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d'autres parties. Si ce cas hypothétique se présentait, il resterait un dernier caractère qui lèverait tous les doutes. 3° La substance renfermée dans les aréoles de la tumeur ne possède aucune organisation; elle ne présente à l'examen microscopique que des granules sans signification. La trame solide se compose exclusivement de tissu fibreux plus ou moins condensé. Nulle part on ne trouve ni cellule ni noyau de cancer.
2" Tumeurs fibro-adipeuses altérées. — Les tumeurs fibro-adipeuses se composent de graisse et de tissu fibreux. Quelquefois ee dernier tissu forme une masse centrale qui envoie des prolongements divergentsdans la masseadipeuse environnante. Alors la tumeur, vue de loin, ressemble quelque peu à un squirrhe. Si, de plus, à la suite d'un état inflammatoire qui n'est pas très rare dans les lipomes, il survient un léger ramollissement dans le noyau fibreux central, avec épanchement de produits plastiques dans la graisse qui l'entoure, la ressemblance avec le squirrhe se prononce de plus en plus. J'ai vu une tumeur de ce genre qui fut prise pour un cancer par un chirurgien justement célèbre.
Je n'ai pas besoin de dire que les tumeurs fibro-adipeuses altérées ne présentent aucun des caractères microscopiques du cancer. Il y a du reste un moyen bien simple de les en distinguer à l'œil nu : jamais ces tumeurs ne donnent de suc lactescent.
3" Tumeurs cartilagineuses, ou enchondromes. — Le tissu cartilagineux accidentel est beaucoup plus rare qu'on ne l'a dit. On s'est laissé tromper par les apparences. Les productions fibreuses très denses revêtent souvent l'aspect du cartilage ; de ce nombre sont toutes les prétendues plaques cartilagineuses de la rate, et la plupart des tumeurs soi-disant cartilagineuses de la plèvre et du poumon.
Il n'en est pas moins vrai que certaines tumeurs renferment du tissu cartilagineux, et méritent le nom à' enchondromes. Assez
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fréquents dans l'épaisseur des os spongieux et sous le périoste des phalanges, les enchondrômes sont rares dans les parties molles : on en a vu cependant dans un grand nombre d'organes, notamment dans la mamelle et dans le testicule.
Les enchondrômes sont loin de ressembler de tout point aux véritables cartilages ; sous le rapport de leur aspect extérieur ils s'en rapprochent beaucoup moins que le tissu fibreux cartilaginiforme. Au lieu de se présenter en masses homogènes, résistantes, élastiques et d'un blanc demi-transparent , ils sont souvent composés de plaques irrégulières, et creusés de cavités inégales. On y rencontre du tissu fibreux , et quelquefois aussi un suc amorphe, visqueux, transparent, qui n'est pas sans analogie avec la matière colloïde ; des éléments fibro-plastiques peuvent s'y joindre ; les éléments primitifs de l'organe s'y trouvent souvent mêlés, et il en résulte des masses complexes qui échappent parfois à toute description.
La bizarrerie de ces tumeurs , leur rareté , leur siège dans certains organes dont les tumeurs sont suspectes (tissu osseux, mamelle, testicule ), les ont fait confondre avec les cancers. Une circonstance accessoire a entretenu l'erreur. Il paraît que plusieurs de ces tumeurs, opérées en Allemagne, se sont reproduites après l'ablation, parce qu'on ne les avait pas enlevées en totalité.
Les enchondrômes ne fournissent de suc ni par le grattage ni par la pression : cela suffît pour ne jamais les confondre avec les tumeurs cancéreuses.
à-" Tumeurs pigmentaires. — Les tumeurs pigmentaires ont une couleur noire qui leur donne la plus grande ressemblance avec les encéphaloïdes mélaniques. Je ne les mentionne ici que pour mémoire. J'en ai parlé avec quelques détails à l'occasion de l'encéphaloïde.
§ II. Tumeurs réputées cancéreuses à cause de leur siège.
