ANATOMIE PxVTiiOLOCK^UI
J'en dirai autant des prétendues dégénéraliom du cancer en masses adipeuses, calcaires, etc. Sans doute des dépôts de graisse, de granules, de substances minérales, peuvent se faire dans des tumeurs qui ne perdent en rien, pour cela, leur nature cancéreuse. Mais lorsqu'à l'autopsie on ne trouve dans une tumeur que des matières grasses ou que des sels inorganiques, est-il raisonnable d'en conclure que c'est là un cancer guéri? N'est-il pas clair que le dilemme précédent s'applique ici d'une manière triomphante?
Nous rejetons donc ces faits nia! interprétés, et nous arrivons à ce pénible aveu : Abandonné à lui-même, aux simples ressources de la nature, le cancer s'accroît sans cesse, se ramollit inévitablement, s'ulcère presque toujours. 1! ne guérit jamais de lui-même; il faut, poui- qu'il disparaisse, qu'une opération l'emporte ou qu'un accident le détruise.
Heureux encore si cette guérison était durable!
ARTICLl'l n. — Vaisseaux des nerfs et tumeurs cancéreuses.
Quoique toutes les tumeurs cancéreuses soient vasculaires, quoique les vaisseaux jouent un rôle iînportant dans l'accroissement du cancer et dans les phénomènes qui en sont la suite, l'élément vasculaire ne fait pas essentiellement partie de l'organisation de ce produit hétéromorphe. On trouve, en effet, dans quelques tumeurs cancéreuses, certaines parties, assez limitées du reste, qui ne renferment pas de vaisseaux. Les vaisseaux, par conséquent, ne sont dans le cancer qu'un élément accessoire; comme tels ils sont sujets à varier beaucoup dans leur volume, leur nombre, leur disposition. Voilà pourquoi leur étude n'a pu rentrer dans l'histoire abstraite de la tumeur cancéreuse. L'élément spécifique, dont j'ai jusqu'ici indiqué les caractères et les propriétés, est le même dans tous les cancers; l'élément vasculaire se modifie au contraire dans les divers cas particuliers.
Toutes les tumeurs cancéreuses possèdent des vaisseaux. J'en ai constamment trouvé, même dans les tumeurs les plus dures, sinon dans toute leurétendue, du moins dans leurs couches superficielles. Mais pour être constantCp la vascularité du cancer n'en est pas moins soumise à d'énormes variations.
J'ai dit plus haut que dans le véritable ramollissement les vaisseaux peuvent être détruits, en tout ou en partie, en même temps que le reste de la trame. Laissons donc de côté pour un moment les parties qui sont le siège d'un ramollissement réel, ' puisque la circulation y subit des altérations profondes qui seraient de nature à nous induire en erreur.
Avant la période de ramollissement, la vascularité du cancer est subordonnée à certaines condiiions fixes. En général, elle est proportionnelle au degré de mollesse de la tumeur; elle est très faible dans le squirrhe proprement dit, plus considérable dans l'encéphaloïde dur, plus forte encore dans î'encéphaîoïde mou ; elle devient excessive dans ces parties très molles et presque diiïluentes qui se développent rapidement, à une certaine époque, autour des encéphaloïdes en voie de propagation, et que nous avons décrites à l'occasion du ramollissement apparent.
Il y a cependant une exception à la proposition que nous venons d'émettre. Les cancers colloïdes , malgré leur grande mollesse, possèdent peu de vaisseaux. C'est parce que ces tumeurs contiennent très peu de substance cancéreuse dans un espace donné : l'élément séreux du suc et les substances solubles qu'il renferme en constituent la masse principale. Si, parla pensée, on supposait le colloïde débarrassé de la substance gélatiniforme non organisée, il se trouverait que les vaisseaux de cette tumeur seraient au contraire très nombreux, eu égard à son volume.
En d'autres termes : la vascularité est proportionnelle à la quantité des cellules et des noyaux du cancer. Les vaisseaux pa-