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TUBERCULES DE LA CHOROÏDE

fnsea se montre, au contraire, assez bien conservée, quoiqu’envahie en partie.

Dans l’intérieur même de la niasse néoplasique, à part quelques tractus de tissu conjonctif fins, tous les autres éléments normaux choroïdiens, aussi bien les cellules que les vaisseaux sanguins, sont absents. A leur place on trouve un semis de petites cellules rondes, pourvues de noyaux, qui ne sont évidemment autres que des éléments tuberculeux. Par places, ces derniers, au lieu de rester disséminés, se réunissent et se tassent pour former des amas a a de granulations plus grosses, - devenues polyédriques par pression réciproque. Ces points représentent sans aucun doute les endroits où, le travail néoplasique étant plus avancé, tous les tissus normaux préexistants ont été étouffés et remplacés en entier par les éléments du tubercule.

La figure 2 représente très-grossi l’un des Ilots en question, afin de montrer les éléments morbides dans tous leurs détails. Certains d’entre eux forment une couronne autour du noyau central. On y distingue, en outre, un fin réseau intermédiaire qui ressemble à un réticulum lymphoïde.

Remarques. — Les tubercules de la choroïde, dont l’existence ne fait plus de doute pour personne, sont intéressants à connaître, aussi bien au point de vue de la clinique pure qu’eu égard à leur anatomie pathologique.

La fréquence des tubercules de la choroïde est bien plus grande qu’on ne serait tenté de le supposer d’après le nombre des observations recueillies jusqu’à ce jour. La raison de cette méprise réside en ce que bien des cas de tubercules choroïdiens ne donnent pas lieu à des troubles visuels lorsqu’ils sont petits, pour ainsi dire naissants, et situés vers les parties périphériques, au voisinage de Vont serrata .

D’autres, fois, les troubles visuels passent inaperçus au milieu des troubles graves de la santé, occasionnés par les manifestations viscérales de la tuberculose.

68 CONTRIBUTION A l’âNATOMIE PATHOLOGIQUE DE L’ŒIL.

Une autre opinion, qui a encore cours dans la science, malgré les faits contradictoires rapportés par Porland(l), c’est que la tuberculose n’apparaît dans la choroïde que consécutivement, alors que les poumons ou les méninges en sont envahis.

Le cas qui nous est propre, et auquel nous pourrions ajouter celui d’un jeune homme de seize ans qui nous a été adressé par notre collègue M. Giraud-Teulon, cnvuedelui faire subir l’énucléation de l’œil droit, devenu le siège d’une suppuration liée à des tubercules de la choroïde (ainsi que l’examen anatomique de l’œil nous l’a surabondamment prouvé), démontre, à n’en pas douter, que la tuberculisation de la choroïde peut se montrer d’emblée, alors qu’aucun symptôme de ce genre ne s’est encore dévoilé du côté des poumons ou des méninges.

Les signes ophthalmoscopiques de la lésion qui nous occupe, malgré leur précision apparente (présence d’une ou de plusieurs saillies miliaires, d’un gris jaunâtre, sousjacentes à la rétine qu’elles soulèvent, et sans limites bien nettes sur les bords), ne sauraient à eux seuls, et en dehors de toute manifestation tuberculeuse dans d’autres organes, donner la certitude du diagnostic. Il y a plus, lorsque la suppuration oculaire fait des progrès, comme dans les deux cas qu’il nous a été donné d’observer, que les milieux transparents se troublent, que déjà la cornée est infiltrée de pus, et que la chambre antérieure est devenue le siège d’un hypopyon, l’examen ophthalmoscopique ne peut plus rien nous enseigner sur la cause de la destruction purulente du globe. C’est en se fondant sur la marche relativement lente de l’affection; sur l’absence de toute autre cause capable d’expliquer la purulence de l’œil; sur les troubles généraux de la santé (pâleur, amaigrissement, cessation des règles); enfin, sur l’état diathésique des individus, ou de leurs ascendants et

(I) Porland, Ophth. Horp. Reports, n° 4.

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