‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 2)Chapitre 18 sur 22 · ID · texte numérisé non relu

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Hernies.

(PLANCHE 111, xx1° LIVRAISON.)

Les hernies du poumon sont une maladie extrêmement rare : à peine en trouve-t-on quelques exemples dans les fastes de l'art, et parmi ces observations, plusieurs me paraissent appartenir à des cas d'empyème circonscrit communiquant à l'extérieur par une perte de substance des muscles intercostaux : au reste, aucun de ces cas de hernie du poumon nayant été confirmé par l’autopsie, on pourrait à la rigueur rejeter comme douteuses la plupart, sinon la totalité de ces observations. L'observation suivante est donc importante à beaucoup d'égards, et ce qui la rend plus importante encore, c'est que l'individu qui en fait le sujet a été soumis à l'examen de la plupart des chirurgiens de Paris, et que son observation a déjà été publiée un grand nombre de fois. Elle établit en outre que les signes donnés par les pathologistes comme propres à la hernie du poumon sont parfaitement exacts. | sé

C'est à cet individu que se rapporte la note suivante consignée dans le Dictionn. des Sc. médic., tom. xriv, pag. 541.

« M. le professeur Thillaye a montré à M. Leroux un homme atteint d’une incommodité qui ne peut « être considérée que comme une hernie du poumon d'un genre toutefois bien particulier. Cet homme avait « eu les troisième et quatrième côtes vraies du côté droit fracassées assez près du sternum. Par suite de ce « désordre, il resta à l'endroit correspondant des parois de la poitrine une ouverture qui, autant qu’on « put en juger à travers l'épaisseur du grand pectoral qui le recouvre, pouvait admettre le poumon : la res- « piration se faisait sans effort; le poumon ne proéminait pas, et l'extérieur de la poitrine laissait voir une « dépression très sensible; mais à chaque inspiration (1) très forte, et mieux encore à chaque effort de toux, «le grand pectoral se soulevait, et l’on pouvait sentir le poumon qui se développait brusquement au tra- « vers de l’ouverture. Cette infirmité ne gênait d’ailleurs en rien celui qui la portait, et ne l’empêcha pas” « de reprendre les travaux d'une profession assez pénible. Il ne se fit point d’exfoliation : les côtes frac- « turées paraissaient n'avoir éprouvé aucune déperdition de substance. M. Leroux présume que l’ouver- « ture existante aux parois solides de la poitrine, était due à ce que, les muscles intermédiaires à ces « côtes ayant été déchirés, les fragmens furent entraînés et maintenus par chaque côte correspondante. »

Cet individu étant entré, en 1832, à l'hôpital Saint-Louis pour le choléra (il avait alors 77 ans), et ayant succombé par suite de cette maladie, sa poitrine, sur laquelle on avait reconnu la hernie du poumon, me fut apportée par M. Voisin, alors interne à cet hôpital, aujourd’hui médecin distingué à Limoges; et voici les particularités que m'a offertes la dissection de la tumeur. Pour tout commémoratif, on avait recueilli que, dans sa jeunesse, cet homme avait été écrasé contre une borne par un timon de voiture,

La tumeur qui occupait l’espace compris entre la troisième et la quatrième côtes, au voisinage dusternum, était susceptible de réduction, et lorsqu'on l'avait réduite, le doigt pouvait parcourir le pourtour d’une ouverture très considérable (fig. 2), qui donnait passage aux parties déplacées.

Sous la peau, on trouvait : 1° une couche de tissu adipeux, et sous cette couche, une membrane séreuse parfaitement transparente et lisse à sa face interne, un véritable sac herniaire dans lequel était contenue une portion considérable de poumon HP, fig. 1. Les muscles grand et petit pectoraux manquaient au niveau de la tumeur. 4 |

La partie du poumon déplacé n'avait subi aucune altération dans sa texture ; flétrie et d’un petit volume, la plèvre qui la recouvrait jouissait de sa transparence accoutumée ; elle acquérait un grand développement par l’insufilation. 3 | fe |

Il importe d'exposer les rapports du sac herniaire avec la plèvre : ce sac herniaire, que je suppose partir de l'ouverture du thorax, se portait de bas en haut, revêtait la face externe de la languette LO, vOY.

fi) Il faut lire probablement expiration.

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