ATROPHIE DES NERFS OPTIQUES ET -OCUEO-MOTEURS, ETC
Le nerf oculo-moteur gauche se trouve comprimé dans son origine pédoncnlaire. Quant à celui du côté droit S, trèsréduit de volume, il semble naître du sommet même de la tumeur.
Une coupe médiane et antéro-postérieure de tout l'encéphale permet de constater que la masse néoplasique se prolonge en haut jusqu’au plancher du ventricule latéral, dont elle reste séparée parle trigone cérébral.
Le bulbe, la protubérance, ainsi que tout le quatrième ventricule, ne sont pas atteints par la tumeur. L’aqueduc de Sylvius , ainsi que le troisième ventricule, sont également libres. Seule, l’extrémité antérieure de la tumeur proémine dans le troisième ventricule.
La tumeur soulève en partie le pédoncule cérébral, mais seulement dans sa partie profonde.
A la coupe le tissu de la tumeur paraît blanc, de consistance assez dure, sans avoir cependant la consistance des tumeurs fibreuses.
L’examen histologique démontre qu’il s’agit d’un amas de cellules embryoplastiques rondes et généralement petites, entremêlées de cellules fusiformes et de fibrilles conjonctives.
En un mot, la structure de cette tumeur est identique à celle de la planche XXY, figure 2.
Remarques. — La fréquence des tumeurs de la base du cerveau est bien connue de tous; et si l’on continue à discuter encore, c’est sur la structure intime et partant sur la nature de ces néoplasmes.
Il ne faudrait pas croire, en effet, qu’il snfüt toujours d’en pratiquer des coupes et de les examiner sons le champ du microscope, pour décider s’il s’agit d’une variété de tumeur plutôt que d’une autre. A l’appui de cette vérité, nous pourrions prendre à témoin l’aspect histologique identique des deux tumeurs que nous venons de citer, et qui pourtant ne sauraient être de la même nature. Les antécédents, les lésions
concomilanLes et la marche des accidents diffèrent essentiellement dans les deux cas.
Le premier de ces malades (Gérand) était manifestement syphilitique; le second (Perrault) se trouvait sous le coup d’une tuberculose pulmonaire avancée.
Chez le premier, la néoplasie a suivi une marche galopante, aussi a-t-elle provoqué une névro-rétinite par stase (papille étranglée).
Chez le second, au contraire, la marche a été plus lente et rophthalmoseope permit de constater une double atrophie papilla ire .
Cette difficulté d’un diagnostic histologique entre les sarcomes proprements dit, les gliomes, les syphilomes, et certaines tumeurs tuberculeuses du cerveau, a d’ailleurs frappé les auteurs les plus compétents, parmi lesquels nous citerons Rindfleisch, Wagner et Virchow.
Toutes ces productions morbides sont en effet constituées presque en entier de noyaux et de cellules rondes que sépare tantôt une substance homogène, tantôt un tissu conjonctif fibrillaire. C’est donc, nous le répétons, bien plus à l’aide des commémoratifs et des lésions concomitantes que par des caractères histologiques définis qu’on arrive le plus sûrement à différencier ces tumeurs entre elles.
Quoi qu’il en soit , voici certaines particularités anatomiques qui, d’après les auteurs déjà cités, peuvent servir à établir une distinction entre les sarcomes, le tubercule et le syphilome.
D’après Rindfleisch, la tumeur tuberculeuse diffère du sarcome en ce que l’écorce, ou ce qu’il appelle la zone d’accroissement, bien qu’en apparence identique, se trouve constituée dans le premier cas par des amas de granulations miliaires rappelant celles des méninges et des poumons, et dans le second par des cellules embryoplastiques entremêlées de fibrilles conjonctives. Ajoutons que le tubercule, très-pauvre en vaisseaux, peut s’incruster de sels calcaires, ou subir