Lorsque une tumeur se développe dans un organe qui est fréquemment atteint par le cancer, on a de la tendance à la considérer comme cancéreuse. Si , de plus , cette tumeur présente quelque caractère qui rappelle de près ou de loin un caractère analogue du cancer, la confusion devient de plus en plus naturelle : c'est ce qui a eu lieu en particulier pour l'hypertrophie partielle de la mamelle, pour l'hypertrophie du pylore, et pour le fongus du testicule.
1" Hypertrophies partielles de la mamelle. — Ces tumeurs fort remarquables ont été décrites pour la première fois par A. Cooper, sous le nom de tumeurs mammaires chroniques. M.Velpeau a reconnu leur ressemblance avec le tissu glandulaire, et leur a donné le nom de tumeurs adénoïdes. M. Cruveilhier, qui a commis la légère erreur de les prendre pour des corps fibreux, a eu le mérite de les distinguer définitivement du cancer, dans une mémorablediscussion de l'Académie (1). Enfin, M. Lebert a reconnu et démontré leur véritable nature, et leur a donné le nom sous lequel je les décris (2).
La mamelle à l'état normal se compose de deux éléments : \° les culs-de-sac glandulaires et leurs conduits excréteurs; 2° le tissu cellulaire, ou fibro-cellulaire, interposé entre les éléments glandulaires proprement dits.
Ces deux éléments peuvent s'hypertrophier ensemble ou s'hypertrophier isolément. Lorsqu'ils s'hypertrophient ensemble et à un égal degré , le travail hyperlrophique peut porter sur la mamelle ou sur une partie seulement de son étendue. Celte affection, qui mérite le nom d'hypertrophie générale, n'est pas bien connue en France où elle est assez rare. Elle a été bien décrite
(1) Bulletin de l'Académie de médecine, t. IX, pag. 330 et suiv.
(2) Lebert, Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer. Paris, 1851, pag. 367.
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par M. Fingeruth. La glande, ainsi développée, conserve sa flexibilité, sa couleur normale, et parfois même ses fonctions. Personne ne peut être tenté de la prendre pour un cancer.
Le plus souvent l'hypertrophie atteint inégalement les deux éléments de la mamelle; en général alors l'affection est limitée à un certain nombre de lobules , mais ce n'est point pour ce motif qu'on lui donne le nom d'hypertrophie partielle ; c'est parce que chaque lobule n'est que partiellement hypertrophié. L'hypertrophie partielle peut donc occuper toute l'étendue de la glande : j'en ai vu un exemple dans le service de M. Roux. L'hypertrophie générale , au contraire , peut n'exister que sur une partie limitée de la mamelle.
L'hypertrophie partielle revêt deux formes bien différentes , suivant qu'elle porte principalement sur l'élément cellulo-fibreux, ou principalement sur l'élément glandulaire proprement dit. Dans le premier cas, la tumeur renferme une grande quantité de tissu fibreux , et mérite le nom d'hypertrophie fibreuse ; dans le deuxième cas, elle est presque exclusivement composée de culs-de-sac glandulaires élargis : c'est V hypertrophie lohulaire.
1° Dans l'hypertrophie fibreuse, la tumeur est blanche, très dure, parfaitement circonscrite, elle ne donne au grattage qu'un suc séreux ; elle ne ressemble pas du tout au cancer : elle ressemble davantage à une tumeur fibreuse; mais, dans toute son étendue, elle renferme des culs-de-sacs glandulaires que le microscope y démontre aisément. Avant l'emploi de cet instrument il était impossible de ne pas prendre les hypertrophies fibreuses de la mamelle pour de simples corps fibreux. Il importe de les en distinguer, parce que des corps fibreux véritables peuvent se développer dans cette glande : cela est très rare; j'en ai cependant vu deux exemples.
