III LIVRAISON. I
2 use MALADIES DU POUMON.
voyait au milieu de ces foyers, sans les lames fibreuses qui en traversaient quelques-unes (fig. 2 ), on eût dit un caillot de sang concret. Au reste, la macération, en enlevant couche par couche ces caillots, a mis à découvert la trame spongieuse du poumon et a permis de voir au centre de chaque foyer une déchirure plus ou moins considérable. Le lobe inférieur du poumon droit présentait, dans une bonne partie de son étendue, tous les caractères de là pneumonie, une couleur jaune rougeâtre , un aspect granulé ; il était frangible, compacte, non crépitant. Tout autour étaient des foyers de sang, ici plus, à moins considérables. Cette coïncidence prouve l’aflinité qui existe entre la fluxion sanguine hémorrhagique et la fluxion sanguine inflammatoire : doit-on admettre que la pneumonie avait été précédée d’une extravasation de sang? Je ne le pense pas, car la pneumonie observée dans ses diverses périodes ne présente pas d’hémorrhagie avec déchirure. Mais il y a dans l’inflammation comme dans l’apoplexie, c’est-à-dire dans l’hémorrhagie spontanée avec déchirure du tissu , un-élément commun, la fluxion sanguine : brusque , rapide, intéressant la continuité du tissu dans l’apoplexie; moins rapide et bornée à une extravasation capillaire, si toutefois 1l y a extravasaüon dans l’inflammation. Au demeurant, il est un cas de pneumonie qui présente la plus grande analogie avec l’apoplexie pulmonaire, c’est celui de pneumonie circonscrite ou lobulaire à la suite des grandes opérations chirurgicales, ou à la suite de l'introduction d’un corps étranger irritant dans le système circulatoire. Ainsi il m'est arrivé bien souvent dans ces cas de rencontrer dans le poumon, le foie, à côté d’abcès incomplètement formés, des noyaux d'induration rouge, tout-à-fait semblables, sauf une couleur moins foncée , aux petits foyers apoplectiques représentés fig. 2 et 3; et même , lorsque la mort a été rapide, on ne trouve point d’abeès, mais seulement des foyers sanguins dont la circonscription décèle l’origine.
Le cœur m'a présenté une hypertrophie du ventricule gauche, un rétrécissement, ou plutôt une sorte de coarctation de l’orilice auriculo-ventriculaire du même côté, lequel pouvait admettre assez librement le doigt indicateur.
La coïncidence d’une lésion dans la circulation du cœur et d’une apoplexie pulmonaire est remarquable. On conçoit que le rétrécissement de l’orifice aurieulo-ventriculaire entraine le reflux du sang dans les veines pulmonaires d’abord, puis dans les capillaires veineux du poumon , et que tous les phénomènes de la fluxion
sanguine, que l’hémorrhagie, et la pneumonie peuvent être l'effet de ce reflux.