‹ Anatomie pathologique du corps humain, ou descriptions ... des diverses altérations morbides dont le corps humain est susceptible (volume 5)Chapitre 50 sur 122 · EXPLICATION DE LA PLANCHE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DE LA PLANCHE

La pièce représentée planche v, m'a été adressée par M. le docteur Flaubert, chirurgien en chef de l’'Hôtel-Dieu de Rouen. Cette énorme tumeur naissait du corps.et de la branche du pubis gauche: elle occupait principalement le côté antérieur de l'os; mais on la voyait déborder en haut le corps du pubis et s'étendre jusqu'à sa face postérieure. La portion de tumeur qui est postérieure au pubis est beaucoup moins considérable que la portion antérieure.

Cette tumeur est divisée en grosses masses ou lobules, séparés les uns des autres par des sillons profonds, et supportés par un noyau commun , sur lequel ils s'implantent par un pédicule tantôt épais, tantôt étroit.

Chaque lobule était plus ou moins profondément sillonné et divisé en mamelons ou tubercules de forme très variable, de volume très inégal. De ces lobules et de ces mamelons ou tubercules , les uns sont pleins, les autres sont creux. Ces derniers sont toujours cartilagineux, et leur cavité est remplie de sérosité. Les autres sont tantôt osseux ou pierreux,, tantôt ostéo-cartilagineux. Dans ces derniers la portion pierreuse occupe le centre, et la portion cartilagineuse occupe la circonférence.

Plusieurs de ces tubercules ou mamelons ne tiennent au lobule qu’à l’aide d'un tissu fibreux. Toutes ces masses sont plongées au milieu d’une sorte de gangue fibreuse, qui s'enfonce dans les intervalles des lobules et des mamelons ou tubercules pour les séparer. Les muscles et les aponévroses musculaires qui s’attachent au pubis ont-ils contribué à la production de cette grande quantité de tissu fibreux ? On serait tenté de le croire; mais l'analogie me porte à admettre que ces muscles et ces aponévroses sont complètement étrangers à la tumeur qui émane entièrement du tissu osseux et de son perioste.

La coupe de la tumeur montre qu’elle s’impiantait sur toute la circonférence du pubis , dont le tissu spongieux s'épanouissait au centre de cette tumeur. Cette même coupe, qui a été figurée à la partie inférieure de la tumeur, permet de voir que la portion cartilagineuse n’est pas limitée à la circonférence de la tumeur, qu’elle occupe en outre son centre où elle forme de grosses masses. On voit quelques géodes, des masses cartilagineuses à la circonférence, calcaires au centre CG, C,C. A l'exception de la partie osseuse centrale, bien évidemment constituée par le développement du tissu propre de l'os pubis, tout le reste de la portion dure de la tumeur est formé par une matière plâtreuse , phosphatique, disposée en grosses masses amorphes ou en petits corps globuleux, granuleux, disséminés au milieu d’un cartilage de nouvelle formation.

Comme pour la tumeur représentée planche 1v, la dessiceation a réduit cette énorme végétation du pubis à un volume beaucoup moindre, en même temps qu’elle lui a donné une très grande légèreté. La figure 2 représente une tranche de cette tumeur séparée à l’aide de la scie. On voit la coupe de petites masses calcaires que l’action de l'instrument a fait éclater. Il est bien évident que ces grains calcaires inégaux sont réunis non par la vie, mais par l'agrégation. Ces masses sont un agrégat de petits grains phosphatiques, déposées au milieu d'une gangue cartilagineuse et fibreuse.

La figure 2 représente , en outre, des portions membraneuses , qui sont le résultat de la dessiccation du tissu cartilagineux. Ces portions membraneuses , interposées aux masses phosphatiques, se déchirent par une violence un peu considérable, qui permet de voir les vides que la dessiccation a laissés au milieu des masses phosphatiques.

