nerveux qui se détachent des nerfs conjonctivaux pénètrent dans la sclérotique en même temps