‹ Anatomie pathologique de l'oeilChapitre 3 sur 35 · PL. II, FIG · texte numérisé non relu

PL. II, FIG

Observation II. — M. R..., vieillard de soixante-dixneuf ans, tempérament vigoureux et constitution extrêmement robuste, d’une grande sobriété, ayant toujours mené la vie la plus réglée, n’a jamais eu de maladies, sauf des fièvres

intermittentes tierces, il y a sept ans, k la suite d’un séjour prolongé et très-fatigant dans les marais de la Vendée. Ces fièvres durèrent pendant tout un hiver; elles cédèrent à l’emploi du sulfate de quinine et n’ont plus reparu que deux fois en quelques accès isolés.

A l’âge de seize ans, il fit une chute à la suite de laquelle il conserva toute sa vie une toute petite plaque, comme ecchymotique, à la partie externe de la cornée (œil gauche). La vision n’en fut pas moins excellente. M. R... lit du matin au soir, sans lunettes, les caractères même les plus fins.

Dans l’été de 1875, vers le mois de juillet (il y a un an de cela), apparut un petit point noirâtre sur l’emplacement même de l’ecchymose; ce point ne tarda pas à s’accroître: il avait l’apparence d’une grosse tête d’épingle, lorsque deux chirurgiens de la ville habitée par le malade furent appelés à l’examiner. Le diagnostic porté, après examen ophthalmoscopique, fut mélanome. On ne fut pas d’avis d’opérer.

Bientôt la petite tumeur gagna de plus en plus, principalement vers le champ pupillaire; elle ne tarda pas à rétrécir considérablement la vision, et lorsque le malade se présenta à nous, en mai 1 876, nous aperçûmes bipartie antérieure du globe oculaire complètement recouverte par une tumeur d’aspect noir grisâtre, constamment baignée par un suintement sanieux, sans odeur; elle était du reste indolente, quasi molle.

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