‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 2)Chapitre 13 sur 22 · PLANCHE 1, III LIVRAISON, FIGURE 2 ET · texte numérisé non relu

PLANCHE 1, III LIVRAISON, FIGURE 2 ET

Mapemoisezce Boran, couturière, âgée de quarante-quatre ans; pied-bot de naissance à gauche, bien réglée, entre à la Maison royale de Santé, le 31 octobre 1828, dans l’état suivant : face violacée; crachement de sang pur, mais en petite quantité, tantôt vermeil, tantôt noir et coagulé. La respiration est extrêmement fréquente , et néanmoins la malade n'éprouve pas le sentiment d'angoisse qui accompagne ce mode de respiration : elle assure qu'elle n'est point oppressée, et la parole est naturelle ; les réponses sont brèves comme si nos questions lui étaient importunes. Le pouls est presque insensible. L’auscultation et la percussion n'apprennent rien relativement aux poumons , seulement mucus bronchique; les battemens du cœur sont tumultueux sans bruit de soufflet. OËdème léger des extrémités inférieures.

Commémoratifs. I y a quinze jours, palpitations très-violentes qui persistèrent avec la même intensité pendant irois jours pour se dissiper incomplètement. La malade peut reprendre ses occupations, mais éprouve toujours à la région du cœur un sentiment d’oppression et même d'étouffement. Un médecin, consulté deux jours avant son entrée, avait prescrit un vomitif qui amena immédiatement l’hémoptysie.

Diagnostic. Hémoptysie, suite de maladie du cœur; peut-être apoplexie pulmonaire circonscrite. La malade ne se croit pas dans un état grave. Elle nous paraît à toute extrémité.

Traitement. Malgré l’insensibilité du pouls, saignée au bras qui est très-bien supportée. Simapismes.

Le lendemain, 1°’ novembre, mêmes symptômes; insensibilité du pouls; somnolence; immobilité; sentiment de lassitude extrême; ce n’est qu’à force d’instances que je parviens à faire mettre la malade sur son séant. L’auscultation et la percussion n’apprennent rien de plus que la veille. Expectoration de sang noir , toujours en petite quantité.

Le 2 novembre, assoupissement tel que la malade urine involontairement. Si on l’excite, elle répond parfaitement juste , mais elle s'endort au milieu d’une phrase , elle ne termine même pas le mot commencé : elle n’a d’ailleurs aucun sentiment de son état et de ses besoins. On dirait un animal dont le cerveau est fortement comprimé, où mieux encore un individu demi-asphyxié, engourdi par le froid, cédant à un sommeil invincible. À chaque expectoration, la malade amène une gorgée de sang noir coagulé. Mort pendant la nuit.

Ouverture du cadavre. Les poumons étaient parsemés d’un grand nombre de foyers sanguins (PL. 1, in livraison, fig. 2 et 3). Ces foyers, disséminés çà et là, étaient irrégulièrement sphéroïdes , mais trèsnettement circonscrits; leur couleur d’un noir de jais, leur densité, leur frangibilité, contrastaient avec l’état parfaitement sain des couches pulmonaires adjacentes : leur volume variait depuis celui d’une aveline jusqu’à celui d’un gros œuf de poule. Le plus grand nombre avoisinent la plèvre qu'ils soulèvent ; Les plus petits sont placés immédiatement au-dessous de cette membrane.

Déchirés , ces foyers sanguins présentaient un aspect granulé ; le sang coagulé qui les constituait, infiltré e e e e e e L] 9 dans les cellules pulmonaires , faisait tellement corps avec elles, que, sans les divisions bronchiques qu'on

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