‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 13 sur 122 · CANCER DE LA‘MAMECLLE CHEZ L'HOMME · texte numérisé non relu

CANCER DE LA‘MAMECLLE CHEZ L'HOMME

ayant été envahi, on pourrait supposer que l'altération sest propagée aux côtes par continuité de tissu, de même qu'elle s'était propagée de la glande mammaire aux muscles subjacens; mais à gauche, l'altération des os était indépendante de toute lésion voisine, et c'est évidemment par l'os lui-même qu'a débuté la dégénération; car les muscles, la glande mammaire et la peau étaient dans l'état le plus parfait d'intégrité. |

Le tibia n'a éprouvé aucun changement ni dans sa forme ni dans son volume; sa partie moyenne est carnifiée dans toute son épaisseur. À ce niveau, le canal médullaire est plein; la moelle est remplacée par un tissu Cañcéreux qui se continue sans ligne de démarcation avec le tissu également cancéreux de l'os.

Dans d'autres points, la dégénération a débuté, tantôt par les couches les plus superficielles de l'os : il semble alors que la lame profonde du périoste devenu cancéreux envoie des prolongemens dans l'épaisseur de l'os; tantôt par les couches moyennes ou le centre du tissu compacte, où quelques fibres osseuses sont remplacées par du tissu cancéreux; ailleurs enfin par les couches les plus profondes. Aux extrémités de los, la dégénération a la forme de tubercules ou petites masses irrégulières, occupant des espèces de géodes, dont les unes avoisinent la surface de l'os, dont les autres avoisinent le canal médullaire, et dont les autres enfin sont comme emprisonnées dans l'épaisseur de l'os.

Le tissu cancéreux était d'ailleurs très dense, blanc, résistant à la manière d'un corps fibreux : il était pénétré de suc cancéreux peu abondant. Le cancer fibreux est la forme la plus commune du cancer des os. |

EXPLICATION DES FIGURES

Cancer fungiforme de la mamelle.

Le cancer représenté pl. 1v, xxiv° livraison, appartenait à un homme âgé de 40 ans environ, sur lequel M. le docteur Manry, médecin de l'hôpital Saint-Louis, a eu l’obligeance de me donner les renseignemens SUIVans : ;

. Cet homme faisait remonter la cause de sa maladie à un coup d'épée qu'il reçut à la mamelle en se battant en duel. Cette blessure, légère en apparence, se cicatrisa incomplètement. Il resta tout autour une induration douloureuse qui, au bout d’un temps assez long, proémina en deux ou trois petits mamelons : la peau changea de couleur, s’excoria, et bientôt se développèrent tous les caractères du cancer ulcéré.

Le malade, qui habitait la province, fut soumis à divers traitemens ; on insista particulièrement sur le régime antiphlogistique, après quoi on enleva la tumeur avec l'instrument tranchant.

La plaie résultant de cette ablation ne se cicatrisant pas et prenant la physionomie cäncéreuse, le malade vint à Paris, où il fut soumis à l'observation de M. Manry, de M. Paul Dubois et de plusieurs autres confrères.

Les antécédens, l'apparence spécifique de l’ulcération engagèrent M. Manry a soumettre le malade à la décoction de Zittmann, moyen qui fatigua beaucoup, détermina de l’amaigrissement, sans modifier en rien les symptômes existans.

Ce fut alors que le malade, étant menacé d’une fin prochaine sous la double influence des hémorrhagies et de la gangrène, se décida à entrer à la Maison royale de santé, où M. Paul Dubois, alors chirurgien de cette maison, pratiqua l'amputation du fungus cancéreux : le grand pectoral, qui adhérait à une partie de la base de la tumeur, fut emporté bien au-delà des limites de l’adhérence. C’est ce fungus cancéreux que nous avons représenté. Bien que l'ablation eût été aussi complète que possible, et pratiquée aux dépens des parties saines; bien que les glandes de l’aisselle fussent dans l’état le plus parfait d'intégrité, la maladie repullula : après un an ou dix-huit mois d’un traitement palliatif, on enleva de nouveau la masse cancéreuse et on cautérisa profondément avec le fer rouge : mais cette opération n'eut pas des suites plus heureuses que la première; bientôt survinrent de l'oppression qui décelait un épanchement dans la poitrine, l'infiltration des membres inférieurs et un amaigrissement rapide : c'est dans ce fâcheux état que le malade quitta Paris pour retourner dans sa province, où il mourut quelques mois après. |

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