‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 2)Chapitre 6 sur 22 · PLANCHE II, III° LIVRAISON · texte numérisé non relu

PLANCHE II, III° LIVRAISON

Févar, âgé de cinquante-trois ans, coiffeur, entre à la Maison royale de Santé , le 21 décembre 1828, dans l’état suivant : oppression; toux; expectoration purulente d’une horrible fétidité; fréquence médiocre dans le pouls. Le malade raconte que depuis six ans, sans cause connue, il est sujet à des attaques d’épilepsie qui se renouvellent tous les cinq à six mois, et qui le laissent pendant plusieurs jours dans un état d’hébétude et d’engourdissement; que, depuis dix ans, 1l est tourmenté par un catarrhe qui se reproduit tous les hivers, et à la suite duquel il est devenu asthmatique ;que, le 12 décembre dernier, une saignée lui ayant été pra: tiquée pour une attaque d’épilepsie, il fut pris immédiatement après d’oppression, de fièvre, et de crachemens de sang qui se renouvelèrent à plusieurs reprises. Pendant Les dix premiers jours de son séjour à l’h6pital, il fut confié aux soins de M. Duméril , qui s’assura que la mauère de l’expectoration contenait du pus, car elle était complètement miscible à l’eau. Il éprouva plusieurs hémoptysies considérables pour lesquelles on eut recours à la décoction de ratanhia. L’horrible fétidité des matières expectorées fit employer les pilules de charbon. Lorsque je repris mon service, le 3 janvier 1829, le malade m'offrit les symptômes suivans : décubitus presque vertical ; oppression : autour de son lit règne une atmosphère horriblement fétide, l'odeur de la macération la plus infecte. Aussitôt qu'il faisait un effort de toux, quil parlait, ou même sans effort de toux, sans parler, la colonne d'air qui sortait de sa poitrine était d’une fétidité intolérable. Il expectorait sans difficulté , en grosse masse, du mucus d'un blanc jaunâtre , d'apparence purulente , mais immiscible à l’eau, répandant au loin l'odeur la plus méphitique. Le pouls était d’une fréquence naturelle, vif et résistant : la poitrine percutée rendait un son mat dans la partie postérieure du côté droit : l’auscultation faisait entendre du gargouillement dans le même côté; côté gauche sonore. Persuadé qu'il y a gangrène du poumon, mais circonscrite , vu l’état général et surtout l’état du pouls, je prescris des pilules de chlorure de soude , des gargarismes avec soluuon de chlorure, des pastilles de baume de Tolu. Je continue les pilules de charbon. Une insomnie rebelle me force à ajouter quelques cuillerées de potion calmante pour le soir.

Hémoptysie considérable pendant la nuit du cinq au six janvier. Le sang était rutilant, spumeux , sans odeur. Le 6 janvier matin, les crachats étaient sanieux et fétides ; l’auscultation me fait reconnaître une respiration et une voix tubaires à droite au niveau de l'angle inférieur de l’omoplate et de la fosse sousépineuse, et dans un rayon d’un pouce et demi à deux pouces ; son toujours mat; dévoiement assez considérable. ( Suspension des moyens thérapeutiques précédens; tisane pectorale; vésicatoire au bras. ) Les 7, jusqu’au. 12 , tantôt le malade expectorait du sang vif pendant la nuit, et le jour, des mucosités sanieuses ; tantôt les crachats reprenaient leur caractère de mucus opaque extrêmement fétide, et ces varations s'opéraient dans l’espace de quelques heures. Le pouls est à peine fréquent; oppression moindre. Le dévoiement persiste avec beaucoup d'intensité. (Décoction blanche sans cannelle; lavem. d’amidon avec

quelques gouttes de laudanum. )

Du 12 au 24, mieux très-prononcé : l'oppression diminue notablement ; l’expectoration devient moins

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