Réflexions. À quelle catégorie de lésions appartiennent les tumeurs représentées planches IV et v? Doit-on les considérer comme des dégénérations des os, des ostéo-sarcômes ou cancers du tissu osseux. Il me semble résulter de l'examen approfondi de ces tumeurs qu'elles constituent purement et simplement des productions cartilagineuses et osseuses, susceptibles d'un accroissement indéfini, mais incapables de dégénération. Ce sont des végétations, des excroissances, des parasites, nés du périoste et du tissu osseux lui-même, appartenant à

MALADIES DES Os. 3

la classe si complexe des exostoses, et auxquels peut très bien s'appliquer la dénomination d'ostéophytes, donnée par Lobstein à toute végétation qui nait, soit à la surface des os, soit autour des articulations. Or, comme le tissu cartiagineux entre au moins pour moitié dans la composition de ces tumeurs , et commeil importe, sous le point de vue pratique, non moins que sous le point de vue théorique, de faire mention de la présence de ce tissu cartilagineux, je les désignerai sous le nom d'ostéo-chondrophytes. La couleur blanc-grisatre de la surface de la tumeur, couleur due à la couche cartilagineuse qui la revêt ; la mollesse élastique de ceiles des parties de cette tumeur dans lesquelles dominait le cartilage, a dû en imposer à beau coup d'observateurs, et leur faire croire à un ostéo-sarcôme , alors qu'il n'existait qu'une production cartilagineuse et osseuse. N'est-ce pas dans la catégorie des ostéo-chondrophytes plutôt que dans celle des maladies cancéreuses, que nous devrons ranger une tumeur de la cuisse, décrite avec beaucoup de soin par Boyer (1). Je crois devoir rapporter ici les détails de cette description quon trouvera, sinon identique, au moins analogue à celle que j'ai donnée des pièces représentées fig. 4 et D.

La tumeur qui occupait la moitié inférieure de la cuisse, ayant nécessité l'amputation du membre, Boyer trouva que le membre amputé pesait 36 livres : les muscles amincis, élargis et décolorés, formaient une membrane qui enveloppait la tumeur. Celle-ci était formée « par

une masse à-peu-près sphérique , d'une substance couleur de perle, élastique, dense, transparente, se laissant pénétrer facilement, même avec l'ongle, mais point diffluente , quoique son aspect eùt pu la faire juger gélatineuse. Elle pouvait être comparée, pour la forme seulement, à une énorme pomme de terre, composée de quatre lobes principaux, et sub- « divisés à l'infini par un grand nombre de petits lobules...…. Le périoste épaissi et plus « consistant, donnant attache aux fibres charnues, était facile à reconnaitre à la super- « ficie de cette masse. Il passait directement de l’un à l’autre des lobules, et envoyait dans le « fond de chaque sillon un prolongement fibro-cellulaire très consistant, qui se détachait de « sa face profonde, et qu'on n'arrachait qu'avec beaucoup de peine. L'enveloppe membra- « neuse de la tumeur étant enlevée avec soin , la substance de la masse restée à nu présentait « une structure et une consistance comparables à celles d'un cartilage encore très mou et « granulé , et, dans quelques points, après avoir entamé cette substance peu profondément, « on découvrait dans son épaisseur des filets nombreux, isolés, parallèles, présentant « l'aspect et la structure imparfaite de filets osseux, incomplètement organisés et à demi « solides. Fendu avec la scie, l'os s'est trouvé conserver supérieurement sa forme et sa consi- « stance. Au niveau de la tumeur, les lames de la substance compacte s'étaient éloignées, « isolées, déviées en dedans et en dehors, puis transformées en filets de plus en plus déliés, « et avaient ainsi converti cette substance en un tissu aréolaire, surtout vers le centre de la « dilatation. De toute la circonférence de cette partie dégénérée du fémur partaient des jetées « plus ou moins volumineuses d’un réseau osseux, qui se portaient en rayonnant et dans une « direction excentrique vers la périphérie de la tumeur, et se divisaient et se subdivisaient à « l'infini et en se confondant entre elles. La plus grande partie de la tumeur était formée par « la substance cartilaginiforme dont nous avons parlé, et qui avait été reconnue par la surface: « elle en formait la périphérie. Dans plusieurs points, cette substance était altérée, ramolle, « rouge et comparable, pour l'aspect seulement, à la gelée de groseille. Dans d'autres points, « on remarquait des excavations, de véritables foyers, contenant une matière sanguinotente. « Vers la partie postérieure, on en voyait plusieurs autres, et notamment un capable d'ad- « mettre une noix, à parois irrégulières, grises ou jaunâtres, tapissées par une membrane « accidentelle, contenant un ichor jaunâtre et en tout.semblable aux foyers cancéreux.»