2" Dans l'hypertrophie lobulaire la scène est toute différente. La tumeur est beaucoup moins consistante et peut même de-
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venir 1res molle, assez molle pour simuler la fausse fluctuation de l'encéphaloïde mou. Elle est souvent bosselée, nouvelle ressemblance avec l'encéphaloïde; cela a lieu lorsqu'elle porte sur plusieurs lobesde la glande. Si l'ony pratique une coupe, les apparences deviennent de plus en plus trompeuses : c'est la couleur et la consistance du cancer cérébriforme ; enfin, si l'on gratte la surface de la coupe avec une mauvaise lame, on obtient une substance qui ressemble à un suc laiteux. Mais on évite la confusion en regardant de plus près. La matière fournie par le grattage n'est qu'un pseudo-suc. A l'œil nu le plus souvent, et toujours à la loupe, on voit qu'elle est formée par un certain nombre de petits corps blancs, globuleux, friables, indépendants les uns des autres, qui se mettent à flotter isolément lorsqu'on les place sur une goutte d'eau. On peut alors les prendre l'un après l'autre , à la pointe d'une aiguille, les placer sur le porte-objet du microscope, et reconnaître que chacun d'eux est constitué par un cul-de-sac glandulaire hypertrophié. Je ne dis ceci, du reste, que pour mémoire. Lorsqu'on cherche convenablement les caractères visibles à l'œil nu , on n'a pas besoin du microscope pour établir le diagnostic anatomique.
J'ai supposé le cas extrême où l'élément cellulo-fibreux, étoufi'é par la compression , disparaît presque complètement , et la tumeur est à peu près exclusivement composée deculs-de-sacglandulaires. 11 est rare que les choses en arrivent jusque-là. Le plus souvent l'altération est moins avancée ; l'élément fibro-celluleux existe encore en quantité notable, et la tumeur présente une consistance intermédiaire entre celle du squirrhe et de l'encéphaloïde cru. En pareil cas, on n'obtient le pseudo-suc qu'avec difficulté, ou même on n'en obtient pas du tout : il n'est même pas besoin d'aller à la recherche de ce caractère; il suffît, pour éviter l'erreur, de regarder de près la surface de la coupe. D'abord la tumeur présente une couleur uniforme sans stries opaques : ce
n'est pas un squirrhe ; puis sa couleur est d'un blanc mat, au lieu de celte blancheur demi-transparente qui donne, comme on dit, un œil bleuâtre à l'encéphaloïde cru. Enfin, la surface de la coupe présente une multitude de petites saillies, assez régulièrement disposées, largesd'environ un demi-millimètrechacune. Ces saillies ne sont autre chose que des culs-de-sac glandulaires hypertrophiés; dans les tumeurs un peu dures elles sont disposées par groupes de quatre ou cinq; chacun de ces groupes correspond à un globule de la glande mammaire.
Et puisque j'ai parlé des diverses variétés de l'hypertrophie mammaire partielle, j'ajouterai un dernier mot. La compression des conduits galactophores peut donner lieu à des accumulations du liquide glandulaire, et à des dilatations multiples: les kystes de la mamelle ont très souvent cette origine.
En tout cas , il suOit de l'examen à l'œil nu pour ne jamais confondre le cancer avec l'hypertrophie de la glande mammaire.
2** Hijperlrophie du pylore. — J'emploie ici le moi hypertrophie dans son acception la moins rigoureuse. Je crois, en effet, que l'affection que je vais décrire est la conséquence d'une inflammation chronique des tuniques de l'estomac au niveau du pylore.
M. Lebert a le premier appelé l'attention sur cette affection, que j'ai eu l'occasion d'étudier deux fois.
La surface interne de la muqueuse n'est pas altérée ; la surface péritonéale reste lisse et libre d'adhérences. Entre ces deux membranes existe une couche lardacée d'épaisseur variable ; elle était épaisse de 1 1/2 et 2 centimètres dans les deux cas que J'ai observés.
J'ai cru d'abord, et tous ceux qui virent les pièces crurent avec moi, qu'il s'agissait d'uti squirrhe non ulcéré du pylore. L'intégrité de la muqueuse avait toutefois lieu de surprendre. En faisant des coupes je ne pus trouver de suc. Au microscope je retrouvai les éléments normaux de la paroi stomacale , plus
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une couche épaisse de tissu cellulaire avec quelques éléments fibro-plastiques entre la muqueuse et la tunique musculeuse.
