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et de talent que les médecins d'Allemagne dans les recherches d'histologie pathologique. Nous oserons cependant contredire plusieurs de leurs assertions, signaler plusieurs de leurs en eurs. C'est que, en effet, les micrographes allemands, concentrant toute leur attention sur le champ de leur microscope, ne daignent passe livrer à l'observation des malades. Toujours enfermés dans leur cabinet, ils examinent pêle-mêle les tumeurs qu'on leur envoie; de telle sorte que, praticiens ou théoriciens, les uns ne voient que des malades, les autres n'observent que des tumeurs.
Nous avons suivi une voie toute différente. Nous avons commencé nos recherches pendant notre internat dans les hôpitaux. Nous avons étudié attentivement l'histoire de chaque malade, les caractères de chaque tumeur avant l'opération ; puis nous avons noté la nature de l'opération, ses résultats ultérieurs. Les malades qui sont morts pendant leur séjour à l'hôpital ont été ouverts par nous avec un soin scrupuleux ; nous avons pris les adresses de ceux qui ont été guéris, et nous avons continué à les visiter de temps en temps, afin de constater les récidives. Nous avons fait rentrer dans l'hôpital ceux de ces malheureux chez lesquels le mal avait repullulé, et, ayant assisté le plus souvent au dénouement prévu de leur mal implacable, nous avons pu compléter nos observations par les recherches cadavériques.
Cette voie est lente et pénible, il est vrai; elle ne permet de recueillir les matéi iaux que peu à peu ; elle exige que l'on consacre plusieurs années au même travail. Peut-être serait-elle de nature à enrayer le génie; pour un observateur ordinaire mais consciencieux comme nous croyons l'être, elle est le moyen le plus fécond et le plus sûr. Voilà pourquoi nous lui avons donné la préférence.
Nous n'oublierons pas cependant que c'est V analomie pathologique du cancer qui fait l'objet de ce mémoire ; les faits cliniques
ne seront donc invoqués ici que par exception. Mais, avant de soumettre notre travail au jury, nous avons dû indiquer les moyens dont nous nous sommes servi pour arriver à ce que nous croyons la vérité.
Notre travail se composera de deux parties : Dans la première, nous ferons l'histoire anatomique du cancer proprement dit, abstraction faite de son siège dans les divers tissus, dans les divers organes.
Dans la seconde, nous donnerons les caractères des tumeurs que l'on a jusqu'ici confondues avec les cancers, et nous établirons rapidement, au point de vue clinique, un parallèle entre les cancers et les pseudo-cancers. La nature même de notre question ne nous permettra pas de donner à cette partie tous les développements qu'elle est susceptible de recevoir, ni d'en déduire, au point de vue pratique, les conséquences nombreuses et importantes qui en découlent; mais nous croirons ne pas sortir de notre sujet, en démontrant à grands traits que les distinctions établies par l'anatomie pathologique ne sont ni subtiles, ni stériles, ni hasardées.
FBEMIÈIIS PARTIE.