Boyer n’hésitait pas à considérer cette altération, qu'il a fait figurer dans son ouvrage, comme appartenant à une dégénération cancéreuse; mais, en lisant attentivement et en interprétant convenablement certains points vagues de la description , on trouvera dans cette tumeur, siilonnée à sa surface et divisée à l'infini en un grand nombre de petits Ilobules, couverts d’un périoste épais qui s'enfonce dans les sillons, lobules cartilagineux à leur surface,

et osseux au centre, creusés de foyers, d'excavations contenant une matiere sanguinolente;

(1) Traité des maladies chirurgicales , tome x, page 605.

on trouvera , dis-je, dans tous les détails descriptifs de cette tumeur, dont la partie centrale présentait le tissu du fémur épanoui et raréfié, de la sur face duquel partait du tissu osseux de nouvelle formation , une analogie évidente avec les ostéo-chondrophytes que j'ai décrits.

Je dois dire nil que la disposition en jetées, en aiguilles, de la portion osseuse de la tumeur décrite par Boyer, établit une différence notable entre cette tumeur et celles que j'ai fait représenter pl. 4 et 5; mais cette différence, suffisante pour constituer une variété, n'a pas assez d'importance pour établir une différence d'espèce. Je possède une pièce pathologique tout-à-fait semblable à celle de Boyer pour lestege, pour le volume, pour la disposition stalactiforme, ou par jetées de la portion osseuse de la tumeur. Elle en diffère, parce que le tissu du fémur, au lieu de présenter, au niveau de la tumeur, une disposition aréolaire, résultant de la dissociation de ses lamelles et deses fibres, offre,au contraire, un tissu extrêmement compacte. La cavité médullaire manque complètement : elle est remplacée par un tissu compacte, éburné, excepté à la limite supérieure de la tumeur, où se voit un tissu aréolaire. Dans cette même pièce, le fémur est intimement confondu avec la production osseuse qui l'entoure, production qui est extrémement compacte au centre, dans l'épaisseur de quatre à cinq lignes, et qui ne devient stalactiforme qu'à la circonférence. C’est au milieu de cette parte stalactiforme qu'on rencontre des cellules, des géodes, qui, pendant la vie, devaient être remplies, soit par un liquide, soit par des parües molles, qui se sont effacées par suite de la dessiccation. Comme cette pièce m'a été remise desséchée, je ne puis déterminer à quelle nature de tissu appartenaient les parties molles : ce n’est que par analogie que je crois pouvoir les rapporter au tissu cartilagineux. Je ferai remarquer, à l'occasion de ces pièces, analogues à tant d'égards, et pourtant dissemblables, que, si, comme je l'ai dit au commencement de cet tel. les espèces morbides sont très Ladltédés lés variétés sont innombrables: car je ne CONnaAIs pas deux cas d'anatomie pathologique, de même que je ne connais pas dits cas de maladies, soit internes, soit externes, qui soient exactement semblables sous tous les rapports. |

J'adopterai bien volontiers avec M. Albers, professeur de médecine à Bonn. le mot d'ostéopers , pour désigner les excroissances qui tirent leur origine de la couche superficielle des os, pourvu qu'on en sépare rigoureusement toutes les dégénérations de ces organes, et, sous ce rapport, Lobstein (Ænatomie pathologique , tome ir, p. 140), à qui nous devons, comme je J'ai dit, le mot d'osteophyte s'est montré bien peu sévère, puisqu'il a étendu cette dénomi-

nation au cancer des os. M. Albers reproche encore à Lobstein d'avoir compris les périostéophytes parmi les ostéophytes; mais j'avoue ne pas saisir. là différence qui les sépare. « Les « périostéophytes, d'après M. Albers, sont des tumeurs implantées sur le périoste seul, et « qui se développent sous la forme de it gr itn elles sont cartilagineuses, contiennent un « grand nombre de points osseux, et ont une tendance évidente à l'ossification ». Mais je ne vois dans cette définition d'autres caractères que ceux assignés aux ostéophytes.

