III” LIVRAISON
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Ô MALADIES DU POUMONX.
lieu dans la cavité de la plèvre aussi bien que dans les canaux bronchiques; le fait représenté planche 11 convertit cette présomption en certitude.
Je rapporte à la gangrène sèche ou sans odeur du poumon le fait suivant, présenté à la Société anatomique par M. Robert. A l'ouverture du thorax d'un individu dont l'observation fait partie des bulletins de cette Société, on voit le lobe supérieur du poumon gauche converti en une vaste caverne ouverte dans la plèvre, et au milieu de cette caverne du pus blanc sans odeur. Un filet d'eau emporte avec le pus un corps blanchâtre, facilement reconnaissable pour un fragment de poumon complètement séparé du reste de l'organe et infiltré de pus : on y retrouve les canaux bronchiques, les vaisseaux sanguins, l'aspect mollasse et lobulaire du poumon; mais d’ailleurs point d'odeur gangréneuse. Le malade avait vécu trentecinq jours depuis l'invasion des symptômes, qui consistèrent principalement en‘une grande dyspnée et plusieurs hémoptysies ; la matière expectorée avait été alternativement muqueuse, puriforme, sanglante, rougeâtre, mais sans présenter aucune fétidité. La poche était formée, partie par le tissu propre du poumon inégal et déchiré, présentant çà et là les orifices des tuyaux bronchiques coupés à pics, partie par la plévre et le péricarde épaissis. Cest [à vraiment un exemple de gangrène sèche du poumon. Je viens de voir dans une caverne pulmonaire, qui occupait une bonne partie du sommet du poumon, un fragment mduré de cet organe ne tenant aux parties voisines que par un pédicule extrêmement mince que le moindre contact à suffi pour rompre.
La gangrène primitive est une maladie assez rare, mais la gangrène, suite d'infiltration tuberculeuse, est extrêmement fréquente : c'est la phthisie ulcéreuse et tuberculeuse de Bayle. Et alors on trouve des foyers fétides à parois inégales, déchirées, tuberculeuses, remplies de la même sanie que le malade expectorait en plus ou moins grande abondance avant sa mort.
Enfin Fanatomie pathologique nous démontre de la manière la plus manifeste que la ganorène du poumon n'est pas une maladie au-dessus des ressources de la nature et de l'art; elle nous rend en quelque sorte témoins du mécanisme de la cicatrisation des foyers de ce genre (fig. 1). J'avais donc raison de conclure dans ma thèse déjà citée que les excavations gangréneuses du poumon ne sont pas incurables : Æroo pulmonum excavalio gangrænosa non est incurabules.
4°. Signes diagnostiques. L'air expiré et les produits de l'expectoration d'une fétidité gangrépeuse, un sentiment de faiblesse excessif, le plus souvent des hémoptysies abondantes, une respiration et une voix tubaires, précédées par un gargouillement considérable dans toute l'étendue du foyer, voilà les signes les plus constans de la gangrène du poumon : mais ces signes sont bien loin d'être caractéristiques.
J'ai donné mes soins à un adolescent qui, depuis deux ans, expectorait tous les matins un verre de pus horriblement fétide. Il succomba à une hydropisie des ventricules du cerveau : pour toute lésion dans le poumon, je trouvai, non point un foyer purulent, mais les divisions bronchiques qui se rendent dans le lobe supérieur du poumon gauche remplies de pus; la muqueuse bronchique très-rouge et très-épaissie; le parenchyme du lobe supérieur mollasse, infiltré, ayant perdu ses caractères de tissu pulmonaire, ne servant plus à la respiration. Les ramifications bronchiques faisaient pour ainsi dire l'office d'un réservoir de pus. Les crachats brunâtres, noirâtres, verdâtres ne sont pas propres à la gangrène du poumon; car, d'une part, les crachats de la pneumonie la plus bénigne présentent souvent ce caractère, et, d'une autre part, les crachats de la gangrène sont quelquefois blancs. L'expectoration fétide et l'hémoptysie réunies me paraissent caractériser autant que possible la sangrène du poumon. Mais l’un et l’autre peuvent manquer lorsque le foyer gangréneux ne communique pas avec les bronches. J'ai vu un individu qui, après plusieurs semaines de toux et d'oppression, expectora tout-à-coup une grande quantité de pus horriblement fétide. Il sucecomba : je trouvai un foyer gangréneux circonserit de toutes parts au moyen d'une fausse membrane. La mort aurait pu précéder la rupture du foyer.
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5°. Thérapeutique. Notre malade était hémoptysique par excellence ; mais cette hémoptysie,
MALADIES DU POUMON. 5] que Laennee à donnée comme le signe le plus général de l'apoplexie du poumon, n'était qu'un effet, qu'un épiphénomène uniquement du à la rapidité avec laquelle le mort se séparait du vif; en un mot, une hémorrhagie par rupture. Méfions-nous d'une médecine purementsymptomatique. L'hémoptysie n'emporte donc pas nécessairement la saignée. Je crois que dans la gangrène du poumon la saignée est formellement contre-indiquée. L'état du pouls, l'état des forces doivent ètre pour ainsi dire combinés avec l'état local pour diriger dans l'application des moyens thérapeutiques. L'état antérieur du malade ne sera pas non plus négligé. L'incertitude qui règne dans le traitement de la gangrène en général s'augmente encore ici de l'incertitude du diagnostic. L'anatomie pathologique doitreconnaitre son insuffisance en thérapeutique; son rôle est de constater la lésion, celui de la médecine clinique est de chercher et de trouver le remède. Or jusqu'à ce moment la médecine élinique n'a pas prononcé relativement à la gangrène du poumon. Toujours est-il qu'on devra distinguer la gangrène primitive du poumon de la gangrène suite de bronchite, de pneumonie, de tubercules. Si le traitement antiphlogistique est indiqué pour la prévenir lorsqu'elle est la suite de pneumonie avec excès d'inflammation; la gangrène une fois déclarée, l'économie est sous l'empire d'une cause stupéfiante; c'est plutôt à soutenir les forces, à lutter contre l'effet de l'absorption d’une matière ichoreuse et délétère qu'il faut s'attacher de préférence. Cest alors que des fumigations faites avec des vapeurs contenant un vingtième de chlore, c'est alors que le camphre à l'intérieur, les balsamiques, l'acétate d'ammoniaque, les acides minéraux à doses fractionnées, et les préparations de quinquina doivent produire de bons résultats. D'ailleurs ici comme dans tous les cas où les règles de l'art ne sont point encore fixées, on devra marcher sans idées préconçues, tâtonner méthodiquement et puiser les indications suivant ce vieil adage : 4 juvantibus et lædentibus.
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MALADIES DU POUMON, DU THYMUS ET DU PANCREÉAS CHEZ LE FOETUS, (PL II, XV° livr. ).