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(PLANCHE VI, XXVIII® LIVRAISON.) Lésions dans la contiguité des os. — Luæxation du fémur en haut et en dehors.
Parmi les faits d'anatomie pathologique, il en est un grand nombre qui appartiennent à une nature destructrice; d'autres appartiennent à une nature restauratrice, et, parmi ces derniers, les articulations nouvelles qui s’établissent à la suite du déplacement des surfaces articulaires méritent de fixer notre attention. Nous verrons ces articulations suppléer jusqu'à un certain point les articulations anciennes, appartenir tantôt au même genre que celles qu'elles sont destinées à remplacer, tantôt à un genre différent par suite des déformations qu'ont subies les surfaces frottantes et des végétations osseuses quise sont formées.
Les nouvelles articulations quisuccèdent aux luxations du fémur en haut et en dehors sont peut-être celles où le travail de restauration est le plus parfait. Elles sont tantôt congéniales, tantôt postérieures à la naissance. Existe-t-il des différences notables entre les unes et les autres sous le point de vue de l'anatomie pathologique? Il m'est permis d'en douter, jusqu'à ce que des faits positifs aient établi le contraire. Une nouvelle articulation congéniale du fémur est en effet accidentelle par rapport à la vie intra-utérine, c'est-à-dire qu'elle est la suite d’un déplacement congénial, déplacement produit par une violence qui aura forcé la tête du fémur à abandonner la cavité cotyloïdienne, et qui, pour être la suite d'une attitude vicieuse du fœtus, d’une pression exercée sur le fœtus, n'en est pas moins une violence extérieure. Du moment oùilest constant que, dans les luxations congéniales, il y a déplacement, comme dans les luxations postérieures à la naissance, nous devrons trouver, dans le premier comme dans le deuxième cas, une cavité cotyloïde ancienne à l'état de vestige, une cavité cotyloide nouvelle plus ou moins développée, un ligament capsulaire ancien, étendu du pourtour de cette cavité cotyloïdienne ébauchée à la base du col du fémur, un ligament capsulaire nouveau, formé aux dépens des fibres musculaires du muscle petit fessier, une déformation plus ou moins considérable de la tête du fémur, etc.
Il suit de cette identité de conditions organiques dans la luxation congéniale du fémur et dans la luxation postérieure à la naissance, que la réduction de la tête du fémur déplacée dans l’ancienne cavité cotyloïde, présente les mêmes difficultés dans l’un que dans l’autre cas. Je ne comprends rien, je l'avoue, aux succès qu'on dit avoir obtenus par des moyens orthopédiques dans le traitement des luxations congéniales du fémur, comme je ne comprendrais rien aux succès d'un traitement dirigé contre une luxation postérieure à la naissance, ayant plusieurs années d'ancienneté. La cavité cotyloide ancienne, déformée , à l'état de vestige, n'est pas beaucoup plus apte à recevoir la tête du fémur que tout autre point de la surface de l'os coxal contre lequel on porterait cette tête. Les ligamens, d'ordinaire si puissans, de la nouvelle articulation doivent opposer une résistance invincible à tout effort de traction , de telle sorte que je suis fondé à révoquer en doute non la bonne foi des personnes qui prétendent avoir guéri des luxations congéniales du fémur; mais la vérité du fait, en tant que cette guérison serait une réduction véritable. La cavité cotyloïide de l'articulation nouvelle emboite quelquefois si bien la tête du fémur, la capsule fibreuse de nouvelle formation la fixe, quelquefois avec tant de solidité, qu'il faudrait une violence extérieure aussi considérable que celle nécessaire à la production d’une luxation, pour dégager la tête du fémur de la cavité accidentelle qu'elle s'est creusée sur la fosse iliaque externe, et vaincre la résistance des ligamens anciens et nouveaux qui ly maintiennent solidement attaché.
Il résulte d’un fait, représenté planche 2, n° livraison, 1° que les luxations congéniales du fémur sont le résultat d’une pression, d’une violence extérieure, subie par le fœtus dans la cavité utérine, pression, violence extérieure qui sont de même nature que celles qui déterminent le vice de conformation, connu sous le nom de pied-bot main-bot; que cette pression a pour résultat non le déchirement, mais l'allongement de la capsule fibreuse.
Dans le cas dont il s'agit, les ligamens ronds étaient grèles et d'une longueur démesurée ; la XXVIIIe LIVRAISON. | 1