‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 2)Chapitre 21 sur 22 · XXIX° LIVRAISON · texte numérisé non relu

XXIX° LIVRAISON

formation et par des macules de sang. Ges vaisseaux de nouvelle formation et ces macules appartiennent à des fausses membranes très minces , qu'on peut détacher avec la plus grande facilité. Les gros troncs de ces vaisseaux nouveaux sont sous la plèvre, les divisions dans les lignes cellulaires qui séparent les lobules, et les dernières ramifications sur les lobules eux-mêmes.

La base du ‘poumon est recouverte d’une pseudo-membrane PSI , infiltrée de sang.

La figure 2 représente la coupe du lobe supérieur.et du lobe inférieur. On voit sa couleur blanchäjre : on peut juger de sa consistance considérable et de sa disposition granuleuse, chaque vésicule représentant une granulation. Les lobules peuvent être séparés les uns des autres. Dans quelques points, un lobule était envahi seul au milieu de lobules infiltrés de sérosité. D’autres fois. dans un lobule infiltré, on voyait un certain nombre de granulations.

Tout.le lobe inférieur présentait une disposition granitique fort remarquable, des points blancs entremêlés de points rouges.

Le sommet du poumon gauche offrait de petites cavernes communiquant largement avec les bronches, et au voisinage se voyaient quelques tubercules disséminés. Evidemment ces tubercules et ces cavernes

étaient d’une date antérieure à la maladie. On voyait une douzaine de tubercules dans le poumon droit.

Css a. rer]

(PLANCHE V, XXXII° LIVRAISON.) Fig. v.

Fragment non gangréné pédiculé du poumon , remplissant une caverne du sommet. — Pleurésie pseudomembraneuse et séreuse. — Phlegmon diffus du thorax.

Rousset , 30 ans, vint, en 1829 , à la maison royale de santé, pour une toux sèche sans dépérissement, avec fièvre légère. L’auscultation me fit reconnaître une caverne dans le sommet du poumon droit. Le son Caverneux présentait, à la fin de chaque expiration et de la toux, une vibration singulière. Bientôt symptômes de pleurésie latente non fébrile du même côté (côté droit) ;son mat avec ampliation du thorax. Le maladese livra à son appétit désordonné. Au bout de deux mois environ ,décubitus obligé du côté de l’épanchement. Infiltration légère du tissu cellulaire sous-cutané ; cependant rien n’indiquait une fin prochaine, lorsque le malade se plaignit d’une vive douleur au creux de l’aisselle droite, où je reconnus une inflammation phlegmoneuse. La tuméfaction et la douleur s’étendirent largement sous le grand pectoral en avant, puis sous le grand dorsal en arrière , et enfin le long du bras, et la malade succomba le sixième jour de ne du phlegmon large, diffus et note

Ouverture. Le tissu cellulaire du creux de l’aisselle est infiltré de pus concret. Gette infiltration s’étend sous le grand pectoral en avant, sous le grand dorsal en arrière , et en bas le long de la gaîne celluleuse, qui entoure les vaisseaux et nerfs brachiaux jusqu’au pli du bras. En outre, l'inflammation avait envahi les muscles grand pectoral et grand dorsal eux-mêmes. On voyait, dans l'épaisseur de ces muscles , des lignes rouges alternant avec des traînées de pus, occupant le tissu cellulaire intermusculaire. Au premier abord , J'avais pu penser que ce phlegmon diffus était le résultat de la présence de l’épanchement pleural et d’un travail éliminatoire à l’aide duquel ce liquide aurait été évacué en dehors : point du tout. Il n’y avait aucune communication entre ce phlegmon diffus et l’'épanchement pleural, aucun signe de travail de perforation des muscles intercostaux.

Le poumon droit (fig. 1 ) était peu volumineux, affaissé qu'il était par un épanchement considérable: il était enveloppé par une fausse membrane tres épaisse. La partie supérieure du lobe supérieur adhérait intimement à la plèvre costale , si bien qu'il fut impossible de le détacher sans entamer son tissu. Tout le reste du poumon était séparé des parois thoraciques par un épanchement considérable. La base était profondément excavée. Aucune partie de ce poumon n'était perméable à l'air. Je ne crois pas que le poumon contint une seule bulle de ce fluide. Son tissu était moasse, infiltré de liquide trouble, parsemé de lignes ardoisées, disposées en ramifications. RNATISE noyaux durs, EE re étaient disséminées çà et là.

La moitié supérieure du lobe supérieur était creusée d’une caverne, que remplissaient incompletement deux fragmens de poumons pédiculés MPP, #"p'p'. Ces fragmens étaient indurés et leur pédicule s’est rompu avec la plus grande facilité. Dans la caverne, dont les parois étaient extrêmement minces dans uhe partie de son étendue , aboutissaient plusieurs tuyaux bronchiques , coupés à pic. Ces tuyaux présentaient jusqu'à une certaine distance des ulcérations disposées par plaques.

Le poumon gauche présentait dans son sommet un bel exemple de cicatrice tuberculeuse. Ce sommet était induré et ratatiné. Au milieu d’un tissu noir de jais extrêmement dense se voyaient de petits foyers de matière plätreuse. Le reste du poumon offrait, au milieu d’un tissu parfaitement sain, un certain nombre de tubercules , les uns miliaires , les autres pisiformes, les autres irréguliers.

Réflexions. La maladie dont on vient de lire l'histoire a présenté plusieurs périodes: première période, développement de tubercules; deuxième période, inflammation du sommet du poumon droit; troisième période, pleurésie ; quatrième période, phlegmon diffus. |

L'affection tuberculeuse était guérie : cela n’est pas douteux pour le sommet du poumon gauche, qui présentait une induration noire avec matière plâtreuse. Je suis tenté de considérer, d'après mes idées actuelles, les tubercules disséminés dans le reste du poumon AGE comme des tubercules de guérison: c'étaient plutôt des indurations circonscrites que des tubercules: il n’y avait pas de matière tuberculeuse proprement dite.

Il est probable que le sommet du poumon droit avait été le siège d'une induration de méme nature que le sommet du poumon gauche, et qu'une inflammation , survenant dans

Page 1