L'un des malades avait été observé pendant la vie; on avait diagnostiqué un cancer de l'estomac, à cause de la persistance des vomissements : le malade était mort d'inanition.
L'examen à l'œil nu sufïîlpour établir le diagnostic anatomique.
3" Fongiisdu testicule. — Le nom même que porte cette affection montre que ceux qui l'ont baptisée avaient une arrièrepensée de cancer.
Le fongus du testicule a en effet pendant longtemps été confondu avecle cancer. William Lawrence en a le premier reconnu la bénignité. A. Cooper, Earling, etplusieurs autres ont adoptél'opinion de Lawrence, en se basant comme lui sur l'observation clinique. Maislanature précise de cette affectionest restée inconnue jusqu'à la publication d'un excellent travail de M. Jarjavay (1).
Le fongus du testicule est une tumeur mollasse, saignant au moindre contact, à surface irrégulière, mamelonnée, à sommet large, à base rétrécie. Ce champignon s'implante quelquefois sur la tunique albuginée; plus souvent il se continue avec de la substance tesliculaire à travers une perforation de cette tunique. Dans le premier cas, c'est un fongus de la tunique albuginée ; dans le deuxième cas, c'est un fongus du testicule proprement dit.
Les fongus de la tunique ne se composent que de tissu fibroplastique et de tissu fibreux de formation nouvelle. Ceux du testicule proprement dit renferment de plus des conduits séminifères ; ils sont dus à l'issue d'une partie de la glande à travers une perforation de la tunique albuginée, issue qui paraît due à la rétraction inflammatoire de cette enveloppe fibreuse, et qui
(1) Archives de médecine, 18i9, t. XX. — Voyez aussi l'importante discussion qui a eu lieu à l'Académie de médecine, sur les tubercules du testicule, et à laquelle ont pri part MiM. Roux, Malgaigne, Velpeau, Ricord, Robert, Jobert, etc. ( Bulletin de l'Académie de inédecine. Paris, 1851, t. XVI, pag. lO^il et suiv. )
s'accompagne ensuite d'une inflammation chronique et d'une tuméfaction considérable de la portion herniée. Il n'y a donc aucune analogie de nature entre cette affection et le cancer ; mais il est tout simple qu'on l'ait confondue avec lui, parce qu'elle se produit sur un organe que le cancer encéphaloïde envahit fréquemment ; parce que les ulcères encéphaloïdes donnent souvent lieu à des végétations fongueuses, et parce que, enfin, lorsqu'on excise le fongus du testicule à sa base, il n'est pas rare de le voir reproduit par l'issue d'une nouvelle portion de la glande.
Il suffit toujours d'examiner les pièces à l'œil nu pour en reconnaître la nature. L'implantation du fongus, l'intégrité du restede la glande, la présence de tubes séminifères dans l'intérieur delà tumeur, enfin et surtout l'absence d'un véritable suc cancéreux montrent d'une manière évidentequ'il nes'agit pas d'un cancer.
§ III. Tumeurs réputées cancéreuses à cause de quelques caractères symptomalologiques.
L'ensemble des phénomènes qui constituent l'évolution de la maladie cancéreuse ne se rencontre dans aucune autre affection, mais la plupart d'entre eux peuvent se montrer isolément dans des affections différentes du cancer. Les ressemblances symptomatologiques ont donné lieu à de nouvelles confusions.
Trois espèces de tumeurs constituent notre troisième groupe de pseudo-cancers. Non seulement ces tumeurs présentent quelque analogie avec le cancer, au point de vue de leur marche locale, mais encore chacune d'elles se rapproche, par quelques apparences anatomiques, de certaines formes du cancer. Aussi la confusion a-t-elle été plus complète ici que partout ailleurs. Des auteurs distingués l'ont même conservée avec connaissance de cause.
Ces trois espèces de tumeurs sont : 1° les tumeurs érectiles, ou fongueuses sanguines; 2"* les tumeurs fibro -plastiques ; 3" les tumeurs épilhéliales. Ces dernières surtout ont avec le cancer