Existe-t-il des caractères différentiels bien tranchés entre l'éxostose et l'ostéophyte? Je pense que l'ostéophyte doit être considéré comme une espèce du genre exostose, espèce qui serait caractérisée par cet important caractère, savoir: que l'exostose est un développement de toute l'épaisseur ou d'une partie de l'épaisseur de l'os , qu'elle est en quelque sorte une hypertrophie de los, tandis que l'ostéophyte est une végétation, une sorte d'excroissance, de polype osseux, implantée sur l'os par un pédicule : il suit de là qu'on ne peut pas enlever l'exostose sans entamer plus ou moins profondément le tissu osseux , tandis qu'on peut séparer complètement l'ostéophyte , sans toucher à l'os lui-même. On concoit d'ailleurs qu'il est impossible que l'os sur lequel est implantée une végétation plus ou moins considérable n'éprouve pas quelque changement de texture, soit dans ses couchessuperficielles, soit dans toute son épaisseur, etilest évident que ces modifications denutrition, qui s'étendent quelquefois au loin et qui consistent tantôt dans uue plus grande compacité, tantôt dans un développement plus grand du tissu spongieux, ne changent rien à la nature dela maladie, en tant que végétation. On pourrait dire dans certains cas, qu'il y a à-la-fois exostose et ostéophyte, et la possibilité de cette coexistence est la meilleure preuve que je puisse invoquer en faveur de la différence qui les sépare.

en. ace DER Pan are

MALADIES DE LUTÉRUS.

= 1 en er …

(PLANCHE VI, XXXIV® LIVRAISON.) Hernies de l'utérus.

L'utérus se déplace dans la maladie connue sous le nom de chute de l'utérus , et l'ovaire et la trompe suivent nécessairement l'utérus déplacé. Alors on voit tantôt l'ovaire et le pavillon de la trompe débordér en haut l'espèce de bourrelet circulaire formé par le vagin renversé, tantôt disparaître complètement, enfoncés qu'ils sont dans le cul-de-sac vaginal. La chute de l'utérus appartient au genre invagination , et nullement au genre hernie. |

Les hernies proprement dites de l'utérus sont extrêmement rares, et voilà sans doute pourquoi la théorie de leur formation est encore si peu avancée. La planche vi fournira un

exemple remarquable de hernie crurale de l'utérus. Quelques réflexions pourront jeter quelque jour sur le mécanisme de sa production.

EXPLICATION DES FIGURES

Sur le cadavre d’une vieille femme de la Salpétrière , les élèves me montrèrent une hernie crurale de l'utérus : elle avait été examinée à la hâte, à peine disséquée, et je fus privé de l’occasion d'étudier dans tous ses détails ce fait important, dont je ne puis présenter que le point principal , le déplacement.

La figure 1 montre la portion d’utérus déplacée : c’est sous l’arcade crurale et par l'anneau crural que s’est effectué le déplacement. La portion d’utérus déplacée a été ouverte par une incision verticale. De chacun des angles supérieurs de l'utérus part un cordon. A ce cordon est appendu, d’un côté , un corps ovoide, qui a exactement la structure de l'ovaire ; d’un autre côté, une sorte de renflement creux T, qui m'a paru représenter le pavillon de la trompe; mais dans lequel je n’ai découvert aucun vestige d’ovaire. Je me suis évertué pour trouver dans chacun des cordons, et de leurs renflemens terminaux un vestige de trompe et d’ovaire ; mais cela n'a pas été possible : les deux cordons étaient pleins. L'un des renflemens ne pouvait être que l'ovaire et l'ovaire seul; l’autre renflement creux ne pouvait être que le pavillon de la trompe. Bien que l'étude des lésions organiques m’ait habitué à voir des transformations de tissu singulières, je suis obligé d’avoir recours, pour expliquer le cas actuel, à un vice de conformation congéniale. Il eût été desirable que le sac herniaire n’eüt pas été en mauvais état, pour déterminer sés rapports avec les parties déplacées.

