‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 33 sur 122 · FIG. 2, PL. II, XXIX® LIVRAISON · texte numérisé non relu

FIG. 2, PL. II, XXIX® LIVRAISON

>° Péricardite tuberculeuse. Dégeneration tuberculeuse de l'oreillette droite.

Il n’est pas rare de voir la matière dite tuberculeuse se développer dans le péricarde par suite de l'inflammation chronique de son feuillet séreux; j'ai déjà parlé des granulations miliaires que présentent les pseudo-membranes du péricarde dans leur couche la plus profonde, c'est-à-dire dans celle qui est immédiatement appliquée sur le péricarde; mais ces granulations miliaires, qui ne sont autre chose qu'une des formes de la fausse membrane, diffèrent essentiellement des tubercules du péricarde; lesquels se développent en général tardivement dans l'épaisseur des fausses membranes organisées persistantes. Ainsi j'ai rencontré plusieurs fois, surtout chez des enfans tuberculeux, un grand nombre de tubercules aplatis, disséminés dé l'épaisseur du tissu cellulaire de nouvelle formation qui constitue le moyen de l'adhérence. J'ai constamment trouvé dans ce cas les ganglions bronchiques tuberculeux, et dans un cas, en même temps que la péricardite tuberculeuse et les ganglions lymphatiques tuberculeux, il y avait absence complète de tubercules pulmonaires ; et je me suis demandé si, dans ce cas, une phthisie glanduleuse, tout-à-fait étrangère à la tuberculisation des poumons, ne pouvait pas être la suite de tubercules du péricarde.

Les péricardites qui se terminent à-la-fois par suppuration et par adhésion, peuvent présenter le caractère tuberculeux, lorsque le pus disséminé dans l'épaisseur des adhérences est absorbé dans ses parties les plus liquides et réduit à sa partie compacte.

Le fait représenté fig. 2,pl. 5,xx1x" livraison est un des plus remarquables que j'aie eu occasion d’observer. Malheureusement le cœur qui fait le sujet de cette figure m'a été remis sans renseignement. Au niveau des ventricules, les cavités droites du cœur OD,VD sont ouvertes et étalées : le péricarde a été séparé par la dissection du ventricule gauche auquel il adhérait très fortement. Du reste, le péricarde adhérait intimement au cœur dans toute son étendue. Le tissu cellulaire qui unissait le feuillet péricardique au feuillet cardiaque avait une extrème densité et dans ce tissu cellulaire était disséminée la matière tuberculeuse MT,mt.

Au niveau des oreillettes, la matière tuberculeuse est encore plus abondante que sur les ventricules:le péricarde est confondu avec les oreillettes et même avec la portion péricardique de l'aorte, de l'artère pulmonaire et de la veine cave supérieure ; non-seulement la’ matière tuberculeuse est infiltrée dans le tissu fibreux, qui est le moyen d'union, mais encore elle infiltre le tissu propre de l'oreillette, si bien qu'il ne m'a pas été possible de découvrir vestige de la structure musculeuse de cette oreillette. La membrane interne seule avait été ji Que

La veine cave supérieure était dans le même cas que l'oreillette. c'est-à-dire que son tissu avait été envahi et qu elle n'existait en quelque sorte que par sa membrane interne. Quant aux artères pulmonaire ei aortique, la matière tuberculeuse les cernait comme dans un cylindre, mais le tissu artériel proprement dit avait été respecté.

La circulation de ces vaisseaux devait être gênée sans être empêchée au moins d'une manière notable, mais la contraction de l'oreillette devait être impossible : il résulte donc de ce fait que la contraction et la dilatation de l'oreillette droite ne sont pas indispensables pour la circulation.

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