‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 2)Chapitre 4 sur 22 · PLANCHE IV, XI° LIVRAISON · texte numérisé non relu

PLANCHE IV, XI° LIVRAISON

La planche 2, rm1° livraison, nous a offert un exemple de foyers gangréneux circonscrits, dont plusieurs étaient en voie de guérison. À la base du poumon se voit un foyer superficiel ouvert dans la plèvre, foyer qui fut la source d'une hémorragie interne mortelle.

Le cas représenté planche 1v m'a paru pouvoir servir de type pour la gangrène diffuse du poumon , espèce de gangrène que Laennec regardait comme excessivement rare, mais qui est à peu de chose près aussi fréquente que la gangrène circonscrite. Je ne vois pas d'ailleurs qu'il existe de différence fondamentale entre ces deux formes de gangrène.

L'une. et l'autre reconnaissent les mêmes causes; elles sont également réfractaires à nos moyens thérapeutiques, et sont presque nécessairement mortelles. Cependant, tandis que la gangrène diffuse, envahissant une partie plus ou moins considérable d’un poumon, s'accompagne presque toujours d'épanchement dans la cavité de la plèvre, et devient aussi rapidement qu'inévitablement funeste, on conçoit au contraire la curabilité des foyers gangréneux circonscrits; la pl. 2, 11° livr., le prouve d'une manière manifeste; et si de nouveaux foyers gan-

gréneux n'étaient survenus, les forces du malade auraient probablement suffi aux frais de la guérison.

Gangrène diffuse du poumon (”. Epilepsie. Chorée. Mort le treizième jour de l'invasion des symptômes de la maladie du poumon.

Becquet, âgé de trente-neuf ans, ancien militaire, était épileptique depuis l'âge de vingt-deux ans : l’épilepsie, dont les accès très-intenses dans le principe allèrent peu à peu en diminuant, fut en grande partie remplacée par la chorée. Celle-ci devint habituelle, mais avec exacerbations qui revenaient comme par accès. Le dernier accès eut lieu le 12 juin 1830; il consista dans des mouvemens irréguliers des extrémités inférieures joints à une faiblesse extrême, de telle façon qu'il fallait plusieurs personnes pour maintenir le malade dans la situation verticale. Les muscles de la face se contractaient spasmodiquement ; l'articulation des sons était très-embarrassée. |

Le 15 juin, aux symptômes précédens s'ajoute un nouvel ordre de phénomènes : respiration difficile, entrecoupée; pouls fréquent et plein; face rouge; sueur générale. Râle crépitant dans la plus grande partie du poumon droit; son mat du même côté; intégrité du poumon gauche; crachats visqueux, roussâtres, adhérens au vase, striés de sang. Saignée de dix-huit onces, sans amendement.

Le 17, matité considérable à la partie postérieure droite du thorax; à la crépitation avait succédé cette respiration que j'ai cru devoir appeler tubaire. Les crachats sont visqueux et verdätres.

Jusqu'au 19, mêmes symptômes, crépitation à gauche. Les jours suivans, affaissement des traits, le pouls a beaucoup perdu de sa force et de sa fréquence. Expectoration abondante; les matières expectorées sont d'un jaune verdâtre, sarieuses, d’une odeur fétide et repoussante ; nausées, efforts de vomissemens ; prostration des traits de la face. Le 23, gargouillement dans le thorax à droite; efforts de vomissemens, espèce de hoquet qui amène une matière sanieuse horriblement fétide. Le 27, le tarire stibié est administré à la dose de six grains dans huit onces de véhicule que l’on fait prendre par cuillerée. Le 28, petitesse extrème du pouls, hoquets, sueur froide, mort. | *G°

Ouverture du cadavre irente-six heures après la mort. Le poumon droit (fig. 1) présente à son bord postérieur BP une vaste caverne dont la paroi postérieure est formée par la plèvre PP inégalement perforée en plusieurs points PP, PP, PP. La plèvre divisée, figure 2, on arrive dans une vaste caverne gangréneuse FG,FG, FG, qui contient une boue noirâtre tout-à-fait semblable à celle rendue par l’expectoration , d'une horrible fétidité : aux parois du foyer sont attachés des lambeaux gangréneux dont les pédicules sont formés par des vaisseaux. Les principales escarres E, E ont été conservées. Cette caverne communique aussi largement avec les bronches qu'avec la cavité de la plèvre. L'insufflation de la bronche correspondante permet de voir de gros tuyaux bronchiques coupés nettement dans divers points de cette caverne.

(*) Observation et pièce pathologique communiquées à la Société Anatomique par M. Bergeon.

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