La figure 2 montre la hernie, vue par l’intérieur du bassin. Le vagin V A a été divisé par sa paroi postérieure , et dans toute sa longueur. On voit que ce canal se porte très obliquement en haut et à gauche. On voit, en outre, que la partie déplacée est exclusivement formée par le corps de l'utérus , et que le col, non moins que, le corps de cet organe, a subi un allongement notable. La vessie est restée en place derrière la symphyse. |

La figure 3 permet d'apprécier l’élongation qu'a subie l'utérus. Son tissu a subi un ramollissement notable, et ce n’est pas la première fois que j'ai eu occasion d'observer que le développement de l'utérus dans le sens de sa longueur, est, par rapport à cet organe, un mode d’hypertrophie, de même que son développement dans ses autres diamètres, et que, dans tous les cas, cette hypertrophie s'accompagne d'un ramollissement de tissu fort remarquable. Cette considération ne serait pas sans importance pour le diagnostic de la maladie, qui serait impossible si l’on s'attendait à trouver l'utérus déplacé d'une consistance aussi ferme que l'utérus qui n'a subi aucun déplacement. e “Hé

Je ferai remarquer l’orifice du museau de tanche, figure 8, l’étroitesse et la disposition circulaire de cet orifice, comme chez les femmes qui n’ont pas eu d’enfans, circonstance qui peut être liée avec le vice de conformation présumé des trompes et des ovaires.

Considerations génerales.

Les auteurs divisent les hernies de l’utérus en celles qui ont lieu pendant la grossesse, et en celles qui ont lieu hors l’état de grossesse.

Relativement aux hernies de l’utérus pendant la grossesse, on cite l'observation de Sennert, dont voici le résumé. Une femme grosse, aidant son mari, tonnelier, à courber une perche pouren faire un cerceau, fut frappée à laine gauche par l'extrémité de cette perche. Quelque

temps après, une hernie parut: c'était l'utérus qui augmenta de volume jusqu au neuvième mois. On décida qu'il fallait extraire l'enfant à l'aide d'une incision, ce qui fut fait. La malade mourut inopinément le vingtième jour. L'enfant vécut neuf ans. — On cite encore un cas rapporté par Fabrice de Hilden, et qui a pour sujet une femme enceinte pour la neuvième fois, qui remarqua à laine gauche une tumeur dès les premiers temps de sa grossesse. Cette senoux. Une consultation décida qu'il fallait extraire l'enfant par une incision pratiquée sur l'utérus. La femme

mourut le troisième jour, et l'enfant au bout de quelques mois.

tumeur augmenta graduellement de volume et descendit jusqu'aux

Un sentiment pénible saisit à la lecture de ces observations, que l'on est tout étonné de voir rapportées sans critique par les auteurs les plus graves, comme $il était démontré que, dans ces cas, il y avait véritablement hernie de l'utérus, et que la conduite qu'on a tenue était la ide qu'on dut tenir. Quant à moi, je ne crois M POS PATES l'existence de la hernie de l'utérus chargé du produit de la conception; je ne crois même pas à la possibilité de sa formation pendant la grossesse. J'ajoute que, quand bien même l'existence de cette hernie serait démontrée, la conduite qu'on à tenue étaittout-à-fait blâämable, et que l'utérus déplacé, privé du concours d'action dés parois abdominales , pourrait très ve se suffire à lui-même pour l'accouchement.

C'est, en effet, un bien fable auxiliaire pour l'accouchement que des parois abdominales prodigieusement distendues , comme cela se voit dans l'état de grossesse, surtout chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfans, des parois abdominales tellement amincies, qu'il semble parfois que l'on touche à nu les organes situés derrière elles. Et n'est-il pas probable que, dans les cas précédens, l'utérus était encore contenu dans la cavité abdominale; mais que les parois de cette cavité , ayant perdu tout leur ressort, formaient une sorte de poche, dont la ténuité ne permettait pas de reconnaitre la présence. |

Si la hernie de l'utérus ne peut pas s'effectuer dans l'état de grossesse, on conçoit que l'utérus déplacé puisse n'être pas un obstacle à la conception, et que, . ce cas, l'utérus se développe hors de l'abdomen; mais il est douteux que cette circonstance se soit jamais rencontrée.

La hernie de l'utérus, hors l'état de grossesse, est un fait acquis à la science (1). L'observa tion de Chopart, les deux observations recueillies à la Salpétrière par le vénérable Lallemant, chirurgien en chef de cet hôpital; le fait représenté planche vr, mettent la question hors de doute.

Voici le résumé dès faits de Chopart et de Lallemant:

Sur le cadavre d’une femme 4 âgée d'environ cinquante ans, Chopart (7raité des maladies chirurgicales, t. 11, p. 30) a vu la matrice sortir presque en totalitéavec la trompe et l'ovaire gauches par l'anneau inguinal du même côté: elle était contenue dans un sac herniaire très large. La matrice était plus petite qu'elle ne l'est ordinairement, arrondie, allongée, plus étroite au niveau de l'anneau , pâle , flasque et présentant à son fond des lambeaux membraneux , qui paraissaient résulter du détachement de l'épiploon.

Lallemant a consigné dans les Mémoires de la Société médicale d'émulation (3° année, page 323), le fait suivant: Une femme, blanchisseuse de profession, vit se former, à l’âge de cinquante ans, une tumeur à laine droite. La tumeur, d'abord douloureuse, devint bientôt insensible : elle était longue de quatre à cinq travers de doigt et pyriforme. Sa base, qui descendait jusqu'à la grande lèvre, était extrêmement dure. Son sommet, qui répondait à l'anneau, conservait assez de mollesse. Cette femme étant morte d’une maladie de poitrine à l’âge de soixante-et-onze ans, Lallemant en fit la dissection. Il trouva, dans un sac herniaire très épais, la totalité de la matrice avec la trompe et l'ovaire du côté droit. L'autre ovaire et sa trompe étaient appliqués contre la partie externe de l'anneau. Le vagin , entraîné par la matrice , affectait une légère obliquité et comprimait contre le pubis la vessie urinaire, dont la capacité parut moindre que de coutume. La partie supérieure de ce canal et le museau de tanche qu’elle embrasse , avaient également franchi l'anneau.

Dans un autre cas, que Lallemant a consigné dans les Bulletins de la faculté de médecine de Paris, 1816 (t. 1,p. 1),et qui a pour sujet une femme, âgée de quatre-vingt-deux ans, la tumeur existait depuis quarante

(1) Voyez Traité des maladies de l’utérus et de ses annexes , par madame Boivin et Ant. Dugès, Paris, 1833 ,t. r, p. 168 et suiv.

ans: elle était située à l’aine droite. Elle avait cinq pouces de longueur sur quatre de largeur. Sa forme était celle d'une pyramide à trois faces. L'une de ces faces était antérieure; l'autre postérieure appuyait sur la cuisse droite; la troisième, interne, dépassait la vulve de quelques pouces. La base étaiten haut, le sommet en bas, et la tumeur était plus large dans son milieu qu'à sa base. Sa direction était oblique de droite à gauche et de haut en bas. La peau avait tellement cédé qu’elle formait une vraie bourse pendante entre les cuisses. Le doigt, porté au dessus de la tumeur, reconnaissait l'anneau inguinal dans l'état naturel. Immédiatement au dessous , on sentait l’'arcade crurale. À la dissection de la tumeur, on reconnut que les parties qui la formaient étaient situées derrière le ligament de Fallope. Ces parties étaient la matrice, les ovaires, les trompes utérines, une partie du vagin, deux cordons distincts de l'épiploon , enfin deux kystes ou peut-être des hydatides. La vessie et le rectum étaient dans leur situation naturelle.

Les auteurs ont complètement séparé, dans leurs descriptions, les hernies de l'ovaire des hernies de l'utérus. Or, plusieurs faits de hernies de l'ovaire, que j'ai eu occasion de rencontrer à la Salpétrière et ailleurs, m'ont conduit à admettre sur les hernies de l'utérus la théorie suivante: 1° La hernie de l'utérus est consécutive à une hernie de l'ovaire et de la trompe, el c'est par une sorte d'attraction que l'utérus est déplacé. La preuve, c'est que, dans les hernies de l'ovaire et de la trompe, l'angle correspondant de l'utérus est attiré derrière l’orifice interne du trajet inguinal, et même engagé dans cet orifice interne. L’utérus est déformé et a subi une sorte d'élongation dans le sens du tiraillement opéré sur cet angle. Si cette théorie est vraie, la hernie de l'utérus devra toujours être accompagnée de la hernie des ovaires et des trompes , et dans une première période, il ne devra y avoir qu'un ovaire et qu'une trompe. Ce nest que dans une deuxième période, lorsque la totalité du fond de l'utérus aura été entrainée dans le déplacement, qu'on y trouvera les deux ovaires et les deux trompes. Or, dans la première observation de Lallemant, il n'y avait que l'ovaire et la trompe du côté droit. 2° L'attraction de l'utérus par l'ovaire et la trompe déplacés s'explique parfaitement et par les connexions intimes de ces annexes qui agissent sur l'utérus, à la manière de cordons, et par une disposition anatomique, qui ne me parait pas avoir fixé l'attention des observateurs. Cette disposition anatomique est celle-ci: l'ovaire et la trompe déplacés sont constamment fixés à la paroi postérieure du sac herniaire par leurs ailerons; ils ne se déplacent jamais sans le ligament large qui les soutient, d'où il résulte que l'accroissement du sac herniaire se fait en partie aux dépens du ligament large, nouvelle source d'attraction de l'utérus.

Si cette théorie est vraie, l'étude des hernies de l'ovaire et de leurs causes prédisposantes , s'applique nécessairement aux hernies de lutérus, et les hernies de l'ovaire pourraient être considérées comme le premier degré d'un déplacement dont la hernie de l'utérus serait le dernier terme. |

Or, la présence du canal de Nuck etsa persistance, même chez quelques femmes avancées en âge, me paraissent expliquer en partie non-seulement la fréquence de la hernie inguinale ordinaire chez la femme, fréquence beaucoup plus grande qu'on ne croit communément; mais encore la hernie congéniale, la hernie accidentelle de l'ovaire: cette présence et cette persistance expliquent également la possibilité de la hernie inguinale congéniale de l'utérus et de la hérnie inguinale accidentelle de cet organe, même à un âge très avancé. La position des ovaires, des trompes et du corps de l'utérus au dessus du niveau du détroit supérieur chez les enfans nouveau-nés, explique pourquoi les hernies de l'ovaire ont été plus souvent observées dans les premiers temps de la vie que dans l'âge adulte et la vieillesse.

"ssl à QQ Q © Se

sf à MU ee ,

bete

era cg wide fé hs PR EE | LT À RSI PsoeESE nan don sue Sexqo Pirôrts suis ubaos sl sie cair-y0lfb to si sûy s idws | goes 1% eitofion Robes ons joboimtait-»: spa |

sp de isiorou ‘ap ais 4

| n but podatés “pets Ja & 2h65 bicnsests 341 PTTA RES cm Ti: CODES È ; ra: 9 sas: Eu À bar hs BI#5107 apres 1er bg tdi rit sata cab ei tx dei | LR Penshtao se cé KE dl sb psuérereob et Frsr ot Lt og rail pol , + ‘Fab ÊTES ve DNTSS ES y Pur ré sp, us CT assiste sb fasus 3

, mn

RS | st AA durs sde IL di 2 aù eh NL où Resisrohré “arr lai hobwtiéeque ec AÉRSROSTENREN “mn di à ssemroie Vante snénigie pes zone td noi EN 00

| LT LE Dei pale « ver a ATAÉ dait M0 7 crie À so LS TRUE 18 n0HH800e 5 | 14 RCE fi Fa NOTE ÉT LEE carlgéb. Di LL AEE LE rare ac) Fate ST 1 LÉeTe HÉYRrS Éohlenait | Rails ETS if: ttrr; HE 13 Fr: 3e sa #4 ME À POP aol TS se . L . { 4 « . " SET HN üisog # AS LU a mbisiisist se 424 PET CIE OR sup s1fues b.: sel AT

; : "sr dé hérinte a ctbtie okr as ni.» RSR lis PRIOR 63186 3 | » Ass :

| | LE RU DEET LE aber : HR À 4 en deb strass jeisée des crxaslé s4393 7 A

Le | ddr 4 nine 6h ais Fi: do is CRETE DES ESHEs sd: Ur Pays here) ser ia sir fés 2 DE d - gare sb Sinrod sl 3noh tasaosiqih -« TE | 153 LD “Forts 4 54 abri fo Minh | LE | n : C3 | ï , É

at #

De | Fe 1 77 . * ES L dé n 7 L.

- QRN = + | . k z 2 A . L L hd . ne ; hu Ja \ Ù 2 , ; N * . ; L .

à 5 . : LA # 7 > : 1 L ni Tr « À £ ; ni . : Nr - # ñ . % : x A 2 . | rer AI . PE : : . ” 2 : - 4 4 4 Lcd à de Cl:s curé s - | un 4 Te ‘ , ‘ . : : p br D - * l r . LI “ En je 7 : . » j x ; ve 25 L ’ à : Li j ‘1 “ £ * “+ l . : | ; PA x

* Fe 1 Hoi eo SORTE MD LIHEXX POSER, GEST 5613: er hist sed 4} 4

- t Lé . A ;è ” a , h . ce D. 4 L > an | : , ES \ : > | \ | r 7” « 4 : | | | +40 C4 CPL'E 3 sx REPLI OS'ET GLINMTATIES ANSE NC OST LE MN ÉCATIHÉ + EPA EIS ENT SET:

Fr Dr hs ai tr ris | P Fr 7 j : N x " À : d : T . 4 L 3 ù : b. CRRENE FETES LLUTPEIRE MOT ICONE EE AO 9 : É1"3 APCE | | LÉTRr TD JU: eye - ep

FT RES 533: LEE FIAT: STE 15 9119) 3 ; H'ÉRITETR cia réia TOUR | ges # 1530 2h20 dau l: + » sert ATEN IE rit tee 5 L'HTE L 1-7 Lit Ar;) rs Tarn vous her rai bo | À 6 | # < | 4 . * 1% “rats Fi

VO ab foi LES gare 7 1: DA LP 6 EPS . 9 HS 729 “ls allataoehrs y FA P'PCRPEE 2 LE, À . : à Mer, de H s Eve : Le. 6 d (FERRER

er! =

Ê se : é. à CN . | > + sr i 14 L : È € aps : É ee p: « "1 + # . Le. k +afiue, es ASEO, “18 SiT ue fi2 110 +3 1 47 SERONELE C5} Fr : 1353 CIYFIIF 1} 27) SET OY 8 2 : E t # ù SE $ + : 4 : : ! 3

* “al ere. " E Lol 48 40 È Here SD sun. MORE ppiftess cubes

L U , : A : Le . r é . ' È i * = L » 4 Ée L s là. es . \ 4 } f à . « ne L4 pl c k [# : -@p . PA s, à) 1 si a ’ ès F 2" ee" n GP dé 4 . à VE , LE É j L à L : F0 . 2 VASE [a : n CI se - , . ‘ s LAS Le 0 D # AY: 5 1 Rs Fr 3 BTE | @ ‘ de agir n ‘ “ ù L | ” © or . NN. Le ” Lau : sk Me . ne | À EL ' vw b13 2 dE # ER. Fe L nt ts + à 41 A k. . » + : : 5 l ‘ # £ ‘ L < ë ÿ ; ; | “ | | ‘ # ; Le R ; ; 5 : | 3 | À L'2 È d m { | s L 1 d 5e Le Cal N ds i Le LU ‘ r - ; #1 u | - | | dr: | æ LUE SE, = , : n 3 ’ L 7 F :

. EL j Fa , Ù ) # € & F C = æ. .

k, . PAU. a 0 Le Poe . 3 » al Fr , ," 4 i ù . | . J 2 “ ie Fe Di "+ ï y , e ( ra. “ “ i e : - * 5 c ï = à :

: 1 { h Pa La 1 ® LA ‘ : +, * t .

Page 1